Instantané : nuances de roses

La semaine dernière, j’étais passée, mais un peu vite, devant une affiche annonçant une manifestation autour de la rose. Mais je n’avais pas pu voir où elle avait lieu, et le temps de rentrer chez moi, j’avais oublié le nom, et je n’avais donc pas pu la retrouver sur Internet, ce qui m’avait un peu agacée (surtout quand on sait le nombre de trucs totalement inutiles que retient mon cerveau) mais enfin, j’étais passée à autre chose.

Et dimanche matin, je me suis levée avec l’envie subite d’aller au jardin des plantes profiter des dernières chaleurs de l’été. Il faisait très beau, après une semaine automnale, j’ai enfilé une jolie robe et des sandales, et me voilà partie. Et, bien sûr, je suis tombée sur l’événement que je cherchais : j’ai vraiment bien fait encore une fois d’écouter mon intuition, car je me suis régalée dans tous les sens du terme. J’ai pu profiter du jardin, de ses couleurs et de ses odeurs, de la serre où je n’étais jamais entrée et où j’ai pu admirer de superbes aquarelles botaniques et des compositions florales autour de la reine des fleurs. J’ai aussi dégusté une crêpe sur un banc, au soleil, et c’était merveilleux.

Encore un dimanche où mes cinq sens ont été satisfaits : la beauté, les odeurs, le chant des oiseaux, la caresse du soleil, le bon goût de la crêpe. C’est ça, comme je vous le disais hier, habiter érotiquement le monde !

Sonnets Portugais, d’Elizabeth Browning : la surprise de l’amour

Aimé, mon bien,
Qui vins à moi quand le monde avait fui,
Et moi qui cherchais Dieu seul, t’ai trouvé !
Je te trouve, suis sauve, et forte, et heureuse.
Tel celui qui debout, dans l’asphodèle,
Se retourne sur le temps pénible passé
Sur terre – ainsi moi, le sein gonflé,
Je témoigne, ici, entre bien et mal,
Que l’Amour, comme la Mort, sauve également.

J’en parlais brièvement la semaine dernière, de ces Sonnets Portugais qui ont illuminé mon début d’année : 44 sonnets (suivi dans cette édition de quelques autres poèmes). Des sonnets d’amour, qui ont ceci de fascinant qu’ils montrent la lutte désespérée contre le sentiment amoureux qui, lui, est bien décidé à prendre toute la place : d’abord surprise (c’est le poème que j’ai partagé avec vous l’autre jour) par l’amour qui lui tire les cheveux (j’adore cette image), elle s’estime indigne de son poète d’amoureux, elle ne se sent pas belle, indigne, trop vieille… et puis, petit à petit, elle cède, dépose les armes, accepte cet amour pur qui la libère.

Chaque poème est une petite pépite qui s’adresse directement à l’âme, et beaucoup m’ont mis les larmes aux yeux tellement ils touchaient juste. Si vous ne connaissez pas et que vous aimez lire de la poésie, n’hésitez pas !

Sonnets Portugais
Elizabeth BROWNING
Traduit de l’anglais par Lauraine Jungelson
Poésie/Gallimard

Nous y sommes : invitation à un voyage poétique !

Hier était le grand jour : la publication de mon site Le Voyage Poétique. Si vous me suivez sur Instagram, ou si vous êtes curieux et que vous avez déjà cliqué sur ce nouvel élément du menu, vous l’avez peut-être déjà visité. Sinon, et bien je suis ravie de vous y inviter.

C’est une première étape, et après des mois de travail acharné, d’abîmes de questionnements métaphysiques et existentiels, de peurs, d’agacements, de tâtonnements, de remises en causes, de nouvelles idées, d’apprentissages, de doutes, de choix épineux… c’est une grande étape.

D’ici quelque temps je vous ferai un article plus détaillé sur le cheminement : aujourd’hui, j’ai juste envie de partager cette naissance avec vous, en espérant qu’il vous plaise !

Que le puissant spectacle se poursuit et que tu peux y apporter tes vers

Comme beaucoup, j’ai découvert ce magnifique poème de Walt Whitman grâce au Cercle des poètes disparus, qu’il faudrait que je revoie, d’ailleurs, parce que je pense que c’est vraiment un film qui m’a construite, et ma vision « poétique » du monde, même si je soupçonne aussi qu’il soit un peu responsable du « mauvais chemin » que j’ai pris : et c’est d’ailleurs tout l’enjeu de ce poème. Dans certaines traductions, il n’est pas question de vers, mais de note : nous avons chacun une note à jouer, et si nous voulons jouer une note qui n’est pas la notre, nous jouons faux et le spectacle du monde est désaccordé. Je n’ai pas inclus ce poème dans l’Oracle, mais il est possible que je le fasse dans la version suivante. En attendant, voici :

O moi ! O la vie ! Les questions sur ces sujets qui me hantent,
Les cortèges sans fin d’incroyants, les villes peuplées de sots,
Moi-même qui constamment me fais des reproches, (car qui est plus sot que moi et qui plus incroyant ?)
Les yeux qui vainement réclament la lumière, les buts méprisables, la lutte sans cesse recommencée,
Les pitoyables résultats de tout cela, les foules harassées et sordides que je vois autour de moi,
Les années vides et inutiles de la vie des autres, des autres à qui je suis indissolublement lié,
La question, O moi ! si triste et qui me hante – qu’y a-t-il de bon dans tout cela, O moi, O la vie ?

Réponse :
Que tu es ici – que la vie existe et l’identité,
Que le puissant spectacle se poursuit et que tu peux y apporter tes vers.

Walt Whitman, Feuilles d’herbe (traduit par Jacques Darras)

Et vous, quels vers ou quelle note voulez-vous apporter au monde ?

Instantané : les jours fériés

Jeudi, c’était le 11 novembre. L’occasion pour moi de profiter d’un long week-end puisque je ne travaille pas le vendredi. Un jour de plus sauvé pour travailler sur mes projets, et j’ai du pain sur la planche, comme on dit. Mais un jour au rythme plus lent : je ne sais pas, je trouve que les jours fériés, même s’ils ressemblent au dimanche, même s’ils ressemblent pour moi au samedi où je reste chez moi, ont une ambiance différente. Les bruits ne sont pas les mêmes, le silence n’a pas la même épaisseur, et il y a dans l’air comme une invitation à la paresse. Alors, malgré une longue liste de choses à faire, je me suis accordé ce plaisir simple du petit déjeuner au lit avec Christian Bobin

Tout n’est qu’amour dans la nature Pour un cœur enflammé d’amour

J’ai terminé l’oracle des poètes : j’ai totalement revu le design, j’ai terminé la maquette et j’ai envoyé à l’impression pour avoir un prototype. Je ne sais pas ce qu’il adviendra ensuite de ce projet, mais en tout cas, je l’ai mené à bien dans sa phase de création (qui est de toute façon la phase la plus facile pour moi : c’est après que ça se corse). Et en guise d’instant poétique, j’avais envie de partager avec vous ce joli petit poème que j’ai dû finalement écarter parce qu’ils étaient plusieurs sur le thème (l’amour) et que l’autre m’appelait plus. Mais il mérite d’être davantage connu qu’il ne l’est !

L’Amour

Tout n’est qu’amour dans la nature
Pour un cœur enflammé d’amour :

Le printemps nous rend la verdure
Pour offrir un trône à l’amour ;
L’astre brillant de la lumière
Devient le flambeau de l’amour ;
La nuit sur la nature entière
Etend le bandeau de l’amour.

Clarté naissante de l’aurore,
C’est l’espoir d’un naissant amour ;
Chaque printemps reçoit de Flore
Les seuls dons qu’ose offrir l’amour.
Des bosquets le silence et l’ombre
Protègent doux pensers d’amour ;
Le soir, dans la forêt plus sombre,
Echo redit chanson d’amour.

Ruisseau murmure dans la plaine
Les tendres plaintes de l’amour ;
De Zéphirs l’amoureuse haleine
Prolonge un soupir de l’amour.
Sur le feuillage qu’il anime
L’oiseau naît pour chanter l’amour ;
Et le cœur même qu’il opprime
Se plaît à célébrer l’amour.

Craignons la foudre et sa furie
Moins qu’un orage de l’amour ;
Craignons moins de perdre la vie
Que de survivre à notre amour.
Songeons qu’avide jouissance
Traîne après soi regrets d’amour,
Et qu’en altérant l’innocence,
Nous altérons aussi l’amour.

Victoire Babois, Elegies et poésies diverses (1828)

Les petites joies du moment…

J’avais pensé écrire « les petits bonheurs » mais c’est un peu exagéré, ce n’est pas comme ça que je le ressens, les énergies sont trop fluctuantes d’un jour à l’autre, je ne sais pas chez vous mais ici, ça secoue pas mal, alors comme le bonheur est tout de même un état supposé être stable, ce n’est pas adapté. Mais la joie, on arrive toujours à en trouver. D’ailleurs, c’est une carte qui saute souvent de mon oracle des poètes, c’est un signe. J’ai beaucoup de signes sur la joie, d’ailleurs, ces derniers temps. Alors, va pour les petites joies du moment :

– Ecrire. ça, c’est toujours le lieu où je trouve ma joie la plus profonde, comme une évidence : quoi qu’il se passe à l’extérieur sur le sujet, je me sens parfaitement bien, parfaitement à ma place, alignée lorsque j’écris. C’est ma bulle de joie.

– Ma future entreprise : j’ai enfin eu l’appel, le vrai, ça s’est imposé vendredi comme une évidence, « c’est le moment ». Alors la route est semée de quelques embûches puisqu’il me faut une autorisation de mon travail alimentaire (ce qui a tendance à appuyer sur mes peurs de l’emprisonnement et de la privation de liberté que je ressens déjà très fortement, et ça me met en colère car je ne vois pas pourquoi j’ai besoin de leur autorisation pour faire ce que je veux de mon temps libre, je ne leur appartiens pas, mais bref), elle sera déposée assez rapidement, et dès que j’ai le feu vert, je fonce (si je n’ai pas le feu vert, je n’y ai pas encore réfléchi, je préfère ne pas). Et tous ces projets ça me met en joie. L’un d’eux, d’ailleurs, est (presque) prêt, comme vous le savez si vous me suivez sur Instagram.

– Prendre le soleil sur mon balcon. Il nous a tellement manqué, celui-là. Je n’ai pas encore fait de terrasse pour le moment, mais ça viendra, et ça aussi ça sera de la joie.

– Continuer mon apprentissage du Tarot et de l’Astrologie, d’abord parce que j’adore apprendre, et parce qu’en l’occurrence je découvre énormément de choses.

– Regarder le ballet des oiseaux, le soir, après les avoir entendus chanter toute la journée dans le sureau.

– Les vacances qui se profilent et la perspective de la mer. Je pense que ça va me faire un bien fou.

– Etre réveillée par un rayon de soleil qui filtre à travers les volets…

– M’acheter des fleurs !

Et vous, quelles sont vos joies, en ce moment ?