Instantané : promenade au parc floral

En ce moment, je suis épuisée, et je fais tout au ralenti. Alors, mardi, à l’heure de la pause déjeuner, je suis allée faire une promenade revitalisante au Parc Floral : je me suis promenée dans les jardins de fleurs embaumantes, j’ai rendu visite aux papillons, je me suis assise un moment devant le château pour écrire, et le paon m’a fait sa parade nuptiale. C’était beau.

Je suis sortie de là revigorée, pleine d’une énergie nouvelle. Qui a duré deux jours, mais enfin, cela m’a permis de comprendre (ou plutôt de confirmer) que ma fatigue est plus psychique et émotionnelle que physique. Je manque de beauté, d’inspiration, mon taux vibratoire est assez bas parce que je manque de nourritures sensorielles, émotionnelles, tout ce qui nous fait vibrer plus haut. Je suis un peu désaccordée. Et je ne peux pas m’installer à demeure au Parc Floral. D’autant que je sais très bien ce qui provoque ces vibrations basses.

Je cherche une solution…

Instantané : into the woods

L’autre jour, je suis allée chercher les champignons. Enfin, chercher les champignons… on me connaît : j’ai surtout apprécié ce moment dans la nature, fait beaucoup de photos parce que la lumière était fabuleuse et qu’il y a plein de jolies petites choses à photographier, dans la forêt, fait quelques vidéos pour mes Reels, respiré à pleins poumons, aiguisé mes sens, profité du moment présent. Et, donc, trouvé deux petits cèpes. Que je remercie de s’être mis sur mon chemin, sinon, je ne les aurais jamais trouvés.

Et l’autre bonheur a été de retrouver ma paire d’Aviators que je cherchais depuis des mois sans remettre la main dessus, et dont j’avais d’ailleurs fait mon deuil. Alors bien sûr je ne les ai pas retrouvées dans les bois, mais dans la poche intérieure de ma parka, ce qui a une certaine logique : je ne l’avais pas remise depuis des mois !

Locus amoenus

Locus amoenus est une expression latine signifiant littéralement lieu amène, et que l’on traduit souvent par lieu idyllique. En littérature, on l’utilise pour désigner la description d’un lieu parfaitement beau, parfaitement serein, où on se sent parfaitement bien et en sécurité : souvent un jardin, en tout cas un espace naturel, dans lequel on se sent chez soi. Celui où on peut, soit physiquement soit en pensée, se réfugier lorsqu’on a besoin de se ressourcer. Notre paradis.

L’autre jour, je me demandais si toute la quête de notre existence, ce n’était pas, finalement, de trouver notre locus amoenus. Le lieu où l’on se sentirait tellement bien que l’on pourrait s’arrêter et cesser de courir.

Il y a des lieux que j’aime, follement, à Orléans : le jardin des plantes, les venelles, le parc Floral, le domaine de Morchêne, le domaine de la Charbonnière que j’ai découvert l’autre jour et qui va sans doute devenir mon nouveau lieu de promenade. Des lieux où j’aime aller, où je me sens bien, qui me régénèrent, qui me manqueront. Mais aucun n’est mon locus amoenus. Je le cherche encore, alors je ne m’arrête pas de courir.

Et vous, avez-vous trouvé votre locus amoenus ?

Je, ici, maintenant

C’était le sujet de la dissertation de littérature comparée à l’agrégation, l’année où était au programme un ensemble de textes se rapportant au flux de conscience et intitulé « Fiction de l’intime ». J’avais adoré ce programme, à tel point que je m’étais même totalement perdue dedans, accumulant les lectures sur le sujet qui, honnêtement, n’étaient pas indispensables. Mais on ne se refait pas : quand un sujet m’intéresse, je déroule la pelote. Et si ce n’était pas indispensable sur le moment, je crois que ce travail m’a nourrie, et a influencé mon rapport au monde et à l’écriture.

Pourtant, le jour de l’épreuve, le sujet m’avait laissée perplexe. Je n’ai évidemment aucun souvenir de ce que j’ai bien pu raconter, ni même de ma note exacte, c’était assez moyen disons. Mais l’autre jour, alors que je me promenais dans les bois, il m’est revenu. Pas la simple donnée linguistique : « je, ici, maintenant » qui désigne la situation d’énonciation. Encore que, justement : parfois, le je qui parle, s’il est physiquement ici et maintenant, est mentalement ailleurs et hier ou demain. Est-ce que le je, ici, maintenant existe ?

Et ce jour-là, je me suis dit que oui. Que mon « je », encore tremblotant, encore fragile, prenait des forces et s’affirmait de plus en plus. Que j’étais ici, dans ce bois, parce que j’étais consciente de respirer, les odeurs de sous-bois et de champignons, d’air frais ; de sentir la terre sous mes pieds et la caresse de l’air sur mon visage ; d’entendre les oiseaux, le vent dans les feuilles et les autres promeneurs au loin ; de voir toute la beauté qui m’entourait. De marcher. Et c’était maintenant, pas hier ou demain.

Et c’est juste ça, la pleine conscience, pour moi : être pleinement dans le monde, enfin ! Et c’est pour cela que la promenade du dimanche (ou d’un autre jour) est si essentielle !

Instantané : promenade au château

Cela faisait plusieurs dimanche que je n’avais pas pu faire ma promenade, faute d’un temps adapté. Mais dimanche dernier le temps était magnifique, un grand soleil et des températures douces, et j’en ai donc profité pour me rendre au domaine de Charbonnière, un endroit où je n’étais jamais allée et qui s’est révélé un choix parfait : le lieu est absolument merveilleux, entouré d’une forêt domaniale assez vaste pour que, malgré le fait qu’il y ait de nombreux promeneurs, je puisse m’adonner en toute tranquillité à mes activités favorites : marcher, contempler, respirer en ayant l’impression d’être seule au monde, et ramasser des petites choses, branches, feuilles, bogues de châtaigne, pour compléter ma décoration d’automne. Même si, dans les faits, la nature était encore très estivale, les arbres bien verts. Depuis, elle a commencé à revêtir sa parure mordorée, il faudra donc que j’y revienne.

Cette promenade s’est révélée merveilleusement régénérante et inspirante : j’ai cette habitude d’aller (d’essayer) faire une promenade dans la nature tous les dimanches depuis que j’avais fait le programme de Julia Cameron, pour qui c’est une des pratiques indispensables, avec le rendez-vous avec l’artiste (souvent, je couple les deux) et les pages du matin (ça j’ai abandonné en tout cas dans la formule qu’elle propose parce que ça ne me convenait vraiment pas). Et c’est vrai que c’est un moyen formidable de remplir le puits et de nourrir l’inspiration !

Instantané : promenade au château

Instantané : bords de Loire

Je ne vais pas souvent me promener en bord de Loire. Mais je la traverse certains matins pour aller travailler, et au-delà des circonstances assez pénibles de cette traversée, je suis émerveillée par les lumières du soleil levant à un certain endroit du pont. Et c’est un spectacle que j’aimerais vraiment pouvoir photographier pour le partager, mais il n’est pas possible de s’arrêter sur le pont. Aussi me suis-je dit, dimanche, que j’allais y faire un tour et voir si c’était possible de garer ma voiture à proximité et trouver un endroit pour photographier. Malheureusement, ça ne l’est pas très facilement. Mais tant pis, j’ai tout de même pu profiter de la Loire, du soleil, des petits chemins déserts de la rive sud. Et m’émerveiller.

Instantané : bords de Loire

Instantané : promenade du dimanche

C’est une de mes intentions de la rentrée : reprendre une habitude que j’avais perdue alors qu’elle était importante pour moi : la promenade du dimanche. C’est un des impératifs de Julia Cameron, qui dans ses programme conseille d’aller se promener, seul, une heure par semaine. Et c’est vrai que ça fait un bien fou, de s’aérer, de s’émerveiller, de délasser un peu l’esprit et de laisser vagabonder ses pensées. C’est comme ça que dimanche dernier, je suis allée au Jardin des Plantes, un endroit que je n’ai découvert qu’il y a deux ans et dont je n’ai pas beaucoup profité puisqu’après il y a eu le confinement, puis le masque obligatoire partout même dans les parcs donc je ne vois pas bien l’intérêt de se promener. Et c’était comme une redécouverte : le jardin des roses, les espaces méditerranéens, les serres, l’immense Gingko. Je l’avais rencontré en automne (et ce jardin est sublime en automne) mais en été, c’est d’autres couleurs, d’autres odeurs, d’autres sons, et c’est magnifique !