Les Noces funèbres, de Tim Burton

noces funèbres

Ses films d’animations ne sont pas forcément parmi mes préférés de Tim Burton, mais j’avoue une certaine tendresse pour celui-ci, que je n’avais pas vu depuis un certain temps et que j’ai redécouvert avec beaucoup de plaisir.

Ce film, inspiré de la légende juive de la mariée morte, nous raconte l’histoire de  Victor Van Dort, fils de nouveaux riches, qui doit épouser la jolie et romanesque Victoria Everglot, fille de petite noblesse dont les parents sont ruinés. Même s’il s’agit d’un mariage arrangé, ils se plaisent immédiatement. Mais, en répétant ses voeux, Victor se retrouve marié au cadavre d’Emily, qui l’entraîne de force dans le monde des morts, un monde très joyeux et gai. Mais Victor ne peut oublier Victoria.

C’est du Tim Burton : l’univers est à la fois sombre et inquiétant du côté des vivants, et joyeux du côté des morts, qui passent leur temps à festoyer, comme dans L’Étrange noël de Mr Jack. On sourit souvent, l’humour est noir, insolent parfois, le film est tissé de références culturelles, résolument onirique et poétique, oscillant entre le fantastique et le merveilleux… Bref, si je préfère tout de même ses films avec de véritables acteurs, ce film d’animation est tout de même un chef-d’oeuvre…

Les Noces Funèbres
Tim BURTON
Etats-Unis, 2005

Mars Attacks, de Tim Burton

936full-mars-attacks!-posterL’exposition Tim Burton m’avais donné envie de revoir l’ensemble de sa filmographie, et de voir les films que je n’avais pas vus. J’avais déjà vu Mars Attacks, mais ce fut un bonheur absolu de le redécouvrir…

Des milliers de soucoupes volantes en provenance de la planète Mars se dirigent vers la Terre. L’événement suscite bien évidemment beaucoup d’agitation. Certains les pensent pacifiques et les accueillent à bras ouverts, d’autres proposent de leur envoyer une bombe atomique. Mais enfin, on leur réserve un accueil chaleureux, espérant qu’ils sont venus en paix. Ce qui n’est malheureusement pas le cas, et les petits hommes verts se mettent à dégommer tout le monde…

Ce n’est probablement pas le meilleur film de Tim Burton, mais tout de même, quel génie : dans cette comédie de science-fiction, parodie de films des années 50, tout est d’une qualité rare, à commencer par les acteurs qui sont tous exceptionnels (mentions spéciale pour Nicholson qui campe un président des Etats-Unis plus vrai que nature) et jouent à fond le côté totalement caricatural des personnages, les scènes sont plus délirantes les unes que les autres et, bien sûr, les Américains finissent par sauver le monde. Mais à travers l’aspect réellement hilarant, la satire n’est jamais loin…

Un film à voir absolument s’il manque à votre filmographie, car l’imagination débordante de Tim Burton fait de ce film un peu potache (et tout de même loin de la poésie de Big Fish) un extraordinaire moment de détente apte à guérir n’importe quel blues du dimanche soir !

Mars Attacks
Tim BURTON
Etats-Unis, 1996

Big Fish

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« En racontant la vie de mon père, il est impossible de séparer le réel de l’imaginaire. »

J’ai déjà dit à quel point j’aime Tim Burton, à quel point son imaginaire me parle. Et grâce à Arte, qui nous a récemment offert une rétrospective de ses plus beaux films, j’ai enfin pu voir un des rares qui m’ont échappé : Big Fish.

William Bloom retourne au domicile familial après l’avoir quitté longtemps auparavant, lassé des histoires abracadabrantes de son père Edward. Mais ce dernier est atteint d’un cancer, et son fils souhaite mieux le connaître et découvrir ses secrets avant qu’il ne soit trop tard. Il écoute alors l’étrange aventure de sa vie…

Même si ce film reste totalement onirique et déjanté, il est beaucoup plus sobre que le reste de l’oeuvre burtonienne : la dimension fantastique, bien que présente, est plus ténue, j’ai presque envie de dire plus poétique. Moins de monstres bizarroïdes et effrayants à la Beetlejuice (que j’ai revu avec plaisir également), moins d’effets spéciaux hallucinants, plus d’émotions, donc. Car ce qui est intéressant dans ce film, c’est la manière dont il questionne le réel, en lui demandant finalement qui il est : est-ce que les histoires que nous inventons appartiennent à notre être au même titre que ce que nous avons réellement vécu ? Est-ce qu’il existe, d’ailleurs, une « vraie version des choses » ou tout n’est-il que question de point de vue et de perception ? Est-ce important, finalement ? Car ce qui importe ici, c’est la vie rêvée, le voeu du personnage de faire de son existence non pas un roman, mais une épopée, et même une Odyssée tant les échos avec l’oeuvre d’Homère m’ont parus évidents : le géant et la caverne de Polyphème, les monstres marins, Spectre et ses enchantements comme la grotte de Nausicaa, les Sirènes…

Bref, ce film est un magnifique conte, d’une grande poésie, que je regrette de ne pas avoir vu plus tôt !