Romans

Jules, de Didier van Cauwelaert

JulesJe sais par expérience qu’il faut se méfier des coups de foudre, mais je suis devenu brutalement amnésique en la découvrant au milieu de la foule. Hauts talons canaris, minishort rouge et top turquoise, elle ne risquait pas de se faire écraser par temps de brume. N’eût été le labrador qui la guidait au bout d’un harnais, ses grandes lunettes noires seraient passées pour un accessoire de star soucieuse que son incognito se remarque. Les cheveux blonds-roux maintenus par un chignon en broussaille, les seins libres sous la soie quasi transparente, un sourire de rendez-vous amoureux allongeant les bavures de son rouge à lèvres, c’était une aveugle particulièrement voyante qui faisait bien davantage envie que pitié.

Cela ne choquera personne je suppose d’apprendre que je me suis quelque peu précipitée sur ce roman : cela faisait un an que j’attendais du nouveau, et je piaffais de découvrir ce nouveau millésime !

Il, est, encore une fois, question d’amour fou…

Zibal est vendeur de macarons Ladurée* à Orly. C’est là qu’il rencontre Alice**, une jeune et belle aveugle accompagnée de son chien, Jules. Il a le coup de foudre, mais pas elle : il faut dire qu’elle à d’autres problèmes en tête et s’apprête à subir une opération qui, en lui rendant la vue, va totalement bouleverser son quotidien, mais aussi celle de Jules, et celle de Zibal…

Point de suspens : j’ai adoré. Parce qu’encore une fois Didier van Cauwelaert fait de la magie avec une intrigue à la fois drôle (j’ai souvent éclaté de rire) et tendre, parfois émouvante (j’ai souvent versé une petite larme), et bien sûr pleine d’amour, cet amour qui sauve et qui remet d’aplomb les plus cabossés. Car on peut dire que les deux personnages, qui se partagent la narration, n’ont pas toujours été gâtés par la vie, et chacun se retrouve dans une situation assez critique, en tout cas, un carrefour. Ils doivent se reconstruire, et, surtout, apprendre à avoir confiance, en eux : ici, l’important, pour Zibal, pour Alice, et pour Jules, c’est d’avoir l’impression de servir à quelque chose, d’être utile à quelqu’un — cette certitude qui nous maintient en vie que quelqu’un a besoin de nous.

Certains (j’ai les noms !!!) se sont moqués de la couverture. Mais, de fait, si Alice et Zibal sont attachants (surtout Zibal, qui tient beaucoup de l’homme idéal, romantique, idéaliste et prêt à tout pour celle qui l’aime), le personnage principal de ce roman est bien Jules, le chien. Un labrador (et non un braque de Weimar comme sur la photo) qui joue ici les Cupidon et les anges gardiens. Cela donne des pages magnifiques sur les relations entre un aveugle et son chien, une fusion pleine d’amour et de confiance !

Un très beau roman, plein d’amour, de poésie, de tendresse et d’optimisme, un roman qui fait du bien au moral, que je conseille évidemment sans réserves !

Jules
Didier van CAUWELAERT
Albin Michel, 2015 (sortie le 29 avril)

* mes préférés : est-ce une coïncidence ?
** le prénom de l’héroïne de mon roman : est-ce une coïncidence ?

48 réflexions sur “Jules, de Didier van Cauwelaert

  1. Petite confidence : j’adore l’auteur mais son dernier, Le principe de Pauline, je l’ai tellement trouvé inutile que je n’ai même pas réussi à en faire un billet… Du coup j’espère que son petit dernier me réconciliera avec lui (même si la couverture… OK… je sors… ^^)

    J'aime

  2. Pingback: Tag des copines (3) | aliehobbies

  3. Moi j’adore cette couverture, je trouve le chien magnifique et c’est ce qui m’a fait acheter ce roman (enfin c’est surtout son auteur que j’ai beaucoup aimé dans les 6-7 romans que j’ai déjà lus de lui).
    Malheureusement je n’en ressors pas aussi charmée que toi :/
    A vrai dire, j’ai juste apprécié, mais vraiment sans plus… j’attendais tellement + de van Cauwelaert…
    Cajou

    J'aime

  4. Je vais essayer de me le procurer. Parce que, même si je suis plus « mesurée » que toi, je passe toujours un bon moment avec DVC. Et en plus, s’il est question de rapport homme/animaux de compagnie/soutient, ça ne peut que me parler.

    J'aime

  5. J’ai beaucoup aimé la fraicheur de ce dernier livre. Mais pourquoi, diable, mettre un braque de Weimar en couverture alors qu’il s’agit d’un de nos merveilleux labradors ?
    Cela m’a un peu chagrinée.

    J'aime

  6. Pingback: JULES de David Van Cauwelaert | Anne-Véronique Herter

  7. J’ai rencontré Didier Van Cauwelaert ce week-end au festival du livre de Nice. Il est très sympathique. Et ma tante était à la fac avec lui…!

    J'aime

  8. Pingback: Que lire dans votre hamac ? La valise de l’été | Cultur'elle

  9. Ce roman était le premier que je lisais de cet auteur. Il est vraiment top ! Je l’ai dévoré ! Par contre… Je n’arrive pas à comprendre la photo d’un Brauqe de Weimar alors qu’on parle d’un Labrador ???? Surtout que j’ai acheté ce livre pour la couverture… Quelqu’un peu m’éclairer ?

    J'aime

  10. Pingback: Challenge amoureux : dernier bilan avant liquidation | Cultur'elle

  11. Pingback: Le retour de Jules, de Didier van Cauwelaert | Cultur'elle

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s