Le temps des bilans et des projets

Demain a lieu le solstice d’hiver, une date que je chéris pour plusieurs raisons, l’une très intime. C’est aussi la date à laquelle j’organise mon petit rituel personnel : une jolie tenue, un bon repas (plutôt un apéritif dînatoire), du champagne pour célébrer l’entrée dans ce temps de parenthèse jusqu’au nouvel an, et de l’écriture puisque tous les ans je fais mon bilan de l’année qui s’achève, et je me projette dans l’année à venir.

Cette année, ce rituel sera encore plus important : d’abord parce que 2021 a vraiment été une année charnière et que j’ai beaucoup de projets pour 2022 (on en reparle en fin de mois), et aussi parce que je me servirai de l’outil que j’ai moi-même créé à cette occasion : l’Invitation à un voyage vers une nouvelle année, le premier véritable livret d’activités poétiques (bien qu’il soit plus court que les autres en terme de pages, mais il demande pas mal de temps et de réflexion), que je vous invite à aller télécharger gratuitement !

Et vous, vous avez des petits rituels personnels comme ça, à des dates importantes ?

L’histoire écrite sur la peau

Il y a presque deux ans, j’avais lu ce roman sur les tatouages d’Héloïse Guay de Bellissen. C’était très beau, très vibrant, cette idée de voyage vers soi, de marquer une étape et de raconter une histoire. Il y avait là quelque chose de l’ordre de la nécessité existentielle, quelque chose qui commençait à travailler au fond de moi.

Je le disais : je conçois ça comme un rite de passage, la conclusion d’une métamorphose, la clôture d’un cycle. Un changement de vie.

J’ai toujours le motif (que j’ai retravaillé récemment avec l’ouvrage sur le doodling sacré et je pense qu’il va encore évoluer, mais la triple lune est là depuis le début), j’ai l’emplacement (qui ne se verra pas), j’ai la tatoueuse. Tout cela, je l’ai depuis deux ans.

Ce que je n’ai toujours pas eu, ce qui me manque, c’est l’impulsion, le déclic. Parce que je crois que ce n’était pas encore le moment pour moi de clôturer ce cycle, même si je l’espérais fort (les périodes de transformation et de fin de cycle sont toujours inconfortables et on a hâte d’en finir). Mais là, quand je regarde 2020, je me dis que ouais, si, ça prend forme, et cette histoire de tatouage recommence à me titiller. Alors évidemment pas dans le contexte actuel, mais mais… on verra !

Et vous, vous avez franchi le pas ? Il dit quoi de vous, votre tatouage ?

Instantané #124 (Solstice)

Comme tous les ans, lundi soir, pour le solstice d’hiver, j’ai fait mon petit rituel de passage d’une année à l’autre : relire mes gratitudes de l’année et remplir mon YearCompass, le tout avec du champagne, de bonnes choses et beaucoup de lumière. Et vraiment, ça fait un bien fou de faire le bilan de l’année qui s’achève (nous en reparlerons jeudi, de ce bilan), la refermer, et planifier celle qui vient, l’accueillir : mieux savoir ce qu’on veut, c’est déjà un pas vers l’épanouissement (d’autant que nous sommes officiellement entrés dans l’ère du Verseau avec la Grande Conjonction Saturne-Jupiter) !

Rituels, magie etc.

Demain a lieu la plus importante des fêtes du calendrier des sorcières, Samhain, qui je l’avoue a une place de plus en plus grande dans mon cœur : j’aime décorer ma maison version automne, mettre des lumières (l’heure d’hiver me déprime profondément alors je mets des lumières et des bougies partout), creuser ma citrouille (cette année j’ai acheté une vraie Jack) et y faire brûler une bougie toute la nuit pour les aimés disparus (aller au cimetière n’a aucun sens pour moi car ils n’y sont pas, mais ça, si), préparer un plat avec la chair. Samhain est une sorte de jour de l’an, situé pile entre l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver (le solstice étant supposé marquer le milieu de la saison hivernale, qui commence donc à Samhain : on est un peu décalé) : en ce jour où le voile entre les mondes est le plus fin, on dit adieu à l’ancien pour accueillir le nouveau. D’ailleurs, toutes les fêtes du calendrier celtique (qui ont ensuite été allègrement récupérées par le christianisme) sont liées au passage des saisons. Et si elles reviennent en force dans nos cultures de plus en plus éloignées des religions institutionnelles, c’est justement parce qu’il nous manque ça : le rituel. Ce qui met de l’ordre, du lien, de la magie. Du sens.

Les rituels sont essentiels pour faire société, et dans un monde où les religions traditionnelles ne font justement plus sens chez beaucoup, le retour à la sorcellerie, aux rites païens dans une version pour beaucoup plus symbolique que strictement magiques, (même si j’aime bien aussi faire de vrais rituels magiques), marque un désir de quelque chose de plus poétique, de plus authentique, personnel et sincère : le passage des saisons, les cycles de la lune qui jusqu’à il y a peu n’intéressaient plus guère que les jardiniers. Une « religion » (dans l’étymologie du mot le faisant dériver de religare, relier) de liberté où tout en étant lié aux autres, chacun pratique comme bon lui semble, selon son cœur : les cristaux, les fumigations, les formules rituelles que l’on peut composer comme un poème et partager ou non, les oracles et autres arts divinatoires, les autels, l’astrologie qui n’est autre qu’un retour à la mythologie. Ou tout simplement un joli moment où on fait des choses agréables, qui ont du sens pour nous : mon rituel du solstice d’hiver est juste de relire mes happiness papers (même si je ne les mets plus en bocaux) en buvant du champagne, c’est curieux mais c’est mon rituel.

Pour Samhain en revanche je fais un truc plus élaboré niveau magie avec le pentacle, les bougies, l’invocation des quatre éléments, le tambourin et tout le tralala, surtout cette année où, imaginez un peu, Samhain tombe un soir de pleine lune, déjà c’est pas tous les ans, mais en plus une pleine lune bleue (deuxième pleine lune dans un même mois, phénomène un peu rare) : c’est la première fois depuis 75 ans que ça arrive ; et accrochez-vous : cette pleine lune en Taureau est conjointe à Uranus (planète du changement, de la rébellion) rétrograde, opposée au soleil en scorpion conjoint à Mercure (planète de la communication) rétrograde. Et Mars est rétrograde aussi, tant qu’à faire. Si ça ne vous dit rien niveau astrologique, en résumé on a un assemblage qui ne se produit jamais et qui va dépoter sévèrement niveau énergies (et niveau expression des colères, moi ça fait 15 jours que je les sens déjà en moi mais on voit bien actuellement comment elle s’exprime partout), autant en profiter pour faire un peu de magie ! Mais vous pouvez aussi manger des bonbons devant Harry Potter (c’est d’ailleurs ce que je ferai après).

« Le rituel a pour fonction de donner des repères dans l’espace et dans le temps, il est un élément structurant de la vie, il rythme les saisons, les âges de la vie, il donne de la profondeur et de l’importance aux différents moments charnières de notre vie », écrit ainsi Odile Chabrillac. Les rituels remettent donc du sens dans un monde qui n’en a plus guère. Surtout en ce moment.

Alors, vous allez faire quelque chose demain soir ? Même si les enfants n’auront pas le droit de faire le tour des maisons (mais ils peuvent quand même se déguiser), même si on ne peut pas voir ses amis, célébrons tout de même pour que revienne la lumière ! Et ça va me faire du bien parce que là en vrai, l’idée d’un confinement où je suis quand même obligée de sortir de chez moi pour faire un boulot que je ne supporte plus, ça va être très compliqué et la fumée me sort par les oreilles.

Accueillir l’été…

Nous voici en été. Un été particulier après un printemps encore plus particulier encore. Je suis bien sûr excitée parce que j’aime d’amour cette saison, vraiment, l’été est ma saison (j’adore le printemps, les arbres en fleurs et tout, mais j’aime encore plus l’été). Et particulièrement ce jour, celui du solstice, lorsque la lumière est la plus puissante, je trouve que c’est un tellement beau symbole. Cette année, le solstice marche main dans la main avec une Nouvelle Lune en Cancer (très intéressantes, les énergies du cancer). Et une éclipse (puisque nous sommes dans la saison des éclipses) et cinq planètes en rétrograde dont Mercure, donc c’est normal si c’est le bordel aussi (et si comme moi vous n’êtes pas d’une humeur étincelante malgré tout).

Normalement, je devrais être en train de rêvasser à mes vacances en Europe après avoir tout booké : en juin, il reste moins d’un mois (mais un mois de torture avec des trucs insupportables, cette année on y échappe c’est déjà pas mal), il n’y a plus qu’à se projeter, faire les listes des choses à faire, à voir… Cette année, j’aurais dû aller à Séville (ou plutôt, au moment où c’est devenu inenvisageable j’avais Séville en tête) (je l’ai déjà dit). Techniquement je pourrais toujours mais je n’ai pas envie de découvrir cette ville dans ces conditions.

Bon, j’ai tout de même prévu des choses chouettes : toujours quelques jours sur le Bassin (mais pas au même endroit que d’habitude, mais du coup ça permettra de découvrir de nouvelles choses) et quelques jours à l’île d’Oléron. J’ai vraiment vraiment besoin de me connecter à l’élément eau, mon élément. Et on va essayer d’en profiter autant qu’on va pouvoir, encore plus maintenant que nous savons que tout cela ne va pas de soi : la plage, le sable chaud sous les pieds, l’eau fraîche et les vagues de l’océan, la caresse du Soleil, les robes légères, marcher pieds nus, l’odeur des embruns, le hamac sous les pins, les bains de minuit, les fruits de mer et le poisson frais, les fruits et légumes savoureux, tomates, courgettes, aubergines, melon, fraises et framboises, abricots juteux, les glaces en regardant la mer, l’apéritif en terrasse, dormir la fenêtre ouverte et s’éveiller au chant des oiseaux, profiter de la lumière sublime jusque tard le soir. Les heures à rêvasser.

Je suis une femme de l’été, solaire et sauvage, alors j’accueille ma saison, la saison pour moi la plus sensuelle, la plus vivante, celle où mon énergie créative est à son plus haut niveau. A l’heure où j’écris ces lignes (samedi matin) je ne sais pas si je ferai un rituel où si je me contenterai de humer avec extase l’odeur de la nuit la plus courte (puisque le solstice a lieu le 20 juin à 23h43 et non le 21) mais quoi qu’il arrive… Bienvenu, mon cher été !

Habitudes, changements et zone de confort

L’autre jour, j’étais coincée sur un truc, et je me suis mis à réfléchir sur la notion de changement. Comme on l’aura noté, j’ai actuellement envie de tout changer dans ma vie — boulot, lieu de vie, situation personnelle. Et pourtant, ça résiste. Alors, j’ai émis l’hypothèse que quelque chose dans mon subconscient résistait au changement, que ça me terrifiait, en vrai, car je ne suis pas adaptable. Il faut dire que je suis une fille à rituels et à habitudes. J’avais d’ailleurs écrit un article sur le sujet. Alors je me suis dit : regarde, quand tu changes de voiture, tu achètes exactement la même (je suis passée d’une C3 à une C3 puis à une DS3 qui est exactement identique à l’intérieur : bonjour la révolution) et tu es en panique si le garage te prêtes un autre modèle ; quand tu déménages, tu t’installes sur le même palier, ok l’appartement est différent mais pour le reste c’est la même chose. Et tu veux de grands changements alors que tu as du mal à changer de marque de café ?

J’étais donc très ennuyée, parce que je m’imaginais déjà coincée entre moi qui veut changer et mon subconscient qui panique dès qu’on modifie un truc. Et puis j’ai creusé, et je me suis rendu compte que c’était un peu plus compliqué que ça. Parce que, me suis-je dit (j’aime bien débattre avec moi-même) : si tu ne supportais pas le changement, tu détesterais voyager, or tu adores ça, être dans une ville étrangère, te perdre, découvrir de nouvelles choses ! Et c’est vrai, mais… déjà je ne supporte pas l’hôtel, j’ai besoin de me sentir « chez moi » et aussi, je mets en place… de nouvelles habitudes. Le café où je prends mon petit déjeuner, le chemin pour aller prendre le métro, le magasin où je fais mes courses, l’endroit de l’appartement où je m’installe pour écrire.

Et c’est là le nœud : ce n’est pas tant que je ne supporte pas qu’on bouscule mes habitudes, c’est plutôt qu’il me faut des habitudes, quelles qu’elles soient. Parce que, finalement, d’habitudes, j’en change souvent, mais dès que je fais un truc, ça a tendance à se changer en habitude. Et plutôt facilement : la première fois je dois parfois me faire violence et après ça roule à peu près, sauf le sport, ça ne veut réellement pas. En fait, j’ai l’impression que tout est une question de zone de confort, et que c’est un peu comme si je transportais la mienne sur mon dos, et que c’est pour ça que j’ai d’abord eu l’impression d’être inapte au changement.

Alors, bien sûr, je n’ai pas testé le changement radical mais finalement, de ce petit débat avec moi-même j’ai tiré la conclusion que j’en étais capable. Que ça ne me faisais pas vraiment peur car je saurai reconstruire mon univers n’importe où.

Et vous ? Habitudes, pas habitudes ?

Instantané #84 (rituel du solstice d’hiver)

Je crois l’avoir déjà écrit : pour moi (et ce depuis longtemps), l’année se termine au solstice, et les jours entre cette fête que les anciens appelaient Yule et le 1er janvier constituent à mes yeux une sorte de sas, de parenthèse entre l’ancien qui s’en va et le nouveau qui arrive : comme si on effectuait une traversée, et que l’on se retrouvait au milieu de l’eau, ayant quitté la rive de l’année qui s’achève mais pas encore accosté à la suivante. C’est donc une période de vide, de bilan, d’introspection, comme nous y invite l’arrivée de cette saison intérieure qu’est l’hiver, et particulièrement ce jour hautement symbolique où le soleil est à son inclinaison la plus basse, et où la nuit dure le plus longtemps.

Ce jour du solstice (qui à lieu aujourd’hui 22 décembre à 05h19, raison pour laquelle l’article est programmé à ce moment précis, mais que je célèbre le 21 au soir) est celui d’un rituel qui n’a rien de magique en soi mais se révèle très symbolique : une jolie robe (pour célébrer ma puissance féminine, d’autant que vendredi je suis allée chez le coiffeur et j’ai fait une manucure semi-permanente d’un beau rouge), des bougies et guirlandes lumineuses (pour inviter la lumière à renaître), un bon repas, huîtres (aphrodisiaques) / escargots (symbole de régénération périodique, d’accroissement, symbole sexuel lié à la grande déesse) / toasts à la truite fumée (de la région où je veux aller vivre) et un peu de champagne (pour attirer l’abondance), le tout bien décoré parce que mes maîtres mots sont la beauté et l’harmonie. Et je fais le point sur l’année écoulée en relisant les petits papiers colorés de mon Happiness Jar à laquelle j’essaie de me tenir coûte que coûte. Cette année j’en ai aussi profité pour faire mon YearCompass, un exercice vraiment très intéressant dont je vous avais parlé mais que j’avais fait sans doute un peu tard. Tout cela me prend un temps infini puisque je me replonge dans mon bullet journal, dans mes carnets, dans les archives du blog, mais cela me permet d’avoir une vision plus objective des choses que « ouin ouin il ne s’est rien passé de chouette cette année ».

Mais cette année, nous ne clôturons simplement 2019 : nous clôturons une décennie, ce qui m’a permis de faire un bilan de plus à l’aide du Journal de la décennie 2010-2019 écrit par Josée-Anne SC :  il s’organise en 3 temps, d’abord une réflexion rétrospective sur la décennie qui s’achève, puis un travail en vue de profiter de l’éclipse du 26 décembre et en faire un « jour de transformation » (que je ferai donc le 26 mais on peut le faire avant), et enfin une section pour mettre en place des actions concrètes pour 2020 à faire entre le 2 et le 4 janvier.

J’ai trouvé absolument fascinant de me replonger dans cette période et de me rendre compte de tout ce que j’avais fait et à quel point j’avais changé au cours de ces dix années. J’ai fait la liste des événements importants afin d’essayer de comprendre ce qu’ils m’avaient apporté, appris (même les mauvais). Le fait est que la décennie avait commencé à fond avec énormément de choses en 2010-2011 (ma soutenance de thèse, la création du blog, le début de l’écriture…), puis j’ai des années creuses avec très peu de choses et même deux années pour lesquelles je ne trouve strictement rien, et à nouveau une accélération à partir de 2016 et surtout 2017-2018 qui ont été très intenses et transformatrices ; à cet égard, 2019 (dont je ferai un bilan en mots et en images le 31 décembre) m’apparaît toute entière comme une année de fin de cycle, d’achèvement, de clôture. Un peu comme si j’avais passé l’année dans une grotte, en gestation de moi-même, et que j’étais enfin prête à accoucher.

Alors je sais qu’il y a des gens qui n’aiment pas les bilans, qui n’aiment pas se retourner, qui préfèrent toujours regarder devant, et je comprends, mais c’est vrai que c’est mon côté écrivain aussi qui savoure ces activités rétrospectives. Je trouve surtout que cela permet de mieux se connaître, de se rendre compte de ce que l’on a réellement accompli, et donc de savoir vers où aller. Et mon rituel du solstice d’hiver s’est avéré, cette année, extrêmement riche et fructueux !