S’émerveiller comme le Petit Prince, de Christine Michaud et Thomas De Koninck : habiter poétiquement le monde

Et si nous devenions plus conscient de cette possibilité d’amour profond et fécond à l’intérieur de nous ? Nous le nourririons en colmatant nos fissures de vie, en laissant entrer plus de lumière. Pour cela, il nous faudrait possiblement ralentir la cadence, voire nous arrêter pour percevoir la beauté et nous en émerveiller.

Je l’ai déjà dit mille fois : Le Petit Prince, c’est le livre de ma vie, et d’ailleurs, lorsqu’il y a quelque temps on m’a demandé je ne sais plus à quelle occasion quel personnage de fiction je choisirais pour me représenter, c’est lui que j’ai cité. Je rapporte un exemplaire du livre de chacun de mes voyages. Aussi, lorsque l’autre jour je suis tombée sur ce petit ouvrage, je n’ai pas hésité.

De quoi est-il question ? D’habiter le monde comme le Petit Prince, à savoir poétiquement, en s’émerveillant de tout. Croisant les approche de la philosophie et de la psychologie positive, ce petit essai nous invite donc à mieux comprendre la pensée et la vision du monde qui sous-tend le conte : l’importance de la beauté, la quête de sens, le bonheur, les liens affectifs, la solidarité, la conscience, l’enfance, la Providence, Dieu, l’invisible essentiel.

Un très joli petit livre, qui invite à se poser beaucoup de questions sur le monde, à le vivre autrement, à redonner sa place à l’essentiel. Cela étant, j’ai trouvé que notre petit garçon blond apparaissait un peu comme un prétexte, et que les auteurs ne s’appuyaient pas assez sur les épisodes précis du livre, au profit de citations tirées d’autres ouvrages de saint-Exupéry, ce qui est bien entendu passionnant (d’autant que je voue un tel amour au Petit Prince que j’ai toujours eu peur de m’aventurer dans le reste de sa bibliographie, et que maintenant, cela me titille) mais m’a un peu frustrée par moments. Néanmoins, j’ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir à cette lecture !

S’émerveiller comme le Petit Prince
Christine MICHAUD et Thomas De KONINCK
Gallimard, 2020 (J’ai Lu, 2021)

Jung, un voyage vers soi de Frédéric Lenoir : une vie

Je suis pourtant convaincu que son œuvre visionnaire constitue l’une des plus grandes révolutions de la pensée humaine et que son importance va bien au-delà du terreau dans lequel elle a germé : la psychologie des profondeurs. A travers les grands concepts qu’il a élaborés — la synchronicité, les complexes, l’inconscient collectif, les archétypes, les types psychologiques, l’anima et l’animus, l’ombre, la persona, le processus d’individuation — , Jung apporte un regard sur l’être humain et son rapport au monde qui non seulement bouleverse les connaissances psychologiques, mais sollicite aussi la philosophie, l’anthropologie, la physique, les sciences de l’éducation, la théologie, l’histoire des mythes et des croyances.

Je ne suis pas toujours très fan des livres de Frédéric Lenoir ; par contre, je suis nourrie de Jung (plus encore même que ce que je croyais avant d’ouvrir ce livre), et j’ai été frappée par la synchronicité (concept jungien) de le trouver sous mon nez au moment même de la création du Voyage Poétique, qui est aussi un voyage vers soi. Et au fil de la lecture, c’est une émeute de synchronicités qui m’ont assaillie.

Ici, Frédéric Lenoir nous propose une « biographie intellectuelle » de Jung, dans laquelle il mêle (et démêle) ses grandes idées et découvertes au récit de sa vie. Mais surtout ses idées et découvertes, et c’est bien, soyons clair, ce qui est le plus intéressant.

Et cet ouvrage se révèle une excellente et passionnante introduction à la pensée jungienne, très claire et pédagogique : Lenoir parvient à trouver le moyen de « schématiser » (c’est positif ici, et pas du tout réducteur) une pensée en arborescence et même rhizomatique (il émet d’ailleurs l’hypothèse que Jung était Haut Potentiel, ce qui me semble assez probable en effet), ce qui permet de la saisir beaucoup plus aisément. Bref, cet ouvrage m’a donné beaucoup d’idées et de pistes à creuser pour mes propres recherches, et je le conseille à tous ceux qui ont envie de mieux comprendre en quoi Jung a totalement révolutionné la psychologie, mais aussi la spiritualité, en inventant au passage le « développement personnel » dans sa dimension positive.

Quant à moi, outre mon travail d’approfondissement, je pense que je lirai très bientôt l’ouvrage que Frédéric Lenoir a consacré à Spinoza, un autre philosophe qui m’intéresse beaucoup.

Le niveau de bonheur de base

Une des choses intéressantes que j’ai apprises en étudiant la psychologie positive, c’est que nous avons tous ce qu’on appelle un « niveau de bonheur de base », qui peut être plus ou moins haut, et que l’on va toujours tendre à revenir à ce niveau au bout d’un certain temps, quels que soient les événements extérieurs, positifs ou négatifs, qui nous arrivent. Par exemple, quelqu’un qui va gagner au loto, après une phase plus ou moins longue d’exaltation, va finir par revenir à son niveau antérieur ; de même, dans l’autre sens, avec un divorce ou une maladie ou un deuil. En fait, seul l’amour est un événement extérieur pouvant accroître le niveau de bonheur de base.

Corolairement, si notre niveau de bonheur de base est plutôt élevé, les drames de la vie nous affecteront moins. Alors que si nous avons un niveau de bonheur de base plutôt bas, les grandes joies ne nous exalteront pas tant que ça.

Tout l’objet de la psychologie positive est donc de faire augmenter ce niveau de bonheur de base. A l’intérieur, donc, et non en attendant un coup de baguette magique de l’extérieur.

Sauf que je me retrouvais bien ennuyée avec cette idée. Parce que tout cela a beau être prouvé par des études scientifiques, je me heurtais, dans mon cas personnel, au fait certain que mon travail me rend malheureuse. Et que dès que j’en suis libérée, je suis parfaitement bien. Alors donc ?

Alors donc j’ai découvert, près des pages et des pages d’introspection et d’écriture, (et c’est une excellente nouvelle pour la suite de ma vie) que mon bonheur de base était plutôt très haut, et de plus en plus à mesure que je découvre de nouvelles choses. Je sais m’occuper de moi, générer des émotions positives, profiter des belles choses de la vie, vibrer haut. Et c’est comme si, chaque jour, mon travail était un événement étranger dramatique qui me rentrait dedans de plein fouet pour me faire plonger et faire baisser mon taux vibratoire (oui parce qu’il y a ça aussi : je vis ce travail comme quelque chose d’extérieur à moi, je n’y suis pas engagée et ça ne fait absolument pas partie de ma personne). Un peu comme si j’étais un oiseau qui voletait tranquillement au-dessus de l’eau, et que tout le temps un truc (on va dire un poisson mais je ne sais pas si ce genre de choses se produisent) venait le happer pour l’entraîner sous l’eau, l’obligeant à se débattre, remonter, reprendre sa route et ainsi de suite (ce qui est épuisant et fait perdre beaucoup de temps). Et cela me donnait, parce que quoiqu’on fasse le cerveau a tendance à se focaliser sur le négatif et que la tristesse est totalitaire, l’impression d’être très malheureuse la plupart du temps et d’arriver lorsque je ne travaillais pas à arracher à la vie quelques bulles de bien-être. Ce qui n’est pas du tout le cas : c’est le contraire.

Et c’est donc une bonne nouvelle (dont j’avais néanmoins l’intuition depuis pas mal de temps, restait à poser les outils théoriques scientifiques dessus) parce que, parfois, on croit que telle situation est responsable de notre mal-être alors qu’en réalité cela est beaucoup plus profond, et changer de travail par exemple ne résout rien, puisque le problème est ailleurs. Là je suis absolument certaine que je suis sur une bonne piste. Quand je vois combien je suis joyeuse et alignée quand j’écris, quand je travaille sur mes projets (qui prennent tranquillement forme), il ne peut pas en être autrement : je veux être heureuse tout le temps et je peux l’être. En restant alignée et en refusant d’être sortie de ma route par un travail qui, lui, n’est pas aligné. Cela prendra le temps qu’il faudra.

Nouvelle métaphore : j’ai un très beau gâteau, et je veux qu’on arrête de me le manger. Et bientôt, j’y mettrai une cerise, sur ce gâteau !

Et vous, vous le sentez comment votre niveau de bonheur de base ?

Le pouvoir de l’intention

Si l’on reprend notre métaphore du bateau, nous pouvons examiner la destination. La destination, c’est la mer sur laquelle nous avons envie de naviguer, le point que nous voulons atteindre. Ce sont nos buts, nos objectifs, nos rêves, nos intentions.

Savez-vous exactement où vous voulez aller ? Quelle vie vous souhaitez manifester ? Lorsqu’on connaît les valeurs qui nous guident et les forces sur lesquelles s’appuyer, il est beaucoup plus facile de construire une vision du quotidien qui sera pleinement alignée avec la personne que nous sommes. D’avoir une intention générale et des objectifs.

Distinguer les deux n’est pas simplement une question de vocabulaire, mais plutôt de perspective. Un objectif et une intention, ce n’est pas tout à fait la même chose : un objectif, c’est un but mesurable, parfois même chiffré, que l’on atteint ou non. Une intention est plus floue, mais plus vibrante énergétiquement. Les deux sont importants, mais pas de la même manière. Selon moi (mais tout le monde ne sera pas forcément d’accord), une intention, c’est une vision d’ensemble, plutôt à moyen ou long terme sauf les intentions quotidiennes, la façon dont on souhaite vivre sa vie, et qui peut d’ailleurs varier un peu chemin faisant car il faut aussi savoir suivre le courant. Les objectifs sont plus ponctuels, à court ou moyen terme, et sont les points d’étapes qui nous permettront de vivre pleinement nos intentions.

Mon intention, c’est de vivre une vie alignée sur mes valeurs, une vie intègre où l’essentiel de mes journées est consacré à la création (sous de nombreuses formes) : écrire, publier du contenu etc. Une vie où c’est mon activité professionnelle. Mes objectifs pour cela sont (entre autres) de trouver un éditeur pour mes textes littéraires, terminer deux projets dont je ne parle pas encore, monter mon entreprise, avoir beaucoup de clients, et quitter mon emploi actuel.

L’intention est plus générale : les objectifs sont précis, parfois datés (et étalés dans le temps, certains sont encore un peu flous mais se préciseront quand j’en serai arrivée là), peut-être que certains seront atteints et d’autres non ou partiellement, peut-être aussi que certains viendront s’ajouter à mesure que de nouvelles opportunités se présenteront, de nouvelles idées, mais toujours pour me mener vers ma destination, la réalité que je manifeste. Et c’est cette intention (qui a aussi un volet « personnel » que je ne partage pas) que je garde toujours en tête : une vie conforme à mes valeurs. Et vous savez quoi ? Je trouve que depuis que j’ai posé clairement cette intention, que j’ai refait mon tableau de vision dans ce sens, tout m’apparaît plus clairement, et surtout les choses se mettent en place. Lentement (encore que, mes deux projets secrets avancent super bien en ce moment), mais ça s’aligne.

Il y a aussi les intentions que je pose pour la nouvelle lune, et mes intentions quotidiennes. Toujours dans la même direction, évidemment, puisque l’idée est d’être alignée. Ce mois-ci, j’ai interrogé le Tarot pour qu’il m’aide à poser cette intention (oui, il peut faire ça, il suffit de lui demander) et il m’a dit que je devais poser l’intention de me consacrer pleinement à ma mission de vie, d’utiliser mes ressources et mes talents de manière disciplinée, car de nouvelles opportunités arrivaient. Et chaque matin je pose une intention pour la journée : mon intention aujourd’hui est de donner le meilleur de moi-même, d’être créative et alignée, par exemple. Et ça fonctionne.

Et vous, quelle est votre intention ?

Vivre la psychologie positive, de Martin Seligman : une science du bonheur

Au cours du dernier demi-siècle, la psychologie s’est surtout préoccupée d’un seul thème  — la maladie mentale  — ce qu’elle a fait assez efficacement. Les psychologues peuvent maintenant mesurer avec une grande précision des concepts auparavant flous tels que la dépression, la schizophrénie et l’alcoolisme. Nous connaissons aujourd’hui beaucoup de choses sur la façon dont ces troubles se développent au cours de la vie et sur leur origine génétique, leur biochimie et leurs causes psychologiques. Nous avons également appris comment soulager ces troubles. Selon mon dernier comptage, quatorze des principales maladies mentales peuvent être efficacement traitées (et deux d’entre elles soignées) avec des médicaments et des psychothérapies. […] L’heure est enfin venue d’une science qui cherche à comprendre les émotions positives, à construire et renforcer nos forces et nos vertus et à fournir des orientations pour découvrir ce qu’Aristote appelait la « vie bonne ».

A mesure que j’avance sur mes projets, l’Univers me sert sur un plateau ce dont j’ai besoin pour progresser, et c’est comme ça que je suis tombée sur la psychologie positive ; enfin je connaissais certains faits, mais sans m’y être penchée plus que ça, et là j’ai été un peu obligée vu les carambolages de signes. La psychologie positive, ce n’est pas la pensée positive (« je vais bien, tout va bien »), et ce n’est pas non plus des licornes à paillettes. C’est une science (au sens où ses résultats sont mesurés par des études) qui cherche à montrer comment on peut augmenter le niveau de bonheur. Si on reprend notre fameuse métaphore du bateau, là où la psychologie historique cherche à colmater les fuites et à faire que le bateau ne coule pas, la psychologie positive cherche à le faire avancer, ce qui est mieux. Je n’ai pas l’intention de reprendre des études pour devenir thérapeute, mais les outils et les bases de la psychologie positive, que l’on utilise dans le domaine du développement personnel, me semblent extrêmement importants. J’ai téléchargé nombre de ressources, mais je voulais un ouvrage de base, et j’ai choisi de manière somme toute logique celui du papa de la psychologie positive, Martin Seligman.

La question est donc : comment augmenter durablement son état de bonheur de base ? Partons de la « formule du bonheur » : Bonheur = Emotions + Circonstances + Valeurs ; les circonstances, on ne peut pas les contrôler, et d’ailleurs selon les chercheurs elles sont en fait très peu importantes, même si c’est contre-intuitif (à part l’amour, on y reviendra). La première partie est donc consacrée aux émotions positives, concernant le passé (la gratitude et le pardon), le futur (l’optimisme) et le présent (plaisirs et gratifications). La deuxième partie, elle est consacrée aux forces et aux vertus, que nous avons déjà vues dans un article précédent. Enfin, la troisième partie interroge ce que Seligman appelle « la vie bonne » : le travail et la satisfaction personnelle, l’amour (qui est le seul facteur extérieur contribuant réellement au bonheur), l’éducation des enfants et le sens de l’existence.

Un ouvrage extrêmement riche, nourri de faits précis, mais en même temps abordable, clair et souvent drôle : Seligman est un pédagogue né, et cet essai (où l’on trouve beaucoup de tests pour se mesurer) est une bonne base de travail sur la question (même si je ne suis pas complètement d’accord sur tout, notamment sur le pardon, mais je ne vais pas chipoter ici, ça serait trop long). L’idée à retenir, c’est que la recherche du bonheur n’est pas quelque chose d’égoïste ; d’abord parce que le bonheur est un facteur de longévité et de bonne santé, y compris au niveau cardiovasculaire et immunitaire (ah tiens donc priver les gens d’émotions positives tout en les gavant d’émotions négatives pendant des mois ça serait contreproductif dans l’idée de lutter contre un virus ?) ; un niveau de bonheur de base élevé permet plus de résilience et de capacité à affronter l’adversité ; mais surtout : les gens heureux sont plus ouverts, plus généreux, et participent davantage au bien-être collectif.

Si vous voulez en savoir plus sur la psychologie positive et comment augmenter votre niveau de bonheur, cet ouvrage est pour vous ; vous pouvez aussi jeter un œil à l’excellente conférence TedX de Seligman, qui est un bon résumé :

Vivre la psychologie positive
Martin SELIGMAN
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Lecomte
InterEditions, 2011 (J’ai Lu, 2013)

S’appuyer sur ses forces

Continuons à explorer la métaphore du bateau, et après le gouvernail, la direction donnée à notre vie par nos valeurs, voyons aujourd’hui les voiles, c’est-à-dire nos forces de caractère. C’est en les utilisant bien, et donc en en ayant conscience, que l’on avance (oui parce que si vous avez une belle voilure mais que vous ne l’utilisez pas, le bateau reste là où il est).

Les forces, ce sont nos capacités préexistantes dans notre manière de penser, d’agir, de sentir, d’être au monde. Elles sont différentes des compétences, qui s’acquièrent grâce à l’entraînement et à l’expérience, mais aussi des talents, en ce que les forces suscitent un sentiment de joie, d’énergie, de vitalité et d’authenticité lorsqu’elles sont utilisées (alors qu’utiliser un talent peut ne nous procurer aucune joie)

Il existe 24 forces, qui se regroupent en 6 vertus : sagesse et connaissance, courage, tempérance, transcendance, humanité et amour, justice. Après selon la classification adoptée cela diffère un peu, et j’ai donc adopté la classification de Martin Seligman, le papa de la psychologie positive, dont nous reparlerons lundi. Cela donne donc quelque chose comme ça :

Ensuite, pour trouver vos forces de caractère, je vous conseille de faire le test de l’institute on character, c’est le test que tout le monde utilise et c’est parfaitement gratuit, il suffit de s’inscrire (et ils ne spamment pas votre boîte aux lettres ensuite). Après avoir répondu aux questions, vous allez obtenir un document qui classe toutes les forces dans l’ordre où elles sont présentes chez vous.

Par exemple chez moi, les 5 premières sont : l’émerveillement, la soif de connaissance, la créativité, la curiosité et l’intelligence sociale. On constate donc que ce sont des forces qui s’organisent dans la vertu « sagesse et connaissance », notamment si on utilise le classement de Seligman qui y met l’intelligence sociale (le test met cette force dans « humanité et amour »). D’ailleurs, mes 10 premières forces sont exclusivement dans les deux catégories « sagesse et connaissance » et « transcendance », et toutes les forces de la catégories sagesse sont présentes. Par contre la tempérance rien du tout, et l’amour n’est absolument pas une de mes forces, au contraire, mais par contre c’est une de mes valeurs essentielles : cela aboutit à ce que l’amour est un challenge pour moi.

Le problème dans la société actuelle, c’est que l’on veut mettre tout le monde dans le même moule, au lieu de permettre à chacun d’utiliser ses forces. L’autre problème, c’est qu’on a tendance à se focaliser sur les manques, les lacunes, au lieu de s’appuyer sur ses forces. Et de nombreux mal-être aujourd’hui, notamment au niveau professionnel, viennent de ce que les gens exercent des métiers qui non seulement ne sont pas toujours alignés avec leurs valeurs, mais en plus ne leur permettent pas d’exploiter leurs forces. Ce n’est pas tout à fait mon cas d’ailleurs (enfin sur certaines forces si), la transmission/enseignement n’était pas un mauvais choix au niveau des forces, c’est juste le contexte scolaire qui ne va pas, pour de nombreuses raisons (et notamment celle des valeurs), et mon entreprise aura (j’avais mis « a » mais c’est un peu tôt pour mettre au présent) bien un volet « formation ».

Mais enfin l’essentiel, pour être bien, pour être en accord avec soi, c’est de développer sa conscience de ses forces, et de créer un chemin pour les développer et les optimiser.

Alors, quelles sont vos forces ?

Ce qui n’est pas négociable : suivre ses valeurs

Mercredi, nous parlions de la métaphore du bateau, et j’avais envie d’explorer plus avant certains points, à commencer par le gouvernail, la direction que l’on donne à sa vie, ce qui est important, ses besoins et valeurs. Cela peut paraître simple, mais souvent, on n’en a pas clairement conscience, et c’est comme cela qu’on se retrouve décalé. Or, pour se sentir bien et que le bateau avance correctement, il faut un alignement entre notre vie et ce qui est important pour nous. Partir de nos valeurs, voir quelle place elles ont dans notre vie actuelle et quelle place on voudrait qu’elles tiennent, cela peut aider aussi à construire des projets.

Alors attention, « valeurs » n’est pas à prendre au sens religieux/universalisant : « j’ai des valeurs, moi, moooooonsieur » : tout le monde en a. Simplement, ce ne sont pas les mêmes, et à vouloir suivre les valeurs imposées des autres, on se rend malheureux et on s’épuise.

Donc voici la liste des valeurs communément admise (je la mets en PDF parce que sinon ça prend trop de place) et je vous propose, dans cette liste, de repérer celles qui sont vraiment importantes (peut-être qu’il y a des valeurs dans cette liste qui vont vous choquer, mais on n’est pas là pour juger les gens) (il y a peut-être des choses qui vous semblent des valeurs et qui ne sont pas dans la listes mais c’est sans doute parce que ce sont en fait des forces), genre mettons une dizaine (mais certaines se recoupent et on pourrait les organiser en nébuleuses) :

Moi par exemple ma valeur essentielle c’est la liberté/indépendance, ensuite l’amour, la beauté, l’harmonie, la sensibilité, le calme, la curiosité et la contribution.

Et ensuite, interrogez-vous sur la manière dont votre vie respecte ces valeurs, que ce soit votre vie personnelle et professionnelle. Et ce que vous pourriez faire pour changer cela. Ce qui ne conduit pas nécessairement à tout révolutionner, d’autant qu’il se peut que vous soyez déjà pleinement satisfait, et c’est tant mieux. Je ne le suis pas, mais j’ai grâce à cet exercice compris partiellement pourquoi mon métier qui est une vocation pour beaucoup me fait de plus en plus horreur : il ne respecte absolument pas (et de moins en moins) mes valeurs.

Et suivre ses valeurs ce n’est pas négociable : sinon on se trahit, on s’épuise, on n’est pas aligné et au final on est très malheureux.