Instantané : L’Aparthé

C’était la première récompense que j’avais prévue pour mon NaNoWrimo, déclenchée aux mille premiers mots : un goûter à l’Aparthé. Et comme j’ai déclenché cette récompense le premier jour (c’était prévu), je me suis offert ce petit moment la semaine dernière.

Je ne sais pas pourquoi, mais m’arrêter dans un café ou un salon de thé, m’offrir un cappuccino ou un chocolat chaud, je le fais tout le temps lorsque je suis en voyage ou en vadrouille, même seule : je trouve cela extrêmement agréable. Mais je ne le fais jamais lorsque je suis à Orléans. Et c’est dommage, et ça me manque, en fait. Cela constitue un parfait rendez-vous avec l’artiste.

Or, il y a peu de temps, ce salon de thé s’est ouvert non loin de chez moi, et je passe devant à peu près tous les jours. C’était peut-être ce qui me manquait : avoir un lieu parfait pour ces petits rendez-vous avec moi-même, à la fois cosy et à proximité. J’ai donc testé l’autre jour en revenant de faire mes courses chez les petits commerçants, et j’ai été absolument ravie de l’expérience, que je renouvellerai pas toutes les semaines, mais enfin, régulièrement.

Cosy est vraiment le mot : tout petit (il n’y a que 7 tables), parfaitement calme à l’heure où j’y suis allée, l’Aparthé propose une belle sélection de thés mais aussi d’autres boissons chaudes pour ceux qui ne sont pas fans de thé, comme moi, des pâtisseries qui varient tous les jours et sont à tomber (regardez-moi le moelleux de ce petit gâteau à l’orange). Ils proposent aussi des brunchs, des plats originaux pour le déjeuner, et de multiples activités comme des ateliers d’écriture ou de pâtisseries, des cours de yoga, des bains sonores, et aussi des matinées pour les entrepreneurs…

Bref, c’est un endroit où je risque de passer pas mal de temps !

L’Aparthé
44 rue du faubourg Bannier
45000 Orléans

Instantané : est-ce que ça me manquera ?

L’autre jour, en passant devant la cathédrale, je me suis subitement demandé, je ne sais pas pourquoi, (ou plutôt je ne savais pas pourquoi sur l’instant, mais comme souvent j’ai eu la réponse quelques jours après et il se trouve que j’ai peut-être, on verra, une véritable opportunité de partir), si Orléans me manquerait, lorsque je serais partie. Parce que je sais que je ne resterai pas, que ce n’est pas chez moi et qu’un autre endroit m’attend. Je l’ai toujours su. Je ne suis ici que de passage, en transit, qui commence à durer, mais tout de même. Je sais qu’il y a des gens qui me manqueront, c’est sûr. Mais la ville elle-même ? Une ville où, malgré tout, je me serai construite ?

Est-ce que, parfois, une certaine nostalgie m’étreindra ?

Je n’en sais absolument rien… je sais qu’il y a des gens qui me manqueront, bien sûr. Mais la ville elle-même, je n’ai pas la réponse…

Instantané : la magie des fleurs

Saint Fiacre est le patron des jardiniers. A Orléans, il est fêté (sauf l’an dernier) le dernier week-end août, par des installations florales dans l’église Saint-Marceau : des milliers de fleurs qui donnent à l’endroit l’allure d’un temple païen dédié à Vénus. Ici, c’est l’émerveillement qui domine : des « ah », « des oh », des « comme c’est beau ». Et par les temps qui courent, toute cette beauté, toute cette poésie, ça fait un bien fou, et c’est de cela dont es gens ont besoin, je crois. De la magie des fleurs. D »émerveillement.

Instantané #105 (juste quelque chose de joli)

J’ai pris cette photo mardi après-midi, et je vous assure que je n’étais pourtant pas d’humeur à savourer la beauté du monde : après avoir la veille démonté le siphon de mon évier pour cause de bouchon, j’avais emmené ma voiture au garage, pour un truc que je pensais pas très grave. Après que j’ai attendu 1h à la terrasse moche d’une boulangerie industrielle d’une zone commerciale sinistre en buvant un mauvais latté à une table venteuse (j’exagère, le latté n’était pas mauvais), on m’a appris que ce n’était pas hyper grave mais que ça allait quand même me coûter 300€ et retarder mon départ en vacances parce que bah voyez, le rongeur qui avait déjà grignoté les fils des phares et du lave-glace, il avait pris des goûts de luxe et s’en était pris cette fois aux capteurs ABS. Il fallait commander la pièce et bon, on ferait ce qu’on peut pour vous la rendre dans les deux jours, ma petite dame, mais c’est pas gagné. J’avais donc décidé de la laisser sur place (ce qui m’évitais des aller-retour inutiles le lendemain), mais comme le garage est en zone sud et que cette partie de la ligne est en travaux, le tram est remplacé par un bus qui fait 1/4 de sa longueur, et ce fut 1/2 heure d’enfer : déjà en temps normal je ne supporte pas les transports en commun, mais là, entre le masque qui m’étouffait et me faisait transpirer vu qu’il faisait 40°, les gens serrés comme des sardines (c’est bien mignon de condamner 1 siège sur 2 mais ça sert à quoi si tout le monde est comprimé debout ?), voyager debout sans pouvoir guère m’accrocher nulle part et manquer de faire un vol plané à chaque arrêt, arrivée au pont où le tram reprenait normalement, j’étais au bord du malaise et de la crise de panique, et j’ai décidé que même si j’étais en tong (je n’avais pas prévu de rentrer sans ma voiture) (enfin pas tout à fait en tong mais sort of), je préférais mourir que de remonter dans une chariotte du diable et que je finirais à pieds, voire à genoux, voire en rampant les derniers 4km, mais qu’au moins je serais à l’air libre.

Bref, je pense que j’étais tellement furieuse de cette journée que la fumée me sortait par les oreilles (vraiment, la voiture en panne 2 jours avant de partir en vacances, ça a beau être un classique, c’est toujours rageant, surtout pour quelqu’un qui à la base n’est pas très intéressé par la matérialité de l’existence et trouve ça chiant, tous ces trucs bassement triviaux) quand je suis descendue de ce p*** de bus.

Et soudain, la beauté : cette scène que je n’ai jamais l’occasion de voir car je ne vais de l’autre côté de la Loire que contrainte et forcée (pour aller gagner mon pain) et jamais par ce pont. Et jamais à pieds, donc. Et malgré mon agacement certain, je n’ai pu qu’être émerveillée par ce paysage, et si l’Univers voulait me faire passer un examen (hein hein, tu dis que tu veux partager la beauté, mais en es-tu capable en toute circonstance, de la voir, la beauté, et d’en être touchée ?) je crois que je l’ai réussi. J’imagine que j’ai réussi, puisque dès mercredi j’ai pu récupérer ma voiture, alors que le réparateur m’avait dit que ce serait déjà un miracle s’il me la rendait jeudi soir !

Instantané #103 (les ballons blancs)

Dimanche dernier, mes pas m’ont menée en centre-ville et sur une impulsion je suis allée découvrir l’exposition de Charles Pétillon à la collégiale Saint-Pierre-le-puellier, dont j’avais vu passer des images sur Instagram. Bien sûr je n’étais pas allée visiter d’exposition depuis des mois et ce n’était pas tellement dans mes intentions à la base même si cela me manque, de nourrir ma créativité dans les musées et les expositions. Mais bien m’a pris de suivre mon impulsion : j’ai été totalement émerveillée. Le travail de Charles Pétillon, que l’on pourrait qualifier de Haïku visuel, est à la fois du land art et de la photographie : il installe des ballons blancs dans des paysages urbains ou en pleine nature. Le résultat est follement poétique et en ce sens Charles Pétillon contribue à réenchanter le monde, mais ce n’est pas juste de la beauté : il nous interpelle et nous fait réfléchir sur notre lien à la nature, l’empreinte de l’homme sur son environnement, l’impermanence.

C’est absolument sublime, et si vous êtes ou passez à Orléans, filez y faire un tour, en plus c’est gratuit (jusqu’au 23 août) !

Instantané #98 (juste quelque chose de joli)

Ce petit jardin secret et sauvage (comme moi), celui de la vieille intendance. Je l’ai découvert il n’y a pas si longtemps, et il est vrai qu’il faut le connaître ou bien comme moi avoir un radar. Il est tout petit (ce qu’on voit sur la photo on n’y a pas accès), un peu sauvage, très ombragé et on ne peut absolument pas s’y asseoir dans l’herbe. Il y a bien quelques bancs, mais c’est tout. Et c’est bien ce que j’y cherche : comme il n’est pas excessivement accueillant pour le profane, il est désert (en tout cas le dimanche à l’heure du déjeuner), et moi je peux en profiter pour me ressourcer. Seule, au calme, et parler aux arbres un peu comme si j’étais dans mon propre jardin…

L’hôtel Cabu. Musée d’histoire et d’archéologie d’Orléans

Toujours dans mes pérégrinations orléanaises et mes « rendez-vous avec l’artiste » (ceux du dimanche, consacrés aux musées et expositions), après le musée des Beaux-Arts qui m’a ravie, je suis allée à l’hôtel Cabu qui abrite le musée d’histoire et d’archéologie.  Je n’y étais absolument jamais allée, je doute même d’être passée devant, et c’est un tort.

Le lieu lui-même est un exceptionnel bâtiment renaissance, édifié en 1552 pour un avocat, Philippe Cabu. Le musée lui-même, comme son nom l’indique, est consacré à l’archéologie avec notamment le trésor de Neuvy-en-Sullias, un ensemble remarquable de bronzes gaulois et gallo-romains découvert en 1861 et regroupant des statuettes humaines et des figurations animales dont un magnifique cheval de 1,12 mètre dédié au dieu Rudiobus. Le trésor est exposé au milieu de collections présentant divers aspects de la vie à l’époque gallo-romaine. C’est tout ce qui concerne cette époque qui m’a le plus intéressée, que ce soit dans les collections permanentes ou dans l’exposition temporaire « les témoins de l’histoire ».

Beaucoup d’éléments également concernant l’époque médiévale et la Renaissance (qui est actuellement un fil rouge des collections), des objets et des œuvres évoquant l’histoire d’Orléans (Jeanne d’Arc, les enseignes), les productions artisanales d’autrefois comme le sucre ou le vinaigre (images populaires, céramiques), les anciennes activités industrielles. Une salle entière est consacrée à l’histoire d’Orléans, en tant que port fluvial.

Un très bel endroit, j’y ai pris beaucoup de plaisir, j’y reviendrai certainement !

Hôtel Cabu Musée d’Histoire et d’Archéologie
Hôtel Cabu
Square Abbé Desnoyers
45000 Orléans