Paris Mythique : La Rotonde

Montparnasse by night - La Rotonde
Montparnasse by night – La Rotonde

Ah là là, la Rotonde ! Qu’est-ce qu’on a pu en parler ces derniers temps ! Et en dire tout de même pas mal d’âneries. Ce qui m’a amusée dans l’histoire, c’est que j’y avais déjeuné (tout à fait par hasard a priori, mais finalement je me demande) 3 jours avant le rontondegate ou affaire de la Rontonde et que je pouvais donc en parler de manière informée. J’y suis revenue quelques jours plus tard, moins par hasard cette fois, plutôt à vrai dire pour faire de la provocation. Vous me connaissez : j’adore ça.

La Rotonde, tout comme la Closerie et plus généralement beaucoup de cafés du quartier (le Select, le Dôme, la Coupole…), ouverte en 1903, est un des lieux les plus fréquentés par les artistes et écrivains du Montparnasse de l’entre-deux-guerres : Picasso, Modigliani, Cocteau, on ne va pas faire la liste. Evidemment, il est beaucoup plus mal fréquenté aujourd’hui, je ne parle évidemment pas de notre Président mais de quelques neuneus d’extrême-droite qui en ont malheureusement fait leur camp de base. Raison de plus pour y aller : ne leur laissons pas salir la mémoire de cet endroit !

En plus c’est un très beau lieu, joliment décoré dans le style art déco, feutré, paisible. Le personnel est aux petits soins, et personnellement j’apprécie particulièrement la terrasse (comme d’habitude : je vais finir par écrire un guide des terrasses), parfaite pour écrire dans son carnet Moleskine ou bouquiner face à un café ou un verre de vin.

Question prix, c’est on ne peut plus raisonnable (pour Paris, évidemment) : le café est dans les 3€20, prix moyen constaté dans la Capitale (on peut évidemment trouver moins cher, mais surtout plus cher : il est à 4€40 au Flore et aux Deux Magots, un peu plus Chez Francis, et à… 15€ au Fouquet’s). Pour le déjeuner, un croque-monsieur au pain de campagne, un verre de vin et un café m’ont coûté 21€. Voilà voilà : ce n’est pas une brasserie de luxe mais un lieu qui a une histoire !

La Rotonde
105 boulevard du Montparnasse

Paris mythique : la Closerie des Lilas

Closerie des LilasComme je l’ai dit plusieurs fois, le quartier du Montparnasse n’est pas vraiment mon quartier. Je n’aime, résolument, pas la tour Montparnasse, cette espèce de verrue qui défigure le paysage, et je trouve le boulevard horriblement bruyant (« vivant » diront certain. Moi j’ai tout de même envie de dire « bruyant »). Or, par un fait incontrôlable du hasard, mes deux dernières escapades parisiennes s’y sont pourtant géolocalisées. Du coup, l’autre jour, j’ai décidé d’aller déjeuner à la Closerie des Lilas, où je n’étais jamais allée (ce qui est bien, c’est que malgré tout il me reste toujours des choses inédites à faire à Paris).

Lieu mythique parmi tous, cette ancienne guinguette est inscrite dans l’histoire du Paris littéraire et artistique : Verlaine et Rimbaud, Puis plus tard Picasso et Prévert, Hemingway et Fitz… et tant d’autres, sont passés par là…

Le cadre, déjà, est enchanteur : petit écrin de verdure à l’abri des regards et de l’agitation du boulevard, on y pénètre comme dans un lieu secret, accueilli par les lilas (alors en pleine floraison) et le personnel d’une courtoisie réelle. J’ai choisi la terrasse couverte (il ne faisait pas très beau).

En attendant son repas, un verre à la main, l’activité plaisante est de regarder le set de table où sont reproduites les signatures de tous les gens célèbres qui sont passés par là : Hemingway, bien sûr, Aragon et Elsa Triolet, Gainsbourg, Vaclav Havel, et Paul Auster (probablement avec Siri, mais elle ne devait pas être célèbre à l’époque)… Éventuellement, si comme moi on est une caricature, on sort son carnet Moleskine pour écrire quelques mots d’un air inspiré…

Quant à la nourriture, comme je suis une petite mangeuse et que je lorgnais sur l’assortiment de petits desserts, j’ai juste pris une entrée (des asperges façon risotto) et le dit assortiment : c’était fort joli, et fort bon.

Ce n’est pas si cher que ça, le cadre est chic mais en même temps sans chichis, le personnel aux petits soins sans être envahissant : une bonne adresse, pas forcément pour en faire sa cantine mais pour des déjeuners et dîners agréables dans un lieu chargé d’histoire, où planent les mânes des plus illustres artistes…

La Closerie des Lilas
171 boulevard du Montparnasse