Instantané : bords de Loire

Je ne vais pas souvent me promener en bord de Loire. Mais je la traverse certains matins pour aller travailler, et au-delà des circonstances assez pénibles de cette traversée, je suis émerveillée par les lumières du soleil levant à un certain endroit du pont. Et c’est un spectacle que j’aimerais vraiment pouvoir photographier pour le partager, mais il n’est pas possible de s’arrêter sur le pont. Aussi me suis-je dit, dimanche, que j’allais y faire un tour et voir si c’était possible de garer ma voiture à proximité et trouver un endroit pour photographier. Malheureusement, ça ne l’est pas très facilement. Mais tant pis, j’ai tout de même pu profiter de la Loire, du soleil, des petits chemins déserts de la rive sud. Et m’émerveiller.

Instantané : bords de Loire

Instantané : promenade du dimanche

C’est une de mes intentions de la rentrée : reprendre une habitude que j’avais perdue alors qu’elle était importante pour moi : la promenade du dimanche. C’est un des impératifs de Julia Cameron, qui dans ses programme conseille d’aller se promener, seul, une heure par semaine. Et c’est vrai que ça fait un bien fou, de s’aérer, de s’émerveiller, de délasser un peu l’esprit et de laisser vagabonder ses pensées. C’est comme ça que dimanche dernier, je suis allée au Jardin des Plantes, un endroit que je n’ai découvert qu’il y a deux ans et dont je n’ai pas beaucoup profité puisqu’après il y a eu le confinement, puis le masque obligatoire partout même dans les parcs donc je ne vois pas bien l’intérêt de se promener. Et c’était comme une redécouverte : le jardin des roses, les espaces méditerranéens, les serres, l’immense Gingko. Je l’avais rencontré en automne (et ce jardin est sublime en automne) mais en été, c’est d’autres couleurs, d’autres odeurs, d’autres sons, et c’est magnifique !

Instantané : la magie des fleurs

Saint Fiacre est le patron des jardiniers. A Orléans, il est fêté (sauf l’an dernier) le dernier week-end août, par des installations florales dans l’église Saint-Marceau : des milliers de fleurs qui donnent à l’endroit l’allure d’un temple païen dédié à Vénus. Ici, c’est l’émerveillement qui domine : des « ah », « des oh », des « comme c’est beau ». Et par les temps qui courent, toute cette beauté, toute cette poésie, ça fait un bien fou, et c’est de cela dont es gens ont besoin, je crois. De la magie des fleurs. D »émerveillement.

Instantané : les hirondelles

Une des choses que j’adore et qui m’émerveillent, en cette saison, c’est le ballet du soir des hirondelles. Avec les couleurs et les lumières du ciel d’été comme toile de fond, c’est un spectacle absolument ravissant, non ?

S’émerveiller, de Belinda Cannone : la vigilance poétique

Car s’émerveiller résulte d’un mouvement intime, d’une disposition intérieure par lesquels le paysage à ma fenêtre ou l’homme devant moi deviennent des événements. […] J’aimerais ici évoquer cet état intérieur propice à la saisie émerveillée du monde. Celle-ci n’est pas liée au caractère exceptionnel du spectacle que nous contemplons : c’est notre vigilance poétique, notre concentration, qui peut rendre « spectaculaire » (visible) un objet intrinsèquement humble. Je m’intéresse à cet état parce qu’il relève d’une sagesse — d’un savoir-vivre à conquérir contre l’agitation de nos jours.

J’avais cet essai en ligne de mire depuis un moment. Evidemment. D’autant que certains essais de Belinda Cannone m’ont, pour ainsi dire, émerveillée : quand elle parle du désir, c’est absolument sublime. Mais voilà, j’ai laissé passer, et puis, et puis, l’autre jour, je n’ai plus résisté.

Dans cet essai, réalisé en partenariat avec l’Association Régionale pour la Diffusion de l’Image, Belinda Cannone cherche à saisir l’essence de l’émerveillement, qui repose non dans l’objet mais dans l’attitude de celui qui contemple : un état de vigilance poétique, qui permet d’ouvrir grand les yeux sur le monde, y être attentif, afin de percevoir toute sa beauté, même dans les choses les plus infimes, de ressentir pleinement la joie et de vibrer intensément.

Autant le dire : c’est l’histoire de ma vie. Habiter poétiquement le monde. Vibrer comme une immense lyre.

Et cet essai m’a donc, littéralement, émerveillée : qu’est-ce que cette formulation, « l’état de vigilance poétique », m’a profondément touchée ! Et cette écriture. A chaque page, j’avais envie de tout noter tant Belinda Cannone sait saisir avec ses mots ce qui est à la fois expérience intime (et en ce sens le texte est très personnel), et universelle.

Cet essai résolument inspirant a fait vibrer mon âme !

S’émerveiller
Belinda CANNONE
Stock, 2017

Instantané : une jolie histoire de pivoines

Vous le savez peut-être déjà, sinon je vais vous l’apprendre : je voue un amour qui est presque de la dévotion aux pivoines. Et l’an dernier, pendant le confinement, alors que j’étais toute triste à l’idée de manquer la saison, il m’était déjà arrivé une histoire miraculeuse avec cette fleur (je n’ai toujours pas résolu le mystère… mais le massif est toujours là).

Jeudi matin, comme la saison vient de commencer, me voilà partie acheter mon premier bouquet de pivoines de l’année. Malheureusement, lorsque je suis arrivée, le fleuriste n’avait pas encore été livré et n’attendait pas sa livraison avant la fin de la matinée, soit un bon moment après. Sachant que je n’étais pas sortie que pour ça mais un peu quand même, et qu’en plus la veille j’avais reçu un mail qui m’avait mise de mauvaise humeur (rien de grave, un truc de boulot, et dès qu’il est question du boulot je suis de mauvaise humeur), j’étais un peu chiffonnée. Mais quelque chose me disait de ne pas perdre espoir, que je les aurais, mes pivoines.

Une camionnette passe, je demande à Rodolphe si par hasard ce ne serait pas le livreur, et non, me dit-il, sa camionnette n’est pas comme ça. Il m’accompagne dehors, et me regarde, un peu interloqué (moi je ne l’étais pas : ça m’arrive tout le temps, ce genre de timing parfait) : c’était bien sa livraison de fleurs, qu’il n’attendait pas si tôt.

Alors voilà, une nouvelle fois, je vois ces pivoines comme un petit cadeau miraculeux de l’Univers ! Et une nouvelle fois j’en suis émerveillée !

Instantané : juste quelque chose de joli

J’ai été émerveillée cette semaine face à cette tulipe : sa couleur, le velouté satiné de ses pétales, la manière dont elle était enroulée, et qui a quelque chose de très suggestif. Et ça m’a émue, cette beauté.

Et vous, qu’est-ce qui vous a émerveillé cette semaine ?