Le Vieux Saltimbanque, de Jim Harrison

Le Vieux saltimbanqueIl y a quelques années, alors qu’après de soixante ans je ressentais de manière poignante la menace de la mort, je me suis dit : « Le moment est venu d’écrire mes mémoires. » Ce que j’ai fait. Mais la vie en a décidé autrement et, plus de quinze ans après, je ne suis toujours pas mort, une agréable surprise pour un poète qui était persuadé de mourir jeune, écroulé sur le plancher de sa maison, ou près d’une des innombrables fontaines de Rome, ou encore affamé dans une chambre de bonne parisienne perversement située au-dessus d’un bistro, comme pour lui faire humer les odeurs délicieuses de plats qu’il ne pouvait s’offrir.

Malgré l’admiration (et même le culte) que lui vouent certaines personnes pour qui j’ai beaucoup de respect, j’ai toujours pensé que Jim Harrison n’était pas un auteur pour moi. Il faut dire qu’à part Paul Auster et Siri Hustvedt, je ne lis pas tant que ça de littérature américaine, et que j’avais un peu peur de m’ennuyer, identifiant Harrison à une littérature des grands espaces que j’ai en horreur. Mais, ce n’était pas une position de principe fermement affirmée. Je crois plutôt que j’attendais le bon moment. Et il est venu donc, avec ce texte autobiographique, sachant que je ne résiste que peu aux récits autobiographiques de gens ayant consacré leur vie à la littérature.

Bien qu’écrit à la troisième personne, c’est donc bien d’une autobiographie dont il s’agit ici, tout autant que d’un testament : regarder une dernière fois dans le rétroviseur avant de tirer sa révérence, et la mort de l’auteur peu après la publication ne peut qu’accentuer cette impression. Mais une autobiographie non chronologique, les aléas de la mémoire, un souvenir en appelant un autre, le passé resurgissant dans le présent, sous forme notamment d’un cauchemar récurrent, se substituant à l’ordre auquel on pourrait s’attendre.

C’est évidemment émouvant, et pas seulement à cause des circonstances : au contraire, d’ailleurs, le récit fourmille de vie, une vie riche et pleine dont l’auteur profite, parfois avec excès : beaucoup d’alcool (dans son dernier entretien à François Busnel, Harrison disait se méfier des gens qui boivent de l’eau), la nourriture, le sexe et les femmes. Et l’écriture, bien sûr, fondement de l’ensemble : le poète a presque un lien sacré avec les mots, avec le texte, avec la littérature, qui médiatise son rapport au monde et à cette nature sauvage qui l’entoure. L’image qui se dégage de ce court texte est celle d’un homme qui aimait la vie et tout ce qu’elle pouvait offrir, un homme sensible aussi : comme un fil conducteur, l’auteur nous raconte le moment où il a acheté une truie et s’est mis en tête d’élever des cochons ; ces passages sont à la fois drôles et burlesques, et aussi attendrissants ! Comme ce récit dans son ensemble.

Il n’est peut-être pas très logique de découvrir Harrison avec ce qui sera son dernier livre (sauf si on retrouve des inédits, ce qui est toujours possible, d’autant qu’il est mort le crayon à la main). Mais mieux vaut tard que jamais !

Le Vieux Saltimbanque
Jim HARRISON
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent
Flammarion, 2016

challenge12016br10% Rentrée Littéraire 2016 – 41/60
By Lea et Herisson

Bloc Notes de rentrée

Et oui, la rentrée est déjà là. *soupir* J’ai l’impression que l’été est passé à une vitesse folle… comme d’habitude. L’heure est donc venue de revenir à nos moutons culturels (ce qui est, soyons honnêtes, la seule chose qui me motive dans la rentrée…)

<« Dessine-moi le bonheur » : L’opération ‘bonheur’ de Balzac Paris x l’Unesco>UnescoxBalzac

Je vous ai déjà parlé de Balzac Paris, la marque de mode inspirée par la littérature. En hommage aux 70 ans de l’UNESCO, elle s’associe à Guila Clara Kessous, la plus jeune Artiste de l’UNESCO pour la Paix en soutien au Fonds Malala pour l’opération «Dessine moi le bonheur». Le but de cette initiative est d’aider l’accès à l’éducation des jeunes filles pour poursuivre l’action de Malala Yousafzai, prix Nobel de la Paix 2014. Guila Clara Kessous a donc réuni autour d’elle de nombreux artistes (Charlie Winston, Garance Doré, Laetitia Casta, Thomas Dutronc, Louis Chedid, Alfred Cointreau le «Professeur de Bonheur» de l’université de Harvard, Tal Ben Shahar) qui ont chacun créé un T-shirt unique et personnalisé pour exprimer leur idée du bonheur. Ces T-shirts seront en vente exclusive chez Colette et sur le site www.balzac-paris.fr à partir de Septembre 2015. J’avoue une petite préférence pour celui de Garance Doré !

<Fyctia : restez lecteur, devenez auteur>

fyctiaFyctia est la première plateforme de concours d’écriture web et mobile qui permet à des auteurs de toucher une grande communauté de lecteurs, d’interagir avec eux, d’être conseillés par des professionnels du livre et publiés par une maison d’édition en cas de victoire. Sur Fyctia, le succès des auteurs est lié à l’engagement des lecteurs sur les textes grâce à la mécanique des concours : ainsi les auteurs peuvent échanger avec leurs lecteurs sur les chapitres publiés et la sélection du livre destiné à la publication n’est plus le fait de l’éditeur, mais celui des lecteurs. Le principe est simple : sur un thème donné, les auteurs publient un chapitre, et à partir de là ce sont les lecteurs qui choisissent les séries qu’ils souhaitent voir continuer, puisqu’il faut un certain nombre de « likes » pour pouvoir continuer à publier. C’est cruel, mais stimulant, d’autant qu’au fur et à mesure de la progression les éditeurs donnent des « coups de pouce » en mettant en lumière certains textes et en donnant quelques conseils ! Les premiers concours s’inscrivent dans des univers de fiction dont le succès en numérique, en France et ailleurs, est très fort : le Young Adult, New Adult, et la Fan-Fiction. La plateforme est faite pour lire et écrire n’importe où, n’importe quand sur smartphone, tablette et ordinateur. C’est pour les auteurs la possibilité d’une publication au format numérique, voire papier, par la maison d’édition Hugo & Cie (qui a notamment édité les séries best-sellers Beautiful Bastard et After) et les conseils de professionnels du livre tout au long des concours. Pour les lecteurs, c’est la possibilité de participer activement au processus d’élaboration et de sélection d’un livre. Bref, une nouvelle façon d’écrire à étudier de plus près !

art3f Paris : l’art contemporain autrement, accessible et ouvert à tous>

4X3-PARIS-1Fort de son expérience de 4 années dans l’organisation de salons internationaux d’art contemporain dans 8 villes majeures de province (Bordeaux, Nice, Mulhouse, Montpellier, Nantes, Metz, Lyon, Rennes), art3f s’implantera à Paris les 3,4,5 et 6 septembre 2015 dans les murs du tout nouveau Paris Event Center, le nouveau parc des expositions porte de la Villette. Au programme : de jeunes artistes en vogue, des expositions de galeries parisiennes et internationales avec les œuvres d’artistes émergents, de très belles signatures (Pasqua, Soulages, Combas, Di Rosa, Vasalery, de Stael, Dubuffet…), du street art, des animations vivantes, des expositions et des performances live, des happenings dédiés à la créativité des enfants, des pôles dégustation : bars à vin, à sushi, à huîtres, « green bar »… Bref, une sympathique idée de sortie pour le premier week-end de septembre que ce salon qui a pour but de faire découvrir aux novices l’art contemporain à un prix plutôt abordable (10€ l’entrée, gratuit pour les -18 ans accompagnés).

<Magdalena Montpellier France>

MAGDALENA-visuel

Magdalena Montpellier France 2015 est un événement organisé par La Bulle Bleue en association avec le Théâtre de la Remise et Réseau en scène Languedoc-Roussillon. Magdalena Project est un réseau international d’échanges dédié au théâtre et aux arts vivants créés par des femmes. Depuis bientôt trente ans, Magdalena traverse les continents et les générations par le biais des événements régulièrement organisés dans différentes villes du monde et pour cette première en France, des femmes artistes du Danemark, d’Angleterre, de Suisse, de Biélorussie, d’Argentine, d’Inde, d’Allemagne, du Brésil, de Pologne, d’Espagne, d’Italie, du Japon et d’Australie seront à la rencontre des professionnel(le)s de la région et de tous les publics : spectacles, formations, conférences, expositions et performances, le tout du 21 au 26 septembre à Montpellier !

<Ex-libris>

28Un coup de coeur : le site de la graphiste Morgane Rospars, qui propose notamment de magnifiques ex-libris pour personnaliser vos livres. Vous pouvez même lui demander de vous en créer un rien que pour vous ! Sinon, vous pouvez aussi choisir un des modèles déjà existants. Pour ma part, je lorgne sur le hibou !

<La Grande Librairie>

francoisbusnel_lagrandelibrairieUne huitième saison qui s’ouvre en beauté jeudi, avec un plateau de choc : Astrid Manfredi pour La Petite BarbareAmélie Nothomb pour Le Crime du comte NevilleLaurent Binet pour La Septième fonction du langage et un entretien exclusif tourné à Livingstone dans le Montana avec Jim Harrison qui publie Péchés Capitaux, et dont les amateurs ont déjà pu voir quelques images si comme moi ils suivent le Grand Maître (Busnel, pas Harrison) sur Instagram (compte grâce auxquels j’ai pu constater que Busnel avait les mêmes addictions que moi : les livres bien sûr, les huîtres et le vin blanc — même si lui déguste ces derniers à l’île de Ré et non au Cap-Ferret) !

<Journées du patrimoine>

© Archives Galeries Lafayette
© Archives Galeries Lafayette

Les Journées européennes du patrimoine, c’est le 19 et le 20 septembre. Que de choix encore cette année ! Par exemple, grâce à un parcours de 45 minutes, en français ou en anglais, les visiteurs auront le loisir de découvrir les secrets du grand magasin à travers un itinéraire retraçant la naissance des grands magasins parisiens et l’évolution des Galeries Lafayette depuis 1894. Mais, évidemment, il y en a pour tous les goûts, il n’y a qu’à demander le programme !