Tout n’est qu’amour dans la nature Pour un cœur enflammé d’amour

J’ai terminé l’oracle des poètes : j’ai totalement revu le design, j’ai terminé la maquette et j’ai envoyé à l’impression pour avoir un prototype. Je ne sais pas ce qu’il adviendra ensuite de ce projet, mais en tout cas, je l’ai mené à bien dans sa phase de création (qui est de toute façon la phase la plus facile pour moi : c’est après que ça se corse). Et en guise d’instant poétique, j’avais envie de partager avec vous ce joli petit poème que j’ai dû finalement écarter parce qu’ils étaient plusieurs sur le thème (l’amour) et que l’autre m’appelait plus. Mais il mérite d’être davantage connu qu’il ne l’est !

L’Amour

Tout n’est qu’amour dans la nature
Pour un cœur enflammé d’amour :

Le printemps nous rend la verdure
Pour offrir un trône à l’amour ;
L’astre brillant de la lumière
Devient le flambeau de l’amour ;
La nuit sur la nature entière
Etend le bandeau de l’amour.

Clarté naissante de l’aurore,
C’est l’espoir d’un naissant amour ;
Chaque printemps reçoit de Flore
Les seuls dons qu’ose offrir l’amour.
Des bosquets le silence et l’ombre
Protègent doux pensers d’amour ;
Le soir, dans la forêt plus sombre,
Echo redit chanson d’amour.

Ruisseau murmure dans la plaine
Les tendres plaintes de l’amour ;
De Zéphirs l’amoureuse haleine
Prolonge un soupir de l’amour.
Sur le feuillage qu’il anime
L’oiseau naît pour chanter l’amour ;
Et le cœur même qu’il opprime
Se plaît à célébrer l’amour.

Craignons la foudre et sa furie
Moins qu’un orage de l’amour ;
Craignons moins de perdre la vie
Que de survivre à notre amour.
Songeons qu’avide jouissance
Traîne après soi regrets d’amour,
Et qu’en altérant l’innocence,
Nous altérons aussi l’amour.

Victoire Babois, Elegies et poésies diverses (1828)

Les petites joies du moment…

J’avais pensé écrire « les petits bonheurs » mais c’est un peu exagéré, ce n’est pas comme ça que je le ressens, les énergies sont trop fluctuantes d’un jour à l’autre, je ne sais pas chez vous mais ici, ça secoue pas mal, alors comme le bonheur est tout de même un état supposé être stable, ce n’est pas adapté. Mais la joie, on arrive toujours à en trouver. D’ailleurs, c’est une carte qui saute souvent de mon oracle des poètes, c’est un signe. J’ai beaucoup de signes sur la joie, d’ailleurs, ces derniers temps. Alors, va pour les petites joies du moment :

– Ecrire. ça, c’est toujours le lieu où je trouve ma joie la plus profonde, comme une évidence : quoi qu’il se passe à l’extérieur sur le sujet, je me sens parfaitement bien, parfaitement à ma place, alignée lorsque j’écris. C’est ma bulle de joie.

– Ma future entreprise : j’ai enfin eu l’appel, le vrai, ça s’est imposé vendredi comme une évidence, « c’est le moment ». Alors la route est semée de quelques embûches puisqu’il me faut une autorisation de mon travail alimentaire (ce qui a tendance à appuyer sur mes peurs de l’emprisonnement et de la privation de liberté que je ressens déjà très fortement, et ça me met en colère car je ne vois pas pourquoi j’ai besoin de leur autorisation pour faire ce que je veux de mon temps libre, je ne leur appartiens pas, mais bref), elle sera déposée assez rapidement, et dès que j’ai le feu vert, je fonce (si je n’ai pas le feu vert, je n’y ai pas encore réfléchi, je préfère ne pas). Et tous ces projets ça me met en joie. L’un d’eux, d’ailleurs, est (presque) prêt, comme vous le savez si vous me suivez sur Instagram.

– Prendre le soleil sur mon balcon. Il nous a tellement manqué, celui-là. Je n’ai pas encore fait de terrasse pour le moment, mais ça viendra, et ça aussi ça sera de la joie.

– Continuer mon apprentissage du Tarot et de l’Astrologie, d’abord parce que j’adore apprendre, et parce qu’en l’occurrence je découvre énormément de choses.

– Regarder le ballet des oiseaux, le soir, après les avoir entendus chanter toute la journée dans le sureau.

– Les vacances qui se profilent et la perspective de la mer. Je pense que ça va me faire un bien fou.

– Etre réveillée par un rayon de soleil qui filtre à travers les volets…

– M’acheter des fleurs !

Et vous, quelles sont vos joies, en ce moment ?

S’émerveiller, de Belinda Cannone : la vigilance poétique

Car s’émerveiller résulte d’un mouvement intime, d’une disposition intérieure par lesquels le paysage à ma fenêtre ou l’homme devant moi deviennent des événements. […] J’aimerais ici évoquer cet état intérieur propice à la saisie émerveillée du monde. Celle-ci n’est pas liée au caractère exceptionnel du spectacle que nous contemplons : c’est notre vigilance poétique, notre concentration, qui peut rendre « spectaculaire » (visible) un objet intrinsèquement humble. Je m’intéresse à cet état parce qu’il relève d’une sagesse — d’un savoir-vivre à conquérir contre l’agitation de nos jours.

J’avais cet essai en ligne de mire depuis un moment. Evidemment. D’autant que certains essais de Belinda Cannone m’ont, pour ainsi dire, émerveillée : quand elle parle du désir, c’est absolument sublime. Mais voilà, j’ai laissé passer, et puis, et puis, l’autre jour, je n’ai plus résisté.

Dans cet essai, réalisé en partenariat avec l’Association Régionale pour la Diffusion de l’Image, Belinda Cannone cherche à saisir l’essence de l’émerveillement, qui repose non dans l’objet mais dans l’attitude de celui qui contemple : un état de vigilance poétique, qui permet d’ouvrir grand les yeux sur le monde, y être attentif, afin de percevoir toute sa beauté, même dans les choses les plus infimes, de ressentir pleinement la joie et de vibrer intensément.

Autant le dire : c’est l’histoire de ma vie. Habiter poétiquement le monde. Vibrer comme une immense lyre.

Et cet essai m’a donc, littéralement, émerveillée : qu’est-ce que cette formulation, « l’état de vigilance poétique », m’a profondément touchée ! Et cette écriture. A chaque page, j’avais envie de tout noter tant Belinda Cannone sait saisir avec ses mots ce qui est à la fois expérience intime (et en ce sens le texte est très personnel), et universelle.

Cet essai résolument inspirant a fait vibrer mon âme !

S’émerveiller
Belinda CANNONE
Stock, 2017

Instantané : une jolie histoire de pivoines

Vous le savez peut-être déjà, sinon je vais vous l’apprendre : je voue un amour qui est presque de la dévotion aux pivoines. Et l’an dernier, pendant le confinement, alors que j’étais toute triste à l’idée de manquer la saison, il m’était déjà arrivé une histoire miraculeuse avec cette fleur (je n’ai toujours pas résolu le mystère… mais le massif est toujours là).

Jeudi matin, comme la saison vient de commencer, me voilà partie acheter mon premier bouquet de pivoines de l’année. Malheureusement, lorsque je suis arrivée, le fleuriste n’avait pas encore été livré et n’attendait pas sa livraison avant la fin de la matinée, soit un bon moment après. Sachant que je n’étais pas sortie que pour ça mais un peu quand même, et qu’en plus la veille j’avais reçu un mail qui m’avait mise de mauvaise humeur (rien de grave, un truc de boulot, et dès qu’il est question du boulot je suis de mauvaise humeur), j’étais un peu chiffonnée. Mais quelque chose me disait de ne pas perdre espoir, que je les aurais, mes pivoines.

Une camionnette passe, je demande à Rodolphe si par hasard ce ne serait pas le livreur, et non, me dit-il, sa camionnette n’est pas comme ça. Il m’accompagne dehors, et me regarde, un peu interloqué (moi je ne l’étais pas : ça m’arrive tout le temps, ce genre de timing parfait) : c’était bien sa livraison de fleurs, qu’il n’attendait pas si tôt.

Alors voilà, une nouvelle fois, je vois ces pivoines comme un petit cadeau miraculeux de l’Univers ! Et une nouvelle fois j’en suis émerveillée !

Apprendre l’astrologie

Evidemment : venant des étoiles, intéressée par à peu près tout, ce n’était qu’une question de temps avant que je ne me mette à apprendre vraiment l’astrologie. Là encore, pas du tout pour devenir astrologue (encore que, après tout, sait-on jamais), mais pour en connaître suffisamment afin de m’en servir… dans le truc que je suis en train de développer et qui s’approfondit de jour en jour.

A l’origine, l’astrologie n’était pas quelque chose qui m’intéressait plus que ça. Alors même que mon premier roman est construit sur une roue zodiacale (à mon avis, mon inconscient avait déjà sa petite idée en tête). D’ailleurs, je ne lisais (et ne lis toujours pas) mon horoscope, mais j’aime bien les comptes de mèmes astrologiques sur Instagram, je m’intéresse aux énergies de la Nouvelle et de la Pleine Lune et aux rétrogradations de Mercure, et j’ai une application d’astrologie qui me donne ma météo. Et puis l’an dernier, l’occasion faisant le larron, j’ai fait lire mon thème de naissance, et j’ai trouvé ça absolument passionnant, j’ai appris et compris plein de choses sur moi, comment mieux me servir de certains de mes placements planétaires pour avancer, quelles étaient mes forces et mes faiblesses.

Mais bien sûr, une lecture de thème n’est jamais complète, et j’ai continué à creuser le mien par moi-même, notamment sur les quatre éléments, ou sur la fameuse Lune Noire. Je pioche des vidéos de cours à droite et à gauche, et il y a vraiment beaucoup à faire rien qu’avec le contenu gratuit. Et puis, l’autre jour, j’ai proposé à quelqu’un qui m’est cher de jeter un œil à son thème. L’idée n’était pas du tout de lui faire une vraie lecture de thème, mais plutôt de lui donner quelques pistes. Et en fait j’ai trouvé ce thème et l’activité de lecture tellement intéressants que j’ai travaillé dessus pendant 15j, ce qui m’a obligée à réellement approfondir mes connaissances de base sur les planètes, les signes, les maisons, et ma bête noire : les aspects. Tous les jours j’apprends de nouvelles choses.

Il y a deux choses qui me passionnent dans cette histoire. D’abord faire le thème astral de quelqu’un je trouve que c’est finalement très beau et très intime (en tout cas dans la circonstance présente, j’imagine que c’est différent si on fait le thème de quelqu’un qu’on ne connaît pas) : on a un accès direct à son âme (ne levez pas les yeux aux ciel : le propriétaire du thème, qui avait un peu de mal à y croire mais que ça amusait de me laisser faire, a été étonné de la justesse). C’est presque un mode d’emploi. Comme ce que disait Barthes : La résistance au bois n’est pas la même selon l’endroit où l’on enfonce le clou : le bois n’est pas isotrope. Moi non plus ; j’ai mes « points exquis ». La carte de ces points, moi seul la connais, et c’est d’après elle que je me guide, évitant, selon des conduites extérieurement énigmatiques ; j’aimerais qu’on distribuât préventivement cette carte d’acupuncture morale à mes nouvelles connaissances (qui, du reste, pourraient l’utiliser aussi pour me faire souffrir davantage). On comprends mieux pourquoi, comment, certaines réactions face à certaines situations (même si, évidemment, il ne faut pas en abuser). Un conseil : ne donnez jamais vos coordonnées de naissance à quelqu’un dont vous n’êtes pas sûr.

Et puis, bien sûr, c’est poétique. Comme le Tarot (et je n’ai pas arrêté d’étudier le Tarot : les deux sont très liés, donc les deux apprentissages se complètent), les Astres racontent des histoires. Des histoires d’amour, des disputes et des ruptures. Dans le thème que j’étudie, Vénus organisait une fête dans sa maison 4 en Balance, et y avait convié la moitié des autres planètes, ce qui donne des énergies… curieuses.

Donc maintenant, j’ai plein de jolis carnets dans lesquels je note tout ce que j’apprends, et ça enrichit ma vision du monde de nouvelles couleurs…

La vie est un poème

L’autre jour, l’idée de « poème tutélaire » est venue à moi alors que j’écrivais. Je n’y avais jamais pensé mais cela me semble bien sûr une évidence. Nous avons sans doute tous notre poème. Pas seulement celui qui nous touche et nous fait vibrer, ça nous en avons des centaines. Non, celui parle de nous, celui qui nous guide et nous raconte les secrets de la vie. Celui grâce auquel nous habitons poétiquement le monde. Et peut-être que, parfois, la mission de toute une vie est de le trouver. Peut-être que d’autres fois, il nous est donné dès le départ. Peut-être aussi qu’il change, à mesure que nous avançons sur notre route.

Le mien, je l’ai déjà raconté, m’a été donné très jeune : c’est « Correspondances » de Baudelaire. Parce que la forêt de symboles (et oui, je crois que chaque jour je regarde le monde comme ça et j’écoute ses confuses paroles pour y mettre de l’ordre), parce que les sens. Mais, de plus en plus, « Soleil et chair » de Rimbaud vient se faire une place. Le Monde vibrera comme une immense lyre / Dans le frémissement d’un immense baiser ! / – Le Monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser. Peut-être que j’ai deux poèmes tutélaires ?

Et vous, quel est votre poème ?

Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…

Mon dernier projet en date (et qui a beaucoup de bras, on dirait Shiva) implique beaucoup de poésie. Il est question, comme toujours, d’habiter poétiquement le monde. Enfin je n’en dis pas plus pour le moment, mais à cette occasion, je suis retombée sur ce poème d’Anna de Noailles, « la vie profonde », et… c’est exactement ça. Mon projet, je veux dire. Enfin, pas complètement, vous verrez quand ça sera prêt. En attendant je partage avec vous le poème, au cas où vous ne le connaîtriez pas ou simplement pour le plaisir de le relire !

La vie profonde

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains.

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace.

Sentir, dans son coeur vif, l’air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ;
– S’élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l’ombre qui descend.

Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise