Enfants du soleil, d’André Brahic : Histoire de nos origines

Bien que l’étude de nos origines concerne avant tout les astronomes, les physiciens, les chimistes, les mathématiciens, les minéralogistes, les géophysiciens et bien d’autres, elle a de telles implications philosophiques et sociologiques qu’elle continue de susciter les passions et quelquefois les polémiques. Même entre scientifiques, les disputes sont nombreuses. Les différentes voies d’exploration sont si variées que beaucoup d’auteurs s’ignorent délibérément. En étudiant les textes consacrés à la question de nos origines, on rencontre plus de « philosophes que d' »ingénieurs » et quelquefois plus de métaphysique que de physique, mais la situation est en train de changer. La recherche spatiale, le développement des moyens d’observation et d’analyse ont fourni des outils si puissants que nous vivons une véritable révolution dans l’histoire de l’acquisition des connaissances, et que personne ne peut ignorer les contraintes apportées par les observations et par les modèles. 

Lorsqu’André Brahic est mort, en 2016, j’ai eu envie de relire cet essai qui faisait partie de la sélection pour le Grand Prix des lectrices de Elle en 2000. Mais impossible de mettre la main dessus, alors que je savais pourtant à peu près où il était. L’autre jour, je me suis dit que quand même, j’allais chercher à nouveau, et je l’ai trouvé tout de suite. Je ne vais pas m’étendre sur ce mystère. Le fait est qu’évidemment, l’essai a 20 ans et que dans le domaine de l’astronomie, cela en fait une antiquité, et que très certainement de nombreuses découvertes ont été faites depuis sa publication, et qu’il faudrait donc l’augmenter voire le corriger sur certains points, mais ce n’est pas grave, je pense que l’essentiel y est.

L’objet de cet essai est donc d’enquêter sur les origines du monde, en partant des mythes et des légendes, premières réponses à la question, et des débuts de l’astronomie dès l’Antiquité. Ensuite, la première partie est consacrée à l’archéologie du ciel : reconstituer l’histoire à partir des traces : l’inventaire du système solaire, la question du temps, des matériaux, du mouvement et des autres galaxies ; fort de ces observations, il s’agit ensuite d’élaborer un scénario possible de la naissance du monde, et de s’intéresser à l’après : l’évolution de la terre et l’apparition de la vie, la fameuse question (sans réponse) de savoir si nous sommes seuls dans l’Univers, et le futur de la planète…

Très pédagogique et non dénué d’humour, cet essai constitue la parfaite introduction pour le néophyte qui voudrait en savoir plus sur notre univers et notre histoire, et le but assumé de l’ouvrage est de donner envie d’en savoir plus. Tout en restant scientifique, l’auteur s’attache à ne pas trop dépoétiser le monde ; il y a néanmoins des passages auxquels je n’ai rien compris (en fait, dès qu’il s’agit de physique pure, avec les atomes, les électrons et les machins comme ça je suis larguée) mais j’ai toujours fini par me retrouver, et j’ai bien sûr appris beaucoup de choses. En fait, il n’y a que la conclusion qui m’a un peu agacée, car j’y ai trouvé que l’auteur y manquait cruellement d’ouverture d’esprit, ce qui est d’ailleurs un des défauts de la science moderne, nous y reviendrons dans quelque temps car je suis en train de lire un ouvrage sur le sujet.

Mais cela reste un essai passionnant, éclairant et très instructif (qui m’a en outre, vu son titre, donné l’impulsion pour revoir l’intégrale des Mystérieuses cités d’or, sujet sur lequel nous reviendrons également plus ou moins prochainement) !

Enfants du Soleil. Histoire de nos origines
André BRAHIC
Odile Jacob, 1999

 

Un hosanna sans fin, de Jean d’Ormesson : pourquoi quelque chose plutôt que rien ?

Vous voilà né. Pour mourir. En attendant, il faut bien vivre.
Vivre est une occupation de tous les instants. Une expérience du plus vif intérêt. Une aventure unique. Le plus réussi des romans. Souvent un emmerdement. Trop souvent une souffrance. Parfois, pourquoi pas ? une chance et une grâce. Toujours une surprise et un étonnement à qui il arrive de se changer en stupeur. 

J’avais envie de terminer l’année avec une lecture positive et lumineuse (terminer l’année au sens de dernière lecture chroniquée et non faite). Ce récit s’est imposé de lui-même.

Nous mourrons tous. Mais le plus grand mystère n’est-il pas plutôt celui de notre naissance, que nous n’avons pas voulue. Pourquoi et comment vivre, quand on se sait voué à la finitude ? A quoi bon, puisque tout est transitoire ?

Et d’ailleurs, pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

Evidemment, pas de réponse à cette grande question : on peut croire, mais personne ne sait ce qu’il en est, si notre présence sur terre a un sens, et ce qui nous attend après — rien ? Le Paradis ? La réincarnation ? Tout est exposé avec une simplicité extrême, l’histoire de l’Univers, le hasard, la nécessité. L’amour. D’Ormesson est un agnostique qui espère que « Dieu » existe, sous quelque forme que ce soit, sinon le monde serait trop laid et injuste, et si son existence est peu probable, après tout, comme le reste non plus, pourquoi pas ? Il n’impose rien, mais a le don de mettre le doigt sur des questions qui plongent le lecteur dans des abîmes de perplexité existentielle.

Au-delà de ce vertige métaphysique, il y a ce ton primesautier unique et inimitable qui va nous manquer : en lisant, j’entendais sa voix…

Alors oui, un ouvrage lumineux et résolument optimiste, qui fait un bien fou !

Un hosanna sans fin
Jean d’ORMESSON
Heloïse d’Ormesson, 2018

Dallas, ton univers impitoyable (nostalgie, histoire, mémoire et oubli)

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Le Diable est malin parce qu’il est vieux, non parce qu’il est le Diable

Vous le savez, je suis une grande nostalgique, notamment en matière de télévision et de séries, qui ont largement nourri et construit mon imaginaire (il faudra un jour que j’écrive un article à ce sujet : beaucoup disent que la télévision appauvrit l’imaginaire, et je pense que c’est totalement faux, mais ce n’est pas le sujet du jour). Rien ne me fait plus plaisir (enfin si, mais bref) que de tomber sur une vieille série des années 70 ou 80, Hart to Hart, MacGyver (rediffusé en ce moment sur D8), Amicalement vôtre (il y a peu sur Paris Première). Ou Dallas. C’est donc dans une attitude presque religieuse que je me suis installée samedi soir pour la diffusion de Dallas 2012, la nouvelle génération, en mangeant de la glace au beurre de cacahuète et en livetwittant sur le zipad.

John Ross, le fils de JR et Sue Ellen, est déterminé à forer du pétrole à Southfork, malgré l’interdiction de Bobby qui a hérité du ranch. Christopher, le fils adoptif de Bobby et de son ex femme, Pamela, espère de son côté diriger l’entreprise familiale dans la nouvelle direction des sources d’énergie alternatives. Il est fiancé à Rebecca Sutter, qui essaie de trouver sa place dans la famille Ewing. Elena Ramos, la petite amie de John Ross était autrefois la fiancée de Christopher. Bobby s’est maintenant remarié à Ann, vient d’apprendre qu’il a un cancer et souhaite vendre Southfork à une fondation de protection de la nature. Quant à JR, profondément dépressif, il végète dans une maison de santé (mais pas pour longtemps).

Mais quel bonheur : ils sont toujours aussi méchants, manipulateurs, hypocrites, égoïstes et assoiffés d’argents. Tout le monde ment, tout le monde joue un double jeu, et on ne sait plus au final qui trahit qui : rien à envier, donc, à la série originale, dont on retrouve certains personnages mythiques. Deux équipes s’affrontent sur twitter : la #teambobby et la #teamJR, dont je fais partie : je n’ai jamais aimé Bobby que je trouve crétin, alors que JR… quel homme ! Un vrai personnage dé méchant dans toute sa splendeur, profond et complexe, comme je les aime. C’est donc avec beaucoup de plaisir que je suivrai les aventures de la nouvelle génération Ewing, qui promettent d’être pimentées.

J’ai néanmoins deux petites réserves. D’abord, le générique : pour moi comme pour beaucoup, le générique de Dallas est absolument mythique, et c’est un sacrilège de l’avoir réorchestré de manière aussi mollassonne (il me manque le pom, pom, pom pom pom pom appuyé du début). Ensuite, je trouve que c’est parfois assez complexe à suivre : les plus jeunes qui n’ont pas du tout vu la série originale et les un peu moins jeunes mais jeunes quand même comme moi qui n’ont pas tout vu risquent d’être un peu perdus : pour ma part, j’ai dû plusieurs fois faire appel à mon ami Google pour me rappeler ce qui s’était passé entre tels ou tels personnages.

Oui parce que bon, Dallas, je suis loin d’avoir vu tous les épisodes, et mes souvenirs sont en outre très vagues car j’étais plutôt jeune. D’ailleurs depuis hier soir je m’interroge : quand ai-je vu ces épisodes ? Pas à la première diffusion, c’est certain : j’étais toute petite. Donc, une rediffusion, mais laquelle ? Je suis tombée sur cet article qui les récapitule, et pour moi il s’agit forcément d’une diffusion l’après-midi (en tout cas c’est le souvenir que j’en ai). Mais en 1986 j’étais trop jeune, et en 1996 c’était l’année de mon bac, et il me semble que le souvenir serait moins flou. D’autant qu’en 1996 j’ai vu Côte Ouest (le spin off de Dallas, donc) et que là pour le coup je suis certaine d’avoir vu tous les épisodes (je me souviens : je les enregistrais et les regardais le soir en rentrant du lycée) et j’en garde une image très précise.

Mais bref, malgré ces problèmes de mémoire qui me joue des tours, une chose est sûre : cette nouvelle série est un véritable bonheur et va enchanter mon été !

Dallas 2012
TF1, Samedi, 20h50