Elle lit des essais

Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estés : à la poursuite du féminin sauvage

Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estés : à la poursuite du féminin sauvage

L’art est important. Il marque les commémorations des raisons de l’âme ou d’un événement particulier, quelquefois tragique, du voyage de l’âme. L’art n’est pas seulement destiné à soi-même, il n’est pas seulement un jalon sur la route de la compréhension de soi, c’est aussi une carte destinée à montrer la route à celles qui viendront après nous. […] Poser les questions, raconter des histoires, travailler de ses mains : tout cela participe de la création de quelque chose et ce quelque chose, c’est l’âme. A chaque fois que nous nourrissons l’âme, il est sûr qu’elle va croître.

Evidemment. Après avoir lu nombre d’ouvrages sur le sujet du féminin sacré et de la découverte de soi, je devais absolument lire celui qui visiblement est à la base de tout. Comme souvent, j’ai un peu tournicoté autour avant de me décider : très probablement fallait-il que j’attende, car il fait finalement la synthèse de toutes mes expériences de ces derniers mois. Et je crois que je ne suis pas la seule : lorsque j’ai publié la photo sur Instagram, j’ai reçu nombre de messages de femmes me disant soit qu’elles l’avaient lu et qu’il avait totalement bouleversé leur vie, soit qu’elles étaient justement en train de le lire, et que ça les secouait.

Il s’agit d’une psychanalyse jungienne des contes, qui cherche à mettre au jour l’archétype de la femme sauvage (sauvage étant à prendre au sens de « naturel »), à savoir la psyché instinctive que l’on a voulu détruire tout comme on a détruit la nature, la faune, la flore, en voulant la domestiquer. Conteuse et thérapeute, Clarissa Pinkola-Estés s’appuie sur le pouvoir des histoires pour guérir et dire ce qu’il y a au plus profond. C’est donc une véritable initiation qu’elle nous propose, vers une nouvelle manière d’être au monde, retrouver notre moi profond, créateur, cyclique, la puissance du féminin, dans un cheminement à la fois psychique et spirituel.

Puissant est bouleversant, cet essai est de ceux qui peuvent littéralement changer une vie, au sens où on n’est plus le même avant et après l’avoir lu. Il ne s’avale pas d’une traite, mais demande à être savouré, médité, petit à petit, chapitre par chapitre, histoire par histoire afin que chacune creuse son sillon en nous. De fait, sur un chemin initiatique, on ne peut pas courir, il faut avancer tranquillement, et c’est ce que j’ai fait avec cet ouvrage dans lequel j’ai totalement reconnu certaines de mes expériences, et dont certains chapitres m’ont fait l’effet d’une bombe qui explosait à l’intérieur de mon âme pour remettre certaines choses en place, ou d’une clé universelle qui a ouvert les unes après les autres mes serrures et m’a permis de comprendre pourquoi, depuis toujours, je me sentais écartelée, désunie, pas à ma place où que ce soit, pourquoi aussi je cherchais l’amour tout en le fuyant. Petit à petit, on rassemble les morceaux, on vainc les ombres, on explore sa forêt intérieure, on crée, on apprend à écouter son intuition, et à aimer. On se retrouve soi. Son vrai soi. Le soi créateur et puissant.

Un ouvrage indispensable (j’aurais aimé le lire à 20 ans, je me serais épargné 20 ans d’égarement sur de mauvais chemins), à conseiller à toutes les femmes (notamment les jeunes) mais aussi aux hommes parce que je pense qu’eux aussi ont parfois été abîmés, de la même manière, à lire, et à relire périodiquement. Il m’a ouvert de nouvelles pistes, et je sais que je le relirai lors d’une prochaine étape de ma vie !

Femmes qui courent avec les loups. Histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage
Clarissa PINKOLA ESTÉS
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-France Girod
Grasset, 1996 (Livre de Poche 2201-2018)

27 comments on “Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estés : à la poursuite du féminin sauvage

  1. Tiens, j’ai eu souvent ce livre en main en pensant que c’était un peu trop « new age / moutons dans le Cantal » pour moi. Mais tu réveilles ma curiosité et je me laisserai peut-être tenter la prochaine fois que je croise son chemin.

    J'aime

  2. je l’ai tenté il y a quelques années….et ça m’a vite laissée sur le bord de la route.

    J'aime

  3. Ping : Bon genre, d’Ines Benaroya : l’élan vers soi – Cultur'elle

  4. Ping : Nous ne sommes pas de mauvaises filles, de Valérie Nimal : affronter la mère araignée – Cultur'elle

  5. Ping : [conférence] S’éveiller au féminin sacré, par Karine Bégic – Cultur'elle

  6. Je suis avec grand intérêt ton parcours et je comprends combien j’avais la bonne intuition de penser que nous partagions quelque chose, une sensibilité assez semblable… Je te dis ça parce que je ne partage pas tout sur les réseaux mais que je vois ton évolution et tes réflexions. Et puis j’ai eu le plaisir de te rencontrer deux fois. Je suis certaine que ce roman peut me bouleverser moi aussi et m’intéresser énormément, j’attends le bon moment. Des bises.

    J'aime

  7. Ping : Un profil perdu, de Françoise Sagan : se trouver – Cultur'elle

  8. Ping : La blogo vous conseille… ou les derniers coups de coeur du web #6 – Les lectures d'Antigone

  9. Ping : Instantané #69 (Bain de forêt) – Cultur'elle

  10. Ping : Lune Rouge, les forces du cycle féminin de Miranda Gray : la reconquête de soi – Cultur'elle

  11. Ping : Druideesse. Recettes. Remèdes. Rituels. S’éveiller doucement au féminin sauvage – Cultur'elle

  12. Ping : L’Irrégulière de A à Z – Cultur'elle

  13. Ping : Amour Propre, de Sylvie Le Bihan : périple intime – Cultur'elle

  14. Ping : Gardiennes de la Lune de Stéphanie Lafranque et Vic Oh : vers la voie du féminin sauvage – Cultur'elle

  15. Ping : Etre un adulte surdoué, de Cécile Bost : le syndrome du vilain petit canard – Cultur'elle

  16. Ping : La classe de neige, d’Emmanuel Carrère : l’ogre dévoreur d’enfants – Cultur'elle

  17. Ping : Instantané #79 (le sureau) – Cultur'elle

  18. Ping : Contes et mystères du pays amoureux, d’Henri Gougaud : histoires d’aimer – Cultur'elle

  19. Ping : Circé, de Madeline Miller : la puissance du féminin – Cultur'elle

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :