La cuisine en spectacle, d’Olivier Roger

La cuisine en spectacleOn ne fera probablement pas le choix de s’asseoir dans sa cuisine pour regarder son épouse préparer de la purée de pommes de terre, mais beaucoup d’entre nous estiment que regarder quelqu’un en faire autant à la télévision est un moyen tout à fait plaisant de passer le temps — Kathleen Collins

Les émissions culinaires ne m’intéressent pas, ni les concours ni les émissions de recette — je ne vois pas bien l’intérêt de regarder quelqu’un préparer un plat qu’on ne refera de toute façon pas, et qu’on ne goûtera pas. Peut-être aussi que j’ai été légèrement traumatisée par certaines images de La Cuisine des Mousquetaires, notamment celles mettant en scène Maïté aux prises avec une anguille ou un ragondin. Pourtant, ce sont des émissions qui intéressent les spectateurs, et cela m’intéressait de voir un peu leur fonctionnement, au cas où je trouverais une réponse à ce qui ne laisse de m’étonner : mais pourquoi les gens regardent ça ?

Cet ouvrage est le mémoire de master d’Olivier Roger et a obtenu le prix de l’Inathèque 2014. Le chercheur y étudie les émissions de recettes à la télévision, de leur apparition en 1953 à 2012.

Et c’est passionnant, même si à la base on ne s’intéresse pas du tout à ce type d’émissions, parce que les évolutions de ces programmes sur 60 ans montrent aussi les évolutions de la cuisine elle-même, les évolutions de la télévision et aussi celles de la vie quotidienne, avec la cuisine qui devient une mise en scène de soi et un aspect du lifestyle : c’est donc bien d’histoire culturelle dont il s’agit ici. Analysant précisément un grand nombre d’émissions et étudiant les décors, les ustensiles, les techniques, la dramaturgie propre à susciter l’intérêt, la pédagogie également, l’ouvrage montre comment on passe, peu à peu, d’une « cuisine des chefs », faite pour impressionner et totalement mise en spectacle, mais à mille lieues de la cuisine domestique, à quelque chose de plus convivial, même si certaines émissions sont toujours tenues par de grands chefs médiatiques comme Joël Robuchon ou Cyril Lignac : ils sont peu à peu concurrencés par des amateurs éclairés comme Julie Andrieu. Cependant, l’ouvrage se termine sur le fait que le genre s’éteint peu à peu (peut-être, NDLR, à cause de la concurrence de certains blogs, et notamment celui de Mimi Thorisson ?)

Bref, j’ai appris beaucoup de choses grâce à cet ouvrage que j’ai résumé ici à grands traits mais qui est un peu plus subtil et nuancé, et je le recommande à tous ceux qui s’intéressent à la cuisine, aux émissions culinaires ou tout simplement à l’histoire de la télévision !

La Cuisine en spectacle – Les émissions de recettes à la télévision (1953-2012)
Olivier ROGER
INA, 2016

Les voix du siècle

les voix du siècleVous rêvez d’entendre Apollinaire déclamer « Le Pont Mirabeau » ou « Marie », Sarah Bernhardt interpréter La Mort d’Izeil ou encore Louis Lumière vous raconter l’invention du cinéma ?

Et bien, c’est possible, puisque ces voix, et plein d’autres, on été précieusement conservées par l’INA et mises à disposition de tous par le biais d’une web-série documentaire en collaboration avec TV5 monde. 12 épisodes en tout, mis en ligne depuis le 1er décembre sur youtube.

Cela pourrait s’arrêter là, et ça serait déjà bien. Mais il y a plus : Tv5monde et l’INA ont voulu faire de cette collaboration une véritable expérience immersive en réalité virtuelle : les videos sont en 360°, et c’est muni d’un casque de réalité virtuelle (cardboard, que l’on trouve un petit peu partout) et d’écouteurs qu’on en profite le mieux !

Je n’avais jamais testé la réalité virtuelle, mais je trouve l’effet vraiment intéressant, tout comme les extraits choisis : je ne sais pas vous mais moi, entendre la voix d’Apollinaire réciter un de ses plus beaux poèmes, ça m’émeut !

Bloc Notes

The Blond cactus

blond-cactusJ’adore mettre du vert dans mon intérieur, mais j’ai quand même un problème d’entretien : les plantes, soit je les arrose trop, soit je ne les arrose pas assez. En flânant, je suis tombée sur ce joli site, The Blond Cactus, qui propose, comme son nom l’indique, d’adopter un cactus, plante qui ne demande que très peu de soin et convient donc parfaitement au mode de vie urbain qu’est le mien. Ils sont de plus présentés dans des pots on ne peut plus originaux, des pièces anciennes chinées au gré des brocantes et détournés pour en faire des objets uniques : tasses en porcelaine, cendriers en étain ou bols en argent qui ayant appartenu à une autre époque, s’écrivent aujourd’hui une nouvelle vie en se mêlant au végétal. Je n’ai pas encore choisi le mien, mais vraiment, ça me fait très envie !

Concours de nouvelles « Nous Deux »

nous-deuxNous Deux, c’est un magazine que j’ai toujours connu car mes parents l’achètent chaque semaine depuis leur mariage (en 1975). Pendant longtemps, dans le grenier, il y avait même, classés par ordre chronologique dans des cartons, tous les numéros depuis cette date (après, on se demande d’où vient ma manie des vieux papiers, hein). Bref. Comme tous les ans, le Groupe de presse Mondadori organise le prix de la nouvelle du magazine Nous Deux. Deux catégories : la nouvelle romantique, la nouvelle érotique, chacune dotée d’une somme de 1000€. Si vous voulez participer, tout est expliqué ici !

Kitchen Ghosts

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© Kitchen Ghosts

J’adore les cinemagraphs. A un moment, j’avais même essayé d’en faire, mais c’est peu de dire que je n’étais vraiment pas douée. Par contre, d’autres le sont vraiment, et lorsque je suis tombée par hasard sur le site Kitchen Ghosts, spécialisé dans les cinemagraphs nourriture et lifestyle, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’y ai passé des heures, complètement subjuguée. J’aime particulièrement la série « Halloween potions and spells » (ce qui est plutôt normal pour une sorcière), qui s’inspire de Harry Potter !

Ina Premium

Ina PremiumTout le monde connaît Netflix. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que l’Ina propose un service similaire avec les vieux trucs bien vintage comme j’aime : pour 2,99€ par mois, vous avez accès en streaming illimité à plein de séries et de fictions (Thierry la Fronde, Les cinq dernières minutes, Belphégor…) dont de nombreuses adaptations littéraires, de documentaires (Apostrophes, Droit de réponse, Radioscopie, Alain Decaux raconte…). Bref, une véritable caverne d’Ali-baba pour nostalgiques !

Articly

ArticlyParfois, un seul article nous intéresse dans un magazine, mais tous les sites ne proposent pas l’achat à l’unité ; ou alors, un seul article coûte aussi cher de d’acheter le numéro dans son ensemble. Et puis bon, il faut s’inscrire à chaque fois sur de nouveaux sites, entrer ses coordonnées, c’est long… Articly vous simplifie la vie en vous donnant un accès exclusif à tous les articles de nombreux journaux et magazines papier sous format numérique (Marie Claire, Cosmopolitan, Le Magazine Littéraire…) et en vous permettant l’achat d’articles à l’unité. L’inscription donne un crédit de 2€ pour découvrir le service ! Malin !

Roland Barthes (1915-1980), le théâtre du langage de Thierry Thomas et Chantal Thomas

Barthes le théâtre du langageC’est l’intime qui veut parler en moi, faire entendre son cri, face à la généralité, à la science (Roland Barthes, le Bruissement de la langue)

Écrivain, critique, sémiologue et figure majeure du structuralisme en France, Roland Barthes aurait eu 100 ans le 12 novembre. A cette occasion, Thierry et Chantal Thomas proposent un documentaire qui permet de cheminer à travers son oeuvre est sa pensée.

Le parti-pris, ici, est de laisser la parole à Barthes lui-même, grâce au riche fond issue des archives de l’INA : photographies, mais surtout entretiens, accompagnés d’une voix off mais sans aucun intervenant extérieur. La progression est chronologique, de Mythologies (1957), où il interroge notre monde dans ce qu’il a de plus ordinaire (la voiture DS, les matches de catch, les photos de famille, Paris Match, le strip-tease, le steack-frites…) aux sublimes Fragments d’un discours amoureux (1977), en passant par Le Plaisir du texte (1973).

La pensée de Barthes est alors saisie dans ses évolutions, à travers ses ouvrages les plus célèbres, et aussi simplement que possible : c’est évidemment passionnant et instructif, mais c’est aussi éminemment émouvant de (re)voir ses interventions à la télévision, en particulier cette émission d’Apostrophes de 1977 où il est venu parler des Fragments d’un discours amoureux, en compagnie notamment de… Françoise Sagan.

En l’espace de 54 min, j’ai eu l’impression de replonger dans mes études de lettres, au cours desquelles Roland Barthes a été une de mes lectures de référence : clair et lumineux malgré ce qu’en disent certains, c’était avant tout un véritable amoureux de la littérature et du monde.

Le documentaire sera diffusé le 23 septembre à 22h45 sur ARTE, avant de sortir en DVD le 6 octobre avec un bonus de plus d’une heure constitué des interventions de Barthes à la télévision de 1966 à 1978.

Roland Barthes (1915-1980), le théâtre du langage
Thierry THOMAS et Chantal THOMAS
ARTE France, Les Films d’ici 2, INA, 2015