Guérir la vie par la philosophie, de Laurence Devillairs : connais-toi toi-même

En tant que baume susceptible de calmer nos plaies — rupture amoureuse, troubles du voisinage, échecs professionnels, dégoût de la vie… —, la philosophie peut être considérée comme une médecine parmi d’autres, avec son propre arsenal d’onguents et de calmants. Mais comme révélateur d’un mal dont nous ignorons la nature, tout en en subissant les effets secondaires, elle est sans équivalent. Qui d’autre que le philosophe nous dira en effet comment faire pour que nos amours ni ne meurent ni ne nous tuent ? Reste donc deux possibilités : ou nous sommes malades et demandons à la philosophie de nous proposer un traitement ; ou bien nous pensons ne pas l’être et la philosophie nous convainc du contraire, nous apportant alors la vraie santé et la vraie guérison.

Hasards du calendrier ou persécutions venant de l’Univers, je me retrouve en ce moment avec beaucoup de lectures philosophiques. Et encore une fois, c’est pour la bonne cause.

Vivre est fait de contraintes, de renoncements, de liberté limitée (surtout en ce moment) : et si la philosophie pouvait nous y aider ? Comment faire face à toute cette souffrance ? Comment guérie même quand on ne sait pas qu’on est malade ? Comment, au bout du compte, vivre, ce qui ne va pas de soi ? C’est ce que nous propose Laurence Devillairs dans cet essai où la philosophie est vue comme une médecine — de l’âme mais aussi du corps, des petits tracas quotidiens et autres accidents de la vie.

Le point de départ assez curieux est que la vie même, le fait d’avoir à vivre est une maladie — curieux, mais après tout, pourquoi pas. Pour chaque mal rencontré (et ils sont divers), Laurence Devillairs propose alors une analyse diagnostique et un traitement philosophique, ce qui donne l’occasion d’une petite promenade très intéressante, nourrie d’extraits littéraires, et qui nous permet de nous poser certaines questions (et pas seulement sur l’amour, le désir qui sont mes champs d’investigation habituels). Et si j’ai parfois trouvé les réflexions un peu terre à terre, j’ai particulièrement aimé le chapitre sur les petits tracas du quotidien, léger et réjouissant.

Bref : une lecture instructive et inspirante, qui réjouira les amateurs de philosophie et ceux qui voudraient découvrir ses vertus !

Guérir la vie par la philosophie
Laurence DEVILLAIRS
PUF, 2020