Le tantra pour tous, de Claire de Lys

Le tantra pour tousTantra est un mot sanskrit signifiant lien, tissage, ce qui relie.
L’interprétation donnée est multiple : relier l’âme au coeur, relier l’homme à Dieu, et par extension la Voie, la méthode. Ce serait un chemin pour accéder à la divinité. Le Tantra était appelé la voie des dieux.
Le mot tantrisme a été inventé au XIXe siècle par les Occidentaux pour désigner la « philosophie » du Tantra.

Je l’ai déjà dit (mais je vais le répéter), je m’intéresse depuis très longtemps à tout ce qui touche à l’aspect mystique, spirituel de la sexualité : anciens cultes païens, magie, spiritualités orientales et donc, logiquement, le Tantra et les Kâma-Sutra (thème qui me rappelle toujours, d’ailleurs, un extraordinaire épisode de Sex and the City). Ce petit guide d’initiation m’intéressait donc au plus haut point.

Le chemin du tantra, c’est l’apprentissage des lois de l’amour universel et de l’harmonie. Et avant de passer à la pratique (dans la deuxième partie de l’ouvrage), l’auteure s’intéresse d’abord fort logiquement à la théorie : les origines (en Inde, dans le prolongement des Vedas) et principes du tantra, qui vise, pour résumer, à la transformation et à la canalisation de l’énergie sexuelle pour atteindre l’Eveil ; en Occident, on va plutôt parler de « neotantrisme » puisque cette philosophie est coupée du sous-bassement culturel et religieux Hindou. Ensuite donc la pratique, partie beaucoup plus développée et divisée en deux parties : pour les célibataires et pour les couples (ou plutôt seul/à deux voire en groupe, puisqu’il est bon de pratiquer d’abord seul avant de s’unir à un autre), le tout à base de postures de yoga, d’exercices de visualisation et de méditation.

Evidemment, il y a dans cet ouvrage une véritable dimension spirituelle, qu’il faut accepter car finalement, ici, la sexualité est un moyen et non un but puisqu’il faut se servir et canaliser l’énergie sexuelle dont le pouvoir est immense (ce qui n’empêche pas que du coup, grâce aux exercices, cette énergie étant bien canalisée, elle est d’autant plus grande, et le plaisir avec) ; il y est aussi question de chakras, de divinités, d’âmes, ce qui peut laisser perplexe certains. Il n’empêche : toute la partie théorique m’a passionnée, bien plus que les chapitres d’application, et vu que la dimension pratique est beaucoup plus développée, je suis un peu restée sur ma faim (de savoir)…

Le tantra pour tous. Le guide du néotantra
Claire de LYS
Editions Medicis, 2017

Avec Stephie

Chants mystiques du tantrisme cachemirien

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Patience, je dois endurer éclairs et tempêtes

Et affronter avec courage l’opacité de mes ténèbres.

Broyée comme grain entre les meules.

Si j’ai la force d’endurer ces tourments,

Je sais que la joie m’attend.

J’imagine aisément votre expression à la découverte du titre de ma chronique du jour, ainsi que la pensée qui l’accompagne : « Mais qu’est-ce qu’elle a encore été trouver comme lecture improbable ? ». Improbable, oui, et somme toute peu probante. Mais, comme je l’ai dit, je m’intéresse actuellement beaucoup à la spiritualité, et n’ayant moi-même aucune religion, je ratisse large. D’autant que, comme je l’ai dit aussi, je souhaite en apprendre plus sur la civilisation qui a donné naissance au yoga, que je pratique depuis peu et qui est bien plus qu’une simple gymnastique du corps. Aussi, j’avais envie de découvrir le tantrisme et ne pas m’arrêter aux clichés qui circulent à son sujet. Mais je pense que j’ai fait une erreur de casting…

J’ai donc été déçue par la lecture de ce recueil (qui ne m’a pas pris beaucoup de temps, c’est déjà ça). Déçue pour deux raisons. La première concerne le paratexte : j’espérais, tout de même, que l’auteur de la présentation nous expliquerait vraiment ce qu’est le tantrisme, en tout cas dans les grandes lignes, mais point du tout ; il se contente de nous raconter la vie de Lalla, certes riche et passionnante, mais de mon point de vue cela ne suffit pas pour entrer dans le texte, il faut aussi quelques clés plus spirituelles. Et puis, les textes eux-mêmes m’ont déçue. Sans doute perdent-ils beaucoup à la traduction, j’en ai bien conscience, mais il manque un souffle, un quelque chose qui pourrait me toucher. Je n’y ai pas trouvé la sacralité absolue de l’union du féminin et du masculin qui est pourtant, si je ne m’abuse, la base de la spiritualité tantrique. Lalla parle du yoga, de la « respiration consciente », des postures, des mantras… mais d’amour, point.

Donc j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps avec cet ouvrage, car je ne suis pas plus avancée sur le sujet qui m’intéressait au départ. Mais encore une fois, il est fort possible que quelque chose m’ait échappé. En tout cas, je pense que c’est une lecture dont le commun des mortels peut se passer, et pour ma part j’espère trouver un autre livre qui satisfera mieux ma curiosité…

Marie-Madeleine, un amour infini

mariemadeleine

Je suis la femme de Magdala. Donnée à tous car je suis belle comme la vie, irrésistible comme la jouissance et le malheur. Ils ont mangé mon corps, mordu mes épaules et mes cuisses, bu à mon ventre. Je les ai bercés, griffés et consolés, méprisés et flattés. Je me suis traînée à leurs pieds. Je les ai fait hurler sous mes caresses.

Ils ont cru me posséder, m’acheter, m’asservir, et tous sont repartis immensément creux.

Je suis la femme, la blessure, et le gouffre. Ils viennent tous chercher la mort auprès de moi, respirer leur néant sur ma peau parfumée, et manger leur opprobre.

Il y a quelques temps, je m’étais replongée avec plaisir dans l’histoire de la Reine de Saba et du Roi Salomon écrite par Jacqueline Kelen, et cela m’a donné envie de découvrir d’autres titres de cette auteure. Comme le personnage de Marie-Madeleine m’a toujours fascinée, mon choix s’est porté sur ce petit texte, que je ne saurais classer, vous aller comprendre pourquoi. Pour tout dire, cette lecture m’a laissée assez perplexe et j’ai eu besoin de laisser infuser quelques temps avant de vous en parler.

Ce texte est bicéphale. D’un côté, le récit à la première personne de ce personnage mal connu et composite qu’est Marie de Magdala. Une sorte d' »Evangile selon Marie-Madeleine » qui répond aux Evangiles canoniques où elle est à la fois occultée et maltraitée (alors qu’elle a une place importante dans les évangiles apocryphes et gnostiques). Marie-Madeleine est donc une prostituée, mais pas une vulgaire fille de joie : elle incarne les cultes anciens de la divinité féminine (on comprend donc pourquoi le monothéisme phallocentrique l’a rejetée). Elle dit ces amants, tous ces hommes qu’elle a eus dans son lit et à qui elle a offert une part d’infini, de sacré. Son corps est un temple, celui de l’amour. Et puis un jour vient Yeshoua et se noue entre eux une relation hors du commun, un amour total et absolu.

De l’autre côté, inséré dans ce récit, l’auteur glose : sur la femme et la féminité, sur les cultes païens, le tantrisme, le féminin et le masculin… afin de nous donner les clés pour comprendre.

Alors, globalement, tout cela est intéressant, Jacqueline Kelen fait preuve d’une très très grande culture et sa réflexion est très stimulante. Mais j’ai trouvé cela parfois un peu hermétique, et il m’est arrivé de me perdre. Comme somme toute tout cela m’intéresse beaucoup, je me suis accrochée, mais pour être honnête, je ne conseillerais pas vraiment ce texte à tout le monde, mais seulement à ceux qui sont passionnés par ce type de sujets et qui y trouveront sans aucun doute matière à enrichir leur réflexion.