récits et chroniques

Comme une respiration, de Jean Teulé

Comme une respirationSur la même terre, tant de laideur et de beauté à la fois. Ça m’en fout les larmes aux yeux lorsque je tourne autour d’elle et puis ça m’apaise. Combien de printemps encore l’entendrai-je chanter ? Elle, bâtie sous Henri IV — assassiné pour cause de religion —, continuera sans doute pendant des siècles mais moi, combien de fois me reste-t-il à écouter son récital du printemps ? Cette maison qui va, dans quelques jours, lancer ses milliers de cui-cui me fera croire que la vie est là, dans ses murs, et que le monde est beau. Nom de Dieu de nom de Dieu, quelle maison ! Autant vous dire qu’elle n’est pas à vendre.

En cette rentrée littéraire Jean Teulé nous revient avec non pas un roman, mais avec un recueil de micro-récits, tous vrais, et qui nous proposent Comme une respiration face à la laideur du monde, même s’ils sont parfois cruels.

Quarante micro-histoires, donc, agrémentées parfois d’illustrations (dont une bande dessinée dont le lecteur doit remplir les bulles). Une maison que les oiseaux font chanter au printemps. Le musée de l’automate de Souillac. Un petit doigt fantôme. Une vieille dame qui danse sur le quai du métro. Une éditrice un peu ivre qui voyage dans Paris en fonction du nom des stations de métro…

Dit comme cela, on croirait du Delerm, cette attention aux petites choses de la vie. Pas tout à fait cependant : si, par moments, affleure une certaine poésie, l’ensemble ne manque pas d’un certain humour noir. De fait, dès les premières lignes, on retrouve avec bonheur la voix truculente de Teulé, rabelaisienne et fantaisiste : on l’entend nous raconter ces petites histoires grouillantes de vie, des histoires vraies donc, qui nous prouvent encore une fois que le réel a autant d’imagination que la fiction — voire plus, car contrairement au réel, la fiction se doit d’être vraisemblable, et c’est parfois son drame.

Tour à tour, Teulé nous amuse, nous émeut, nous interroge. Et ça fait du bien !

Comme une respiration
Jean TEULÉ
Julliard, 2016

challenge12016br10% Rentrée Littéraire 2016 – 35/60
By Lea et Herisson

18 réflexions sur “Comme une respiration, de Jean Teulé

  1. Teulé peut me ravir, ou me dégoûter selon ses livres. J’ai adoré Le Montespan et Fleur de Tonnerre. J’ai eu du mal avec Éloïse Ouille et Je, François Villon. Ce livre change de ses romans habituels et il me tente bien !

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  2. Jusqu’à présent je n’accroche pas à ses livres et pourtant j’aime le personnage truculent mais dans ses livres cette truculence vire très vite au vulgaire et je n’aime pas ! Ces nouvelles pourraient me réconcilier…

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