Elle lit des essais

Biologie du couple, de Jean-Didier Vincent

Biologie du coupleQu’est-ce qu’un couple ? Question restée sans réponse depuis que le Créateur a placé à côté du premier homme une « aide qui lui fût assortie ». Notre biologiste savait bien que le couple mâle-femelle n’était pas une spécificité de l’espèce humaine. Ce qui l’intéressait en revanche, c’étaient les liens entre le mariage et l’amour-passion, qui sont le propre de l’homme et de la femme.

Si l’amour est le plus grand mystère de l’humanité, rien n’interdit pour autant de se pencher scientifiquement dessus, et c’est ce que fait Jean-Didier Vincent, célèbre neurobiologiste, dans cet essai absolument fascinant.

Butinant d’une science à l’autre dans une perspective résolument interdisciplinaire allant de la zoologie à la sociologie en passant par l’éthologie et l’anthropologie sans pour autant se priver des apports des arts et de la littérature, sérieux sans jamais être pesant, pour ainsi dire primesautier, notre auteur interroge le couple : qu’est-ce qu’un couple ? Comment s’assortissent le mâle et la femelle ? Qu’en est-il de l’amour et du mariage ? Et la sexualité ?

La question centrale est celle de la monogamie : est-elle génétique, ou sociale ? Pour nous éclairer, la réflexion se fait en trois temps : après avoir envisagé l’amour et la reproduction chez les diverses espèces animales, l’auteur s’intéresse aux premiers hommes, avant d’aboutir aux splendeurs et misères du mariage.

La réflexion est dense, profonde, érudite mais pas ennuyeuse, parfois ardue dans sa précision mais parfois aussi lyrique et métaphorique. Tous les aspects de la questions sont envisagés et c’est tout un monde d’une complexité insoupçonnée qui s’offre au lecteur, qui quitte ce livre avec certainement beaucoup plus de connaissances qu’au départ. L’ensemble est du reste assez féministe dans sa manière de considérer la manière dont tout au long de l’histoire les femmes ont été asservies…

Bref, un ouvrage éclairant, passionnant, enrichissant, qui parvient à apporter beaucoup de données sur le couple sans pour autant détruire la magie du sentiment amoureux !

Biologie du couple
Jean-Didier VINCENT
Robert Laffont, 2015

(7 commentaires)

  1. Ah, la fameuse question, sommes-nous monogames naturellement… si l’on se pose la question, alors on a la réponse! EN tout cas, si l’on était « infidèles », il me semble qu’on revenait toujours nourrir ses enfants et donc, la cellule familiale aujourd’hui fragilisée me parait pourtant être « naturelle ». Mais il est tôt, mes explications ne sont peut-être pas très claires 😉

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