Merci, Simone

Demain, une grande dame entrera au Panthéon, aux côtés de Jean Moulin, d’André Malraux, de tant d’autres.

Une femme qui, a bien des égards, mérite notre reconnaissance et notre admiration.

Une femme qui a survécu à l’horreur.
Une femme qui a toujours cru en son destin, qui n’a jamais pensé que parce qu’elle n’était pas un homme ses choix étaient limités.
Une femme qui a toujours travaillé, à une époque où cela se faisait peu, surtout dans son milieu.
Une femme qui a su se faire sa place dans le monde politique et imposer le respect.
Une femme qui n’a jamais rien lâché.
Une femme à qui nous devons cette loi si essentielle symboliquement et qui affirme que notre corps nous appartient.
Une femme qui malgré tout n’a pas oublié sa vie personnelle, et qui a résolu l’équation complexe de tout mener de front sans rien devoir sacrifier.

Une femme fière et indépendante.

Une femme courageuse et inspirante, qui doit nous servir de modèle même si nous sommes moins courageuses qu’elle, parfois.

Une femme que j’accompagnerai demain en pensée au Panthéon, où elle a toute sa place parmi les grands humains auxquels la patrie se doit d’être reconnaissante.

Merci, Simone.

(image : collectif Merci Simone)

Les écrivains du Panthéon

L’autre jour, comme souvent du reste, je suis passée devant le Panthéon, mais là pour une fois j’avais du temps. Je venais de croiser Patrick Modiano, c’était donc un jour à mythes littéraires, et je me suis dit « Allons donc voir Voltaire (et les autres) ».

Le Panthéon, je n’y étais pas entrée depuis plus de dix ans (la dernière fois, c’était un jour de canicule à l’époque où j’étais à Paris pour passer les oraux de l’agrégation). A nouveau, j’ai été subjuguée par la beauté du lieu, son architecture majestueuse, sa solennité :

Nombreux sont les écrivains auxquels la patrie a rendu hommage en transférant leur corps, parfois purement symboliquement, dans la crypte ou, concernant Rousseau et Voltaire, dans la nef elle-même : Alexandre Dumas, André Malraux, Emile Zola, Condorcet, Victor Hugo (le seul a y avoir été directement inhumé et non transféré), auxquels on peut ajouter Aimé Césaire (qui y a une plaque, son corps étant resté en Martinique) et tous ceux qui sont morts pour la patrie. La littérature n’est pas l’enjeu principal ici, même si on joue beaucoup sur le symbolique : c’est essentiellement en raison de leurs engagements politiques et intellectuels que ces Grands Hommes sont là. Mais cela reste important. Dans la crypte silencieuse, devant Voltaire (j’avoue ne pas aimer Rousseau, et je trouve d’ailleurs amusant que les deux philosophes qui se haïssaient aient leur tombeau face à face), l’heure est au recueillement et à la méditation laïque :

Le Panthéon est une spécificité bien française, une originalité même, qui me semble personnellement une bonne chose, pour se souvenir… A voir au moins une fois !