Expedition happiness, de Felix Starck et Selima Taibi

Le bonheur c’est de ne pas avoir de contrainte. C’est de se lever avec le soleil et se coucher avec le soleil. Rien de plus. Ce bonheur est décuplé quand on le partage. 

Je suis tombée par hasard sur ce Road Movie documentaire sur Netflix, et je n’ai pas pu résister, ni à son titre, ni à son sujet.

Felix Starck, un réalisateur allemand, et sa petite ami, Selima Taibi, autrice/compositrice/chanteuse, décident de quitter leur appartement douillet en Allemagne pour un projet un peu fou : accompagnés de leur chien Rudi, ils décident de traverser l’Amérique, du Canada et de l’Alaska au Mexique, Pérou et Argentine en passant (brièvement) par la Californie, dans un ancien bus scolaire aménagé. De cette grande aventure naîtra un film et un album, qui lui sert de bande son.

C’est absolument magnifique d’humanité : les paysages sont grandioses, les rencontres enrichissantes, et on passe de très beaux moments d’émotion pure en compagnie de Felix et Selima. Tout ne se passe pas toujours comme prévu, le passage de la frontière US est assez ubuesque et les soucis de santé de Rudi ponctuent l’aventure et y mettent un terme plus tôt que prévu, mais ce n’est pas grave : choisissant une forme vlog, les deux protagonistes nous embarquent avec eux dans une très belle et très riche expérience, qui nous permet aussi de réfléchir à ce que c’est, le bonheur.

Expedition Happiness
Felix STARCK et Selima TAIBI
2017

Paris can wait, d’Eleanor Coppola

Paris can wait, d'Eleanor CoppolaLa morale, c’est mauvais pour la digestion.

Dans la famille Coppola, après Francis et la divine Sofia, penchons nous sur le travail d’Eleanor, épouse et mère des sus-mentionnés, et dont Paris can wait est le premier film de fiction, après plusieurs documentaires.

Après le festival de Cannes, Anne, l’épouse d’un grand producteur de cinéma, qui a mal aux oreilles et ne peut donc pas prendre l’avion, renonce à suivre son mari à Budapest et rentre à Paris en voiture avec Jacques, l’associé français de son mari. Mais Jacques est un homme qui aime prendre son temps et profiter des plaisirs de la vie, et au lieu de prendre le plus court chemin, il ne cesse de faire des détours et des arrêts pour profiter d’un bon restaurant ou des merveilles du paysage.

Très belle surprise que ce film, sensible et délicat, drôle et émouvant, qui ne tombe pas dans les facilités qu’auraient choisies certaines comédies romantiques mais reste toujours sur le fil de la séduction. Road trip hédoniste, il nous montre qu’il faut savoir prendre le temps : s’arrêter et admirer les splendeurs qu’offre le paysage, faire un détour pour déguster un bon repas à base de produits simples et boire du bon vin, écouter de la musique et parler d’art, visiter un musée. Faire l’amour. Bien sûr, l’histoire repose sur les différences culturelles : Anne, américaine un peu rigide, magnifiquement incarnée par Diane Lane, face à Jacques, l’associé français (ce qui n’est pas pour rassurer le mari, on connaît les Français), pas beau mais d’un charme fou, la galanterie à la française, tout en élégance, en raffinement et en délicatesse, qui sait profiter des belles choses qu’offre la vie et y initier les autres. Malgré cela, le film, très subtil, ne tombe jamais dans la caricature, et c’est une de ses grandes qualités.

Un très beau film, dont il est vraiment dommage qu’il ait été totalement occulté en France (il vient de sortir directement sur Netflix). Léger et optimiste, il donne envie de savourer la vie. Carpe Diem.

Paris can wait
Eleanor COPPOLA
2016