Une histoire de prénom

On parle beaucoup de prénoms en ce moment, et pas forcément pour les bonnes raisons.

Le fait est que c’est un élément essentiel de la personne que nous sommes : il y a beaucoup de choses que je n’aime pas, chez moi (et c’est normal), mais mon prénom, je l’aime absolument, et d’ailleurs comme Carrie Bradshaw j’avais absolument voulu à une époque un collier avec mon prénom. Ou, plus exactement, j’en avais eu un lorsque j’étais enfant, mais il était cassé, et j’en avais absolument voulu un autre et si je me souviens bien, cela n’avait pas été si simple à trouver.

Caroline : cela vient du germanique Karl, qui a donné Carolus puis Charles (et Carolus Magnus : Charlemagne, Charles le Grand) qui signifie « homme fort », auquel on a ajouté le suffixe -line qui signifie douce et que l’on retrouve dans beaucoup de prénoms féminin. Et je trouve que ce mélange me correspond bien. Et puis, on y entend le « carol » anglais, le chant, et là aussi, je trouve que c’est adapté.

En tout cas, je sais gré à mes parents d’avoir choisi ce prénom que je trouve au final très chic et aristocratique et élégant (beaucoup de princesses s’appellent Caroline), et pas un des prénoms très en vogue à l’époque et que, pour beaucoup, je n’aime pas tellement.

Bien sûr, la plupart du temps, on ne m’appelle pas par mon prénom entier : c’est « Caro », bien sûr, ou bien dans ma famille « Coco ». Mais une personne en particulier m’appelle toujours « Caroline », il dit toujours mon prénom en entier, et je trouve cela magnifique !

Et vous, vous l’aimez votre prénom ?

Un prénom d’héroïne et de héros, de Sarah Sauquet : dictionnaire des prénoms de la littérature

Or, quoi de mieux que de trouver un prénom en passant par la littérature, réservoir à la fois inépuisable et universel, suffisamment lisible pour être aisément justifié ? D’ailleurs, n’est-ce pas parce qu’elle porte « un nom de princesse d’Orient sans avoir l’air de se considérer dans l’obligation d’avoir du goût », celui de la Bérénice de Racine, que l’Aurélien d’Aragon tombe amoureux de Bérénice Morel ? Soucieuse d’accompagner et d’élever plutôt que d’accabler, il m’est donc apparu évident que mon enfant aurait un prénom littéraire, non pas tant dans l’espoir qu’il lise mais plutôt dans celui qu’il trouve son chemin, comme une héroïne m’avait appris à trouver le mien. 

Après nous avoir aidés à trouver l’amour grâce aux héros et héroïnes de la littérature, Sarah Sauquet se penche sur les prénoms, pas seulement pour aider les futurs parents à trouver un prénom pour leur enfant (même si on peut évidemment envisager cette utilisation), mais aussi pour que chacun puisse voir quels personnages de la littérature portent le même qu’eux. Je me suis d’ailleurs rendu compte, à cette occasion, que si j’aime mon prénom beaucoup beaucoup, je ne m’étais jamais intéressée aux héroïnes qui le portaient, à part la série des Caroline créée par Pierre Probst, dont j’étais fan, mais ce n’est pas le sujet.

244 prénoms, 122 féminins et 122 masculins, sont donc présentés dans ce dictionnaire à double entrée (d’un côté les héroïnes, de l’autre les héros) : d’Adélaïde à Zahra en passant par Alice, Caroline (évidemment), Emma, Juliette, Roxane ou Sophie, d’Abel à Yann en passant par Augustin, Constantin, Félix, Jean-Baptiste, Maximilien ou Raphaël. Chaque prénom est présenté à travers ses caractéristiques, un à quatre personnages le portant, quelques autres personnages à découvrir, et un renvoi vers d’autres héros aux mêmes caractéristiques mais portant un prénom différent.

C’est un voyage très agréable que nous offre Sarah, qui nous permet aussi de nous interroger sur la manière dont un prénom peut constituer une première grille de lecture d’un personnage — ou d’une personne. D’ailleurs, ce dictionnaire m’a plongée dans des abîmes de perplexité concernant les prénoms de certains de mes personnages, il faudra que je creuse.

Alors évidemment Sarah a dû faire des choix cruels, et tous les prénoms ne sont pas représentés ; personnellement, je ne me suis trouvé strictement aucun point commun avec le personnage de Caroline Bingley qui représente mon prénom (plus du coup avec Caroline de Bièvre et Caroline Rockefeller). Mais j’ai passé un excellent moment avec cet ouvrage, j’ai découvert de très beaux prénoms et de très intéressants personnages.

A recommander si vous êtes en quête d’un prénom, ou tout simplement si vous êtes curieux !

Un Prénom d’héroïne ou de héros
Sarah SAUQUET
Le Robert, 2019