L’expérience du NaNoWriMo et ce que j’ai appris

N’y allons pas par quatre chemins : ce n’est pas un échec, mais cela n’a pas fonctionné. Ou plus exactement : je n’ai pas atteint tous mes objectifs, et j’ai abandonné 5 jours avant la fin, parce que je n’en pouvais plus. Néanmoins, je ne regrette pas d’avoir tenté l’expérience, parce que j’ai beaucoup appris sur moi et mon rapport à l’écriture, ce qui était d’ailleurs l’un des objectifs. L’autre objectif rempli est celui d’avoir écrit la première partie de mon roman. Et, justement, c’est après que ça a commencé à réellement clocher, même si j’ai eu des difficultés dès le septième jour, on va voir pourquoi.

J’avais très bien commencé : des journées fluides, tous coulait parfaitement bien, et j’étais très satisfaite. Oui, mais la première semaine, j’étais en vacances, et je pouvais donc consacrer à l’écriture une grande partie de ma journée, aux heures qui me convenaient. Mais dès que j’ai dû revenir à mon travail alimentaire et caser l’écriture dans des trous de mon emploi du temps, ça n’a plus été du tout : j’ai tenu bon, mais je devenais obsédée, j’étais frustrée. J’ai pu achever ma première partie parce que le plan d’écriture était prêt et je n’avais donc qu’à écrire, ce qui déjà était difficile. Mais la deuxième n’était pas, et n’est toujours pas, prête : je sais où je vais, mais il me manque des détails, et ce n’était plus possible d’écrire sereinement.

Parce qu’écrire, ce n’est pas seulement écrire, justement : certains jours, j’aurais eu besoin de me concentrer davantage sur l’arrière-plan, les personnages, faire quelques recherches sur un point ou un autre, voire relire. Parce que le cycle de la créativité, ce n’est pas du courant continu, il y a des jours où c’est fluide et d’autres non. Or là, en mode sprint, ce n’est pas possible de se poser, et écrire pour « faire de la ligne » quitte à écrire mal les jours difficiles pour corriger plus tard, ce n’est pas ma manière de faire.

En outre, mon heure pour écrire ce roman, c’est entre 11h et 14h (je ne sais pas pourquoi, chacun a son horaire : Le Truc et Le Truc2 par exemple, c’est après 18h, ce qui d’ailleurs m’aurait arrangée pour celui-là mais enfin, ce n’est pas moi qui décide). Et ce n’était pas toujours possible, puisque je ne peux écrire que chez moi, ça ça ne changera jamais.

De plus, je n’ai pas été aidée par le fait que ce mois de novembre a été un peu compliqué, je me suis retrouvée dans une période d’enfermement mental auquel je pense cette expérience a contribué. Disons que j’étais coupée de mes émotions, et enfermée dans ce qu’on appelle une « vision tunnel » (au sens métaphorique) : concentrée sur mes objectifs, je ne pensais qu’à ça, je ne voyais plus que ça et plus rien autour. Le Tarot a un peu mis le holà, en m’avertissant du burn-out imminent. Et écrire quand on est en mode « hamster dans sa roue », ça ne fonctionne pas.

Au final, écrire était devenu une obligation, une tâche à cocher dans la journée, un truc de plus à faire, bref un « travail » et quand je m’en suis rendu compte j’ai dit « stop, j’arrête et je mets en pause ». Je sais que certains écrivains (Colette par exemple) ont besoin de ça, s’obliger à écrire, sinon ils n’écrivent pas. Mais ce n’est pas comme ça que je fonctionne : pour moi, écrire est une joie, une pulsion, un émerveillement, et ça ne l’était plus, le feu était en train de mourir.

Il est certain que sans les contraintes extérieures (mon travail alimentaire) qui jouent sur mon temps (la base) et mon état émotionnel, cela pourrait fonctionner. Mais en l’état, non, ce n’est absolument pas possible. Néanmoins je ne regrette absolument pas d’avoir essayé, déjà parce que j’ai tout de même bien avancé et mis mon roman sur les rails, mais aussi parce que j’ai appris, et ça, c’est essentiel.

Autrice indépendante : le chaudron qui bouillonne

Parmi toutes les peurs de l’écrivain, qui à la fête foraine de l’angoisse a tendance à vouloir essayer tous les manèges, il y a celle-ci : est-ce que j’ai encore un roman en moi ? Est-ce que je suis capable de donner naissance à une nouvelle histoire, ou est-ce que j’ai dit tout ce que j’avais à dire ?

Je crois que cette interrogation revient sans fin, que l’on en ai écrit un, deux, ou cinquante. Et c’était une de mes interrogations en me lançant dans le projet Adèle : est-ce que la grande magie va opérer à nouveau ?

Resituons le contexte : comme je travaille par couches, et que mon deuxième roman n’attend que les derniers retours de bêta-lecteurs pour les ultimes corrections et le travail éditorial, je me suis dit que le moment était venu de mettre en chantier le troisième. Et parmi plusieurs idées (et là, je me fais plutôt confiance : les idées de départ, ce n’est pas ce qui manque et ça n’a jamais manqué) c’est celle-ci qui montrait le plus d’insistance pour que je l’écrive.

Oui, mais : j’avais l’idée de départ, certes. Mais tout le reste ? En outre, je devais changer mon processus, à savoir que ce roman, pour être écrit, demandait des recherches précises sur beaucoup de sujets. Alors, c’est ce que j’ai fait, suivant la sérendipité, un sujet en conduisant à un autre, à une idée, à un personnage. Ces recherches m’ont occupée pas mal de temps, et c’était l’objectif principal de Preptober. On est à un peu plus de la milieu du parcours de cette dernière ligne droite préparatoire.

Et… encore une fois, la magie opère. Des recherches naissent des idées, des thèmes, des scènes. La chronologie se met en place. De nouveaux personnages s’invitent, que je prends plaisir à découvrir, qui ne me disent pas encore tout mais ça, je sais que c’est en phase d’écriture que ça se produit.

Depuis quelques jours, ce sont des phrases. Des morceaux. Des paroles, qui tournent dans ma tête. Et, encore une fois, je suis absolument émerveillée de la manière dont le chaudron finit par se remettre à bouillonner. Je ne peux pas encore être totalement sûre de ce que cela donnera, mais enfin, je crois que je suis pas mal prête pour commencer mon NaNoWriMo le 1er novembre, et j’ai hâte de me lancer dans l’écriture concrète, les mots qui naissent par cohortes, l’histoire qui se déploie.

Comme par magie…

Preptober

Dans l’Invitation à un voyage créatif, je vous encourage à vous lancer dans des petits défis créatifs. Et pour un écrivain, quel défi plus stimulant que le NaNoWriMo, National Novel Writing Month qui a lieu tous les ans au mois de novembre ? Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’écrire un roman de 50000 mots en un mois. Ce qui fait 1667 mots par jour, en moyenne. Il paraît que pour un écrivain, c’est une expérience enrichissante, qui permet d’apprendre beaucoup et de progresser.

Bon : je ne m’inscrits pas pour « gagner ». D’ailleurs il n’y a rien à gagner, sinon la satisfaction d’avoir réussi, et je ne vise pas les 50000 mots. Je vise les 30000, ce qui serait déjà pas mal, et ce sera vraiment un premier jet. En fait, mon défi personnel sera d’écrire tous les jours pendant un mois. Mais on en reparlera. Aujourd’hui je voulais vous parler de Preptober : le NaNoWrimo, c’est comme un marathon, et un marathon, ça se prépare, d’où le fait que le mois d’octobre a pris ce nom de « preptober ».

Ce que je trouve intéressant, c’est que cela m’oblige à faire le point sur là où j’en suis du projet Adèle. Les recherches ne sont pas terminées, mais je connais mon processus d’écriture et certaines choses se dévoileront au fur et à mesure.

Pour être prêt à se lancer dans le NaNoWriMo, on a besoin :
– De connaître son roman, évidemment : les personnages, le contexte, l’histoire : je connais parfaitement Adèle, j’ai bien cerné d’autres personnages, un nouveau s’est invité hier soir donc il faut qu’il m’en dise plus sur lui et sans doute d’autres viendront (au moins un, mais pour l’instant c’est l’Inconnu Mystère) ; l’histoire je la connais dans les grandes lignes, j’ai les « pierres de touche » chronologiques mais j’ai quelques décisions à prendre ; les recherches sur le contexte ont très bien avancé, j’ai quelques sujets à investiguer puisque mes recherches se font en arborescence, mais j’ai déjà une bonne base et il me reste presque un mois pour solidifier.
– De s’inscrire. C’est fait, mais je n’ai pas encore pris le temps de prendre connaissance de toutes les ressources du site.
– D’organiser et de planifier : ça c’est devenu une de mes grandes forces, et à première vue je devrais parvenir à dégager du temps chaque jour, mais sans aller jusqu’à planifier l’objectif de chaque séance d’écriture (ce n’est pas comme ça que je travaille, et il faut aussi tenir compte de son processus, ainsi que de son rythme et de sa routine). J’ai donc préparer dans mon Bullet Journal une page avec un tracker d’écriture (même s’il y en a un sur le site avec un joli graphique) et un système de paliers, avec des récompenses, j’y reviens plus bas.
– De préparer ce dont on va avoir concrètement besoin : bon, l’ordinateur avec le traitement de texte, c’est bon ; je me suis bricolé une couverture provisoire que j’ai affichée sur mon moodboard avec la photo d’Adèle ; mon bureau est toujours en configuration « écriture » ; restent les « récompenses ». J’ai toujours trouvé bizarre de se récompenser pour avoir écrit : pour moi la récompense est d’écrire en soi, mais puisque tout le monde le fait et que j’ai envie de vivre pleinement l’expérience, je me suis prévu une petite liste de petits plaisirs pour chaque palier atteint. Pour patienter avant mon calendrier de l’Avent.

Voilà, donc il me reste un mois pour tout finaliser, et je trouve cela pas mal d’avoir une date butoir : cela m’évitera de m’engloutir dans les recherches (je me connais) et de m’obliger à me lancer concrètement dans l’écriture, même si ça ne sera qu’une des nombreuses phases de naissance du roman.

Et vous, vous avez déjà participé au NaNo ? Cela vous tente ?