Les Archives Nationales – Hôtel de Soubise

Les Archives Nationales - Hôtel de SoubiseL’autre jour, j’ai profité des journées du patrimoine pour faire un petit tour aux archives nationales. Je m’en suis tenue aux visites libres (il n’y avait plus de tickets pour la bibliothèque, qui était pourtant dans ma ligne de mire) : l’hôtel de Soubise, le parcours permanent du musée des archives nationales, et une exposition (aujourd’hui terminée, désolée).

D’abord, l’hôtel de Soubise, qui est une merveille absolue, tout en dorures et en fastes. Les images parlent mieux que les mots…

Mais bon, on est quand même aux Archives Nationales et pas juste dans un ancien hôtel particulier. D’abord, le parcours permanent propose un point sur l’écriture, les types de support, l’archivage, et quelques documents historiques particulièrement marquants. C’est véritablement passionnant pour tous les amateurs de vieux papiers.

Enfin, était présentée une passionnante exposition temporaire sur les archives lors des périodes de chaos : destruction, spoliations, sauvetages…

Ce qui est bien avec les Archives Nationales, c’est qu’il n’y a pas besoin d’attendre les journées du patrimoine pour aller les visiter, et je regrette de ne pas l’avoir fait avant, car c’est vraiment une visite agréable et enrichissante !

Archives Nationales – Hôtel de Soubise
60, rue des Francs Bourgeois
75003 Paris

Week-end à Bourges

Week-end à BourgesDe là vient peut-être que cette ville semble faite pour les rêves. Deux de ses fils ont laissé, en des temps bien différents, des chefs-d’oeuvre visionnaires. Jacques Coeur est passé de sa maison de guingois, sise rue d’Auron, à un palais tout proche qu’il n’habita jamais. Entre les deux, il avait traversé le monde et inventé les temps modernes. Alain-Fournier n’a eu, lui, que le temps d’apercevoir le domaine enchanté et de nous laisser seuls avec la figure éternellement jeune du Grand Meaulnes. (Jean-Christophe RUFIN, préface de Bourges, ville d’art et d’histoire, Editions du patrimoine/Centre des Monuments nationaux)

Cela faisait une éternité que tous les ans, les beaux jours venus, je me disais qu’il faudrait quand même que je me fasse une petite escapade à Bourges. Encore plus depuis que j’avais lu Le Grand Coeur. Mais évidemment, je ne l’avais encore jamais fait. Seulement voilà, le week-end dernier, il fallait impérativement que je fuie Orléans : depuis l’an dernier, un événement en marge des fêtes de Jeanne d’Arc est organisé à 500m de chez moi, événement dont le nom seul me donne des palpitations :  le set electro. Or non seulement je n’aime pas la musique électro (et c’est un euphémisme), mais pire, elle me rend physiquement malade. L’an dernier, je m’étais laissée surprendre : je n’étais pas au courant, et j’ai passé une nuit cauchemardesque à sentir tout mon appartement vibrer au son des basses, à avoir envie de vomir, à ne pas tenir debout et à penser ma dernière heure venue (je n’exagère pas pour une fois). Et je m’étais bien promis que je ne revivrais pas ça. Cette année, sitôt la date de cet événement honni connue, j’avais donc décidé de m’exiler*. Alors évidemment, j’aurais pu simplement passer le week-end à Paris, mais j’avais envie d’un peu de changement, alors je me suis dit : Bourges !

Malgré les mauvaises raisons pour lesquelles j’ai organisé ce petit week-end et le temps pas vraiment idéal, je n’ai absolument pas regretté ce choix tant Bourges est une ville parfaite pour ce genre d’excursions. C’est une très très jolie ville, dans laquelle j’ai aimé errer au hasard, et moins au hasard. Evidemment, je n’ai pas visité tous les musées et autres monuments qui s’offraient à moi, j’ai fait des choix drastiques. Mais il y a tout de même des impératifs.

La place Etienne Dollet et la Cathédrale

Pourtant, les cathédrales et plus généralement les lieux de culte ne sont pas les endroits qui ont ma préférence. Seulement, dans une ville comme Bourges, on ne peut guère la manquer, cette cathédrale majestueuse, d’autant plus que ce week-end là, elle était illuminée, ce qui m’a donné l’occasion, de l’extérieur, de l’observer sous toutes ses coutures.

L’intérieur vaut également le coup d’oeil, d’autant que contrairement à la plupart de ses consoeurs, celle-ci n’a pas de transept et n’est donc pas en forme de croix. On notera, en particulier, de très très beaux vitraux, et de très belles grandes orgues. Là encore, j’ai visité de jour, puis de nuit, ce qui change évidemment totalement l’ambiance !

Comme je vous l’ai déjà raconté, j’ai été prise de l’envie très subite de monter en haut de la tour, le genre de trucs que je ne fais absolument jamais. Cela dit, ça vaut vraiment la peine, pour la vue arrivé en haut, mais aussi pour l’ascension elle-même, qui offre plein de point de vues différents, et des détails intéressants dans les escaliers.

Enfin, la crypte, qui n’en est d’ailleurs pas vraiment une puisqu’elle n’est que partiellement sous terre. Passionnant, car on peut y voir toutes les pièces du jubé qui ont été retrouvées après sa destruction (très rare) ainsi que le gisant du duc de Berry. Là encore, de jour et de nuit (le soir de l’illumination, il y avait des chants grégoriens et honnêtement, même en étant totalement hermétique à la religion, ça donne la chair de poule).

Juste à côté de la cathédrale : ne pas hésiter à jeter un oeil à l’ancien évêché (aujourd’hui la mairie) et bien sûr aux jardins, surtout si le soleil a décidé de se montrer !

Le palais Jacques Coeur

C’était évidemment la destination première de mon escapade, et rien que l’extérieur, de jour comme de nuit, vaut le déplacement. J’ai passé des heures à rêver devant. Je l’ai aussi bien évidemment visité, et pour le même prix, n’hésitez pas à choisir la visite guidée : c’est passionnant !

Le musée des arts décoratifs – Hôtel Lallemant

Très malheureusement, suite à un problème avec des saletés de bestioles qui bouffent le bois, seule une infime partie des collections est actuellement visible, le reste étant à l’abri. Néanmoins, je pense que la visite vaut le coup d’oeil, rien que pour l’architecture extérieure.

La promenade des remparts

Elle longe les vestiges de l’enceinte antique, et permet de percevoir la forte dénivellation entre la ville haute et la ville basse, notamment avec le « passage casse-cou » que les amateurs de littérature apprécieront particulièrement puisqu’il porte le nom de George Sand !

Se balader dans les rues

Bien sûr, c’est ce que je préfère faire : me promener au hasard, et Bourges est vraiment faite pour ça : de vieilles rues quasi-désertes, des maisons à pans de bois, de magnifiques hôtels particuliers… De jour comme de nuit, on y passerait des heures !

Bref : si vous passez dans les parages, n’hésitez pas, Bourges est vraiment une très belle ville d’art et d’histoire, qui a parfaitement su conserver et valoriser son patrimoine, et qui invite à la flânerie et à la rêverie !

*Ce que je trouve d’ailleurs inadmissible : moi si j’écoute les Carmina Burana à fond au milieu de la nuit, mes voisins vont appeler la police et ils auront raison. Je ne vois donc pas pourquoi la mairie, elle, a le droit de faire du tapage nocturne et d’empêcher les honnêtes citoyens (jusqu’à 30km à la ronde) qui payent leurs impôts de dormir jusqu’à 3h du matin. Mais passons.

Bloc Notes de début d’année

* Un gros coup de cœur tout d’abord pour Christophe et Nicolas, deux amis qui vivent dans le Sud Ouest et qui sont passionnés de livres et de décoration d’intérieur. Ils ont eu l’idée excellente de reproduire des tranches de livres peintes et décorées par leurs soins, et personnalisables puisqu’on peut choisir un livre qui existe (celui qui a changé notre vie par exemple), ou bien en créer un. La longueur des tranches de livres varie de 105 cm de hauteur à 200 cm  et la largeur de 17 à 24 cm, et il existe 3 modèles et plusieurs couleurs de fond. Franchement, je trouve que le résultat a un petit côté plateau de la Grande Librairie, et pour décorer un intérieur d’amateur de littérature, c’est génial (cela aurait fait un génial cadeau de noël aussi, mais j’ai reçu l’info trop tard). Où les trouver ? Sur le site  Le BookofBoard.

bookofboard
* Le festival « Le Paris des Femmes » aura lieu les 9, 10 & 11 janvier au théâtre des Mathurins. L’ambition de ce festival, c’est de donner un espace d’expression aux auteures et mettre en lumière, sur un temps bref, la singularité de leurs styles et de leurs univers en leur commandant une pièce courte, de 30 minutes, sur un thème imposé. Cette année, le thème est « Le meilleur des mondes » et les auteures sont Nina Bouraoui, Sedef Ecer, Anne Giafferi, Stéphanie Janicot, Nathalie Kuperman, Amélie Nothomb, Lydie Salvayre,  Samira Sedira et  Lucy Wadham. Plus d’infos sur leur blog !

paris des femmes* A votre bon coeur : la fondation du patrimoine lance une souscription nationale en faveur de la maison de Colette. Après l’achat de la maison en 2011 par l’association « La Maison de Colette », cette nouvelle mobilisation permettra de poursuivre les travaux de restauration de la maison et la reconstitution des jardins tels que Colette les a connus et décrits dans son oeuvre, d’installer dans les combles le plus important fonds documentaire sur l’écrivain et son œuvre et de créer un lieu culturel vivant grâce aux « Rencontres Colette » (Festival international des écrits de femmes, Festival « Comme ça me chante ! », Journées du goût, Festival « Corps en scène »).. Il reste 300 000€ à trouver, et sachez que pour les particuliers le don est déductible de l’impôt sur le revenu à hauteur de 66% (dans la limite de 20% du revenu imposable). Pour faire un don : la maison de Colette.

03. La maison natale
Vue de la maison annotée par Colette. © La maison de Colette