Elle lit des essais

Libérez votre créativité, de Julia Cameron : la Bible des artistes

Libérez votre créativité, de Julia Cameron : la Bible des artistes

La plupart du temps, nous restons bloqués dans un domaine de votre vie parce que c’est plus sécurisant ainsi. Peut-être ne sommes nous pas heureux, mais au moins nous savons ce que nous sommes : malheureux. La peur que nous ressentons face à notre créativité réside essentiellement dans la peur de l’inconnu. 

Le voilà enfin, ce livre dont je vous parle depuis des semaines. Mais je ne pouvais pas le présenter avant puisqu’il s’agit non pas d’une lecture, mais d’une expérience, un programme qui dure 12 semaines. J’en avais entendu du bien, et début septembre j’ai décidé de me lancer dans l’aventure, non pas parce que j’étais bloquée dans ma créativité au sens strict, mais parce que j’étais curieuse d’expérimenter un outil qu’on m’avait présenté comme très puissant. Et je confirme, à condition de s’y donner totalement car c’est un programme exigeant, qui prend du temps, de l’énergie, et qui demande une certaine ouverture car il s’appuie sur une vision très spirituelle de la création (et du monde).

Le programme est issu des « ateliers de créativité » de Julia Cameron, au cours desquels elle enseigne non la créativité mais à libérer la créativité.

Tout le programme repose sur deux outils essentiels, les pages du matin et le rendez vous avec l’artiste. Les pages du matin, vous en avez peut-être entendu parler parce que de plus en plus de thérapeutes les conseillent : il s’agit, dès le réveil, d’écrire trois pages en écriture presque automatique afin en gros de purger l’esprit de tout ce qui le tracasse ; j’avoue que j’ai eu du mal, que j’ai laissé tomber à un moment avant de reprendre il y a quelques jours, d’abord parce que c’est pour les écrivains que l’exercice est le plus dur car on a du mal à lâcher-prise au niveau écriture, et aussi parce que j’ai vraiment des idées très noires au réveil, surtout si j’ai cours, je suis extrêmement angoissée, et j’avoue que l’écrire m’angoissait encore plus, je ressassais sans fin la même chose (je ne veux pas y aller, quelle horreur j’en ai marre) et c’était (enfin c’est du coup) horrible. Le rendez-vous avec l’artiste par contre j’ai adoré : il s’agit de s’aménager du temps pour être seul avec soi et faire des choses amusantes pour « remplir le puits » de créativité (et d’énergie) ; alors je l’ai toujours plus ou moins fait, ça fait partie de ma personnalité, mais là je me suis obligée à vraiment sortir, aller en forêt ou au musée, et au fil des semaines c’est devenu une habitude : si je n’ai pas ma promenade bi-hebdomadaire, je me transforme en lion en cage.

A partir de ces deux outils que l’on retrouvera durant tout le programme, est construite une progression en 12 semaines, avec une présentation, souvent de l’écriture rapide, des exercices à faire au cours de la semaine et un « contrôle » qui vise à faire le bilan. Au fur et à mesure, il s’agit de retrouver un sentiment de sécurité, d’identité, de puissance, d’intégrité, de possible, le sens de l’abondance, des liens, de force, le sentiment de compassion, de protection, d’autonomie et enfin le sens de la foi.

Alors j’avoue que la semaine 1 m’a laissée assez dubitative : je trouvais les consignes des exercices pas très claires (cela m’est arrivé à d’autres reprises d’ailleurs) et puis surtout je ne voyais pas bien ce que ça allait changer. Mais en fait, si : à un moment je me suis rendu compte (notamment par le biais des questions rapides auxquelles il s’agit de répondre le premier truc qui vient à l’esprit et qui m’ont parfois apporté des clés inattendues) que le programme me secouait beaucoup et ramenait plein de choses à la surface. Il y a notamment une semaine durant laquelle on n’a pas le droit de lire (oui vous avez bien lu : on ne lit pas, tien du tout). Je n’étais déjà pas follement enthousiaste à la base (de fait, Julia Cameron sait très bien que cet exercice provoque de très fortes résistances, mais justement c’est ce qui est intéressant) mais en plus, dès le premier jour, il m’est arrivé un truc qui m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps (un éditeur intéressé par mon roman m’a finalement après corrections qui m’ont coûté beaucoup émotionnellement dit que non, merci : vous imaginez mon état de dévastation) : je n’avais qu’une envie, c’était me roudoudouner sur mon canapé et lire pour oublier le monde (et c’est justement l’idée en fait : cette semaine de privation de lecture nous amène à voir combien la lecture peut servir d’échappatoire). J’ai cru que je ne tiendrais pas, et puis je me suis un peu fait violence et au final j’ai fait plein de choses (bah oui, du coup il faut bien s’occuper) : j’ai peint, dessiné, cuisiné, rangé, bricolé (pas regardé Netflix : j’ai poussé la logique jusqu’au bout) et je crois que cette semaine-là m’a été très profitable.

Bref : un programme avant tout « maternant » car il s’agit bien, avant tout, de dorloter notre enfant intérieur et de guérir ses blessures, et que je conseille vraiment à tout le monde, car même si nous n’avons pas tous vocation à être des « artistes » nous sommes tous créatifs, et puis parce qu’il fait beaucoup avancer niveau développement personnel.

Libérez votre créativité. La bible des artistes
Julia CAMERON
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Chantal Duchêne-Gonzalez
Dangles, 1994 (J’ai Lu, 2006)

5 comments on “Libérez votre créativité, de Julia Cameron : la Bible des artistes

  1. Marie-France

    Merci Caroline pour ton retour sur ce livre que j’attendais impatiemment ! Il me conforte donc dans l’idée que j’avais du programme proposé : il faut vraiment s’y tenir, le faire à fond sur une période qui me semble une éternité (3 mois !) mais cela en vaut la peine car c’est vraiment bénéfique. Comme toi, la semaine sans lecture me semble quasi impossible à tenir car je lis dès mon petit-déjeuner mais il faudra bien y passer ! Merci encore !

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  2. Ton programme, c’est ma vie ! Je la bricole à toutes les sauces. Peinture, lecture, couture, cuisine, jardinage… j’aime créer et si je ne suis pas très bonne, ce n’est pas grave !

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  3. Ping : Journaux artistiques – Cultur'elle

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