Essais

L’Érotisme sacré à Sumer et à Babylone, de Jean Bottéro et Samuel-Noah Kramer

L’Érotisme sacré à Sumer et à Babylone, de Jean Bottéro et Samuel-Noah KramerFournis-moi du lait gras, ô mon époux, fournis-moi du lait gras :
Je veux boire de ta main du lait frais, mon époux
Aurochs, ô Dumuzi, fournis-moi du lait gras :
Je veux boire de ta main du lait frais, mon époux !
Emmi la bergerie, fais ruisseler pour moi le lait de tes chèvres ;
Remplis ma sainte Baratte de fromage !
Je veux boire avec toi du lait frais, ô Seigneur Dumuzi

J’imagine d’ici votre tête : mais qu’est-ce qu’elle est allée encore inventer comme lecture bizarre ? Bon. Il se trouve que pour certains de mes textes (un en particulier en ce moment, mais globalement plusieurs) j’avais besoin de faire des recherches sur l’érotisme sacré et le Hieros Gamos ou Mariage Sacré. C’est comme ça que je me suis retrouvée avec cet essai entre les mains, essai de l’assyriologue Samuel-Noah Kramer, complété par Jean Bottéro, et qui fait le point sur les dernières découvertes concernant ce rite très particulier et qui peut sembler un peu curieux dans des sociétés marquées par le judeo-christianisme, même si on en trouve des traces dans le Cantique des cantiques  (et dans les Evangiles mais étrangement on en parle moins).

Après un chapitre introductif sur la civilisation sumérienne, la plus haute ancienne civilisation connue et qui correspond en gros à la partie méridionale de l’Irak actuel, et qui précède Babylone, quatre chapitres sont consacrés à la hiérogamie elle-même : origines, raisons et développements, préludes et épousailles, chants d’amour et cantique, et enfin mort et résurrection. L’ouvrage se clôt sur un appendice concernant le mariage sacré après l’époque sumérienne.

L’idée de base du Hieros Gamos le dieu et la déesse par des humains (vraisemblablement, en tout cas dans certains, le roi et une prêtresse de la déesse) et de « jouer » leur mariage, afin d’attirer la prospérité et la fécondité. Le rite de plus connu est celui qui mettait en scène Inanna (déesse de l’amour) et Dumuzi, ou encore Ishtar et Tammuz. Ce qui m’intéresse dans l’histoire, c’est la manière dont le désir et l’amour étaient mis au centre du rituel, et finalement apportaient l’équilibre. Cela change complètement le paradigme par rapport aux monothéismes (mais je l’ai déjà dit : même petite, le monothéisme ne m’a jamais intéressée car il était beaucoup trop éloigné de ma vision du monde). Et cet ouvrage (qui va bien vite rejoindre mes PornBooks est idéal pour comprendre tout ça : pointu mais clair, richement illustré sur le plan iconographique mais aussi littéraire, puisqu’on trouve de très larges extraits de textes de l’époque, dans lesquels on ne peut qu’admirer l’art de la métaphore, que ne renieraient pas les auteurs érotiques d’aujourd’hui !

Bon, j’entends bien que tout le monde ne va pas se précipiter sur cet ouvrage au sujet tout de même bien spécifique. Mais si vous êtes curieux et que vous avez envie d’en savoir plus sur la très méconnue civilisation sumérienne, c’est pour vous !

L’Erotisme sacré à Sumer et à Babylone
Jean BOTTÉRO et Samuel-Noah KRAMER
Berg International, 2011

11 réflexions sur “L’Érotisme sacré à Sumer et à Babylone, de Jean Bottéro et Samuel-Noah Kramer

  1. Merci pour la découverte, ayant fait quelques recherche sur Ishtar/Inanna/Venus/Marie qu’importe le nom qu’on lui donne pour représenter le feminin sacré, j’espère que ce livre apportera un peu d’eau à mon moulin 🙂

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