Instantané : Golden Tarot

J’avais dit : d’accord, j’apprends le Tarot, mais hors de question que j’achète plein de jeux, je me contente de celui que j’ai.

Comme quoi, après plus de 40 ans passés avec moi-même, j’arrive encore à me faire confiance sur des trucs totalement impossibles comme si je ne me connaissais pas par cœur. Il était évident qu’à un moment, ça déraperait et j’achèterais d’autres jeux de Tarot. Et encore, je me suis retenue : j’en ai toute une liste qui me plaît bien. Celui-ci n’est pas passé par ma liste : je l’ai acheté directement, et j’ai eu raison en fait.

Alors soyons clair : j’aime toujours d’amour le Divine Feminine. Mais. Il est très sombre (évidemment, j’ai pris la version nocturne) et je voulais quelque chose de plus lumineux pour la saison ; je trouve aussi que les mineurs sont parfois difficiles à interpréter pour quelqu’un qui est en cours d’apprentissage. Donc je le laisse de côté pour le moment.

Et j’ai jeté mon dévolu sur le Golden Tarot Art Nouveau, qui comme son nom l’indique est un Tarot dont l’esthétique est inspirée de l’Art Nouveau (qui m’inspire toujours), avec des cartes aux fonds dorés, tout en restant très très fidèle aux illustrations du Rider-Waite-Smith. J’ai eu un coup de foudre particulier pour les figures féminines, qui sont d’une beauté et d’une sensualité bouleversante, et pour moi c’est un point très important.

Les meilleurs livres pour commencer sur la spiritualité, l’ésotérisme et la magie

Dernier volet (en tout cas pour le moment) de cette petite série « les meilleurs livres, après l’amour et la créativité, voici quelques livres qui sans être forcément « les meilleurs » ont tout de même marqué mon chemin et m’ont beaucoup fait réfléchir, et qui constituent selon moi une bonne introduction pour vous lancer sur le sujet.

1. Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier : un ouvrage fondateur, que je pense d’ailleurs relire, qui permet de faire un pas de côté et de regarder les choses avec ouverture d’esprit, dans une voie moyenne entre « la science » et « la magie ». En ce moment j’ai envie de le coller dans les mains de pleins de gens, des fois que ça leur ouvrirait un peu l’esprit…

2. La Voix de l’éternelle sagesse de Khalil Gibran, texte que je préfère encore au Prophète car je le trouve plus profond et plus vibrant, mais c’est vraiment une question très personnelle, évidemment.

3. Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés : alors oui, je le colle dans toutes les catégories mais ce livre a littéralement changé ma vie sur tous les plans, donc je ne peux pas faire autrement.

4. Ame de sorcière d’Odile Chabrillac : un essai qui a changé ma manière de voir certaines choses, et qui a commencé à semer en moi la petite graine du Tarot, qui a bien grandi…

5. Cosmic Girl de Mélody Szymczak : sans doute pas le « meilleur », mais c’est un livre que je trouve vraiment clair, accessible, gai, la spiritualité comme je l’aime et je le conseille vraiment.

J’ai volontairement réduit cette sélection (d’autant que je me suis rendu compte en la faisant qu’il y en avait une autre sur un sujet précis derrière, on verra à la rentrée) aux ouvrages plutôt « grand public » et simples, mais nous reparlerons bientôt (enfin à la rentrée aussi) de textes plus hermétiques et complexes.

Eloge du mariage, de l’engagement et autres folies, de Christiane Singer : une exigence existentielle

La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n’est pas de fuir l’engagement, mais de l’oser.
Libre n’est pas celui qui refuse de s’engager.
Libre est sans doute celui qui ayant regardé en face la nature de l’amour — ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations — sans illusions, se met en marche,
décidé à en vivre coûte que coûte l’odyssée, à n’en refuser ni les naufrages ni le sacre, prêt à perdre plus qu’il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n’est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l’engagement honoré dans la traversée sans feinte d’une vie d’homme.

Il y a dix ans, j’avais lu de Christiane Singer le sublime texte qu’elle a consacré à Héloïse et Abélard, Une Passion entre Ciel et Chair ; j’avais été portée vers l’autrice par une citation magnifique sur laquelle j’étais tombée, et extraite de l’essai dont je vais vous parler aujourd’hui. Mais voilà : à l’époque un texte sur le mariage, ça résistait et j’avais donc habilement contourné. Et j’ai eu raison parce que, plus tôt dans ma vie, je n’aurais pas été en mesure de comprendre ce qui s’y joue, et je serais passée à côté. Il y a quelques semaines d’ailleurs, je vous en parlais, de l’engagement. Et lire ce livre ce livre s’est imposé comme un impératif.

Comment se lier indéfectiblement à un autre, alors qu’on ne sait même pas qui on est ? Comment s’engager sur un chemin dont on ne sait où il mène ? C’est un pari, un risque, une folie, mais la plus belle qui soit sans doute.

Dans une langue magnifique, à la fois d’une grande poésie et d’une grande sensualité, Christiane Singer nous invite à redéfinir la liberté, qui n’est pas de fuir mais au contraire de choisir l’engagement, qui est un impératif existentiel prenant naturellement la suite du papillonnage, et de voir le mariage comme un projet qui nous délivre au lieu de nous enfermer, car il nous transforme. L’autre est lié à notre âme, il met le doigt sur nos blessures car devant lui on se met à nu, on se montre vulnérable, et c’est ainsi qu’on peut guérir. Le couple est donc le plus merveilleux des creusets d’évolution : exigeant, mais merveilleux et conduisant à la joie.

Inutile de vous dire que ce texte m’a bouleversée et émerveillée, d’autant que c’est le sujet sur lequel j’écris depuis plus de trois ans, et qu’il a immédiatement rejoint la liste de mes livres préférés sur l’amour

Eloge du mariage, de l’engagement et autres folies
Christiane SINGER
Albin Michel, 2000

Indomptée, de Glennon Doyle : une femme sauvage

Chacun de nous est né pour donner au monde quelque chose qui n’a encore jamais existé : une façon d’être, une famille, une idée, un art, une communauté — quelque chose de nouveau. Nous sommes ici pour nous exprimer pleinement, nous imposer et imposer nos idées, nos pensées et nos rêves, changer le monde pour toujours par ce que nous sommes et ce que nous puisons dans notre intériorité. Nous ne pouvons donc pas nous contorsionner pour essayer de loger dans cet ordre visible étroit. Il nous faut nous libérer pour voir ce monde se réorganiser sous nos yeux.

Glennon Doyle est une autrice très connue aux Etats-Unis et bizarrement pas du tout en France, où ses livres ne sont pas traduits à l’exception de son dernier, qui vient de sortir, et c’est donc avec beaucoup de curiosité que je l’ai découverte, ses réflexions et ses sujets étant aussi les miens.

Indomptée appartient à un genre qu’on ne trouve plus tellement en France alors que c’est finalement Montaigne qui l’a inventé : les Américains appellent ça memoir ou parfois essays (au pluriel) : un texte où se côtoient expérience personnelle de l’auteur et réflexion générale. Ici, Glennon Doyle explore son chemin de libération, raconte comment elle s’est laissé mettre en cage par la société qui voulait qu’elle soit une gentille petite fille, comment elle s’est libérée et a affirmé son pouvoir en ressentant, en écoutant sa voix intérieure, en osant imaginer, en n’ayant pas peur de détruire pour construire. Tout cela, grâce à l’amour.

Bien sûr, tout cela n’a pas manqué de me faire penser à Femmes qui courent avec les loups ; et aussi à Elizabeth Gilbert, j’ai tout de suite senti la connexion entre les deux, et, de fait, on apprend au bout de quelques chapitres qu’elles sont amies. En tout cas, j’ai trouvé ce texte extrêmement inspirant : Glennon Doyle avec sincérité et authenticité des sujets difficiles comme la boulimie, l’alcoolisme, la « fake life », le fait de s’empêcher de vivre pour se mettre à l’abri de la souffrance, sur la manière dont les émotions nous parlent, sur l’éducation. Et surtout sur l’amour comme force de transformation et de libération : il y a vraiment des pages sublimes sur la manière dont l’amour nous construit. Après je suis en désaccord sur certains points (et un point en particulier), mais c’est le jeu !

Bref : une lecture inspirante, qui m’a beaucoup nourrie !

Indomptée
Glennon DOYLE
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Delphine Billaut
Leduc, 2021

Le ciel t’aidera, de Sophie Keller : l’astrologie au service de l’être

En parallèle de mon entrée dans l’administration, je me suis inscrite à une formation de quatre ans en astrologie. Mon travail me sécurisait mais ne me passionnait pas : c’était le deal. Toutefois le milieu politique, sa lâcheté, son égoïsme, son machisme, son mensonge commençaient sérieusement à nourrir ma colère. Le pouvoir n’est pas dans l’hypertrophie des egos ou dans les rapports de force qu’elle engendre. Pour moi le vrai pouvoir est la capacité à transformer, à apporter de la lumière partout où la souffrance règne, et de l’intelligence pour faire évoluer l’humain, à se relier à la force de vie pour traverser la mort. Pour la Balance que je suis, c’est la quintessence de l’amour qui est au cœur de la création.

Sophie Keller est une astrologue que je suis avec beaucoup d’intérêt sur Instagram, car j’aime énormément sa vision de l’astrologie, encore une fois non comme un outil de divination, mais comme un outil de transformation de l’être, intuitif et créatif — poétique, en somme. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup qu’elle me lise ma carte du ciel, puisque comme je l’ai déjà dit une lecture n’est pas unique ; c’est un peu comme lorsqu’on explique un texte littéraire : selon le projet de lecture, on va insister sur des éléments qui ne seront pas les mêmes. Pour le moment elle a suspendu ses consultations, et j’ai poursuivi avec son livre mon apprentissage de l’astrologie. En attendant de m’offrir une vraie formation, peut-être un jour.

Il ne s’agit pas pour autant d’un manuel d’astrologie, même s’il propose de nombreuses clés pour découvrir l’astrologie ou approfondir certaines connaissances, notamment en lien avec certains concepts jungiens. Après avoir évoqué son propre cheminement, Sophie Keller nous explique différents concepts issus de la psychanalyse et ce qu’est la fameuse « ère du Verseau », avant d’entrer dans le vif du sujet, le thème astral : la carte du ciel et ses composantes, les grands rendez-vous de la vie, le Soleil et la Lune, les nœuds lunaires, les différentes planètes et leurs transits, Chiron et la Lune noire.

Comme tout cela me passionne, j’ai lu cet essai d’une traite, mais j’y reviendrai cet été plus tranquillement pour bien assimiler tout ce que j’ai appris, et j’en ai appris, des choses, notamment sur les transits, auxquels je ne m’étais pas encore intéressée, et cet ouvrage m’a vraiment permis d’approfondir mon thème et donc ma connaissance et ma compréhension de moi et de ce qui se joue en ce moment (l’opposition d’Uranus, ce qui explique bien des choses). Surtout, j’ai beaucoup aimé la manière dont Sophie Keller conçoit l’astrologie dans une approche holistique de l’existence : la carte du ciel est un miroir de ce qui se joue en nous, de notre psyché, et les planètes nous indiquent ce qui veut croître en nous, elles ne nous influencent pas mais nous donnent des pistes. De nombreux exemples de transformations à des moments clés émaillent les chapitres, et nous permettent de voir, concrètement, comment ça fonctionne.

Vous aurez compris : j’ai adoré, et je conseille vraiment cet essai à tous ceux qui sont curieux d’en apprendre un peu plus sur le sujet, il est très clair, très abordable, et constitue une excellente introduction.

Le Ciel t’aidera
Sophie KELLER
Robert Laffont, 2021

Le Procès de Spinoza, de Jacques Schecroun : un esprit libre

C’est simple à comprendre, répondit Bento en adoptant alors le profil explicatif qui le caractérisait. Si, en présence d’une démonstration, je ressens de la joie, c’est peut-être qu’elle a quelque chose à voir avec la vérité et j’incline alors à y adhérer. De même, si en tel lieu ou en telle compagnie, j’en ressens pareillement, je suis tenté d’y demeurer. Si je n’en éprouve point, j’ai tendance à vouloir me retirer. […] car au fond, du fait de son rapport à la vérité, la joie n’est-elle pas ce qui permet, comment dire, le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection ?

Il se trouve que depuis quelque temps (depuis que j’ai lu Le Voyage de Pénélope de Marie Robert) Spinoza me harcèle. Pas au sens où il m’appelle tout le temps pour me dire des trucs cochon, évidemment, mais enfin, je trouve que pour un philosophe dont j’avais très peu entendu parler, que je n’ai jamais étudié (mes profs de philo ne devaient pas trop l’apprécier, j’imagine), je le trouve très souvent sur mon chemin, et d’ailleurs, j’ai acheté l’Ethique, que j’envisage de lire lorsque mes neurones seront plus en forme qu’actuellement. Bref. Lorsque Jacques Schecroun m’a proposé de m’envoyer son roman, je me suis dit qu’évidemment, ça faisait sens…

Il s’agit d’une biographie romancée de Spinoza sous l’angle de la théologie et de la spiritualité, et qui va de son enfance au procès qui l’a contraint à quitter Amsterdam : issu d’une famille juive d’origine espagnole, Bento/Baruch Spinoza grandit à Amsterdam. C’est un enfant puis un jeune homme très intelligent, érudit, qui s’intéresse de près à la théologie. Mais devenu adulte, ses idées sortent du dogme imposé, ce qui lui vaut des ennuis.

Alors je passerai sur les synchronicités qui ont émaillé ma lecture : il y en a eu tellement que cela en est invraisemblable. Le roman lui-même, je l’ai trouvé absolument passionnant et instructif. Il nous montre le cheminement spirituel d’un esprit libre, qui s’attache à réfléchir au lieu de prendre pour argent comptant ce que lui enseigne la religion et les dogmes imposés même s’ils ne font pas sens (ici le judaïsme, sur lequel j’ai beaucoup appris d’ailleurs, mais c’est valable pour toutes) ; j’ai particulièrement apprécié un épisode inventé mais tellement symbolique qu’il sonne totalement vrai : la métamorphose et la transformation, la mort symbolique pour renaître à une vie plus vraie. Mais Spinoza, c’est le problème des esprits éclairés dans les périodes ou les lieux où la religion règne en maître : on lui refuse sa liberté d’être et de penser, il est victime de cabales et d’exclusion, mais ne se trahit pas, il reste authentiquement lui-même, et c’est ce qui lui a permis de rester dans l’histoire. Pas ses accusateurs.

Sa pensée est d’une modernité folle : spirituel et non religieux, il pense que la foi ne peut en aucun cas être une obligation , que la divinité est en chacun de nous, que ce qui nous dérange chez les autres nous devons le chercher à l’intérieur, que nous sommes responsables. Et surtout, la joie, tout le temps. Spinoza, c’est le fou du Tarot, bien plus sage que beaucoup, et qui fait de sa liberté le fondement de son existence. Je suis donc, absolument, spinoziste !

Je recommande chaudement ce roman à ceux qui s’intéressent à l’histoire et à la spiritualité, et ceux qui voudraient en savoir plus sur la pensée de Spinoza sans forcément oser lire directement ses œuvres. De mon côté je vais me lancer dans l’aventure : on en reparlera donc, de Spinoza !

Le Procès de Spinoza
Jacques SCHECROUN
Albin Michel, 2021

L’océan de ce qu’on ne sait pas

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’être saisi par l’étendue de l’ignorance de l’être humain sur le monde et son fonctionnement ? Bien sûr, la science progresse. Mais nous sommes encore à des années lumières de tout savoir.

J’en avais conscience, déjà, mais cela m’a particulièrement frappée l’autre jour. Je ne sais plus ce que je regardais, et il y avait un scientifique qui expliquait doctement que ça (et je ne sais plus ce qu’est le « ça » malheureusement) ça n’était pas possible, ça n’était pas rationnel, ça n’existait pas (et qu’il fallait arrêter de prendre des drogues). Et cela m’a violemment agacée (plus que d’habitude, je devais être mal lunée), cette arrogance. J’avais envie de lui répondre que ce n’était pas parce qu’il ne pouvait pas expliquer quelque chose que cette chose n’existait pas, et qu’il ferait mieux de se taire parce que les scientifiques du futur se moqueraient de lui, parce qu’eux sauraient expliquer. On ne fera pas une liste d’exemples, mais pensons à Einstein et à la manière dont certaines de ses idées (justes) ont été reçues. Tout ce que nous utilisons au quotidien aurait été considéré comme de la magie, de la sorcellerie il n’y a pas si longtemps.

Et oui, je suis absolument convaincue que certains « phénomènes » qui sont tellement mystérieux aujourd’hui que certains refusent d’y croire seront parfaitement expliqués demain. Mais qu’aujourd’hui, ils sont dans l’océan de ce qu’on ne sait pas (encore).