Les écrivains, portraits intimes

Les écrivains, portraits intimesImagine-t-on notre pays sans ses fameux écrivains ? Autant peindre la Hollande sans ses tulipes. C’est impensable. Personne ne se rappelle la moitié des noms de Présidents du Conseil sous la 4e République mais chacun se souvient de Sartre et de Beauvoir, d’Aragon et d’Elsa, de Boris Vian et de Camus. Paris est une fête où l’encre coule aussi abondante que le vin. A Cannes, à Saint-Tropez, à Saint-Germain, partout nos photographes ont accompagné ceux dont les livres nous font rêver. Sagan en Normandie, Prévert à la Colombe d’or, Sartre derrière un verre, Léautaud à la chandelle, Simenon au fourneau… On était là le matin, la nuit, le soir… Et cela n’a pas changé. On tient toujours leurs successeurs à l’oeil. Non pas pour publier la dernière version du Lagarde et Michard du XXe siècle mais pour montrer ceux qui dessinent pour la postérité le vrai visage de notre époque.

Il y a quelque temps, je confessais que je cherchais sans vraiment chercher un beau livre avec des portraits d’écrivains. Et à force de ne pas vraiment chercher, j’ai fini par trouver, par hasard, sur le marché du Cap-Ferret, sur le stand d’une dame qui est là tous les ans et propose des beaux-livres déstockés. Je suis souvent tentée par les merveilles qu’elle propose, mais d’habitude, j’arrive à me retenir (à grand peine néanmoins : c’est un crève-coeur, à chaque fois, d’abandonner ce superbe ouvrage sur les bijoux, la peinture flamande ou les estampes japonaises). Là évidemment, étant donné que ce volume posé au milieu d’autres sur des sujets divers et correspondant exactement à ce que je cherchais semblait m’attendre, je n’ai pas résisté, même s’il pèse un poids certain et que j’étais à pieds. Mais l’amour surmonte toutes les difficultés, n’est-ce pas !

Il s’agit donc là d’un livre de photos extraites des archives de Paris Match, accompagnées de textes de Gilles Martin-Chauffier. Mais le texte se fait discret, l’essentiel est l’image : l’écrivain à sa table de travail, avec son stylo ou sa machine à écrire, l’écrivain au milieu des livres, l’écrivain avec d’autres écrivains, l’écrivain dans l’intimité de son foyer, avec sa famille, avec ses amis. Des portraits pris sur le vif ou posés. Françoise Sagan, Albert Camus, Simone de Beauvoir, Paul Auster, Régine Deforges, Patrick Modiano, Marguerite Duras, Eugène Ionesco, Edmonde Charles-Roux, André Gide, Amélie Nothomb, Jacques Prévert, Colette, Brett Easton Ellis…

Quelle merveille ! Depuis que je l’ai, je ne me lasse pas de le feuilleter et de me plonger dans l’intimité de ces gens qui m’inspirent (plus ou moins, évidemment) : très bel objet, il constitue un cadeau parfait même s’il date un peu, et a bien évidemment pris une place de choix sur ma table basse !

Les écrivains, portraits intimes
Texte de Gilles MARTIN-CHAUFFIER
Paris Match / Glénat, 2012

I Amsterdam #4 : obsessions photographiques

AmsterdamDernière salve de clichés amstellodamois. Evidemment, j’ai profité de mon séjour pour compléter mes séries de photographies en cours : les horloges, les lanternes et les détails architecturaux. Par contre, je n’ai pas beaucoup vu de chiffres intéressants.

Les horloges – Ultima necat
Bien sûr, il y a beaucoup d’églises à Amsterdam, et donc beaucoup d’horloges, mais au final j’ai trouvé qu’elles étaient toutes assez semblables, et il y a certains clichés dont je n’arrive pas à identifier la provenance, malheureusement, en particulier ceux que j’ai pris depuis le bateau. Si vous les identifiez, n’hésitez pas !

Les lanternes – Fiat Lux
Pour le coup, belle moisson. Il y en a beaucoup, des très différentes, c’est vraiment un plaisir !

Détails architecturaux – les détails
Là encore, il y a de quoi faire avec plein de jolies enseignes, quelques décors Art Nouveau, les pignons des maisons…

Les numéros
Bon, là, je ne sais pas si c’est que je n’ai pas été assez attentive, mais j’ai un peu fait chou blanc. Nonobstant, j’adore l’entrée de Waterstones !

 

Instantané #38 (la femme sur la photo)

Femme sur la photoC’est un très vieil album photo. Ma grand-mère l’avait récupéré pour moi dans le grenier de ma grand-tante (la femme de son frère) avec quelques vieux livres. Il allait sans doute être jeté, et elle s’est dit que moi qui aime les vieux objets qui ont une âme, je serai heureuse de l’avoir. Cet album me fascine : je ne sais absolument pas qui sont ces gens (ce ne sont pas mes ancêtres), j’ai du mal à dater les clichés (peut-être avant la Première Guerre mondiale), mais ce sont justement dans ces silences et ces mystères que se loge l’imagination. Il y a, en particulier, la photo de cette jeune femme : elle m’intrigue. Sa beauté, son regard étrange, un peu mélancolique. J’ai envie de l’appeler Adèle. Je me demande quelle fut sa vie. Si elle a aimé, si elle a été aimée, si elle a été heureuse ou si elle a vu son destin brisé… Vous avez compris : cette photo m’inspire. Je ne sais pas encore quoi, comment, mais un jour, sans doute, j’écrirai sur elle.

Vous me direz que, si je veux en savoir plus, je peux toujours interroger ma grand-tante. Mais nonobstant que je ne la vois que très peu, j’ai l’impression que cela briserait le charme de ce vieil album, de savoir qui sont les gens sur les photos, et qui est cette femme qui ne s’appelle sans doute pas Adèle…

Promenade de Noël

Profiter du beau temps, après le repas de Noël lourd et quelque peu alcoolisé, pour une petite promenade digestive. J’admets, j’ai beau intellectuellement comprendre le problème d’une température de 15° un jour de Noël, je n’arrive pas à le déplorer : moi pour qui le froid est un supplice (ne parlons pas de la neige), au moins je sors et je profite alors qu’habituellement je reste claquemurée… En tout cas, je m’en suis donnée à coeur joie sur les reflets, moi qui aime tant ça…

Françoise Sagan : De Bonjour Tristesse à Derrière l’Épaule, à la médiathèque Françoise Sagan

sagan_rouchonÀ y penser, les seuls jalons de ma chronologie seraient les dates de mes romans, les seules bornes vérifiables, ponctuelles et enfin presque sensibles de ma vie – Françoise Sagan

Toujours sur la piste des signes, mes pas m’ont menée à la médiathèque Françoise Sagan, dans le 10e arrondissement, pour voir cette exposition de photographies inédites pour laquelle Denis Westhoff, le fils de Françoise Sagan, a puisé dans plusieurs fonds photographiques de la Ville de Paris et dans ses archives personnelles, dans l’objectif de mettre en lumière la vie artistique et littéraire de Françoise Sagan aux différentes étapes de son œuvre.

La progression est donc chronologique, jalonnée par les dates de publication des œuvres. Sur chaque panneau, un titre de livre, une année, une citation, et une ou plusieurs photographies. Denis Westhoff explique : « J’ai réalisé une sélection chronologique en m’attachant bien évidemment aux qualités de chaque photographie – esthétique, cadrage, expression, contexte, personnages présents, originalité – mais principalement en pensant aux œuvres qui devaient occuper son esprit à ces périodes-là de sa vie ». Ici se dévoile Sagan intime, chez elle, en train de dédicacer les livres, avec des amis… des photographies toujours touchantes, émouvantes, qui permettent de saisir un peu de la femme qu’elle était.

Plus loin, d’autres documents : le manuscrit de la première ébauche de son dernier roman, les unes de presse à sa mort, différentes éditions de ses oeuvres, des extraits de journaux, des lettres. Une vitrine est aussi consacrée à ses inspirations : Proust, Faulkner, Rimbaud, Eluard, Stendhal Sartre…

Une très belle exposition, petite mais charmante et émouvante, qui permet de plonger au coeur de la vie et de l’âme de Françoise Sagan — les deux étant indiscutablement liés. Une exposition d’autant plus indispensable qu’elle est gratuite !

Sagan, de Bonjour Tristesse à Derrière l’épaule
Médiathèque Françoise Sagan
8 rue Léon Schwartzenberg, Paris 10e
16 mai – 30 septembre 2015 Entrée libre
(l’exposition sera ensuite présentée en Suisse, à l’automne 2015, au Boléro de Versoix (Genève) et à Deauville au printemps et été 2017, Galerie d’exposition Le Point de Vue, boulevard de la Mer)

Une journée à Bruges

Il aurait été indécent de ne pas profiter d’être à Bruxelles pour aller faire un tour dans cette ville que l’on surnomme « la Venise du Nord » : Bruges, à seulement une heure de train. Indécent, et dommage, car c’est réellement un bonheur que d’arpenter les rues de cette petite ville typiquement flamande et pleine de charme. Pour moi qui aime tant photographier l’eau, ses reflets, ses jeux de lumière, chaque pas est un enchantement. Sans parler des petites rues, de l’architecture tellement différente de ce que je connais. Je me suis pas mal perdue (ce qui m’a permis de me retrouver dans des lieux à l’abri des flots de touristes), mais toujours retrouvée. J’ai admiré, rêvé, médité. Les images parlent d’elles-même !

Bruxelles #2 : en promenade

Ce que j’ai adoré à Bruxelles, c’est me promener dans les rues, plus ou moins au hasard, et d’admirer les façades des immeubles. Par certains côtés et dans certains quartiers, j’ai trouvé que cela ressemblait assez à Prague, de par la multitude de détails architecturaux, sculptures, peintures, dorures. J’ai beaucoup aimé aussi rencontrer la bande-dessinée un peu partout. Alors, souvent, j’ai laissé errer mon objectif au gré des jolies choses rencontrées :

Il ne faut pas hésiter à monter la montagne du parc à l’or du soir qui tombe : c’est sublime (et on brûle les calories des frites) :

Bruxelles

Mais musarder au gré du vent ne suffit pas : il y a bien sûr des incontournables, à commencer par la Grand Place, sans doute l’une des plus belles du monde (en lien le petit film que j’ai fait). Il faut la voir de jour, mais aussi y passer à la tombée de la nuit, c’est tout simplement magique et féerique :

Non loin de là, l’incontournable Manneken Pis. Je l’ai vu deux fois : le jour de mon arrivée, il portait un petit costume car c’était la Fête Nationale, et la veille de mon départ, il était tout nu. N’hésitez pas non plus à aller voir son frère, le Jeanneke Pis (qui malheureusement est difficile à photographier car protégé par une grille), dans une petite impasse donnant sur la rue des bouchers :

Autre incontournable : les Galeries royales saint-Hubert, l’équivalent de nos passages parisiens : c’est une véritable merveille !

Le quartier royal, très en hauteur, est également un lieu à voir absolument, qui regorge de bâtiments somptueux, sur lesquels nous reviendrons lorsque nous aborderons les musées. A voir notamment : le mont des Arts, la place royale, et le Parc !

Evidemment, j’ai pu m’adonner à loisir à mes vices photographiques, et en priorité les horloges (avec une originalité : un cadran solaire) :

Et, dans une moindre mesure, les lanternes :

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, mais je pense avoir fait à peu près le tour de l’essentiel, même s’il manque des choses, mais en 6 jours, c’est compliqué, d’autant que la météo ne m’a pas aidée : il manque notamment l’atomium et Laeken mais le jour où j’avais prévu d’y aller, il pleuvait des cordes…

La semaine prochaine, nous nous concentrerons particulièrement sur l’Art Nouveau