Les livres de ma vie… #2

Suite de l’article d’hier, où je vous parle des livres qui ont marqué ma vie, qui m’ont construite, qui ont fait de moi la personne que je suis dans toute ses dimensions.

Il y a le livre que j’ai sans doute lu le plus grand nombre de fois : Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, et d’ailleurs c’est celui que j’avais songé à collectionner au départ et non Le Petit Prince, mais finalement ce dernier est plus facile à trouver à l’étranger. Désormais si je trouve je prends les deux ! La première fois que j’ai lu Bonjour Tristesse je devais avoir environ 15 ans, et il ne m’a plus quittée depuis. Je crois que c’est un livre qui vieillit avec nous, et qui a ancré en moi une certaine conception du bonheur et de l’amour, qui n’est pas de vouloir faire le bien de l’autre malgré lui, mais l’accepter tel qu’il est, avec ses imperfections et ses défauts.

Bien sûr, Baudelaire. Je ne me souviens plus du tout à quel âge j’ai bien pu découvrir Les Fleurs du Mal tant j’ai l’impression que ce recueil a toujours fait partie de ma vie. Baudelaire lui-même, je pense que je l’ai découvert très tôt : mes parents avaient un disque de Saint-Preux, Your Hair, dont ils auraient voulu faire la musique de leur mariage mais le curé n’avait pas voulu (je ne dirai pas ce que j’en pense, on s’en doute) ; cette chanson est une sorte de rêverie sur « un hémisphère dans une chevelure » et sur la pochette du disque il y avait ces mots : Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j’entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres hommes sur la musique (je crois que c’est moi qui ai ce disque chez moi, d’ailleurs). J’ai trouvé ça d’une beauté à pleurer. Ce que Baudelaire a construit en moi, c’est cet attachement viscéral à la sensualité du monde et notamment aux odeurs (j’ai d’ailleurs étudié cette question dans mon mémoire de maîtrise) et cette idée du monde comme « forêt de symboles » qui est la matrice de ma vie.

Pour les Fragments d’un discours amoureux de Barthes c’est un peu la même chose : j’ai l’impression qu’il a toujours fait partie de moi, donc comme je ne saurais dire à quel âge je l’ai découvert. J’imagine que je n’étais plus adolescente, mais c’est tout. Reste que, parmi tous les livres sur le sujet du sentiment amoureux que j’ai dans ma bibliothèque (et je peux vous dire qu’il y en a, puisque c’est mon sujet), c’est celui que je considère comme le plus éblouissant, et celui sur lequel je reviens toujours lorsqu’il s’agit de formuler une pensée.

La Lettre à D. d’André Gortz est le plus récent des livres que je mets dans cette liste, mais je l’y inclus parce qu’il m’est arrivé à une période très particulière de ma vie, et il a vraiment fait bouger certaines choses en moi de l’ordre de l’informulable.

Enfin je terminerai avec le Cantique des Cantiques, le seul livre de la Bible qui me touche et je ne crois pas l’avoir découvert au catéchisme. Alors il y a bien sûr le texte en lui-même, cet amour absolu l’érotisme que d’aucuns ont voulu faire passer pour symbolique (et l’un de mes premiers textes érotiques, non publiés, est une variation sur ce texte), mais ce que le texte a ouvert en moi, même si je ne l’ai longtemps pas vu, c’est une spiritualité « païenne », basée sur la joie, l’amour et la sensualité et la poésie, dont quoi qu’on veuille en dire ce texte est la trace indélébile parce que la vérité de meurt jamais : le mariage sacré.

Bien sûr, il y a d’autres textes qui m’ont bouleversée, fracturée, qui ont fait bouger mes lignes et enrichi ma vision du monde ; c’est le cas par exemple avec Femmes qui courent avec les loups ; mais j’ai voulu m’en tenir ici aux livres que j’ai lus lorsque j’étais assez jeune (à une exception) et qui m’accompagnent depuis.

Maintenant il est temps que vous répondiez à votre tour à cet question : quels sont les livres de votre vie ?

Les livres de ma vie… #1

Il y a cette rubrique, dans le magazine Flow : « les livres de ma vie ». Les gens interrogés y listent les livres qui ont marqué leur vie. Et j’ai fini par me poser moi-même la question : quels sont les livres qui ont marqué ma vie ? Pas seulement celui qui l’a changée, comme François Busnel avait demandé aux Français il y a quelques années, mais plus généralement ceux qui m’ont construite, qui ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui ?

Il y a d’abord cet album d’Ernest et Célestine : Le Noël d’Ernest et Célestine. C’est un des rares albums de mon enfance que j’ai chez moi, parce qu’il a une grande valeur sentimentale, pas tant d’ailleurs pour l’album lui-même et l’histoire (enfin si : il transmet cette idée que ce qui est important dans la vie c’est d’être entouré de ceux qu’on aime, et aujourd’hui j’y vois aussi… un ours) que pour ce qu’il symbolise : c’est ma maîtresse de CP qui me l’avait offert, pour 20 images (10 bons points permettaient d’obtenir 1 images : je crois qu’aujourd’hui ça ne se fait plus, et c’est regrettable). J’étais la première de ma classe à obtenir mon livre.

Je dirais aussi Le journal champêtre d’Edith Holden : allez lire l’article, c’est croquignolet de voir le chemin que j’ai parcouru dans ma manière de voir les choses depuis, et justement : lorsqu’on me l’a offert, je l’avais beaucoup aimé et j’avais passé des heures à regarder les magnifiques aquarelles botaniques, à m’imprégner des poèmes, avant de passer complètement à autre chose, puis d’y revenir, récemment. Et avec le recul, je crois que cet album avait semé en moi des graines, qui ont mis une éternité à germer, mais qui ont fini par sortir de terre.

Bien sûr, Le Petit Prince d’Antoine de saint-Exupéry : si je ne devais en garder qu’un ce serait celui-là, c’est avec ce conte que j’ai compris ce que c’était que la littérature, et aussi ce que c’était que voir le monde avec un regard d’extra-terrestre, même si à l’époque je n’en avais pas pleinement conscience. Lui aussi a semé une graine : celle de raconter des histoires et aussi, avec le recul, celle de mon rêve récurrent de venir d’une autre planète. C’est pour cela que j’en collectionne les exemplaires.

Il y a aussi Belle du seigneur d’Albert Cohen, sur un malentendu : je n’y ai vu que l’aspect magnifié d’un amour qui se refuse à la bassesse du quotidien. Et j’ai trouvé ça beau. Cela a durablement construit ma vision un peu mystique de l’amour.

Comme je n’ai jamais dit qu’il fallait avoir aimé un livre pour qu’il nous marque et nous construise, je vais mettre dans cette liste La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette. Que j’ai cordialement détesté. Qui m’a mise, toutes les fois que je l’ai lu, dans une colère noire. Depuis je me suis (presque) réconciliée avec ce roman parce que j’ai compris d’où ça venait (je vous invite à aller lire l’article si vous ne l’aviez pas fait à l’époque), et justement : même si je ne l’aime pas, je sais que ce roman fait partie de mon histoire et de ma construction en tant que femme.

La suite demain (sinon ça va faire un article trop long), mais vous pouvez déjà commencer à me dire : et vous, quels sont les livres de votre vie ?

En mots et en images : octobre 2017

Les mots…

Ecrire // Finir enfin ce recueil de nouvelles // Oups, la boulette // Mais bon, on s’en remettra hein // Trouver enfin ce qui cloche dans ce texte, et pouvoir m’y remettre sérieusement // Les matins comme ça // Tourisme dans ma ville // Les couleurs de l’automne // Une révélation existentielle qui prend un chemin tortueux // Soirée d’inauguration de la biennale d’architecture. Champagne, petits fours, illuminations // En chemin elle rencontre des livres abandonnés sur le rebord d’une fenêtre. Raisonnable, elle n’en adopte qu’un // La vie d’un projet, entre hauts et bas // La résistance du soleil et un peu d’été indien // Profiter du beau temps pour un baguenaudage dominical. Les couleurs de l’automne et les bords de Loire. S’offrir un plaisir coupable // L’éternel retour nietzschéen version perverse // Le swag // L’art délicat de la séduction // Vacances // Sur la route // Quelques jours à la campagne // Chez Alphonse // La famille, les amis // Sur la route (du retour) // Quand même, qu’est-ce qu’on est bien chez soi // Décoration d’automne // Trick or treat ?

Sur une idée originale de Moka

 

Les images…

En mots et en images : Septembre 2017

Les mots…

Retour en Enfer. Du coup, j’ai mis ma veste rouge Lucifer. Et ça rime // Bon, j’exagère un peu, mais je le vis de plus en plus mal. Arrivée au bout de quelque chose, envie de trouver enfin ma voie // Retenir encore un peu les beaux jours avec quelques huîtres et autres fruits de mer // De nouvelles cartes de visites // S’offrir quelques fleurs // Les dimanche matins comme ça. L’odeur des croissants chauds au four qui embaume la maison et fait oublier le gris du dehors. Prendre le temps // Celui qui n’allait pas tarder à dépasser les limites de ma patience et à apprendre à ses dépends que c’est en général une très mauvaise idée // Un week-end parisien follement excitant // Des petits déjeuner en terrasse // Un petit détour à l’Apple Store et repartir avec un i.phone neuf car ils n’ont pas pu sauver le précédent // Une chouette chambre d’hôtel avec balcon dans le Marais // Des livres et des écrivains partout // Du champagne, du vin et des amis // Une belle adresse à retenir // LA rencontre au sommet (j’en suis encore toute émotionnée) // Une belle interview dans un hôtel charmant // Ne pas oublier le Flore // La vie inimitable, quoi ! // La fin de l’été et le premier jour de l’automne. Heureusement avec le soleil… // Profiter d’un dimanche matin ensoleillé. Lire au creux des draps calée dans les oreillers // Profiter du beau temps pour flâner sur les quais au festival de Loire // Tomber par hasard sur un magasin de déco qui regorge de jolies choses. Me promettre de revenir après avoir pris quelques mesures // Un dimanche comme j’aime // Une bougie au champagne (on est snob ou on ne l’est pas) // C’est une proposition ? // De délicieuses figues fraîches cueillies dans l’arbre…

Sur une idée originale de Moka

 

Les images…

En mots et en images : Août 2017

Les mots…

Mon Cap-Ferret, mon autre chez moi, mon Paradis // Une journée de l’autre côté du bassin // Des vacances un peu trop pluvieuses, mais : une plage sublime, des vagues, des apéritifs, des huîtres, des promenades, des gaufres, des robes et des babioles // En mille ans je ne me lasserai pas de ces vues incroyables et de la sérénité qu’elles me procurent // Et bien sûr les livres, puisqu’ils sont mon sang. Lire des heures la rentrée littéraire dans mon hamac. Aller à un apéro littéraire. Prendre un café avec un auteur que j’aime. Faire coucou au camion qui livre. Entrer dans une librairie // Le corps bronzé, la tête pleine de souvenirs, et la voiture aussi // Repartir avec plein de nouvelles choses pour mes finitions de décoration // Un petit tour à la campagne. Promenade au jardin. Voir les amis. Récupérer Claire (la machine à écrire) et Jeanne (la dame… Jeanne) // La maison. Défaire les valises, trouver une place pour les nouveautés // Essayer de reprendre le rythme // Me lancer dans les finitions décoratives. Le plaisir de trouver des jolies choses et de les installer chez soi ! // Mon Paris. Une journée à flâner et musarder. Un déjeuner au calme dans les jardins du Palais Royal et rendre visite à Colette. Faire un tour à l’Écume des pages. Me poser au Flore avec un bon roman // Soulagement intense. C’est même limite indécent… // Profiter des derniers jours de liberté…

Sur une idée originale de Moka

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Instantané #57 (PornBooks)

pornbooksJ’en suis enfin aux finitions déco. D’ailleurs, un élément essentiel dont je rêvais depuis très longtemps arrivera fin août, avec une très jolie histoire empreinte de coïncidences amusantes, mais je vous en reparlerai lorsque je l’aurai.

Pour l’heure, parlons livres. Ils sont évidemment une part essentielle de mon quotidien, et prennent donc, fort logiquement, toute leur place dans ma décoration, ne serait-ce qu’avec les bibliothèques. Il y a aussi, bien sûr, les livres de table basse, que je renouvelle régulièrement. Je viens également d’inventer le livre de console.

Il y a cette console, dans la chambre, sur laquelle j’avais dès le départ posé quelques beaux livres, mais j’ai récemment approfondi le concept. En fait, l’autre jour, j’écrivais une nouvelle dans laquelle je décrivais la chambre de Salomé, et je voulais quelque chose qui soit à son image (je rappelle qu’elle écrit des nouvelles érotiques, et qu’elle est chercheuse spécialisée dans les rites sexuels), quelque chose qui soit une sorte d’équivalent des fameuses estampes japonaises mais sans être aussi cliché. Dans sa chambre, j’ai donc placé une statue de Dewi Sri, déesse indonésienne de la fertilité (cette statue existe, je l’ai repérée au dépôt-vente d’à côté, mais elle est un peu chère) et j’ai eu l’idée d’un assortiment de livres sur l’érotisme (au sens large). Et après, comme il existe évidemment des correspondances entre Salomé et moi, j’ai fait pareil, et j’ai sélectionné quelques ouvrages suggestifs dans ma bibliothèque : le catalogue de l’exposition sur Cléopâtre du British Museum, une histoire de l’adultère, une monographie sur la représentation (fantasmée) du harem dans la peinture occidentale, deux ouvrages de Régine Deforges, un livre un peu ésotérique sur Isis, un livre sur la séduction et celui de Nathalie Rykiel sur l’élégance (avec le fabuleux texte d’Emmanuel Carrère), et, enfin, un livre auquel je tiens beaucoup, qui est une rareté et dont je ne sais plus ou et quand je l’avais déniché : L’archéologie de la sexualité de Paul Frischauer (qui me sert de modèle pour un des livres écrits par Salomé).

J’avoue que je suis plutôt contente de l’effet produit !

En mots et en images : juin 2017

Les mots…

Les dernières heures de cours de l’année. Champagne ? Ah ben non, il n’y en a plus // Une robe rouge et une chaise longue à fleurs. Et quelques autres petites choses // Chiller sur ma chilienne // Définitivement, je suis une fille de l’été, du soleil et de la chaleur // My heart belongs to London… // L’impossibilité de me projeter sur la rentrée et de faire mes choix, tant mon vrai choix serait d’être ailleurs… // Mais faire des choix quand même // L’impression d’être Sisyphe : un problème de réglé, un autre qui toque à la porte // Les jours lumineux qui annoncent l’été qui vient // Paris en coup de vent. Petit déjeuner de rentrée littéraire dans un endroit au nom parfait pour moi (le Purgatoire) et déjeuner à la maison (enfin, au Flore quoi). Les gens qui me disent qu’ils pensent à moi dès qu’ils passent devant // Quelques macarons et le new-yorker // Plus envie de discuter // En colère, et pas qu’un peu, et après beaucoup de choses (et de gens). La liste serait trop longue à faire // En révolution // Mettre les mots sur les choses // En mode Lucifer châtie les enquiquineurs. Enquiquineur 1 : check. Enquiquineur 2 : check. Enquiquineur 3… ça va être plus coton // Qué calor // Forfait // Solstice d’été // Dans la chaleur de la nuit // Ecrire…// Sisyphe, toujours : à croire que le monde entier conspire à me nuire (ou en tout cas à me faire perdre du temps) // Les jours qui passent et me rapprochent de Lisbonne // Ecrire, j’ai dit !

Sur une idée originale de Moka

 

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