Processus d’écriture : les recherches

Pour mes deux premiers romans, L’Aimante et celui qui sortira en février 2023, je n’ai pas eu besoin de faire de recherches, autrement que sur des points très précis en cours d’écriture pour vérifier un truc.

Pour le troisième, il en va tout autrement. Et cela m’enthousiasme au plus haut point. Je suis en train de découvrir ce nouvel aspect de la vie d’auteur : celle de la phase préparatoire, dans laquelle on accumule la documentation, les informations sur tout un tas de sujets en apparence disparates, avant de se lancer dans l’écriture elle-même. En ce moment je suis à la fois dans les recherches généalogiques, et dans les recherches historiques : sur les filles-mères, sur les enfants abandonnés, sur l’école, sur la vie des paysans…

Quand je dis « je découvre », ce n’est pas tout à fait vrai, puisque c’est de cette manière qu’on fait une thèse : d’abord des années de recherches puis, une fois qu’on a tout, l’écriture. Avec ce même élan d’enthousiasme, d’apprendre des choses, de voir naître de nouvelles idées au gré du hasard et de la sérendipité. C’est cependant différent : pour ma thèse, j’avais un sujet et je savais plus ou moins où je voulais aller, même si je restais ouverte. Là, même si j’ai une idée, je me laisse porter, une recherche en entraîne une autre. Encore une fois, je fais l’expérience de la grande magie : ce que raconte Elizabeth Gilbert dans Comme par magie à propos de l’écriture de L’Empreinte de toute chose.

Je me suis réinscrite à la bibliothèque (celle d’Orléans : je n’ai pas, en tout cas pour le moment, besoin d’ouvrages très pointus et introuvables qui m’obligeraient à me rendre à la BNF, que je déteste). J’avais une liste d’ouvrages que je souhaitais dans la réserve, et en les attendant, j’ai musardé dans les rayons, disponible à ce qui viendrait. Et il m’est arrivée une chose amusante : j’ai pris plusieurs autres livres, dont un que je n’ai d’abord pas pu emprunter, l’automate ne voulait pas. En vérifiant pourquoi, la bibliothécaire a été amusée : si l’ouvrage ne voulait pas que je l’emprunte, c’est parce qu’il était sorti de la base, et indiqué comme « disparu ». Et je l’avais retrouvé. Comme par magie.

En tout cas, je trouve cette phase très excitante, et je me laisse porter : au départ, j’espérais avoir terminé fin octobre pour pouvoir lancer l’écriture pour le NaNoWriMo. Il m’apparaît évident que ce ne sera pas le cas, et ce n’est pas grave : c’est comme les plantes, elles poussent à leur vitesse, et on ne les fait pas pousser plus vite en tirant dessus. Donc je laisse le temps : je cherche, je prends des notes, l’histoire se construit petit à petit, et un matin, quand je ne sais pas, je m’assiérai à mon bureau, et elle sera prête à naître.