Instantané : les derniers feux de l’automne

Nous y voilà : les derniers moments de l’automne tel qu’on l’aime. Les feuilles sont presque toutes tombées et forment d’épais tapis colorés sur le sol, rouge, orange, brun, or sous le gingko que j’ai surveillé mais qui n’a pas voulu flamboyer pleinement. Tant pis. Désormais les arbres sont presque nus, et nous avançons vers l’hiver. Il est temps de mettre en place les décorations de Noël et les lumières…

Arborama, de Lisa Voisard : reconnaître les arbres

Je ne sais pas vous mais moi, j’ai un mal fou à distinguer les arbres. Certains, ça va, c’est évident, mais d’autres c’est beaucoup plus difficile. Or, c’est tout de même intéressant, de reconnaître les arbres ! Mais cela fait partie des choses que je n’ai pas apprises à l’école, ni vraiment nulle part, et je trouve cela dommage. Il y a quelque temps, j’avais donc acheté le guide Delachaux, qui est très bien, très complet, mais pas très pédagogique.

Ce n’est pas le cas d’Arborama, qui s’adresse aux enfants, ce qui me convient bien, les arbres c’est le truc de mon enfant intérieur. Après avoir expliqué les différentes parties de l’arbre, les feuilles, les fleurs, les fruits, les cônes, les classements, la reproduction, l’ouvrage propose le portrait des arbres les plus courants, avec de vrais conseils d’observations. Enfin, la dernière partie propose quelques activités. Le tout, en dessin !

Et j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ce petit livre, très clair et facile d’accès, et grâce auquel j’ai appris énormément de choses ! Je le conseille donc à tout le monde et en particulier bien sûr à ceux qui ont des enfants mais comme vous voyez, ce n’est pas ce qui m’a arrêtée, et il m’a été utile pour certaines de mes activités poétiques d’automne. Le même volume existe sur les oiseaux, et cela m’intéresse fortement aussi.

Arborama. Découvre et observe le monde fabuleux des arbres.
Lisa VOISARD
Helvetiq, 2021

Instantané : bouquet de soleil

L’an dernier, je n’ai pas pu profiter de mon gingko. Oui, je me l’approprie, c’est comme ça. Bref. Cette année, je le guette : je ne veux absolument pas manquer sa parure d’or et le tapis d’écus que ses feuilles font en tombant. Pour le moment, seul le tout petit s’est vêtu de jaune : le gros, qui est à l’autre bout du jardin, est encore très vert. Mais je n’ai pas pu résister à faire ce petit bouquet de feuilles comme des soleils !

Instantané : into the woods

L’autre jour, je suis allée chercher les champignons. Enfin, chercher les champignons… on me connaît : j’ai surtout apprécié ce moment dans la nature, fait beaucoup de photos parce que la lumière était fabuleuse et qu’il y a plein de jolies petites choses à photographier, dans la forêt, fait quelques vidéos pour mes Reels, respiré à pleins poumons, aiguisé mes sens, profité du moment présent. Et, donc, trouvé deux petits cèpes. Que je remercie de s’être mis sur mon chemin, sinon, je ne les aurais jamais trouvés.

Et l’autre bonheur a été de retrouver ma paire d’Aviators que je cherchais depuis des mois sans remettre la main dessus, et dont j’avais d’ailleurs fait mon deuil. Alors bien sûr je ne les ai pas retrouvées dans les bois, mais dans la poche intérieure de ma parka, ce qui a une certaine logique : je ne l’avais pas remise depuis des mois !

Locus amoenus

Locus amoenus est une expression latine signifiant littéralement lieu amène, et que l’on traduit souvent par lieu idyllique. En littérature, on l’utilise pour désigner la description d’un lieu parfaitement beau, parfaitement serein, où on se sent parfaitement bien et en sécurité : souvent un jardin, en tout cas un espace naturel, dans lequel on se sent chez soi. Celui où on peut, soit physiquement soit en pensée, se réfugier lorsqu’on a besoin de se ressourcer. Notre paradis.

L’autre jour, je me demandais si toute la quête de notre existence, ce n’était pas, finalement, de trouver notre locus amoenus. Le lieu où l’on se sentirait tellement bien que l’on pourrait s’arrêter et cesser de courir.

Il y a des lieux que j’aime, follement, à Orléans : le jardin des plantes, les venelles, le parc Floral, le domaine de Morchêne, le domaine de la Charbonnière que j’ai découvert l’autre jour et qui va sans doute devenir mon nouveau lieu de promenade. Des lieux où j’aime aller, où je me sens bien, qui me régénèrent, qui me manqueront. Mais aucun n’est mon locus amoenus. Je le cherche encore, alors je ne m’arrête pas de courir.

Et vous, avez-vous trouvé votre locus amoenus ?

Voyages dans mon jardin, de Nicolas Jolivot : l’émerveillement

Mon souvenir le plus ancien concernant ce jardin remonte à la petite enfance. J’ai trois ou quatre ans, je regarde la fleur épanouie d’un liseron. Sa blancheur éclate d’autant plus, sous un ciel gris, que le mur qui la porte est couvert de lierre sombre. Je suis subjugué par la beauté simple de cette corolle. Elle devient à cet instant mon premier choc esthétique et semble de surcroît vouloir me confier un secret à travers son pavillon en forme de bouche ouverte.
Si une simple fleur peut me ravir à ce point, je pressens qu’une infinité d’autres choses ordinaires sauront me consoler. Et s’il suffit de regarder pour éprouver un plaisir intense, alors je chercherai du regard partout dans le jardin, dans la rue, et plus loin s’il le faut.

Je ne peux pas vous raconter la joie intense que j’ai ressentie l’autre jour en recevant ce magnifique livre : elle est inexprimable. Tout comme l’émerveillement à le feuilleter, admirer les illustrations, lire les textes, apprendre, découvrir.

Avec ce beau livre, Nicolas Jolivot nous invite dans son jardin. Au fil des saisons, mois par mois, il décrit et peint ses transformations, ses travaux, attentif au moindre détail : les fleurs, les oiseaux, mais aussi les plus petits insectes. En filigrane, l’histoire du jardin au fil du temps, de 1821 à nos jours.

Et cet ouvrage mérite pleinement le qualificatif d’émerveillant : chaque page est une œuvre d’art, un poème, une ode à la vie et à la simplicité. Les couleurs, les formes, mais aussi les odeurs, les sons, les goûts. La beauté et l’harmonie. Partir en voyage dans ce jardin est une activité régénératrice, et instructive : au fil des pages, j’ai appris bien des choses sur la faune, la flore, et j’ai aussi été très inspirée d’un point de vue créatif. Ce livre m’a un peu rappelé le merveilleux Journal d’Edith Holden (si vous allez lire l’article, ce que j’ai écrit à l’époque va bien vous faire rire) et d’ailleurs il a pris place à ses côtés, dans la jungle urbaine, avec mes livres sur les plantes et la nature.

J’ai eu beaucoup de mal à choisir une page pour vous la montrer, tant elles sont toutes d’une délicatesse absolue, mais j’ai fini par me décider pour l’hibiscus :

Voyages dans mon jardin, de Nicolas Jolivot : l'émerveillement

Je suis totalement conquise, et je suis absolument certaine que ce livre fera un extraordinaire cadeau de Noël !

Voyages dans mon jardin
Nicolas JOLIVOT
HongFei, 2021

Instantané : promenade du dimanche

C’est une de mes intentions de la rentrée : reprendre une habitude que j’avais perdue alors qu’elle était importante pour moi : la promenade du dimanche. C’est un des impératifs de Julia Cameron, qui dans ses programme conseille d’aller se promener, seul, une heure par semaine. Et c’est vrai que ça fait un bien fou, de s’aérer, de s’émerveiller, de délasser un peu l’esprit et de laisser vagabonder ses pensées. C’est comme ça que dimanche dernier, je suis allée au Jardin des Plantes, un endroit que je n’ai découvert qu’il y a deux ans et dont je n’ai pas beaucoup profité puisqu’après il y a eu le confinement, puis le masque obligatoire partout même dans les parcs donc je ne vois pas bien l’intérêt de se promener. Et c’était comme une redécouverte : le jardin des roses, les espaces méditerranéens, les serres, l’immense Gingko. Je l’avais rencontré en automne (et ce jardin est sublime en automne) mais en été, c’est d’autres couleurs, d’autres odeurs, d’autres sons, et c’est magnifique !