Le château de Chamerolles et son musée du parfum

Cela fait presque trois ans que je n’avais pas fait d’article « promenade ». Il faut dire que je ne me suis guère promenée, en tout cas dans des endroits nouveaux, mais j’ai pris la résolution de me secouer un peu et de partir à nouveau en excursion autour d’Orléans (je ne suis pas prête psychologiquement à revenir à Paris, pour des raisons complexes), histoire de renouveler mon inspiration, une activité que je préconise dans l’Invitation à un voyage créatif. C’est comme cela que dimanche, mes pas (et mes roues) m’ont menée au château de Chamerolles, un endroit que je voulais visiter depuis des années.

Le château de Chamerolles est un joli petit château Renaissance construit par un certain Lancelot Dulac, qui n’a rien à voir avec le Chevalier du même nom, mais je trouve cela romantique, et qui offre une très belle promenade du dimanche. Les extérieurs proposent un très beau jardin Renaissance, dont les roses lorsque c’est la saison sont inscrite sur le Chemin de la rose du Loiret. On trouve aussi un parc, et un miroir d’eau avec un kioske qui offre une vue du château à couper le souffle.

L’intérieur est tout aussi intéressant : des salles explicatives sur la vie de château à la Renaissance et après, sur l’humanisme, la géographie, ou encore, puisque c’est la thématique, l’hygiène. Et un musée du parfum, avec une très belle collection historique très bien mise en valeur, ainsi, au premier étage, que la « Promenade des parfums » qui vous permet non seulement de voir un orgue, mais aussi de circuler au milieu des plus beaux flacons. Comme c’est ma passion et que j’ai longtemps été collectionneuse, j’ai visité un certain nombre de musées sur ce thème, et celui-ci est vraiment très bien fait.

Une promenade vraiment agréable et inspirante !

Oh, Toulouse…

C’est presque incroyable, mais jusqu’à présent la seule chose que j’avais visitée à Toulouse, c’était l’Université du Mirail, à l’occasion d’un entretien pour un poste, il y a une dizaine d’années (poste que je n’ai pas eu, donc…). Et la gare, pour me rendre à un colloque à Nîmes. Il était tant de combler cette lacune, n’est-ce pas, et une après-midi de notre pérégrination dans le sud a donc été consacrée à un petit parcours dans la ville rose. J’ai particulièrement été charmée par les détails architecturaux extrêmement soignés, qui font presque de chaque immeuble une oeuvre d’art, dans laquelle on note des influences baroques et espagnoles; c’est un bonheur de les photographier :

Mais procédons par ordre. Notre parcours a commencé par la basilique Saint-Sernin* (XIe – XIIe siècle), bel exemple d’architecture romane méridionale, construite pour abriter les reliques de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, martyrisé en 250. Elle a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 18402. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998 :

Evidemment, impossible de manquer la place du Capitole, pas si noire de monde que ça en ce samedi après-midi :

Ensuite, nous nous sommes dirigés vers les quais en faisant un crochet par l’église des Jacobins qui, avec son cloître et son couvent, constitue l’ensemble conventuel des Jacobins et est considéré comme un des joyaux de l’art gothique languedocien. L’église elle-même fut considérée comme la plus belle église dominicaine de l’Europe chrétienne. Les piles sont hautes de 22 mètres et sont considérées comme les plus hautes colonnades élevées de l’architecture gothique. Le « palmier » est un chef-d’œuvre unique au monde s’élevant à 28 mètres de hauteur, et il faut bien le dire, une curiosité :

Nous sommes ensuite arrivés sur les bords de la Garonne, lieu ma foi fort agréable et où il doit faire bon pique-niquer lorsqu’il fait beau !

Ensuite nous sommes remontés vers le centre, nous arrêtant un instant dans la cours de l’hôtel d’Assezat, qui abrite la fondation Bemberg, magnifique lieu :

Et puis, nous sommes revenus à notre point de départ non sans passer devant le musée des Augustins.

Une jolie promenade, donc, dans une ville que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir malgré le temps pas terrible. J’y reviendrai avec plaisir si l’occasion m’en est donnée, et pour un peu plus longtemps !

*Oui, il y a beaucoup d’églises dans ces deux jours, mais mon intérêt pour ce type de lieux reste purement esthétique !

Maisons d’écrivains et d’artistes, d’Hélène Rochette

11494844624_76a902c922_oLieux de création, lieux d’habitation, antres secrets et familiers, les toits des artistes et des écrivains célèbres recèlent mille et un trésors du passé, mille et une facettes d’une vie et souvent d’imperceptibles empreintes d’un corps à corps avec la matière, d’insignes indices d’un combat mené à la plume d’oie ou à coups de sergent-major.

J’aime infiniment les maisons d’artistes, lieux où l’on sent planer l’âme du génie. Et cela faisait un bout de temps que je cherchais un livre qui les recenserait : lorsque je suis tombée sur celui-ci à la librairie du musée Carnavalet, je n’ai bien évidemment pas résisté.

Dans cet ouvrage, Hélène Rochette nous emmène visiter 45 maisons d’écrivains et d’artistes à Paris, en terres franciliennes et « aux confins de l’île de France », appellation assez large qui nous mène du Loiret à la Normandie en passant par la Picardie. Certaines de ces demeures sont connues : la maison de Victor Hugo place des Vosges, celle de madame de Sévigné qui abrite aujourd’hui le musée Carnavalet, ou encore l’hôtel particulier de Rodin à Meudon (oui, je sais, le lien mène à l’autre musée Rodin, qui n’est pas dans le livre). D’autres le sont beaucoup moins, mais gagneraient à l’être.

Dotée d’une plume admirablement littéraire (ce qui est assez rare dans ce type d’ouvrages) et d’un talent photographique certain, Hélène Rochette nous invite à la promenade. Une promenade riche, variée, extrêmement bien documentée et instructive, à la rencontre des génies du passé que l’on a l’impression de connaître un peu mieux après avoir découvert leur décor. Evidemment, le principe est de ne pas se contenter du livre, et de partir soi-même sur la route comme le fait François Busnel à la découverte de tous ces magnifiques lieux répertoriés ici. Pour ma part, j’ai déjà une liste d’envies bien longue…

Deux petits regrets néanmoins : que ne soient recensés que les lieux autour de Paris (disons qu’il faudrait un deuxième volume pour les autres) et que le format « guide » ne permette pas de mettre suffisamment en valeur les photographies. Je pense que ce style d’ouvrages mériterait une édition « Beaux livres » à mettre sur la table basse !

Maisons d’écrivains et d’artistes. Paris et alentours.
Hélène ROCHETTE
Parigramme, 2012