Instantané : parfum

Dans lInvitation à un voyage sensoriel, dans le chapitre consacré à l’odorat, je vous invite à faire votre autobiographie olfactive. Pas seulement les parfums au sens strict, comme l’a fait Charlotte Moreau dans sa dernière newsletter et comme je l’ai moi-même fait il y a quelques années (mais je ne retrouve plus l’article). Non : toutes les odeurs qui ont marqué notre vie, dont les parfums. Ce que j’avais aussi fait.

Mais si on se concentre sur les fragrances des parfumeurs, cela donne déjà de belles choses. Pour ma part, comme beaucoup, de mon adolescence à aujourd’hui, j’ai beaucoup erré, d’autant qu’étant collectionneuse, j’ai longtemps été avide de nouveautés. Je ne ferai pas la liste, mais il y a du AnaïsAnaïs, du Angel, du Rush, du J’Adore, du Talisman…

Mais je crois que c’est comme en amour : on erre, parce qu’on cherche le bon. Celui qui nous fera dire « c’est mon odeur ».

Je l’ai trouvée très tôt, dans ma vie. Il y a plus de vingt ans. Dans une petite boutique qui vendait des parfums plus rares, moins courus que les grandes enseignes. L’Artisan Parfumeur. Le parfum, c’est Mûre et Musc. Il a à la fois la légèreté et la gourmandise du fruit rouge, et la profondeur, la sensualité du capiteux musc.

Je lui ai souvent été infidèle, d’autant que je ne le trouve pas très facilement. Mais ce n’était que des liaisons éphémères. Sauf l’été, où j’ai besoin de quelque chose de plus léger : L’Escale à Portofino de Dior.

Je lui suis infidèle, mais je finis toujours par lui revenir. Et cette semaine : je me suis fait ce plaisir, parce qu’avec le neuf de deniers je suis aussi dans une énergie très Impératrice (les deux cartes sont vénusiennes) de féminité et de sensualité, ce plaisir de m’en racheter un flacon, pour ne plus avoir à économiser les dernières gouttes du précédent. Et en m’enveloppant de ce nuage parfumé, je me suis sentie pleinement moi.

Et vous, avez-vous trouvé le parfum de votre vie ?

Instantané #128 (l’effet mimosa)

C’est un plaisir éphémère, tant il est fragile et délicat, mais je ne résiste pas, une fois par an, au cœur de l’hiver, à m’offrir quelques brins, qui illuminent le bureau de leurs petits pompons jaunes comme le soleil et délicats comme une caresse. Et l’odeur, qui embaume toute la maison, transportant mon âme loin, très loin…

Le musée du parfum Fragonard

le-musee-du-parfum-fragonardLorsque je suis allée à Paris l’autre jour, c’était un lundi, et donc tout ou presque était fermé, en tout cas les musées proposant les expositions que je voulais voir. J’en ai donc profité pour visiter des lieux ouverts et que je remets toujours à plus tard : revenir au musée Gustave Moreau, et voir enfin ce petit musée du parfum Fragonard, avant d’aller voir le nouveau grand musée du parfum de Paris. En tant que collectionneuse d’objets de parfum (flacons, miniatures, cartes, un peu tout) (même si pour des raisons de place j’ai largement ralenti), c’était bien sûr un impératif, d’autant que le parfum, son histoire, sa symbolique a longtemps fait partie de mes sujets de recherche. Bref.

Entrons dans l’écrin parfumé de Fragonard, décoré avec goût. La visite est guidée, et gratuite, et vous apprendra tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur cet élément dont l’origine étymologique per-fumum signifie « à travers la fumée » et qui était dans l’ancienne Egypte destiné aux dieux, avant de devenir composante essentielle de ce Mundus Muliebris qui fascinait tant Baudelaire.

Le parcours est clair et pédagogique, les explications simples mais riche : les matières premières (aujourd’hui synthétiques pour ce qui concerne celles d’origine animale), les mode d’extraction, la fabrication, l’orgue du parfumeur, l’histoire des parfums de l’antiquité à nos jours, les objets publicitaires. La visite se termine sur un petit atelier pour sentir quelques parfums de la marque et apprendre à repérer les différents types de senteurs et les différentes notes — l’objectif étant que vous ayez un coup de foudre et vous offriez un flacon, mais ils ne poussent pas vraiment à la consommation.

Même si je connaissais déjà à peu près tout sur le sujet, j’ai beaucoup apprécié cette visite (je l’aurais davantage appréciée sans le groupe d’étudiants en je-ne-sais-pas-quoi qui tenait un peu toute la place, mais bon) qui constitue un excellent complément à celle du musée-usine de Grasse que j’avais effectuée il y a quelques années et qui était plus axée sur l’extraction des senteurs (la visite avait intéressé mon papa qui n’est pourtant pas très adepte de ces choses-là).

Musée du parfum – Fragonard
9 rue Scribe
75009 PARIS

 

Mémoire olfactive

Mémoire olfactiveParmi des centaines, ces quinze nouvelles ont été choisies par un jury de connaisseurs. Connaisseurs de parfums tout autant que de mots et des liaisons mystérieuses qui unissent ces deux peuples. Ce sont quinze nouvelles, donc quinze univers. Avec chacune un parfum pour personnage. Et chacune apportant la preuve de l’importance des senteurs dans notre existence. Selon les moments, elles nous troublent, nous alertent, nous effraient, nous enchantent. Elles sont comme les chansons, elles nous accompagnent tout au long des jours et des années. Je me souviens, je portais « Shalimar ». Oh, qu’il avait mauvais caractère, mais son « Habit rouge » ne m’a jamais quitté.

Dans le bloc-notes de novembre, je vous annonçait ce joli concours, organisé par Guerlain et le Cherche-midi autour de la mémoire olfactive. Finalement je n’ai pas envoyé de texte (décidément…) parce que je n’ai jamais réussi à construire une histoire autour de mon odeur, mélange de tabac, de café et de vétiver. Je pense que cela faisait appel à des choses beaucoup trop intimes. Mais enfin, d’autres ce sont mieux débrouillés que moi, et c’est pas moins de 500 participations qui ont été reçues par les organisateurs.

Le jury, présidé par Laurent Boillot, président-directeur général de la Maison Guerlain, parrainé par Erik Orsenna, de l’Académie française, et composé de Philippe Besson (écrivain), Noëlle Chini (libraire au Bon Marché), Philippe Claudel (écrivain qui s’y connaît en mémoire olfactive), Kéthévane Davrichewy (écrivain), Elisabeth de Feydeau (écrivain), Pascale Frey (critique littéraire pour le blog onlalu.com et responsable du Grand Prix des lectrices de Elle), Adrien Goetz (écrivain), Delphine Peras (critique littéraire à L’Express), Lydia Bacrie (rédactrice en chef de L’Express Styles), Élisabeth Sirot (directrice du patrimoine Guerlain) et Pom Bessot (éditrice au cherche midi éditeur), a choisi quinze nouvelles, qui sont réunies dans ce livre, un très bel objet soigné, car en parfumerie, le flacon compte beaucoup.

La fragrance qui s’en échappe est subtile ; toutes différentes, les nouvelles mettent en évidence le lien animal de notre mémoire aux odeurs. Mémoire involontaire qui resurgit parfois au coin d’une rue ou dans un ascenseur. J’ai, surtout, été très agréablement surprise par la grande qualité de ces nouvelles, alors même que — je trouve — parler des odeurs et des parfums est extrêmement difficile. Des nouvelles tour à tour drôles ou émouvantes, mais toujours signifiantes.

Je ne peux que vous encourager à plonger le nez dans ce recueil, à vous l’offrir et à l’offrir (un joli cadeau de fête des mères), d’autant que c’est pour la bonne cause : l’ensemble des droits d’auteur sera reversé aux Restos du Coeur pour leur atelier de lutte contre l’illettrisme.

Mémoire olfactive
Le cherche-midi/Les Abeilles de Guerlain, 2015

Les parfums Pélara, vous connaissez ?

PélaraSeul compte ce qui est dans le flacon !

C’est ainsi que pourrait se résumer la philosophie des parfumeurs Pélara qui, après Dusseldorf, Prague, Amsterdam et Londres notamment, ouvrent enfin une boutique en France, et ce à Orléans, dans le salon où j’ai mes habitudes.

Le principe pour eux est de choisir les meilleures essences, exactement les mêmes que les marques de luxe, parfaitement assemblées, mais dans un packaging standard et sans marketing. Du coup, les prix sont très bas : 15€ pour un flacon de 50ml.

Alors évidemment, c’est un peu frustrant si on est collectionneur de flacons, comme moi, mais je me suis quand même laissé tenter : après avoir sniffé la moitié de la boutique et fait mon enquiquineuse (mais Sevgi a l’habitude), j’ai fini par jeter mon dévolu sur C21 (qui dit absence de marketing dit absence de nom), un mélange de chocolat et de musc avec une pointe de vanille, qui me correspond totalement, tient parfaitement toute une journée, et dont au final j’aurais du mal à me passer car, pour le prix, je le porte même quand je reste chez moi (et j’en ai un peu pulvérisé dans certaines pièces genre parfum d’ambiance).

Bref : je ne suis pas prête à abandonner les marques de luxe, d’abord parce qu’effectivement le packaging reste pour moi important et que je suis attachée à certains parfums (certaines composition Pélara sont assez proches de certaines créations connues, mais pas celles que je porte). Mais je suis néanmoins séduite par la philosophie de ce parfumeur et ses prix attractifs qui permettent de varier les plaisirs, et je vous encourage à essayer (bon, si vous n’êtes pas à Orléans ça va être compliqué vu que pour l’instant c’est une exclusivité nationale, mais a priori il devrait y avoir une ouverture prochaine à Paris).

Pélara Parfum Shop // Sybèle coif’détente
74bis rue du faubourg Bannier
45000 Orléans

All I want for Christmas

Cher Père Noël,

cette année encore, je me permets de t’envoyer ma liste de souhaits. Au risque de me répéter, les choses que je désire le plus sont immatérielles et difficiles à caser sous un sapin, et j’ai comme l’impression que ce n’est pas trop ton domaine de compétences, mais enfin, tout de même, me feraient rudement plaisir : un chouette boulot, un éditeur, du beau temps en août et l’éradication totale de la connerie (mais on me souffle à l’oreille qu’il ne resterait du coup plus grand monde).

Mais enfin, en général, quand on fait une liste pour le Père Noël, on met des choses achetables dans les boutiques. Donc, voici la mienne, essentiellement composée de trucs pour poule de luxe parce que, voyez-vous, on ne se refait pas  :

noël

1. Un tutu : ne me demandez pas pourquoi je surfantasme sur les tutus bepoppy, surtout le long que porte Violette sur ces photos : c’est typiquement le genre de trucs dans lequel j’aurai l’air enceinte de 6 mois, si tant est que je trouve l’occasion de le porter. Mais voilà : un fantasme, ça ne s’explique pas !

2. Je l’avais déjà demandé l’an dernier, mais le fait est : je n’en ai toujours plus. Donc un flacon de Mûre et Musc Extrême de l’Artisan Parfumeur.

3. Bon alors vous allez (encore) me prendre pour une zinzin monomaniaque bonne à enfermer à l’HP, mais il se trouve que depuis plusieurs semaines je fantasme sur cette broche. Elle est jolie, n’est-ce pas ? Le truc, c’est que c’est un objet de collection Harry Potter. Et, plus précisément, c’est la broche de Lucius. Mais honnêtement, je la trouve sublime !

4. Je fantasme toujours sur les Louboutin, que voulez-vous !

5. Un chapeau, mais pas n’importe lequel : un chapeau Panames and co !

6. Une nouvelle bouteille de La Petite robe noire de Guerlain parce que je ne peux plus me passer de ce parfum !

7. Un livre de décoration, et en particulier celui-ci : Home with Books, qui est consacré aux bibliothèques les plus inspirantes !

8. Un i.phone 6. En doré, parce qu’on est une poule de luxe ou on ne l’est pas.

9. Plein de bougies de chez Diptyque, senteur Pomander ou Tubéreuse. C’est ma nouvelle drogue.

10. Un nouveau sac pour mon appareil photo, parce que celui que j’ai est peu pratique en plus d’être tout sauf chic (du coup, je ne m’en sers que pour ranger l’animal, sinon je le mets dans mon sac à main).

11. Un nouveau sac à main, et puisque j’ai commencé à collectionner ceux de cette marque, pourquoi pas un nouveau Gérard Darel, le Divine !

Voilà, ce ne sont que quelques idées de base, après tu peux improviser, tu me connais bien !

bisous bisous

Ton Irrégulière préférée

L’Évangile profane, de la comtesse de Tramar

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Nouvelle curiosité : ce petit ouvrage, qui date de 1905, et qui est orné de magnifiques planches en couleur ainsi que de nombreuses illustrations en noir et blanc. Inutile de vous dire que j’y tiens beaucoup.

Il s’agit en fait d’une histoire de la parure féminine (costume, bijoux, coiffure, cosmétiques, parfums) et c’est bien pour cette raison que je l’avais acheté à l’époque de mes recherches sur le sujet. Très bien documentée et précis, bien écrit, cet ouvrage (si vous arrivez à le dénicher) sera très bien au rayon « mode » de votre bibliothèque !

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