Chronique d’un amour, de Julien Tribotté : aimer au jour le jour

Audre Lorde écrit qu’on n’apprend pas assez que l’érotisme est une puissance. On apprend à nos gamines et à nos gamins à admirer des corps vides, épilés, nettoyés à la poire, mais pas de sentiments. L’érotisme est fort, l’érotisme est une puissance, parce qu’il procède des sentiments. Au contact de ton être, de ton corps, de tes poils, j’ai découvert des modes d’être que je ne soupçonnais pas. Un nouveau moi. Je me suis senti renaître, loin de toute la crasse de représentations d’une libido aseptisée.

Je pense qu’il n’est pas utile que je m’étende sur le pourquoi du comment, rien que le titre explique pourquoi j’ai tenu à lire ce petit récit.

Quelques semaines après son arrivée à Baltimore, Julien rencontre Alex et cet amour bouscule toutes ses certitudes, le change et le fait grandir. C’est cet amour qui se raconte au jour le jour dans ce récit.

Curieux petit livre qui prend la forme d’un journal majoritairement écrit à la deuxième personne : c’est à Alex qu’il s’adresse, c’est à elle qu’il dit ce que cet amour lui fait, au jour le jour même si le texte est par moments rétrospectif. C’est une histoire que l’on peut, pourtant, qualifier de « normale », alternance de sublime et de trivial, et le texte lui-même alterne entre le lyrique et le très cru.

Une belle découverte sur l’amour qui nous transforme, nous élève, nous fait grandir.

Chronique d’un amour
Julien TRIBOTTÉ
Anne Carrière, 2021