Péché exquis. Les nuits tentatrices – 1, d’Emma Foster

Péché exquisComment une femme qu’il ne connaissait même pas pouvait-elle susciter en lui ce genre de désirs ? Pourquoi voyait-il émerger en lui un penchant pour la domination après plus de vingt ans de vie sexuelle épanouissante ? Il avait la désagréable impression que quelque chose ne tournait pas rond, tout en étant irrésistiblement attiré par ce qu’il sentait sourdre au plus profond de son âme. C’était comme si quelque chose de puissant, en germe en lui depuis toujours, avait entrevu la lumière et cherchait à s’extirper, à s’animer, à se déployer.

L’univers du BDSM ne cesse visiblement pas d’inspirer les auteurs érotiques. Je plaide coupable d’ailleurs : j’ai aussi une nette tendance à aller dans cette direction. Bref. Toujours est-il que le dernier phénomène en date est Emma Foster, dont vous avez sans doute déjà entendu parler : le livre est partout, et elle a déchaîné les foules lors du salon du livre de Paris. Il faut dire que je me demande comment on pourrait bien résister à une aussi jolie couverture (ce collier me fait rêver depuis que je l’ai vu…), même si on ne connaît pas l’auteure (ce qui n’est pas mon cas, j’ai bu du champagne avec elle, ce qui ne signifie pas que je ne suis pas objective).

Depuis son divorce très médiatisé, Adam, un riche et bel homme d’affaires, refuse d’entretenir une relation suivie et se contente de faire appel régulièrement à un service d’escort et plus si affinités. Mais un soir, sa route croise celle d’une jeune femme qui dit s’appeler Ève, et qui lui propose de but en blanc qu’ils couchent ensemble, et c’est tout. Cela devrait convenir à Adam, mais il se rend très vite compte qu’il a envie de la revoir. Désespérément envie. Et qu’elle éveille en lui des désirs jusque-là totalement enfouis.

Le moins que l’on puisse dire est qu’ici, on va droit au but, sans s’encombrer de détours. A quoi bon, après tout ? C’est chaud, très chaud, totalement décomplexé, mais c’est aussi, et c’est là toute l’originalité, très drôle à l’occasion (qui a dit que la chair était triste ?), tissé de subtiles références littéraires, très bien écrit et vraiment très imaginatif (la scène dans la cuisine m’a laissée pantoise). Les passages du journal d’Ève sont d’une beauté et d’une poésie absolues, et offrent un contrepoint intéressant au reste du roman, écrit du point de vue d’Adam, et permettent d’atteindre une véritable complexité psychologique : apprentissage, oui, mais c’est Adam et non Ève qui apprend à se connaître lui-même et à apprivoiser ses fantasmes les plus cachés. Et il a beau avoir toutes les caractéristiques du héros de romance érotique, il est loin d’être un cliché, tout comme Ève est à mille lieues des personnages féminins que l’on trouve habituellement dans ce genre de romans.

Bref, un roman délicieusement décadent, violemment érotique sans jamais être vulgaire, qui donne des idées et en tout cas parle à mon imaginaire fantasmatique.

Péché exquis. Les nuits tentatrices – 1
Emma FOSTER
Milady, 2015

Lu par Karine, Noukette, Stephie

Mardi-c-est-permisBy Stephie

Claimed by the Captain, de Demelza Hart

Claimed by the CaptainWhat a pirate captain wants, he gets. And when Becky Dymond is thrown across time onto his ship, Captain Jasper Trevelyan takes.

Demelza Hart, je l’ai d’abord découverte en tant qu’auteur de fanfifiction, sous le pseudo de Laurielove : elle écrit des histoires vraiment passionnantes, profondes, et où les scènes de sexe ne sont pas pour les petites natures. Comme en plus elle a le même crush que moi sur Jason Isaacs (et notamment Jason en un certain Lucius, mais ce n’est pas le sujet), vous imaginez bien que ses textes ont trouvé en moi une vraie fan. Et je suis loin d’être la seule. Du coup, comme elle publie sous le nom de Demelza Hart, je me suis dit que j’allais voir ce que ça donnait, d’autant que ça correspondait parfaitement pour un premier mardi.

Le résumé est un peu rocambolesque, mais on s’en fout : Becky Dymond, une jeune femme de notre époque, plutôt libre et indépendante, se trouve sur un bateau lorsqu’une tempête la propulse dans l’eau. Mais le bateau qui vient la secourir n’a rien d’habituel : il s’agit d’un bateau pirate, et Becky se rend compte qu’elle a été envoyée au XVIIIe siècle. Ceci dit, elle a une compensation : le capitaine du bateau, Jasper Trevelyan, est la sexytude incarnée.

Connaissant Demelza, je n’ai pu m’empêcher de penser, pendant toute ma lecture, à James Hook, et à mon avis pas à tort. Parce que Jasper Trevelyan c’est… un homme, un vrai quoi, qui ne s’embarrasse pas trop de principes (en même temps, c’est un pirate). L’auteure non plus : ce que j’apprécie chez elle, c’est que les scènes de sexe sont à la fois crues et détaillées, mais pas vulgaires (ceci dit, grâce à ses textes l’étendue de mon vocabulaire en anglais est en phase de croissance exponentielle). En tout cas, elles donnent chaud, vraiment chaud, pour peu que l’on soit sur la même longueur d’onde que l’auteur, et c’est là que je mets un warning : dans ses fictions, les hommes sont vraiment dominateurs et parfois un peu brutaux, si cela vous gêne, je vous conseille de passer votre chemin, sinon cela risque de vous donner chaud mais pour d’autres raisons. Par contre si comme moi vous aimez bien ce genre, foncez : Demelza a vraiment un style agréable et un talent évident pour mettre au jour le caractère extrêmement complexe de la sexualité (et des rapports de domination aussi, du coup), même si je le trouve mieux développé dans ses fanfictions que dans cette novella, qui reste tout de même fort réjouissante ! Alors certes, on retrouve les tics inhérents au genre de la romance érotique, mais ici, ça fonctionne !

C’est une auteure que je relirai avec plaisir, et que j’aimerais beaucoup voir traduite !

Claimed by the Captain
Demelza HART
Totally Bound, 2014

Cadeau ?

Mardi-c-est-permisBy Stephie