La métaphore de l’huître

Les huîtres sont vraiment un de mes mets préférés. De ceux dont je pourrais me nourrir exclusivement, si je pouvais. C’est fin, délicat, subtilement érotique, et c’est bien sûr lié à mon élément aquatique, le grand océan. C’est difficile à ouvrir, voire un peu dangereux, mais ça en vaut la peine.

De fait, on m’accuse souvent d’être une huître. Pas au sens intellectuel, encore qu’on ne sache pas grand chose du QI des huîtres, mais au sens relationnel : pour m’ouvrir, c’est un sacré challenge. Je bavarde, je bavarde, mais je ne me livre pas.

Je suis là, bien en sécurité dans ma coquille, je protège ma perle de ceux qui voudraient me la voler et me l’abîmer, je nage dans l’océan mais en filtrant. De temps en temps, j’entrouvre la coquille et je regarde un peu ce qui se passe à l’extérieur mais souvent, très vite, je la referme parce que ce que je vois ne me convient pas trop et que je me sens très vite en danger.

Quand on ouvre les huîtres, il y en a toujours une ou deux qui sont fort récalcitrantes, qui ne se laissent pas faire, et qui exigent de déployer des trésors d’ingéniosité pour atteindre le coeur.

Je suis cette huître. M’ouvrir demande beaucoup, beaucoup de patience. Et de plus en plus, au fil du temps. Parce que ma perle est précieuse. Et que je la protège farouchement.

Une de mes intentions, pour 2023, c’est d’arriver à ouvrir davantage la coquille, à ceux qui le méritent. Sans la refermer brusquement sur leurs doigts parce qu’ils se sont trop approchés de la perle. Pouvoir, peut-être, envisager de partager cette perle. Enfin, essayer.

Si ça se trouve, mon animal totem, ce n’est pas tant l’ours que l’huître.

Si j’étais un bateau…

La métaphore du bateau est un outil de psychologie positive (on reparlera bientôt de cette discipline, c’est mon sujet d’étude du moment) développé par Hugo Alberts. Le but est de faire un point sur les différentes facettes de l’existence, qu’ils soient internes ou externes, et de voir comment naviguer en étant conscient d’être le capitaine de sa vie et de son âme. Cela permet de faire le point sur son existence actuelle, mais aussi ses aspirations. Manon Lavoie s’en sert dans son livre comme outil pour se découvrir, et je pense faire pareil dans ce que je suis en train de développer (je sais que ça vous intrigue, mais il est trop tôt encore pour en parler).

Donc, vous allez imaginer que vous êtes un bateau, et que votre expérience de navigation dépend de plusieurs paramètres :


1. L’eau : c’est votre réalité, votre environnement : votre travail, votre maison, vos possessions, bref, votre réalité physique, qui peut vous convenir ou non, mais souvent on se focalise sur cet élément alors qu’en fait ce sont les autres sur lesquels il faut travailler pour pouvoir modifier celui-là. Mais l’eau reste essentielle a définir parce qu’elle est la réalité la plus tangible.

2. Le gouvernail : ce sont nos valeurs, nos besoins, la direction que nous donnons à notre vie, comment nous voulons la vivre. Qu’est-ce qui vous semble essentiel dans la vie ? Attention, nous ne parlons pas ici de but (un but peut être atteint, pas une valeur) mais bien de ce qu’on veut faire : être créatif, contribuer au bien-être des autres. Nous ne parlons pas ici non plus de valeurs au sens moral. Mais bien de ce qui est important pour vous.

3. La destination : ce sont vos buts, là où vous voulez aller, donc quelque chose de concret et de spécifique. C’est important, mais il ne faut pas non plus trop focaliser dessus au détriment du reste.

4. Les fuites : les avaries, les obstacles, les problèmes, les faiblesses. Il y en a toujours. Qu’est-ce qui, en ce moment dans votre vie, vous empêche de suivre vos valeurs et d’atteindre vos buts ? C’est important de s’en occuper, afin d’éviter que le bateau coule. Mais il est essentiel de ne pas se préoccuper que de ça, sinon on a un bateau qui ne coule pas et c’est déjà bien, mais un bateau qui avance, c’est mieux.

5. Les voiles : ce sont ce qu’on appelle nos forces de caractères, qui nous sont propres et nous permettent de nous réaliser et nous remplissent d’énergie au lieu de nous en faire perdre. Alors on le sait plus ou moins mais cela peut être intéressant de faire un test (c’est gratuit). Moi par exemple ma plus grande force, c’est l‘émerveillement. J’imagine que ça ne surprendra personne…

6. La boussole : ce sont nos émotions, notre intuition, qui nous aident à savoir dans quelle direction aller : comment on se sent dans telle situation, quand on fait telle chose, avec telle personne. Il ne s’agit pas de fuir les émotions négatives (parfois elles ont des choses à dire) mais de les écouter (sans leur donner le gouvernail). Les émotions positives nous aident à savoir que nous sommes sur le bon chemin.

7. La météo : et bien ce sont les circonstances incontrôlables de la vie, avec lesquelles il faut composer. Soit profiter du vent favorable pour déployer ses voiles, soit au contraire les ranger en attendant la fin de la tempête.

8. Les autres bateaux : votre entourage, et la manière dont vous interagissez avec eux.

Le tout, encore une fois, c’est d’accorder une attention équilibrée à ces différentes composantes, même si, selon les périodes, certaines vont plus retenir notre attention que d’autres. En tout cas, j’ai adoré cet exercice d’introspection, que je vous invite vraiment à faire, c’est très éclairant !