Bilan des prix littéraires d’automne 2017

Les prix littéraires, cette année, ont eu tendance à m’agacer un peu (mais c’est un fait : je m’agace beaucoup en ce moment). Pas seulement parce que, comme d’habitude, les jurés se sont obstinés dans cette sale habitude de primer ce que je n’ai pas lu (et pourtant, j’en ai lu pas mal, et des chouettes trucs). Non, ce qui me désole, comme beaucoup, c’est qu’ils se sont surtout obstinés à ne primer que des hommes. Alors entendons nous bien : je ne milite absolument pas pour la discrimination positive, et ne veux pas qu’un roman soit primé parce qu‘il a été écrit par une femme. Mais. J’ai plutôt l’impression que cette année, d’excellents romans non pas eu de prix à cause du fait qu’ils aient été écrits par des femmes. Bref.

 Prix du roman FNAC : Bakhita de Véronique Olmi, un magnifique texte, habité et bouleversant, l’histoire d’une esclave devenue sainte, et que j’aurais aimé voir récolter d’autres lauriers !

– Grand Prix du roman de l’Académie Française : Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau, chez Grasset. Un prix qui a surpris tout le monde, ceux (très nombreux) qui ne l’avaient pas lu et n’en avaient à la limite même pas entendu parler aussi bien que ceux qui l’avaient lu et ne comprennent pas trop. Je fais partie de la première catégorie.

– Prix Goncourt : L’Ordre du jour d’Eric Vuillard. Premier coup de sang, car on ne m’enlèvera pas mon intime conviction que si ni Zeniter ni Olmi ne l’ont eu, c’est simplement parce que le jury (certains membres…) n’a pas voulu couronner une femme deux années de suite. En outre, à titre très personnel mais tout de même (et après interrogatoire d’un échantillon varié de membres de mon entourage, j’ai noté que j’étais loin d’être la seule), je n’en peux tout simplement plus des romans sur la Seconde Guerre mondiale et le régime nazi et les nazis, et je n’en peux plus que ces ouvrages soient systématiquement primés, à croire que c’est la recette miracle et que rien d’autre en littérature n’est intéressant comme sujet (alors vous allez me dire : tu as adoré le roman de Désérable qui pourtant en parle, et je répondrai certes, mais enfin, tout de même). Donc je ne l’ai pas lu, et ne le lirai pas parce que je n’ai pas envie  (même si je n’ai rien contre Eric Vuillard, qui m’a l’air quelqu’un de charmant et un excellent écrivain, dont je lirai autre chose).

– Prix Renaudot : La Disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez. Même réflexion que pour le Goncourt (même si je n’ai rien contre Olivier Guez, qui m’a l’air etc.). Le prix Renaudot du meilleur essai va quant à lui à De l’ardeur de Justine Augier, qui suscite chez moi un frémissement d’intérêt, mais honnêtement je manque de temps. Enfin, le Renaudot poche va à Les méduses ont-elles sommeil de Louisiane C. Dor, que je n’ai pas lu non plus mais l’auteure est très sympa !

– Prix Décembre : Le dossier M de Grégoire Bouillier. Alors c’est un peu un exception dans cette liste de prix, puisque, certes, je ne l’ai pas lu, mais, mais, mais, je dois dire que ça a l’air fort intéressant. Le seul problème est que c’est un peu trop volumineux et que, clairement, je manque de temps… dommage !

Prix du premier roman : Ma Reine de Jean-Baptiste Andréa, que… je n’ai pas lu.

– Prix Femina : La Serpe de Philippe Jaenada. A ce stade, j’ai quand même eu envie d’embrasser l’auteur pour avoir sauvé mon honneur, ainsi que les membres du jury. Cela dit, je reste tout de même ennuyée que même le Femina ne soit pas foutu de couronner une écrivaine mais enfin, si je commence à chipoter, on n’est pas sorti de l’auberge. Côté Femina étranger, c’est l’Américain John Edgar Wideman qui est récompensé pour Ecrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till (j’aime bien le titre…), quant au Femina essai il a été attribué à Jean-Luc Coatalem pour Mes pas vont ailleurssur lequel je n’ai strictement rien à dire on s’en doute. Par contre, je suis très heureuse qu’un prix essai spécial ait été décerné à Françoise Héritier pour l’ensemble de son oeuvre, car j’aime beaucoup son oeuvre, et comme elle est malheureusement décédée depuis, c’est encore plus important !

 Prix de Flore : Eva Ionesco était sans doute trop attendue (et puis bon, c’est une femme…) et le prix a été donné à deux auteurs : Pierre Ducrozet pour L’Invention des corps et Johann Zarca pour Paname Underground. Inutile de préciser que je ne pense strictement rien de ces deux livres ni de leurs auteurs…

– Prix Intérallié : je les soupçonne d’avoir voulu primer Jaenada et de s’être faits griller par le Femina, parce qu’ils se sont tout de même pris 15 jours de plus. Bref. Le prix va à Jean-René Van der Plaetsen pour La Nostalgie de l’honneur, qui récolte aussi le Prix Giono. Je ne connais pas ce monsieur, et si vous voulez le roman abordant le sujet de la Résistance, on va dire que je vais continuer à ne pas le connaître…

– Prix Médicis : Yannick Haenel pour Tiens ferme ta couronneRoman que je n’ai évidemment pas lu, mais qui a l’air sympathique.

– Prix Renaudot des lycéens : Kaouther Adimi pour Nos richesses, roman que je n’ai pas lu, mais qui me tentait assez je dois dire. Elle obtient aussi le Prix du style.

– Prix Goncourt des lycéens (et Prix Landerneau des lecteurs) : L’Art de perdre d’Alice Zeniter. Un roman que je n’ai pas lu faute de réelle occasion, mais qui me tente assez. Je le lirai peut-être (ce n’est pas un engagement ferme, à cause du temps).

Bon. L’an prochain, si vous voulez un prix, surtout, faites en sorte que surtout, je ne lise pas votre roman.

Forum Fnac Livres 2017 : en mots et en images

Le week-end dernier a eu lieu la deuxième édition du Forum Fnac Livres et vous pensez bien qu’encore une fois, je n’ai pas boudé mon plaisir et en ai profité pour me faire un petit séjour parisien excitant et enrichissant (au sens spirituel évidemment, sur le plan financier c’est plutôt le contraire).

Un nouveau lieu

Située au coeur du Marais, la Halle des Blancs-Manteaux s’est avérée un espace absolument parfait pour ce type de manifestations, plus intimiste et cosy : dès l’entrée, on est accueilli par l’espace librairie et au milieu les tables pour les dédicaces ; au fond, l’espace pour les rencontres.

Du champagne et des petits fours

Evidemment, comme tout événement littéraire qui se respecte, le Forum a commencé par un cocktail d’inauguration, avec du champagne et d’excellents amuse-bouche (mention spéciale aux opéras au foie gras) afin de fêter la lauréate du Prix du roman Fnac 2017 : Véronique Olmi, pour son magnifique Bakhita.

Des rencontres

Programme très chargé dans l’espace rencontre, et le public n’a pas boudé son plaisir car il était parfois très difficile de trouver une place pour s’asseoir et écouter les auteurs parler de leurs oeuvres !

Des dédicaces

Beaucoup d’auteurs et non des moindres, mais assez variés pour qu’il y en ait pour tous les goûts. Certains étaient assaillis (Guillaume Musso), alors qu’on pouvait un peu mieux discuter avec d’autres !

Des moments privilégiés

Comme l’an dernier, des moments privilégiés avec les auteurs avaient été organisés pour les influenceurs numériques. Pour ma part, je n’ai participé qu’à un de ces moments, mais quel moment : une très belle rencontre avec Véronique Olmi !

De la convivialité

Evidemment, de tels événements sont toujours l’occasion de revoir les autres blogueurs/instagrammeurs/booktubeurs etc. pour boire un verre ou partager un repas. Je ne citerai pas de noms parce que lorsque j’essaie, j’en oublie toujours mais pour ceux qui se reconnaîtront : c’était chouette de vous voir !

Une rencontre au sommet

Oui, j’ai enfin, à cette occasion (et c’est la raison pour laquelle samedi 20h restera à jamais gravé dans ma mémoire) rencontré le Boss, François Busnel himself. Alors je vous passe les moqueries de ceux qui pensaient que je voulais me repoudrer le nez ou me demandaient toutes les 5 min si je n’allais pas faire un malaise, voulais mes sels, ou me reprochaient de ne pas avoir emporté avec moi une bourriche de fines de claire n°3 et une bouteille de Chablis pour les lui offrir. Nous retiendrons plutôt ma réplique du week-end : « Bonjour, je m’appelle Caroline et je veux vous piquer votre job » (ce qui l’a fait rire et à quoi il a répondu « alors allez-y ») (mais c’est rigolo il préfère m’appeler l’Irrégulière plutôt que Caroline, c’est trop commun Caroline il a trouvé).

Bref, une très très belle deuxième édition : le rendez-vous s’installe tranquillement comme un des événements de la rentrée littéraire, et ça c’est chouette !

Bref, merci à la Fnac et à l’agence Anne et Arnaud pour l’organisation de cette manifestation, qui a accueilli 10000 personnes tout au long du week-end, ce qui est un très beau chiffre.

Bakhita, de Véronique Olmi

Bakhita, de Véronique OlmiOn lui a demandé souvent de raconter sa vie, et elle l’a racontée encore et encore, depuis le début. C’est le début qui les intéressait, si terrible. Avec son mélange, elle leur a raconté, et c’est comme ça que la mémoire est revenue. En disant, dans l’ordre chronologique, ce qui était si lointain et si douloureux. Storia meravigliosa. C’est le titre de la brochure sur sa vie. Un feuilleton dans le journal, et plus tard, un livre. Elle ne l’a jamais lue. Sa vie, à eux racontée. Elle en a été fière et honteuse. Elle a craint les réactions et elle a aimé qu’on l’aime, pour cette histoire, avec ce qu’elle a osé et ce qu’elle a tu, qu’ils n’auraient pas voulu entendre, qu’ils n’auraient pas compris, et qu’elle n’a de toute façon jamais dit à personne. Une histoire merveilleuse. Pour ce récit, sa mémoire est revenue. Mais son nom, elle ne l’a jamais retrouvé. Elle n’a jamais su comment elle s’appelait.

Un des romans phares de cette rentrée littéraire, présent sur plusieurs premières listes de prix et qui vient d’obtenir celui qui ouvre le bal, le grand prix du roman Fnac. Raison d’ailleurs pour laquelle je l’ai lu, puisque cette année encore j’ai eu l’honneur d’interviewer le lauréat. Sinon, je serais peut-être passée à côté, ou j’aurais fini par le lire tout de même, mais en tout cas, je l’avoue, je ne l’avais pas repéré d’entrée de jeu (je manque parfois de nez). L’histoire est célèbre : celle de Joséphine Bakhita, une ancienne esclave déclarée sainte en 2000 ; autre aveu : je ne la connaissais pas du tout, il est vrai en même temps que je ne m’intéresse pas trop aux vies de saints. Et pourtant : quel destin exceptionnel que celui de Bakhita !

Elle ne se souvient plus de son nom, le vrai nom que lui ont donné ses parents, elle ne connaît que celui de Bakhita, qui lui a été attribué après. Née à Olgossa, au Darfour, en 1869 environ, elle a à peu près 7 ans lorsqu’elle est enlevée est vendue comme esclave…

Un destin exceptionnel, storia meravigliosa, par lequel on est happé dès les premières lignes, entraîné par une voix narrative à la fois empathique et pleine de pudeur qui ne nous lâchera pas et nous conduira de l’ombre à la lumière : parfois, la vie a plus d’imagination que le plus créatif des romanciers, et cette vie-là en est un parfait exemple. Exemplum. Elle commence par l’arrachement au paradis de l’enfance, l’esclavage, la découverte de ce que l’homme a de pire, la violence insoutenable, la perte de tout, le corps, la langue, le nom, presque parfois l’humanité : comment ne pas se transformer en animal, lorsqu’on est toujours considéré comme tel ? Mais Bakhita a cette force en elle, cette lumière étrange, cet amour inconditionnel pour les enfants qui lui permettra finalement après avoir traversé l’enfer de retrouver la liberté, malgré les secousses d’un monde qui bascule dans le chaos. La foi, mais qui me semble beaucoup plus complexe qu’une simple conversion religieuse, beaucoup plus universelle.

Un texte bouleversant, magnifiquement écrit, et qui n’a pas fini de faire parler de lui…

Bakhita
Véronique OLMI
Albin Michel, 2017

1% Rentrée littéraire 2017 — 14/18
By Herisson

Bilan des prix littéraires d’automne 2016

prix litterairesComme l’an dernier, petit bilan des prix littéraires d’automne. Cette année, je n’ai pas eu beaucoup de nez, et j’ai bien cru, à un moment, que mon score avoisinerait le zéro… Heureusement que les jeunes sont là !

Les lauréats de cette année sont donc :

– Prix du roman FNAC et Prix Goncourt des lycéens : Petit Pays de Gaël Faye, un roman très fort et parfaitement maîtrisé sur l’exil et la perte du paradis de l’enfance. Pour ne rien gâcher, l’auteur est adorable, et assurément une plume à suivre !

– Prix Femina : Le Garçon de Marcus Malte, dont je n’ai rien à dire (je n’en ai lu que des éloges, mais je ne crois réellement pas que ce soit pour moi) ; par contre le Femina Étranger va à Rabbih Alameddine pour Les Vies de papierun roman que j’ai beaucoup, beaucoup aimé ! Quant au Femina essai, attribué à Ghislaine Dunant pour Charlotte Delbo, une vie retrouvée, la polémique ne me donne pas du tout envie de me pencher dessus (un essai sans bibliographie, pour l’universitaire que j’ai été, cela me perturbe)!

– Grand Prix du roman de l’Académie Française : Le Dernier des nôtres d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre ; là encore un roman que je n’ai pas lu. Sans raison particulière d’ailleurs, sinon qu’on ne peut pas tout lire.

– Prix Médicis : Laetitia d’Ivan Jablonka (qui obtient aussi le prix littéraire du Monde), que je ne lirai pas, à la base je trouvais le sujet malsain et racoleur et ce qu’en a dit Arnaud Viviant au Masque et dans Ça balance à Paris a achevé de me convaincre de ne pas. Il paraît que j’ai tort, et d’ailleurs Viviant est un peu le seul à démolir ce livre, mais je me fie toujours à mon instinct qui sur ce coup rejoint ses arguments. Et puis bon, récompenser d’un prix du roman une oeuvre de non-fiction, ça me dérange un peu, d’autant qu’il existe un Médicis Essai (qui va à Jacques Henric pour Boxe). Quant au Médicis étranger il a récompensé Steve Sem-Sandberg pour Les élus.

– Prix Goncourt. Quatre finalistes, trois romans que j’ai lus et aimés, un que je n’ai ni lu ni envie de lire. Devinez ? Et oui, le prix a été attribué à Leïla Slimani pour Chanson Douce, celui que je n’ai pas lu, donc (toujours une question d’instinct, même si là encore il paraît que j’ai tort, mais j’aime affirmer mon originalité). Bon, j’ai quand même un truc à déclarer sur ce prix : j’ai interviewé l’auteure pour la FNAC :

– Prix Renaudot : Babylone de Yasmina Reza. J’ai hésité, et puis, ayant beaucoup d’autres romans qui me tentaient plus, j’ai renoncé. Vraiment, j’ai du nez !

– Prix décembre : Alain Blottière pour Comment Baptiste est mort. Je n’avais rien lu de la sélection…

– Prix Intérallié : Serge Joncour pour Repose-toi sur moiA ce stade des prix, je pensais vraiment que les divers jurys allaient continuer obstinément à ne primer que des livres que je n’avais pas lus. Même si là, pour le coup, j’en avais lu deux sur trois dans la dernière sélection. En tout cas, cela fait un beau prix pour un joli roman.

– Prix de Flore : Double Nationalité de Nina Yargekov. Alors non seulement je ne l’ai pas lu, mais je n’en avais même pas entendu parler (je regarde trop peu le catalogue POL lorsqu’il ne contient pas un nouveau Carrère)

– Prix Renaudot des lycéens : Giboulées de soleil de Lenka Hornakova-Civade ! Un très beau roman, les jeunes ont beaucoup de goût et priment un livre dont on a trop peu parlé !

– Prix des savoirs : le formidable petit essai de Lauren Malka, Les Journalistes se slashent pour mourir ! Si vous ne l’avez pas encore lu, précipitez-vous, il démythifie beaucoup de choses concernant la presse !

– Prix du style : le superbe Désorientale de Negar Djavadi, un de mes coups de coeur !

– Prix Femina des lycéennes : Tropique de la violence de Nathacha Appanah. Rien de spécial à dire…

Et vous, vous avez lu (et aimé) beaucoup de livres dans cette liste ?

Petit Pays, de Gaël Faye

Petit pays de Gaël FayeMais au temps d’avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et tout le reste, c’était le bonheur, la vie sans se l’expliquer. L’existence était telle qu’elle était, telle qu’elle avait toujours été et que je voulais qu’elle reste. Un doux sommeil, paisible, sans moustique qui vient danser à l’oreille, sans cette pluie de questions qui a fini par tambouriner la tôle de ma tête. Au temps du bonheur, si l’on me demandait « Comment ça va ? » je répondais toujours « Ça va ! ». Du tac au tac. Le bonheur, ça t’évite de réfléchir. C’est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À soupeser le pour et le contre. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D’ailleurs, tout le pays s’y était mis. Les gens ne répondaient plus que par « Ça va un peu ». Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé.

On connaissait Gaël Faye auteur compositeur et interprète d’un album, Pili pili sur un croissant au beurre, remarquable (même pour moi qui n’aime habituellement pas du tout le rap) et dans lequel on croise des thèmes comme l’exil, le métissage, et l’amour, avec le magnifique « Ma femme ». Mais, comme l’écriture de chanson ne lui suffisait pas pour dire tout ce qu’il avait à dire, il s’est fait romancier, et, en cette rentrée littéraire publie son premier roman, Petit Pays, qui a obtenu le Grand Prix du roman Fnac, et dont on va très certainement beaucoup parler. Il est d’ailleurs dans la première liste du Goncourt (et donc dans la liste du Goncourt des lycéens !)

C’est un petit pays, le Burundi, celui dans lequel Gabriel, le narrateur, né d’un Français et d’une réfugiée rwandaise tutsie, a grandi et a été heureux, un temps, celui de l’enfance et de l’innocence. Jusqu’à ce que ses parents se déchirent. Jusqu’à ce que son pays se déchire.

Dans ce roman très touchant et doté d’une vraie voix, vive, naïve et parfois très poétique, la petite histoire se superpose à la grande. Comme dans le récit de la Genèse, Gaby nous décrit son paradis, qui est à la fois l’enfance et le pays où il est né. Un paradis à l’odeur de frangipanier, au goût de mangue juteuse, où éclatent les couleurs et les sons sous la caresse du soleil ; Gaël Faye construit cet univers multisensoriel avec talent et sait créer une véritable ambiance avec de petits faits touchants qui la rendent d’autant plus réaliste. Et puis, comme dans la Genèse, vient la chute, à la fois violente et insidieuse ; même si Gaby résiste à la cruauté, s’il s’accroche désespérément à son innocence, s’enferme dans le bunker de l’imaginaire, il ne peut pas garder les yeux fermés sur les massacres qui se déroulent un peu partout. Exilé, il l’est du paradis perdu de l’enfance, puis de son petit pays.

Un roman très fort, très symbolique et poétique, hanté par la nostalgie de l’innocence et du bonheur enfui. A ne pas manquer !

J’ai eu la chance d’interviewer Gaël Faye pour le compte de la FNAC, et ce fut un moment d’échange particulièrement intense :

et je lui ai posé, en exclusivité pour vous, la question de la place des livres dans sa vie. Voici sa jolie réponse : Les livres, je dirais vraiment que ce sont des bouées de sauvetage, pour moi comme pour Gaby, même si moi j’ai été sauvé plus par l’écriture que par la lecture. Je n’ai pas eu de madame Ekonoumopoulos comme dans le roman, mais c’est vrai que les livres imposent un rythme, un temps, une solitude, une réflexion, un silence, et ce sont pour moi de vraies bulles intimes qui ne peuvent appartenir qu’au lecteur. Pour moi les livres c’est la magie. Tout simplement…  

Petit Pays
Gaël FAYE
Grasset, 2016

Je vous rappelle que 3 exemplaires de ce très beau roman sont à gagner !

challenge12016br10% Rentrée Littéraire 2016 – 15/60
By Lea et Herisson

Prix du Roman FNAC : champagne, petits fours, robe de cocktail et émotion

Jeudi dernier, 1er septembre, avait lieu l’événement qui marque le début de la saison des prix littéraire de rentrée : la remise du Prix du roman FNAC ; c’était aussi l’occasion, pour la première fois, d’inaugurer ce nouveau rendez-vous qu’est le Forum Fnac Livres dont nous reparlerons demain. Double occasion, donc, de boire du champagne et vous imaginez bien, me connaissant, que je ne m’en suis pas privée.

Cette année, le prix a donc été remis à Gaël Faye pour son superbe premier roman Petit Pays, dont nous reparlerons lundi. C’était pour moi d’autant plus émouvant que, pour le compte de la FNAC, j’avais interviewé Gaël dans la journée et que j’ai vraiment eu un coup de coeur pour ce garçon simple et d’une gentillesse incroyable, animé d’un vrai enthousiasme pour tout ce qui lui arrive. C’était aussi ma première interview « pro » et c’était donc un moment particulièrement excitant.

Une très belle soirée, où j’ai pu revoir plein de gens que je connaissais déjà et faire de nouvelles rencontres (figurez-vous que j’ai même eu l’occasion de serrer la main à Olivier Nora). Et de boire du champagne dans ma nouvelle robe de cocktail tout en mangeant des petits fours délicieux !

La vie, quoi !

Revenez demain, il y aura une surprise !

Bloc Notes de rentrée

Bon, il n’aura échappé à personne qu’il n’y a pas que la rentrée littéraire dans la vie, il y a aussi la vraie rentrée. Inutile de vous dire ce que j’en pense, mais bon. C’est parti pour les infos vitales qui permettront de survivre à ce sombre événement.

Reg’art
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Romain et Victoria, diplômés de l’Ecole du Louvre, ont eu envie, un beau jour, de se servir de la video pour démocratiser leur savoir. Cela donne une chaîne youtube sur laquelle alternent les revues d’expositions, l’analyse d’oeuvres ou encore la découverte de musées. De quoi avoir sa dose de culture quotidienne !

48h pour écrire
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Pour la quatrième année consécutive, Edilivre renouvelle son concours de nouvelles gratuit et ouvert à tous : « 48h pour écrire ». L’année dernière, plus de 2000 participants ont relevé le défi. Ce concours est organisé en collaboration avec Tea- The Ebook Alternative, Idéecadeaux.fr, Kilti, Envouthé et Once Upon a Book ainsi de nombreux lots sont à gagner. Pour participer, c’est très simple ! Il vous suffit de vous connecter sur le site www.edilivre.com le vendredi 23 septembre à 16h pour connaître le thème de cette quatrième édition. Vous aurez alors 48 heures pour rédiger et envoyer votre nouvelle. Vous ne vous sentez pas prêt pour ce marathon littéraire, mais vous aimez la littérature et les défis originaux ? Alors n’hésitez plus, inscrivez-vous pour devenir juré ! Vous avez un mois pour découvrir, apprécier et noter quelqu’unes des nouvelles écrites par les participants de ce concours.

Les traversées du Marais
Traversées du Marais

Envie de profiter encore un peu de l’été en découvrant un chouette quartier ? Rendez-vous avec Marais Culture Plus du 9 au 11 septembre 2016 dans 15 institutions de son réseau : dansez au Carreau du Temple et à l’Hôtel de Sully (CMN), déguisez-vous au Centre Pompidou, plongez dans les arts du cirque au Musée des Arts et Métiers, laissez-vous emporter par les installations de feu la nuit au Musée Carnavalet… Ce festival sera l’occasion de (re)découvrir ce quartier mythique et son patrimoine exceptionnel grâce aux concerts, ateliers, installations ou encore DJ Sets prévus pendant ces trois jours. Demandez le programme !

La bibliothèque fantôme
Bibliothèque fantôme

J’ai découvert ce superbe projet dans L’Instant Parisien : Ludovic Cantais recueille les livres abandonnés et leur donne une nouvelle vie, tout en proposant une réflexion à la fois artistique et anthropologique sur le fait de se séparer de ses livres. Très intéressant !

Le salon de la photo
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Le salon de la photo aura lieu porte de Versailles du 10 au 14 novembre. Comme l’an dernier, je vous offre des entrées gratuites : pour cela, il vous suffit d’aller  et d’entrer le code LCHC16, puis vos coordonnées ! Pas plus compliqué que ça !

Le Forum Fnac Livres
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C’est le grand événement de la rentrée à ne surtout pas louper : la première édition du forum Fnac Livres, qui s’ouvrira avec la remise du grand prix du roman Fnac le 1er septembre et durera ensuite tout le week-end, avec comme invité d’honneur Jonathan Franzen, entouré de toute une pléiade d’auteurs plus brillants et intéressants les uns que les autres pour des rencontres, débats et dédicaces. Dernier argument si vous hésitez encore : il y aura moi, qui suis l’ambassadrice de l’événement et qui y serai donc du début à la fin. Et une Irrégulière en goguette, ça ne se loupe sous aucun prétexte ! C’est au Carreau du Temple, et c’est gratuit !

Bonne rentrée (culturelle) !