Il était une seconde fois, de Guillaume Nicloux et Nathalie Leuthrau : deuxième chance

Le type vit deux fois les mêmes aventures mais sans jamais retrouver vraiment les mêmes moments. Donc c’est compliqué pour lui de modifier le passé. 

Je ne sais pas comment il se fait que je n’avais pas repéré cette mini-série, initialement diffusée sur Arte et désormais sur Netflix, qui a pour thème l’un de mes sujets préférés : le voyage dans le temps. Et la possibilité de corriger ses erreurs afin de faire naître un nouveau présent.

Quelques semaines après sa rupture avec Louise, Vincent se retrouve par erreur en possession d’un cube qui, lorsqu’il pénètre à l’intérieur, l’envoie dans le passé. Vincent y voit l’occasion de corriger certaines choses et peut-être de sauver son histoire d’amour…

Assez poétique et touchant, très esthétique, la série pose des questions assez vertigineuses. Vincent n’est pas totalement projeté dans le passé : il va et vient entre le passé et le présent (ce qui me pose d’ailleurs un problème de cohérence : son « moi » du présent disparaît lorsqu’il est dans le passé, mais que devient son « moi » du passé ?) et comme il modifie certaines choses, les événements se modifient et il les reconnaît de moins en moins ; et pourtant, le présent semble être toujours plus ou moins le même, car au fur et à mesure qu’il règle des problèmes d’autres se posent (d’autant que certains sont à la recherche du cube). Et c’est une intéressante manière de voir, et d’interroger la notion de choix et de libre-arbitre : les choix que nous faisons n’affectent pas que nous. Et surtout, certains événements semblent, quoi qu’on fasse, totalement inéluctables : ils se passent différemment, sont retardés, mais ce qui doit arriver finit toujours par arriver quel que soit le chemin qu’on prend. Et pourtant, qui n’aurait pas envie d’essayer ? Qui n’aurait pas envie, malgré tout, de revenir dans le passé pour revivre certains événements ? Pas moi en tout cas !

Cela donne une série assez complexe (je n’ai honnêtement pas tout compris), au questionnement vertigineux, mais agréable à suivre malgré quelques défauts !

Il était une seconde fois
Guillaume NICLOUX et Nathalie LEUTHRAU
2019

L’expérience Doctor Who

doctor-whoCe que je raconte n’est pas du pur délire. C’est vous qui ne comprenez pas.

Forcément, mes investigations concernant les voyages temporels devaient bien, à un moment où un autre, me conduire à me pencher sérieusement sur cette série mythique de la BBC. A vrai dire, j’avais déjà vu quelques épisodes (avec Tennant), mais je n’avais pas poussé plus loin. Et puis je suis tombée dessus sur Netflix, plus exactement sur les saisons 5 à 9 de la dernière série (avec les Docteurs n°11 et 12, donc). Que j’ai binge watché parce que mine de rien, c’est vachement addictif, ce truc.

Commençons par le commencement : la série existe depuis 1963, avec deux parties, la première allant de 1963 à 1989, puis de 2005 à aujourd’hui. Elle raconte les aventures d’un Seigneur du Temps de la planète Gallifrey, qui voyage à travers le temps et l’espace dans un TARDIS (Time And Relative Dimension In Space) déguisé en cabine de police mais qui est plus grand à l’intérieur. Ce Seigneur du Temps se fait appeler Le Docteur, mais son vrai nom est le secret le plus soigneusement gardé de l’Univers. Comme tous ceux de son espèce, le Docteur a le pouvoir de se régénérer lorsqu’il est blessé à mort, et c’est pour cela qu’il change de visage ; enfin normalement il aurait dû s’arrêter à 11 mais il a réussi à avoir du rab. Il passe donc son temps à voyager, tantôt dans le temps, tantôt dans l’espace quand ce n’est pas les deux en même temps, et à sauver l’humanité parce qu’il aime bien les humains, et d’ailleurs ses compagnons d’aventures sont des humaines.

Véritable institution chez nos amis anglais, cette série est, comme je le disais plus haut, addictive : une fois qu’on est tombé dedans, on est foutu. Je n’exagère pas. Pourtant, j’avoue, je ne comprends pas tout (alors il doit me manquer des éléments, c’est sûr, mais j’ai aussi quelques problèmes autres), et questions paradoxes temporels, on fait un peu ce qu’on veut (il passe son temps à dire que surtout il ne faut pas créer de paradoxes car l’univers s’écroulerait, mais il ne se prive pas de le faire quand même quand ça l’arrange). Mais c’est drôle (très très drôle), déjanté et en même temps très profond car cela pose de vraies questions métaphysiques (bon, mon interprétation c’est que le Docteur est Dieu) et éthiques. J’aime particulièrement les épisodes historiques (Churchill, Elisabeth I…) et mon personnage préféré, c’est River Song. Et je confesse un crush coupable pour Matt Smith (par contre je n’aime guère le Docteur joué par Capaldi…). Le prochain Docteur sera une femme, et je trouve l’idée particulièrement intéressante…

Voilà voilà, et vous, vous êtes tombés dans la marmite ou pas ?

The Time machine, de Simon Wells

The Time machine, de Simon WellsNous avons tous nos machines du temps. Celles qui nous ramènent en arrière sont nos souvenirs, celles qui nous projettent en avant sont nos rêves. 

Comme je l’ai déjà dit, je déteste les romans de science-fiction, cela m’ennuie à un point indicible, ce qui fait que je n’ai jamais lu Wells. Pourtant, bizarrement, en film et en série, j’aime plutôt ce genre, et c’est donc comme ça que, suivant toujours mon fil thématique des voyages dans le temps, je me suis retrouvée devant cette adaptation du roman de H. G. Wells, réalisée par son arrière petit-fils (pour la petite histoire).

Alexander Hartdegen est un scientifique brillant, mais un peu trop en avance sur son temps selon les autres professeurs de Columbia où il enseigne. Après la mort tragique de sa fiancée, assassinée par un voleur, il fabrique une machine à voyager dans le temps, dans le but d’empêcher le drame de se produire. Ce qui, comme nous le savons, est tout à fait impossible (sinon, paradoxes, tout ça) : elle meurt donc à nouveau, bien qu’autrement. Alexander décide alors d’aller dans le futur pour essayer de comprendre pourquoi on ne peut pas changer le passé…

Bon. C’est un film qui se laisse regarder plutôt agréablement : c’est esthétiquement bien fait, plein d’action, dans la veine de ces films qui permettent de passer une bonne soirée, et à l’occasion cela permet de se poser quelques métaphysiques. Mais enfin, cela ne casse pas trois pattes à un canard, comme on dit, et je me demande même s’il n’y a pas une incohérence (attention, spoilers) : puisqu’Alexander reste dans le futur, à quel moment est-il supposé avoir écrit le livre que lui montre vox dans la bibliothèque en 2030, et qu’il ne semblait pas connaître ?

The Time machine
Simon WELLS
2002

Synchronicity, de Jacob Gentry

synchronicityEinstein lui-même disait que [les coïncidences] c’est Dieu qui se promène incognito.

Depuis que je me suis abonnée à Netflix, je découvre plein de choses à côté desquelles je serais passée, faute d’en avoir entendu parler. C’est le cas par exemple de ce film, qui correspond pourtant à une de mes obsessions : les voyages dans le temps.

Jim Beale est physicien, et il vient de réussir une expérience au cours de laquelle il a fabriqué un trou de ver, à travers lequel est apparu un dahlia très rare. Dahlia qu’il retrouve peu après dans l’appartement d’une jeune femme elle aussi apparue étrangement après l’expérience, et dont il va bientôt se rendre compte qu’elle lui ment. En outre, depuis l’expérience, Jim souffre de très violents maux de tête.

Très pointu d’un point de vue scientifique (pour autant que je puisse en juger) voire militant car toute sa philosophie repose sur l’opposition entre Tesla, le pur génie désintéressé à qui on a volé toutes ses inventions, et Thomas Edison qui ne voyait dans la science qu’un moyen de gagner de l’argent, ce film repose sur l’une des théories les plus avancées concernant les voyages dans le temps : les trous de ver, sortes de raccourcis à travers l’espace-temps qui permettraient donc, hypothétiquement bien sûr, de circuler. Et j’ai bien écrit espace-temps, car ici le voyage dans le temps s’associe à la question des univers parallèles, je ne vous dis pas comment, mais c’est vertigineux. Et ce qui est surtout appréciable ici, c’est que la question des paradoxes temporels n’est pas jetée par-dessus les moulins mais au contraire intégrée à la narration, avec l’idée que rien ne peut se produire qui ne s’est déjà produit, mais que parfois faute d’une vision d’ensemble on se fait une idée fausse des événement. Un peu comme dans Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, la magie en moins et la physique (quantique) en plus.

Cela donne un film franchement passionnant, bien fait, auquel je ne suis pas certaine d’avoir tout compris (j’ai fait des études de lettres, pas de physique quantique) mais cela n’enlève finalement pas grand chose au plaisir que procure ce thriller !

Synchronicity
Jacob GENTRY
2015

Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children (Miss Peregrine et les enfants particuliers) de Tim Burton

tim-burtons-miss-peregrines-home-for-peculiar-childrenI used to dream about escaping my ordinary life, but my life was never ordinary. I had simply failed to notice how extraordinary it was.

Un nouveau Tim Burton c’est (quoique dans un genre totalement différent) comme un nouveau Woody Allen : immanquable, et je piaffais en attendant qu’il soit enfin disponible en VOD.

A la mort de son grand-père, qui reste assez mystérieuse, Jacob, un adolescent en marge des autres, découvre que les histoires fantastiques que lui racontait le vieil homme sur son enfance sont peut-être vraies. C’est ainsi que sur une petite île du pays de Galles, Cairnholm, il découvre un monde parallèle où un groupe d’enfants aux pouvoirs particuliers est maintenu par Miss Peregrine dans une boucle temporelle qui leur fait revivre sans fin une journée de 1942, afin de les protéger des monstres…

Dès le début, on est happé par la magnificence des images oniriques et fantastiques — pas de doute, on est chez Tim Burton, et le réalisateur multiplie les clins d’oeils à ses autres films : Alice, Big Fish, Edward aux mains d’argent… L’histoire elle-même, qui n’est pas sans rappeler Harry Potter sur de très nombreux points, semble avoir été écrite pour qu’il la porte à l’écran, tant les motifs qu’elle développe sont en totale correspondance avec ses obsessions : la différence, la monstruosité, le courage. On a donc un film d’une poésie rare, à la fois drôle et émouvant, et évidemment métaphorique : si la boucle temporelle se situe en 1942, ce n’est évidemment pas insignifiant, mais au-delà, le film questionne toutes les époques, et notamment la nôtre.

Néanmoins, on va dire que je suis tatillonne, mais j’ai un souci avec cette question de boucle temporelle et plus généralement des voyages dans le temps : j’ai eu beau retourner les choses dans mon esprit pendant des heures, à la lumière de tout ce que j’ai déjà expliqué ici ou sur la question, ça ne peut pas coller (je ne peux pas expliquer pourquoi sans spoiler et c’est dommage). Cela dit, Burton est fort parce que sur le coup, emportée par la magie du film, je n’y ai vu que du feu !

Autre bémol, très personnel : j’aurais adoré Helena Bonham-Carter en Miss Peregrine plutôt qu’Eva Green, qui manque un peu de folie et de fantaisie.

Reste qu’il s’agit d’un film magistral, du très grand Tim Burton, à voir absolument tant il est riche et esthétiquement superbe !

Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children (Miss Peregrine et les enfants particuliers)
Tim BURTON
D’après le roman de Ransom Riggs
2016

Retour vers le futur (la trilogie) de Robert Zemeckis

Retour vers le futurQuitte à voyager dans le temps avec une voiture, autant en choisir une qui ait de la gueule !

Toute à mes réflexions métaphysiques sur les voyages dans le temps et les paradoxes qu’ils engendrent, voilà que je tombe sur une sélection « voyages temporels » sur ma chaîne de VOD. Que de choix ! Evidemment, il y avait Le Projet Almanach, que j’ai envie de voir depuis sa sortie, mais ce sera pour une prochaine fois : prise d’une soudaine envie de trip nostalgie, j’ai jeté mon dévolu sur la mythique trilogie Retour vers le futur. D’autant que nous ne sommes plus très loin du 21 octobre 2015, date à laquelle Marty est supposé nous rendre une petite visite (des événements spéciaux seront organisés ce jour-là, nous en reparlerons probablement dans un bloc-notes).

La trilogie relate les voyages dans le temps (surtout passé, mais aussi futur, voire réalités alternatives) d’un adolescent, Marty McFly, à bord d’une machine à voyager dans le temps fabriquée par le Docteur Emmett Brown à partir d’une DeLorean. Dans le premier épisode, suite à un petit souci, il part de l’année 1985 et est propulsé en 1955, l’année où ses parents sont supposés tomber amoureux. Mais la voiture n’a plus d’énergie (le plutonium n’est déjà pas facile à trouver en 1985, alors en 1955…) et Marty, aidé du « Doc » de 1955, doit en outre résoudre les paradoxes temporels qu’il a provoqués et qui risquent de l’empêcher de naître…

Evidemment, ce fut un plaisir immense de revoir ces films qui, même s’ils ont vieilli (et que la vision donnée de 2015 est tout simplement hallucinante), sont toujours aussi énergiques et drôles. Et puis, je ne me souvenais pas que les horloges avaient une telle importance dans les films : si ça se trouve, c’est ce qui a engendré ma propre obsession.

Mais évidemment, ce qui m’intéressait surtout, c’était de voir (mes souvenirs étaient vagues) quel était le parti-pris concernant le voyage dans le temps : peut-on, ou non, changer le passé (étant entendu qu’ici il n’est jamais question de zigouiller Hitler, Marty s’occupe de ses propres problèmes) ? La réponse, de manière évidente, est oui : les personnages passent leur temps à essayer d’éviter les paradoxes temporels qui auraient des conséquences désastreuses, et notamment le paradoxe du grand-père, puisque dans l’épisode 1 Marty manque de peu d’empêcher ses parents de se rencontrer ; dans l’épisode 2, on a carrément la naissance d’une réalité alternative de type uchronique. D’une manière générale, le voyage dans le temps fait que le passé ne reste pas identique, il est même parfois amélioré. Mais. D’autres éléments laissent penser que le voyage est déjà inscrit dans le continuum espace-temps, et c’est alors le choix du paradoxe de l’écrivain : par sa présence, Marty fait advenir ce qui devait advenir : c’est lui qui donne à Goldie Wilson l’idée de devenir maire en 1955, parce qu’il est maire en 1985 ; c’est lui qui fait découvrir aux jeunes de 1955 la chanson Johnny be good  et surtout donne l’idée à Chuck Berry de l’écrire, puisque pendant sa prestation Marvin Berry téléphone à son cousin Chuck pour la lui faire écouter ; il invente le frisbee en lançant un plat à tarte d’une marque portant ce nom* ; il donne à sa mère l’idée d’avoir un fils s’appelant Marty… Bref, ce n’est jamais totalement clair et cohérent !

Mais tant pis : ce fut un bonheur de revoir cette trilogie, que je n’avais pas dû regarder depuis au moins 20 ans !

* Ce détail, et beaucoup d’autres, me laisse penser que cette trilogie a beaucoup inspiré Selden Edwards !

Retour vers le futur
Robert ZEMECKIS
1985, 1989, 1990

L’incroyable histoire de Wheeler Burden, de Selden Edwards

Wheeler BurdenCe fut une époque de splendeur trompeuse, scandait Haze d’un ton énigmatique, où un mode de vie exquis vacillait au bord de l’abîme, totalement aveugle à l’imminence de son extinction. Mais quelle splendeur !

Tout ce qui est paradoxes temporels, chemins qui bifurquent, réalités alternatives me passionne. Aussi, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman, qui propose une variation assez étonnante sur le paradoxe du grand-père…

Un beau matin, Wheeler Burden, ancienne star du rock des années 70, se retrouve à arpenter le Ring viennois… en 1897 — un lieu et une époque que, fort heureusement, il connaît bien, grâce à l’un de ses professeurs, mais enfin tout de même, c’est inexplicable, d’autant qu’il y fait des rencontres étonnantes.

Il y a deux manières de considérer le voyage dans le temps (en prenant comme principe que cela existe, évidemment) : soit on peut changer le passé, avec tous les risques que cela engendre car le moindre changement que vous provoquez peut avoir des répercussions graves sur votre propre existence future, voire tout simplement la mettre en péril : si vous tuez votre grand-père, vous ne naîtrez pas ; mais cela mène évidemment à un paradoxe : si vous ne naissez pas, qui tuera votre grand père ? Personne, et du coup vous naîtrez, et ainsi de suite, jusqu’à l’aporie. D’où l’autre manière de considérer les choses : ne peut arriver dans le passé que ce qui est déjà arrivé, autrement dit si vous retournez dans le passé et provoquez des événements, c’est qu’un autre vous futur est déjà allé dans le passé provoquer ces mêmes événements : c’est une boucle infinie (c’est ce principe qu’a adopté J. K. Rowling pour le retourneur de temps).

Bref, ce roman, de manière magistrale, interroge ces deux possibilités : peut-on changer le passé et, au hasard, tordre le cou à Hitler encore enfant, ou le temps n’est-il qu’une éternelle boucle identique ? Evidemment, cela est vertigineux, d’autant plus que le lieu et le temps choisis sont proprement fascinants en eux-mêmes : la Vienne fin-de-siècle, coeur de l’Europe intellectuelle et artistique, foyer d’un monde en pleine mutation au croisement de l’histoire du monde, de l’histoire de la pensée, de l’histoire de l’art et de l’histoire de la sexualité : l’un des personnages principaux se trouve du coup être Freud lui-même, aux prises avec les inhibitions d’une société moralisatrice et puritaine et les dégâts qu’elles causent. Nourri de mythe, le roman met aussi en tension Eros et Thanatos, Dyonisos et Apollon, la liberté et l’oppression, notamment  à travers le personnage de Weezie.

Si les ficelles sont parfois un peu grosses et le début un peu lent à cause des nombreux allers-retours temporels qui mettent les choses en place et cassent un peu le rythme, j’ai été totalement subjuguée par ce roman parfaitement maîtrisé : c’est le premier de l’auteur, qui a mis 30 ans à l’écrire (d’où sa richesse), et c’est une vraie réussite !

L’incroyable histoire de Wheeler Burden
Selden EDWARDS
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hubert Tézenas
Cherche-Midi, 2014 (10/18, 2015)