Nous y sommes : invitation à un voyage poétique !

Hier était le grand jour : la publication de mon site Le Voyage Poétique. Si vous me suivez sur Instagram, ou si vous êtes curieux et que vous avez déjà cliqué sur ce nouvel élément du menu, vous l’avez peut-être déjà visité. Sinon, et bien je suis ravie de vous y inviter.

C’est une première étape, et après des mois de travail acharné, d’abîmes de questionnements métaphysiques et existentiels, de peurs, d’agacements, de tâtonnements, de remises en causes, de nouvelles idées, d’apprentissages, de doutes, de choix épineux… c’est une grande étape.

D’ici quelque temps je vous ferai un article plus détaillé sur le cheminement : aujourd’hui, j’ai juste envie de partager cette naissance avec vous, en espérant qu’il vous plaise !

L’oracle des poètes

Et voilà : j’ai enfin reçu mon prototype de l’Oracle des poètes. Alors je vous fais grâce des péripéties, parce que j’ai bien cru que je ne l’aurais jamais, et en même temps, je trouve qu’il y a quelque chose de très intéressant dans le fait de le recevoir maintenant, au moment où je m’apprête à franchir un cap, dans ce projet multidimensionnel, et à lancer le site. C’est très symbolique, car c’est le premier élément qui a germé dans mon esprit !

Au final, je suis plutôt satisfaite de ce premier test, même s’il y aura des points à revoir, mais qui à mon avis tiennent en partie au site que j’ai utilisé, et qui fait qu’il y a trop d’espace autour du texte, qui se retrouve donc trop petit et donc pas assez facilement lisible, d’autant que la police n’est pas idéale : je voulais une police qui donne une impression d’écriture manuscrite, mais ce n’est pas le meilleur choix. Aussi, je trouve que le fond tire trop vers le mauve. Par contre, je suis assez satisfaite du dos des cartes. La qualité importe peu puisque j’ai commandé ce premier prototype en Chine alors que le moment venu je ferai imprimer en France (dès que j’aurai réglé un problème technique qui m’ennuie et qui est la raison pour laquelle je ne l’ai pas fait dès le départ), mais là aussi c’est une très bonne surprise.

Donc ce projet là lui aussi est sur les rails, on progresse !

Les indifférents n’ont qu’une âme ; Mais lorsqu’on aime, on en a deux.

Finalement, c’est ce poème de Madeleine de Scudéry (qui je trouve n’est pas toujours considérée à sa juste valeur), « Les Amoureux », que j’ai finalement choisie pour la carte amour de l’Oracle des Poètes, dont je devrais pouvoir vous montrer la maquette tout bientôt si la Poste ne me fait pas de blague ! Alors, pour fêter ça, et parce que parler d’amour est toujours agréable, voici :

L’eau qui caresse le rivage,
La rose qui s’ouvre au zéphir,
Le vent qui rit sous le feuillage,
Tout dit qu’aimer est un plaisir.

De deux amants l’égale flamme
Sait doublement les rendre heureux.
Les indifférents n’ont qu’une âme ;
Mais lorsqu’on aime, on en a deux.

Madeleine de Scudéry, Romances et poésies (1664)

Le vent et la forêt qui pleurent/Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

L’automne est une des saisons les plus inspirantes pour les poètes. Et pourtant, lorsqu’il s’est agi pour moi de trouver un poème pour illustrer la carte dédiée à cette saison dans l’Oracle des poètes (dont je n’ai toujours pas reçu le prototype : j’ai vécu un Mercure rétrograde très premier degré, et outre que dès que je m’approchais d’un ordinateur au travail il faisait un caprice, mon oracle s’est perdu), j’ai eu du mal à trouver ce que je voulais : le message de la carte, c’est de se détacher de ce qui n’est plus utile et de laisser couler le flux de la vie, comme les arbres perdent leurs feuilles en automne pour que de nouvelles puissent pousser au printemps. Aucun poème que je trouvais ne m’appelait vraiment, sauf celui-là, mais j’avais un souci : je m’étais fixé comme règle qu’un poète n’apparaisse pas deux fois, et Apollinaire avait déjà la carte « Sensibilité » (et je tiens fermement à ce poème). J’ai donc dû changer la règle, et Apollinaire a deux cartes !

Automne malade

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

Et puisque ma carte de la semaine, c’est la carte « Musique », un petit coup de Vivaldi, ça fait toujours du bien !