Bloc Notes

Pitche moi un classique

Pitche moi un classique Pitche moi un classiqueOn sait bien que la valeur d’un texte ne tient pas seulement à son pitch, mais enfin, pour donner envie de lire, ça a quand même son importance : du coup, Merci Alfred nous pitche les classiques façon série télé et franchement, non seulement c’est drôle, mais ça donne envie de (re)découvrir certains textes à côté desquels on est passé !

Le Saint Germain des prés de la Reine Margot

Situé dans la rue des Beaux-Arts, à l’emplacement même du pavillon d’amour de la Reine Margot, l’Hôtel est depuis plus de deux siècles une cachette secrète incarnant la quintessence du charme et de l’élégance à la française. A l’occasion des 190 ans de sa construction, l’établissement propose une visite du Saint Germain-des-Prés de la Reine Margot, qui est à l’origine de cette rive gauche intellectuelle, par Dominique Vibrac, docteur de l’université de Paris IV Sorbonne, historien et philosophe. Ce spécialiste raconte trois siècles d’histoire lors d’une fascinante promenade à travers l’ancien domaine de la Reine Margot : l’ancien Couvent des Petits-Augustins,  la rue « Pré aux Clercs », l’ancienne abbaye de Saint Germain-des-prés, les jardins du Luxembourg… Le retour à L’Hotel permettra de se délecter d’un déjeuner étoilé orchestré par Julien Montbabut, ou d’un Afternoon-tea au choix pour partager ses impressions sur cette enrichissante visite. Et si la reine Margot ne vous passionne pas, l’Hôtel propose aussi un parcours Oscar Wilde, qui y résida. La forumule déjeuner est à 85€, la formule afternoon tea à 70€, c’est un peu cher mais j’avoue que je craquerais bien. Réservation par mail à eat@l-hotel.com ou par téléphone au 01 44 41 99 00.

Art-i

Art-i

Art-i est la première Intelligence Artificielle Artistique (IAA), développée par la galerie WAIT!. En quelques minutes et quelques questions, Art-i vous proposera l’œuvre idéale parmi une large sélection de photographies d’art de la galerie WAIT!, qui colle avec votre humeur et votre personnalité. Le but ? Vous aider à découvrir une photographie d’art qui vous correspond profondément, qui va vous faire vibrer et qui fera joli chez vous. J’ai testé, et franchement, l’oeuvre qui a été choisie pour moi me plaisait beaucoup, donc si vous cherchez une décoration originale (et pas si chère que ça pour un tirage numéroté et encadré), foncez ! Vous pouvez aussi choisir d’en faire un cadeau…

2018 en Gallimard

J’ai déjà choisi mon agenda 2018 (dès que j’aurai mis la main dessus), et parce qu’on est snob ou on ne l’est pas, j’ai jeté mon dévolu sur le dernier né de la papeterie Gallimard : une citation chaque mois, des extraits et des illustrations d’agendas d’auteurs, les grandes fêtes, les anniversaires d’écrivains, des anecdotes littéraires, les événements culturels (salons, festivals, prix littéraires, expositions…), et un cahier de lectures : mes lectures, citations et notes, idées et souhaits… Chic non ?

America n°3

AmericaLe numéro 3 du fantastique magazine America vient de paraître. Au menu : un grand entretien avec James Ellroy, un dossier sur le FBI, une promenade en compagnie de Philippe Besson de Chigago à la Nouvelle-Orléans, la dernière nouvelle écrite par Jim Harrison, un article (bilingue) de Siri Hustvedt sur le mythe du self-made-man, un extrait d’un récit d’Eric Vuillard sur John Jacob Astor, un focus sur Huckleberry Finn, et les rendez-vous habituels : le point cinéma par Douglas Kennedy, la drolissime chronique du poisson rouge, le Donald d’Augustin Trapenard et la chronique d’Olivia de Lamberterie. Comme d’habitude passionnant, instructif, de grande qualité. En plus mon exemplaire a l’insigne honneur d’avoir été dédicacé par le Boss himself, autant vous dire que j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux !

Prendre son goûter chez Ladurée

Ladurée
A quelques mètres du Flore, rue Bonaparte. La boutique salon de thé Ladurée. Je m’étais souvent arrêtée pour prendre en photo la vitrine et acheter un assortiment de macarons (mes préférés : à la rose, et à la fleur d’oranger) dont je collectionne plus ou moins les boîtes. Mais je n’avais jamais pris le temps de m’installer un moment dans le salon du premier étage. Ce que j’ai fini par faire l’autre jour. Accueil très aimable (la serveuse m’a parlé comme si je venais tous les jours, ce qui m’a un peu perturbée j’avoue), jolie décoration et moment de plaisir intense : j’ai commandé une religieuse à la rose divinissime (après avoir hésité longuement avec l’Ispahan) et une coupe de champagne sans alcool absolument délicieux.

Ce n’est pas quelque chose que je referai souvent, prendre mon goûter chez Ladurée. Cela doit rester exceptionnel. De toute façon, la saison des terrasses sera bientôt ouverte. Mais de temps en temps… Quel plaisir !

People Bazaar, de Jean-Pierre de Lucovitch

People BazaarParfois, les idées folles de Jean Castel rejoignent, sans qu’il s’en doute, le meilleur de Dada et du surréalisme. « Je supprimerais la Tour Eiffel que je trouve très ringarde. A la place, je mettrais un gigantesque monument aux vivants sur lequel on inscrirait les noms de tous les Parisiens vivants. A leur mort, on rayerait leur nom. Le 1er novembre, au lieu d’aller au cimetière, on irait se recueillir devant le nom rayé de sa belle-mère. »

Comme je suis un peu snob sur les bords (je l’ai déjà dit), je m’intéresse de très près à tout ce qui concerne les mondanités.

Dans ce livre, Jean-Pierre de Lucovitch, que Frédéric Beigbeder (qui s’y connaît) surnomme « la mémoire vivante de Saint-Germain-des-Prés », figure des nuits parisiennes, et qui fut chroniqueur pour Paris Match et Vogue Homme entre autre, raconte la vie mondaine telle qu’il l’a vécue des années 50 au années 2000, le tout illustré de nombreux documents inédits et photographie.

C’est peu de dire que cet ouvrage est passionnant. On y croise, au détour des pages, des gens aussi inspirants que Françoise Sagan, Woody Allen, Andy Warhol, François Truffaut, Jim Harrison, Georges Wolinski, David Lynch ou Patrick Modiano, entre nombreux autres ; on fréquente les hauts-lieux du tout Paris, chez Castel (le propriétaire se révélant au fil des pages assez fascinant), chez Régine, Lipp et le Flore, le Palace ; l’ensemble fourmille d’anecdotes souvent drôles, et qui nous donnent une autre image de tous ces gens, d’autant que Jean-Pierre de Lucovitch est aussi et avant tout leur ami. C’est aussi une petite histoire de la presse qui s’offre au lecteur, voyages de presse, reportages à l’étranger, notes de frais faramineuses, excès et caprices en tout genre, en tout cas dans les premières décennies. Mais, partout, quelque chose de fitzgéraldien, la fête comme art de vivre et comme esthétique, une insolence et une liberté, une insouciance, qui ont tendance à s’échapper aujourd’hui.

En courts chapitres, Jean-Pierre de Lucovitch nous invite avec lui dans un monde de paillettes et de lumières, qui loin d’être superficielles permettent au contraire de belles rencontres. Il se dégage alors un doux parfum de nostalgie. Mais peu importe : Paris est une fête !

People Bazaar. Souvenirs d’un infiltré dans le beau monde, 1950-2000
Jean-Pierre de LUCOVITCH
Séguier, 2016

Sans Brigitte, il n’y a plus d’après de Christophe Mory

Sans Brigitte, il n'y a plus d'aprèsVingt-cinq ans plus tard, nous dictons à nos tablettes, nous lisons sur les écrans, je tape aussi vite que je parle, à quatre doigt toujours, mais quand même. Les romans ont proliféré mais où en est le roman ? Je croyais encore qu’un texte s’imposait de lui-même. C’était sans compter sur Brigitte Benderitter.

Saint-Germain-des-Prés, c’est un peu ma deuxième maison : dès que je suis à Paris, sans que je le fasse toujours exprès, mes pas finissent sur le Boulevard, au Flore souvent. Mais vous connaissez la chanson : Il n’y a plus d’après, à Saint-Germain-des-Prés… Est-ce que le mythe de Saint-Germain est mort ? Est-ce que nous ne vivons plus que sur les décombres d’une vie littéraire au passé glorieux mais au présent problématique ? Comment faire sans Brigitte ?

Brigitte, c’est Brigitte Benderitter, attachée de presse chez Gallimard chargée de la Pléiade et des livres d’art, dont tout le monde de la culture a pleuré la mort en 2007, et qui a même un cocktail à son nom au Ritz. L’auteur la rencontre quelques années avant, et en fait la figure centrale de ce recueil de chroniques qui se veut comme un tombeau pour son amie, mais aussi pour le roman.

Christophe Mory y réfléchit avec beaucoup d’acuité à la fois sur la littérature et sur la vie littéraire. Plusieurs directions : sa vie d’éditeur et d’auteur de cocktails en salons du livre et en services de presse, ses cours à l’Institut Français où il enseigne l’histoire du roman à des étudiants étrangers et où se cotoient Céline, Gide, Proust, Mauriac, Malraux, Aragon, Camus, les Hussards, le Nouveau Roman, l’Oulipo, et Houellebecq. Son amitié avec Marcel Schneider. Et puis Brigitte Benderitter, qu’il nous rend vivante attachante : un peu snob et désinvolte, un peu fofolle, pétillante, légère, insouciante et naïve. Une amoureuse de Saint-Germain et du Flore.

L’ensemble est un peu décliniste et pessimiste : l’auteur semble parfois avoir perdu la foi en la littérature et en son pouvoir. Mais c’est une lecture passionnante, qui interroge, et un bel hommage !

Ce texte fait partie de la sélection de Printemps « essais » du Renaudot, et mérite que l’on s’y attarde même s’il n’a pas joui d’une grosse couverture médiatique !

Sans Brigitte, il n’y a plus d’après
Christophe MORY
Riveneuve/Archimbaud, 2015

Instantané(s) #28 (Paris, je t’aime)

Paris

Hier, j’étais à Paris. Prendre ma dose régulière d’inspiration. Comme une bouffée d’oxygène. Bon sang que j’aime cette ville : à chaque fois, j’en reviens comme régénérée, prête à conquérir le monde ! Certains vont se ressourcer à la campagne. Moi je vais me ressourcer à Paris.

Il faisait un temps magnifique, presque printanier. J’ai fait quelques expos dont nous reparlerons, mais j’en ai surtout profité pour me promener et pendre le soleil en terrasse.

Entre autre (je ne vais pas vous raconter ma journée par le menu) ce n’était pas prévu, mais mes pas ont fini par me porter dans mon cher quartier saint-Germain. Exceptionnellement je me suis installée aux Deux Magots, pour me changer un peu du Flore (je dis ça comme si j’y allais tous les jours) et pour pousser le cliché intello-bobo-germanopratine à son comble, j’ai sorti mes carnets Moleskine pour écrire. L’esprit de Boris Vian est descendu sur moi :

2 magots

Et puis, j’en ai profité pour faire mes adieux à la librairie La Hune, qui malheureusement fermera définitivement ses portes dans l’année (apparemment on ne connaît pas encore la date exacte). En même temps, ce n’était plus la même chose depuis qu’elle n’était plus strictement sur le boulevard.

La Hune

Bref, une journée de celles qui me font me sentir vivante et à ma place !

Paris, je t’aime !

Manuel de Saint-Germain-des-Prés, de Boris Vian

12341345755_d572d5f2ea_ola vie d’un quartier aussi riche en événements de tous ordres ne saurait se résumer en si peu de lignes ; mais si je réussis à communiquer au lecteur un peu de cette atmosphère de Saint-Germain-des-Prés que bien des gens d’esprit ont trouvée plaisante, je serai près d’avoir atteint mon but.

Comme je suis un stéréotype d’intello-bobo-snob, j’aime d’amour le quartier de Saint-Germain-des Prés, et lorsque je suis tombée sur ce petit livre au musée des lettres et des manuscrits (boulevard Saint-Germain, donc), je n’ai pas pu lui résister. D’autant que j’aime énormément, aussi, Boris Vian.

Il s’agit ici d’une variation sur Saint-Germain-des-Prés, qui vise à mettre à mal l’image biaisée qu’en donnent ceux que Vian appellent les « pisse-copies », qui se croient journalistes parce qu’ils écrivent dans un journal et propagent les fausses rumeurs sans vérifier leurs sources. Après une introduction parodie de manuel de géographie nous informant sur l’histoire, le sous-sol, le climat ou encore la population du lieu, Vian s’intéresse aux « Faits et mythes légendaires » (vrais ou faux), nous offre un panorama de toutes les personnalités qui comptent, avant de nous livrer le mode d’emploi du quartier.

C’est du Vian tout craché : délicieusement fantaisiste et parodique, truffé d’inventions langagières des plus cocasses, ce manuel est avant tout drôle. Mais pas seulement : l’auteur ressuscite une époque, et s’il a la dent très dure contre les journalistes dont il s’attache à montrer au mieux la mauvaise foi, au pire l’incompétence, c’est pour mieux nous leurrer car, finalement, où est le vrai, où est le faux dans le « mythe Saint-Germain » ? Lui même ne le sait peut-être pas tant les anecdotes croustillantes fourmillent, racontées avec entrain. Il nous apprend à connaître les lieux, de la Closerie au Flore en passant par le Tabou et les caves, et croque sous nos yeux ceux qui ont fait Saint-Germain, la plupart étant désormais d’ailleurs dans l’oubli mais peu importe : l’art du portrait de l’auteur nous les rend immédiatement sympathiques et vivants.

Un vrai bonheur de lecture !

Manuel de Saint-Germain-des-Prés
Boris Vian
Livre de poche

Instantané #7

10344955464_b7bb6057c1_o

C’était la première fois que je m’offrais un petit bout de ce qu’il est convenu d’appeler un mythe, sans doute très snob, mais je suis snob : un café à la terrasse du Flore, histoire de voir si par hasard une part du génie des habitués passés et présents ne serait pas contagieuse  (et si j’ajoute qu’à la table du Flore j’ai écrit quelques lignes dans mon carnet Moleskine, vous allez vous dire que je suis définitivement perdue… perdue, mais dans l’esprit germanopratin). Le café n’a en soi rien d’exceptionnel, mais les serveurs sont aimables et ne se prennent pas pour des divas. Ce qui nous change de certains restaurants, n’est-ce pas…