Les plaisirs sensuels de l’automne

Boire un chocolat chaud pour le goûter // Les guirlandes lumineuses et les bougies parfumées // Les couleurs chatoyantes des feuilles // Décorer sa maison et en faire un cocon // Les courges // Se promener dans la nature et respirer à pleins poumons // Ecouter tomber la pluie bien au chaud sous la couette // Prendre un verre dehors enroulé dans un plaid // Chercher les champignons et les mangers // Porter un parfum plus fort aux odeurs de musc et de mûre // Des plats réconfortants…

Et vous, quels sont vos plaisirs sensuels de l’automne ?

Les plaisirs sensuels de l’été…

Le rayon de soleil sur le visage, le matin // Un verre de Lillet bien frais // Le chant des cigales // Le sable chaud entre les doigts // La berceuse des vagues // L’abondance des coquillages colorés // La glace du soir sur le port // Plonger dans l’eau fraîche // La sieste sous les arbres // Les tomates juteuses juste cueillies, encore tièdes du soleil du jour // Marcher pieds nus // Les odeurs du marché // La saveur iodée des huîtres // Les embruns // Le goût salé de la peau après la baignade // Le cri des mouettes au loin // Les gaufres chaudes // La langueur des jours…

Et vous, quels sont vos plaisirs sensuels de l’été ?

L’Impératrice

Dans mes tirages (et notamment mes tirages d’énergies quotidiens), je tire toujours beaucoup le Fou (ou le Mât). C’est normal, je suis une énergie libre, et je crois aussi que certains événements de type déménagement se préparent pour moi dans les temps prochains (je vois l’automne, mais il peut y avoir un saut quantique). Mais très souvent (là on est presque sur du un jour sur deux), je tire cette magnifique carte qu’est l’Impératrice et j’en suis absolument ravie parce qu’elle me représente parfaitement.

L’Impératrice, c’est la puissance féminine à son plus haut degré : sûre d’elle, elle est parfaitement ancrée dans sa nature charnelle et sensuelle. Elle est la Grande Déesse : Vénus/Aphrodite, Hathor, mais aussi la magicienne Circé (et la sorcière en général). Bien dans son corps, elle est liée au chakra sacré, celui de la sexualité et de la créativité : les idées, les projets, l’inspiration, la poésie. La beauté et l’harmonie. Le sentiment amoureux. Elle est une explosion de créativité.

Et oui, je me sens très Impératrice en ce moment, avec des idées créatives qui germent, le caractère essentiel de la poésie et de la sensorialité dans mes projets, le corps et la dynamique charnelle, tout cela qui est lié au Taureau, signe dans lequel je n’ai pas de placements dans mon ciel de naissance, mais où j’ai actuellement mon fameux transit d’Uranus, celui lié à la crise de la quarantaine.

Et qu’est-ce que je l’aime, cette énergie de l’Impératrice. J’ai l’impression de pouvoir conquérir le monde. Alors l’autre soir, je suivais mon nouveau cours de créativité autour des cartes proposé par la fantastique Mélody, et l’idée était de faire un moodboard autour d’une carte qui nous appelait, ce que j’ai fait dans mon journal poétique. Et bien sûr, c’est à l’Impératrice que j’ai consacré ma soirée !

Voyages poétiques

Si vous me suivez sur Instagram ou sur Facebook, vous avez déjà peut-être vu ceci. Il se trouve qu’en ce moment, l’Univers me pousse au changement, d’une part en me mettant tout un tas d’uppercut sur le nez du côté de mon travail alimentaire en mode « ta place n’est pas ici, oust » (mais vraiment, en ce moment, c’est un festival : on me prend petit à petit tout ce que j’avais réussi à grignoter comme espace pour rendre les choses supportables), et d’autre part en me poussant à parler de mes projets au lieu de les garder top secrets. Donc après l’oracle des poètes, sur lequel il va falloir que je retravaille mais qui je pense est une bonne idée, bien alignée avec qui je suis et ce dont le monde à besoin ; et partant de l’idée que ce dont le monde a besoin, c’est d’amour et de poésie, je vous présente un nouveau volet de mon projet : les voyages poétiques. Qui sont des voyages immobiles, des expériences à travers la pratique du « journal poétique » (qui s’enrichit de jour en jour), que je souhaite proposer sous forme de petits livrets d’accompagnement, on va appeler ça comme ça pour le moment. Le premier (enfin, pas tout à fait : le premier sera consacré aux journaux en eux-mêmes) sera sur le thème des cinq sens parce que c’est bien sûr quelque chose qui me semble essentiel, l’expérience multisensorielle du monde. Je ne sais pas quand puisque je n’ai pas la structure légale, mais j’espère avant la fin de l’année. Et j’espère que ça vous plaira, et mettra de la joie, de l’émerveillement et de la poésie dans votre quotidien !

Instantané #121 (bougie polysensorielle)

Cela faisait quelque temps que j’avais envie d’une bougie dans un pot en verre ambré, parce qu’il se trouve que je trouve ça très joli, et qu’en ce moment je mets du verre ambré partout dans ma salle de bain, où ira le pot lorsque la bougie sera terminée. A la faveur d’une publicité sponsorisée, mon cœur a fait boum pour cette jolie marque, wabi-sabi : des bougies fabriquées artisanalement en Bretagne, en cire de soja végétale, et avec une mèche en bois. Et à un prix pas du tout délirant. Restait l’odeur : toquée de bougies parfumées comme je suis, j’avais il y a quelques années fait un test comparatif sur le sujet et je sais bien que là se trouve souvent le souci (ça ne sent pas). J’ai choisi l’odeur n°6, « voyage à Séville », certains vont dire que je suis un peu masochiste (Séville était la destination que j’avais prévue cette année pour mon excursion estivale) mais j’ai surtout choisi le mélange orange/cannelle qui pour moi est une parfaite odeur de Noël.

Bilan: la bougie est très jolie, et satisfait donc pleinement ma vue même si les pots (munis d’un couvercle : ça sera donc vraiment parfait pour la salle de bain) sont un peu petits dans la contenance 90g, la prochaine fois je prendrai la 150g). L’odeur est merveilleuse, prononcée, mon âme voyage sur ce parfum. La mèche est en bois, ça crépite un peu, j’aime beaucoup. Et même si c’est petit, une bougie, ça réchauffe l’atmosphère.

Je suis donc ravie de cet achat qui stimule tous mes sens et on sait combien c’est important pour moi, et que j’en ai besoin en ce moment.

Habiter érotiquement le monde

Klimt disait que tout art est érotique, et j’irai plus loin : tout est érotique, ou presque. En tout cas dans ma conception des choses. Cela fait des mois que régulièrement, mon application astrologique (The Pattern, que je conseille vivement car elle est très pertinente) m’envoie des messages tels que « vous êtes destinée à agir dans le monde en engageant vos sens », « vous aimez tout ce qui est esthétique, la nourriture, les vêtements – vous avez très bon goût et vous délectez d’objets et d’art de grande qualité », et surtout « vous êtes guidée par ce que vous entendez, goûtez, sentez, voyez, et touchez. Votre carrière idéale devrait réjouir vos sens, et vous permettre de vous immerger dans l’instant présent, et à cause de cela, vous serez conduit vers une profession liée aux arts et à l’esthétique » (ça on s’en doutait un peu).

Tout cela est on ne peut plus vrai : la réjouissance des sens est chez moi presque obsessionnelle, j’ai besoin que ce soit beau, que ça sente bon etc. (on comprend donc combien je souffre dans mon travail actuel où c’est tout l’inverse) (alors vous allez me dire que tout le monde recherche ça, mais quand je regarde les gens je me dis que non, pas tous). Mais ce n’est qu’en lisant Starhawk et son chapitre « sexe et politique », puis La Créativité érotique dans le couple, que j’ai compris qu’il s’agissait là d’une éthique de vie, liée encore une fois à la réparation, la réunification, la résolution de la dualité induite par notre système.

Et ce n’est pas qu’une question de sexe (je vous vois venir, petits coquins), même si la sexualité, bien sûr, en est une composante (puisqu’elle réjouit les sens). C’est une question de désir, et de plaisir des sens même hors du plaisir sexuel : Reconnaître que l’érotisme est énergie restaure l’éros au corps tout entier, il échappe ainsi aux limites des quelques étroites zones de plaisir. Tout le corps devient un organe de réjouissance. Avec lui nous pouvons répondre avec plaisir à la vaste beauté du monde vivant, écrit Starhawk.

Alors, partant de là, l’érotisme est partout, partout où les sens sont réjouis : dans l’admiration d’une œuvre d’art ou d’un paysage ou du visage de l’être aimé, dans un parfum, dans la douceur d’une étoffe ou d’une peau, dans une musique qu’on aime, le chant des oiseaux où la mélodie d’une voix, dans un plat savoureux un verre de vin et le goût d’un baiser. Et puisque rien n’est séparé, et que le corps et l’esprit sont liés, c’est aussi une conversation, ou la lecture d’un bon livre.

Et oui, c’est une manière d’habiter le monde. Erotiquement, en étant toujours attentif à ce que nous disent nos sens (et pas seulement la vue) au lieu de passer à côté sans faire attention, sans le savourer pleinement. En recherchant ce qui est imprégné de beauté et de sensualité. En le privilégiant. En en faisant une exigence quotidienne. En créant (ces derniers temps, je me suis dit que j’avais envie que mes pages de carnet poétique soient odorantes…). Et le monde sera plus accueillant.

Alors, êtes-vous prêts à habiter érotiquement le monde ?

Mais l’amour infini me montera dans l’âme

Je n’ai pas tellement travaillé à mon projet poétique ces derniers temps, mais il est toujours en arrière-plan dans mon esprit et j’ai repensé récemment à ce poème de Rimbaud, Sensations, où il exalte si bien la communion avec la nature, et ce qu’on appelle le sentiment océanique de ne plus faire qu’un avec l’Univers, de vibrer comme une immense lyre à l’exaltation des sens, en se promenant dans la nature ou en faisant l’amour. Et ce poème n’est pas sans me faire penser à celui que j’avais déjà partagé avec vous en avril, « Soleil et chair ». C’est beau, non ?

Sensations

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Mars 1870

Arthur Rimbaud, Poésies