Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence : une femme libre

Elle a plongé dans les rapides de l’existence. Elle a évité les contre-courants. Elle a été étonnée que les morts s’en tiennent là, et c’est parce qu’ils en voulaient plus qu’elle a aimé les génies. Elle a éprouvé une délicieuse pitié pour le néant. Elle va mourir sans rien dire d’autre que des poèmes.

Il y a quelque temps, sur Twitter, je suis tombée sur une photo de Mina Loy, dont je n’avais jamais entendu parler. Ce fut comme un choc. Ses photos dégagent quelque chose de puissant qui m’a littéralement… envoûtée. Un coup de foudre.

Je me suis immédiatement mise en quête d’elle, j’ai lu un peu sur sa vie, et j’ai eu envie d’aller plus loin. Je suis tombée sur cette biographie romancée.

Née dans le monde victorien de parents mal assortis, Mina apprend très tôt à se réfugier dans son imaginaire, où elle trouve la liberté qu’on lui refuse ailleurs. Elle apprend le dessin, fait une école d’art, d’abord à Londres puis part à Vienne… et prend son envol !

Quelle femme fascinante. Mina Loy a consacré toute sa vie à l’art, la peinture et la poésie, et à l’amour, fréquentant toutes les grandes figures artistiques de l’entre-deux guerres, et son grand amour, Arthur Cravan. Dans ce récit poétique, tissé de ses vers, elle apparaît comme une femme libre, dans sa vie comme dans ses écrits, qui font un peu scandale car elle y aborde la sexualité, l’érotisme. Djuna Barnes écrit d’elle qu’elle est celle qui « persiste à penser que la vie est intéressante parce qu’il y a deux sexes différents sur terre ».

Le récit est parfois un peu trop distancé, mais cela reste une lecture qui m’a émerveillée, et j’ai envie d’en découvrir encore plus sur elle.

Mina Loy, éperdument
Mathieu TERENCE
Grasset, 2017