Etre en colère contre soi-même (et se pardonner)

J’ai beaucoup écrit sur la colère. Parce que c’est une émotion qui ne cesse de me traverser. Chaque jour. J’ai l’impression que depuis que je suis née, je suis en colère contre tout, et tout le temps. Chaque jour, beaucoup de choses, parfois anodines, me mettent en colère. Peut-être que cela va étonner ceux qui me connaissent et me fréquentent, parce que je ne la laisse pas exploser en public, sauf si vraiment, on dépasse franchement mes limites. Par contre, si j’arrive à peu près à la canaliser, je la ressens, et dès qu’il m’arrive un truc, je suis en colère. Je bouillonne. Comme un volcan. Bon, il se trouve que j’ai beaucoup de feu dans mon thème, et notamment du Bélier… mais c’est épuisant.

Et surtout, je me disais qu’à force de « travailler sur moi » comme on dit (je n’aime pas du tout cette expression, mais enfin, je ne trouve pas mieux), ça finirait par passer. Et comme ça ne passait pas… bah ça me mettait en colère.

Mercredi dernier, il y avait la Pleine Lune en Bélier : une de celles qui sont le plus éprouvantes pour moi, parce qu’elle vient, justement, attiser le feu de ma colère qui n’en a pas réellement besoin. Elle était réellement magnifique, cette pleine lune : un ciel chargé de nuages noirs, mais suffisamment dégagé pour qu’avec la tempête, on puisse les regarder courir à grande vitesse et jouer à cache-cache avec Séléné. On aurait dit que le ciel était en colère, lui aussi. Et c’était merveilleux, d’autant que la veille, j’avais fini, enfin, par comprendre un truc essentiel.

C’est contre moi que je suis en colère. En colère de m’être oubliée, d’avoir sacrifié mon intégrité à ma tranquillité et à la facilité au lieu de me battre pour ce que je voulais vraiment. En colère de m’être, finalement, trahie. Et c’est difficile, d’être en colère contre soi-même. Mais c’est un grand pas je crois de le comprendre.

Reste, maintenant, à me pardonner…

Instantané : la Pleine Lune et Vénus

J’aime vraiment beaucoup cette photo. Pas seulement pour son esthétique, même si, évidemment, je l’aime aussi pour ça : ce soir-là, le ciel était couvert (enfin ce soir-là : on se comprend) mais il s’est légèrement dégagé pour que la Lune apparaisse derrière un halo de nuages, pile au-dessus de ce magnifique immeuble que je vois depuis mon balcon. Et, un peu plus haut, Vénus est, par enchantement, elle aussi dégagée.

Et là est l’autre raison pour laquelle j’aime beaucoup cette photo : les deux astres qui me guident en ce moment, m’éclairant ensemble. J’ai beaucoup observé les étoiles cet été (enfin, quand c’était possible) et appris à reconnaître certaines constellations. Je trouve que cette activité contemplative me va bien, qu’elle est très poétique et qu’elle complète bien mon apprentissage de l’astrologie. Et Vénus, c’est surprenant mais en temps normal, je ne la vois pas si souvent, alors que cet été, j’ai l’impression qu’elle était toujours là quand je regardais le ciel.

Alors, je trouve que c’est un joli signe…

Edit : on me signale en commentaire (merci Cyril) que ce n’est pas Vénus mais Jupiter, ce qui ne change rien à l’esthétique de ma photo mais un peu son sens (même si j’aime beaucoup les énergies jupitériennes… si ça se trouve Jupiter m’appelle pour que je travaille avec elle au lieu de toujours me concentrer sur Vénus, Neptune et Uranus !)

S’il te plaît… apprivoise-moi !

– Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
– S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.
– Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
– On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
– Que faut-il faire? dit le petit prince.
– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…

C’est un de mes passages préférés, dans mon livre préféré. Celui où le renard demande au Petit Prince de l’apprivoiser. « Créer du lien ». En ce moment, c’est mon challenge dans la vie : me laisser apprivoiser. Je suis une sauvageonne. Un ours. J’ai du mal à faire confiance. J’ai raconté pourquoi. Le fait est : je bavarde beaucoup, je suis plutôt sociable, mais ça reste superficiel, mais dès qu’on s’approche de trop près, dès qu’on essaie d’entrer dans mon intimité, de créer un vrai lien, je ferme ma coquille. D’huître. Il faut longtemps pour que je m’ouvre vraiment. Et souvent les gens se lassent. Ce qui ne fait que confirmer que j’ai raison de ne pas faire confiance.

On me reproche souvent, en fait, de ne pas savoir communiquer. Dans les communications interpersonnelles : c’est aussi pour ça que j’écris, parce que ça me permet de m’exprimer sans destinataire identifié et identifiable. Donc, sans communiquer, finalement. Par contre, faire lire ce que j’écris à quelqu’un que je connais, a fortiori, si je tiens à cette personne, c’est toute une histoire. Mais je l’ai fait, récemment, et j’ai vraiment eu l’impression de franchir un cap. Parce que cette personne compte beaucoup. Et aussi parce que, probablement, cette question est au cœur du fait que je n’arrive pas à publier mes textes. Forcément, si je publie un livre, les gens que je connais vont l’acheter et le lire. Enfin j’imagine.

C’est, bien sûr, encore une fois une question de vulnérabilité et d’authenticité.

Et comme la vie est un challenge perpétuel (et un challenge en spirale : on a l’impression de toujours faire face aux mêmes problèmes, mais sous des angles différents, ce qui fait qu’on a souvent le sentiment que ça ne progresse pas, alors que si) c’est exactement là qu’est venue me chercher la Pleine Lune en scorpion de la semaine dernière. La Pleine Lune en scorpion, c’est celle que je redoute le plus : les autres me secouent, mais alors celle-là, elle me dévaste. Parce qu’elle vient me titiller (c’était le cas cette année mais vue la configuration, les autres aussi la plupart du temps) dans ma maison 3, celle du lien à l’autre, de la communication, justement. Elle vient m’obliger à accepter de me laisser approcher, de créer du lien, de faire confiance et de me montrer vulnérable.

Et je crois que, enfin, j’ai envie que l’on m’apprivoise…