Des projets, et comment en faire…

L’autre jour, quelqu’un, qui m’est plus précieux que l’air que je respire et que l’Univers a envoyé dans ma vie pour toujours mettre le doigt là où il faut que je prenne conscience d’un truc, m’a dit quelque chose à propos des projets. Et je me suis rendu compte que oui, en fait, faire des projets était difficile pour moi : avoir des rêves, des aspirations, des désirs, tout à fait. Mais pour que cela devienne réellement un projet il faut s’y mettre vraiment. Et y croire. Et c’est là que, me suis-je rendu compte en écrivant, ça bloque : la confiance. En moi, et dans le monde.

Des projets, un avenir, je n’y croyais pas, c’est pour cela que je supporte si difficilement la situation actuelle d’ailleurs, j’ai tendance à ne vivre qu’au présent mais lorsque dans le présent il n’y a pas de vie, et en ce moment nous ne vivons pas, c’est intolérable pour moi qui ai toujours en tête cette idée qu’il faut profiter parce que demain n’aura peut-être pas lieu et qu’il ne faut pas gâcher le présent pour le futur. Parce que par le passé, j’ai misé sur le futur au lieu de profiter du présent. Et le futur m’a déçue, trahie. Il n’a pas été digne de ce que je lui ai sacrifié. Mes projets ne se sont pas concrétisés. Le passé est plus fiable. Je suis plus douée en bilans qu’en projets. Le présent aussi, en tout cas à peu près.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Sauf que… sauf qu’aujourd’hui je veux aussi un avenir. Je veux aussi des projets. Pas seulement me dire « ah tiens, j’aimerais bien faire ça ». Mais qu’une petite voix au fond de moi me harcèle de « tu n’en es pas capable », « tu ne t’en sortiras pas », « c’est dangereux, reste en sécurité là où tu es ». Non, me dire que je veux ça, que je peux l’obtenir, que j’en suis capable.

Et je crois que réfléchir à tout ça, ça a débloqué quelque chose (même si derrière se cachent d’autres choses à débloquer sur cette histoire de confiance en moi).

J’en ai parlé à ma thérapeute. Je fais des séances d’hypnose pour reprogrammer mon subconscient et foutre dehors ces vilaines pensées limitantes (je fais celle-là sur Youtube). Et j’ai refait un vision board, mais dans des énergies différentes.

Depuis des semaines je réfléchissais à ce que je voulais vraiment faire, dans le cadre de ma reconversion, et tout est venu à moi, comme par magie, et désormais je travaille vraiment sur ce qui est, je peux le dire maintenant, un vrai projet.

Et mercredi dernier, en sortant de mon garage, j’ai explosé mon rétroviseur. Belle synchronicité. Parce qu’il faut maintenant que je regarde en avant et non plus en arrière…

J’ai testé pour vous… l’hypnose

HypnoseVous l’avez sans doute noté si vous me lisez régulièrement, la fin de l’année 2017 a été très compliquée, et le début 2018 l’est tout autant. Je ne sais pas si c’est que je suis en pleine crise de la quarantaine, ou si c’est autre chose, mais le fait est que je traverse actuellement une zone de turbulences, de chaos, bref une crise existentielle. C’est arrivé d’un coup, mais pas vraiment de foudre même si c’est (en partie) lié au sentiment amoureux. Je me suis mise, du jour au lendemain, à me poser un million de questions, à remettre en cause tous mes choix de vie (qui n’étaient pas vraiment des choix d’ailleurs, plutôt des renoncements) mais sans savoir ce que je voulais vraiment. Et puis de toute façon, j’étais persuadée que ce que je voulais m’ayant toujours été refusé, il n’y avait pas de raisons que ça change (d’où les renoncements). Surtout, je me rendais bien compte que j’étais en train de m’enfermer à nouveau dans une situation que j’avais déjà vécue, et que je m’étais pourtant jurée de ne jamais revivre (et j’avais bien réussi d’ailleurs, pendant très longtemps, à résister). Bref, j’étais perdue.

Du coup, début décembre, le même jour où j’ai fait un autre truc dont je ne sais pas pour l’instant où ça me mènera (et pourtant, là est la clé), mon inconscient m’a soufflé au creux de l’oreille que je devrais essayer l’hypnose. Alors ce n’est pas venu comme ça : déjà, j’ai toujours eu un rapport un peu particulier à mon inconscient, qui me « parle » beaucoup. Et j’ai d’ailleurs toujours été intéressée par l’hypnose. Ensuite, il se trouve que plusieurs personnes de mon entourage, pour des raisons ou d’autres, y ont fait référence. Je me suis dit que de toute façon, je ne risquais rien, au pire ça ne serait pas pire.

Alors il existe plusieurs types d’hypnose, je ne vais pas faire un cours théorique dessus (j’en serais du reste bien incapable), mais il faut vraiment s’enlever de la tête tout ce qu’on voit dans les films : s’il s’agit d’un état de conscience modifié, on reste toujours « soi » et on n’oublie rien, on se souvient parfaitement du déroulé de la séance (en tout cas dans l’hypnose Ericksonienne). Il s’agit simplement, en fait, d’implanter dans l’inconscient des idées nouvelles, des changements, qui modifieront l’air de rien nos comportements.

J’ai fait 3 séances (et je ne sais pas si j’en ferai d’autres, puisque la thérapeute que j’avais choisie déménage son cabinet, et j’y vois un signe qu’il faut que je termine seule).

La première séance a surtout été consacrée à parler de tout ce qui n’allait pas, mes peurs, mes expériences passées, mes blocages, afin d’identifier ce qu’il fallait que je modifie, suivie d’une courte « visualisation » pour lâcher le passé. En sortant, je me sentais bien, mais j’avais le sentiment que rien ne s’était produit. Et pourtant, à peine deux jours après, j’ai fait plusieurs choses dont je m’étais révélée totalement incapable jusqu’alors. Mais vraiment : lorsque je leur ai raconté, mes amies ont failli tomber de leur chaise. Cette première révolution a été suivie d’un truc bizarre : mon corps s’est mis à me parler. En gros, j’ai chopé plusieurs trucs totalement psychosomatiques, et comme j’ai un peu l’habitude de mon inconscient qui a un peu tendance à prendre des gros sabots, j’ai pu facilement comprendre le message (et ce qui est bien, c’est que dès qu’on comprend le message, le truc s’arrête).

Deuxième séance : on a fait le point. Résolument, c’était mieux, mais loin d’être encore ça. Cette fois, on a fait un long exercice de visualisation sur le fameux « lâcher-prise ». En outre, ma thérapeute m’a mis sur clé USB un exercice à faire chaque jour jusqu’à la séance suivante. Là encore, dans les jours suivants, je me suis rendu compte de changements notables dans mon comportement, dans mes pensées. Je me sens vraiment mieux, j’arrive à avancer.

Troisième séance : on fait à nouveau le point, on se rend compte que par rapport à ce que je disais au début le changement est réel, je sens que beaucoup de choses bougent en moi, que certaines de mes peurs se sont apaisées, bref que ça va mieux. J’ai encore certains réglages à faire, c’est évident, je ne peux pas encore me « lâcher » totalement, j’ai toujours une appréhension vis-à-vis de certaines choses et notamment en ce qui concerne la communication et la verbalisation des émotions, certains points sont encore sensibles, mais il y a réellement du mieux, j’ai compris certaines choses et le pourquoi de leur comment, je suis prête à aller de l’avant, et d’ailleurs les gens autour de moi le sentent. Après, le problème qui me reste à régler, ce n’est pas moi qui ai toutes les cartes en main, malheureusement…

Conclusion : j’étais un peu sceptique, mais j’ai réellement vu le changement, ce n’est pas de la magie mais cela apporte vraiment beaucoup, et je me dis que j’aurais dû faire ça beaucoup plus tôt dans ma vie, j’aurais peut-être gagné du temps ou évité d’en perdre !

Le rêve du retour, d’Horacio Castellanos Moya

Le rêve du retour« Vous écrivez de la poésie, n’est-ce pas ? » m’a dit don Chente, à brûle-pourpoint, une indiscrétion que seul Muñecón pouvait lui avoir révélée. Je lui ai répondu que des années auparavant je l’avais beaucoup fait, mais qu’aujourd’hui le journalisme brûlait toute mon énergie et que l’inspiration poétique s’était éloignée, qu’elle ne tolérait pas qu’on la délaisse. Je l’ai interrogé sur le rapport entre la poésie et mes maux, à quoi don Chente a répondu que ni lui ni moi ne pouvions le savoir pour le moment mais que si j’acceptais de me soumettre à un traitement plus approfondi, ce qui remonterait à la surface non seulement cicatriserait cette blessure psychique et émotionnelle, mais expliquerait et sans doute enrichirait ma vocation poétique.

Je me suis rendu compte que, à part quelques Américains et notamment Paul Auster, je lisais finalement assez peu de littérature étrangère, ce qui est somme toute assez dommage. Lacune partiellement réparée donc avec ce roman qui appartient au domaine sud-américain.

Le narrateur, Erasmo Aragón, journaliste dans une agence de presse, s’apprête à totalement changer de vie : exilé depuis l’enfance au Mexique, il a décidé de laisser sa femme et sa fille et de rentrer au Salvador pour y lancer un projet journalistique. Ce projet l’enthousiasme et l’inquiète à la fois, car la situation politique du pays est loin d’être stable, et que c’est peut-être risqué. Peu de temps avant son départ, il consulte un médecin, don Chente, pour des douleurs chroniques au foie, et celui-ci lui propose des séances d’hypnose, dont Erasmo n’a aucun souvenir au réveil.

Un roman qui n’est pas dénué d’intérêts, le principal étant le questionnement de la mémoire, de la construction de soi, et la manière dont ce que nous avons vécu s’enracine en nous, façonne notre âme et parfois rejaillit sur notre corps, lui faisant mal : ici c’est l’expérience de l’exil et certains traumatismes liés à la violence qui perturbent le narrateur, qui n’est pas non plus un saint et passe beaucoup de temps à s’alcooliser avec des individus peu recommandables, tout cela rendant nécessaires le recours aux médecines alternatives comme l’hypnose. Vu sa tendance à partir dans de longs délires verbaux, il ferait tout aussi bien de consulter un psy, ou de se remettre à écrire de la littérature, qui pourrait aussi avoir des vertus thérapeutiques dans son cas. Mais avec ce roman, j’ai dû faire face à deux écueils : d’abord celui du contexte historique, pas toujours facile à comprendre quand on ne connaît pas bien l’Amérique du Sud et son histoire ; mais admettons. Non, mon principal problème, c’est que je n’ai absolument rien compris de la fin : je ne sais pas si c’est que j’ai manqué d’attention ou si le roman se termine complètement en quenouille comme j’en ai eu l’impression, mais toujours est-il qu’il m’a manqué des clés.

Donc j’ai beaucoup aimé certaines choses, mais je suis un peu restée sur ma faim…

Lu par Jérôme (dont l’article me fait penser que j’ai effectivement loupé un truc)

Le Rêve du retour
Horacio CASTELLANOS MOYA
Métailié, 2015

RL201525/30
By Hérisson