Petit Pays, de Gaël Faye

Petit pays de Gaël FayeMais au temps d’avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et tout le reste, c’était le bonheur, la vie sans se l’expliquer. L’existence était telle qu’elle était, telle qu’elle avait toujours été et que je voulais qu’elle reste. Un doux sommeil, paisible, sans moustique qui vient danser à l’oreille, sans cette pluie de questions qui a fini par tambouriner la tôle de ma tête. Au temps du bonheur, si l’on me demandait « Comment ça va ? » je répondais toujours « Ça va ! ». Du tac au tac. Le bonheur, ça t’évite de réfléchir. C’est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À soupeser le pour et le contre. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D’ailleurs, tout le pays s’y était mis. Les gens ne répondaient plus que par « Ça va un peu ». Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé.

On connaissait Gaël Faye auteur compositeur et interprète d’un album, Pili pili sur un croissant au beurre, remarquable (même pour moi qui n’aime habituellement pas du tout le rap) et dans lequel on croise des thèmes comme l’exil, le métissage, et l’amour, avec le magnifique « Ma femme ». Mais, comme l’écriture de chanson ne lui suffisait pas pour dire tout ce qu’il avait à dire, il s’est fait romancier, et, en cette rentrée littéraire publie son premier roman, Petit Pays, qui a obtenu le Grand Prix du roman Fnac, et dont on va très certainement beaucoup parler. Il est d’ailleurs dans la première liste du Goncourt (et donc dans la liste du Goncourt des lycéens !)

C’est un petit pays, le Burundi, celui dans lequel Gabriel, le narrateur, né d’un Français et d’une réfugiée rwandaise tutsie, a grandi et a été heureux, un temps, celui de l’enfance et de l’innocence. Jusqu’à ce que ses parents se déchirent. Jusqu’à ce que son pays se déchire.

Dans ce roman très touchant et doté d’une vraie voix, vive, naïve et parfois très poétique, la petite histoire se superpose à la grande. Comme dans le récit de la Genèse, Gaby nous décrit son paradis, qui est à la fois l’enfance et le pays où il est né. Un paradis à l’odeur de frangipanier, au goût de mangue juteuse, où éclatent les couleurs et les sons sous la caresse du soleil ; Gaël Faye construit cet univers multisensoriel avec talent et sait créer une véritable ambiance avec de petits faits touchants qui la rendent d’autant plus réaliste. Et puis, comme dans la Genèse, vient la chute, à la fois violente et insidieuse ; même si Gaby résiste à la cruauté, s’il s’accroche désespérément à son innocence, s’enferme dans le bunker de l’imaginaire, il ne peut pas garder les yeux fermés sur les massacres qui se déroulent un peu partout. Exilé, il l’est du paradis perdu de l’enfance, puis de son petit pays.

Un roman très fort, très symbolique et poétique, hanté par la nostalgie de l’innocence et du bonheur enfui. A ne pas manquer !

J’ai eu la chance d’interviewer Gaël Faye pour le compte de la FNAC, et ce fut un moment d’échange particulièrement intense :

et je lui ai posé, en exclusivité pour vous, la question de la place des livres dans sa vie. Voici sa jolie réponse : Les livres, je dirais vraiment que ce sont des bouées de sauvetage, pour moi comme pour Gaby, même si moi j’ai été sauvé plus par l’écriture que par la lecture. Je n’ai pas eu de madame Ekonoumopoulos comme dans le roman, mais c’est vrai que les livres imposent un rythme, un temps, une solitude, une réflexion, un silence, et ce sont pour moi de vraies bulles intimes qui ne peuvent appartenir qu’au lecteur. Pour moi les livres c’est la magie. Tout simplement…  

Petit Pays
Gaël FAYE
Grasset, 2016

Je vous rappelle que 3 exemplaires de ce très beau roman sont à gagner !

challenge12016br10% Rentrée Littéraire 2016 – 15/60
By Lea et Herisson

La Route étroite vers le nord lointain, de Richard Flanagan

La route étroite vers le nord lointainUn homme heureux n’a pas de passé, un homme malheureux ne possède rien d’autre. Devenu vieux, Dorrigo Evans ne savait jamais s’il avait lu cette phrase ou l’avait fabriquée lui-même. Fabriquée, malaxée, concassée. Inlassablement. De même que la roche devient gravier puis poussière puis boue et redevient roche, ainsi va le monde, comme disait sa mère quand il réclamait des explications sur l’état des choses.

Une couverture douce, un titre poétique : ce roman, qui a obtenu le prestigieux Man Booker Prize en 2014, cache bien son jeu…

Dorrigo Evans, devenu vieux, doit écrire la préface d’un ouvrage commémorant la guerre et illustré des dessins d’un de ses camarades, mort sur place. Alors les souvenirs affluent : sa rencontre avec Ella, puis avec Amy juste avant son départ pour le front, un amour infini et interdit. Et puis l’horreur des camps de travail japonais…

Autant vous le dire tout de suite : je vais avoir autant de mal à parler de ce roman que j’en ai eu à le lire. J’ai même cru à un moment que je n’en viendrais pas à bout. Non que je n’aie pas aimé, c’est beaucoup plus compliqué.

Vaste réflexion sur la condition humaine et son absurdité, sur le travail de la mémoire et de l’oubli, imprégné de littérature épique et de haïkus, le roman se concentre sur un épisode assez méconnu de la Seconde Guerre mondiale : la construction d’une ligne de chemin de fer en pleine jungle, entre le Siam et la Birmanie, exigée par l’empereur du Japon et exécutée par les prisonniers de guerre australiens. En contrepoint, l’amour pur et absolu, celui de Dorrigo pour Amy. Eros et thanatos. Le problème, et ce qui a fait que cette lecture a été une souffrance absolue pour moi, c’est que les deux aspects ne s’équilibrent pas car tel n’est pas le but de l’auteur : l’essentiel du roman, c’est bien la description des camps, avec des scènes absolument insoutenables qui m’ont donné la nausée (au sens propre). La banalité du mal. L’injustice absolue de l’existence.

Un roman qui ne peut laisser de marbre, et dont je ne sais au final que penser, et qui m’a un peu traumatisée. C’est brillant, bien fait, mais sans doute pas pour tout le monde et sans doute pas à n’importe quel moment non plus…

La Route Étroite vers le nord lointain
Richard FLANAGAN
Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon
Actes Sud, 2016

Lu par Leiloona

prix-relay-2015-150x150Prix Relay des voyageurs-lecteurs 2016 (sélection de Mars)

La Guerre n’a pas un visage de femme, de Svetlana Alexievitch

La guerre n'a pas un visage de femmeJe recompose une histoire à partir de fragments de destins vécus, et cette histoire est féminine. Je veux connaître la guerre des femmes, et non celle des hommes. Quels souvenirs ont gardés ces femmes ? Que racontent-elles ? Personne encore ne les a écoutées…

Je ne connais pas grand chose à la littérature russe, et c’est encore un euphémisme de le dire comme ça. Mais, j’aime ne pas rester sur mes acquis, découvrir de nouvelles choses, et lorsqu’il y a quelque temps la librairie du Globe, librairie russe à Paris, m’a contactée pour un partenariat, j’y ai vu l’occasion de combler mes lacunes. Donc, c’est parti pour la découverte de la littérature russe (au sens large), en commençant par Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature 2015, et l’une de ses enquêtes les plus marquantes.

Depuis la nuit des temps, la guerre a été considérée comme une affaire d’hommes, et que ce soit dans les livres d’histoire ou les récits épiques, on ne parle que d’eux. Pourtant, nombre de femmes étaient engagées dans les troupes soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale. Infirmières, brancardières, tireuses d’élite, pilotes de chasse, mécaniciennes ou simples soldats, elles ont fait preuve d’un courage exemplaire pour sauver leur patrie. Pendant sept ans, Svetlana Alexievitch les a rencontrées, a recueilli leur témoignage, leur a demandé de raconté leur guerre.

Et cela donne un texte saisissant, à la fois témoignage et écriture du témoignage, l’auteure s’interrogeant tout au long du récit sur son travail et les difficultés qu’elle rencontre. Sorte de je me souviens collectif, l’ouvrage donne un autre visage à cette boucherie héroïque, et s’interroge sur la place des femmes dans la guerre : est-elle un soldat comme les autres ? Ici, il est moins question de batailles et de victoires que du quotidien : le besoin, malgré tout, de rester jolie et féminine au coeur de l’horreur ; les problèmes pratiques comme l’hygiène, les besoins naturels, les règles (évidemment, rien n’a été prévu) lorsque leur cycle menstruel n’est pas tout simplement détraqué (ce qui arrive à beaucoup). Les enfants, la famille. La patrie qui passe avant tout. Et puis, bien sûr, le sang, le carnage, la mort. Et, malgré tout, parfois, l’amour qui surgit au milieu du chaos, le désir de vivre absolument. L’après-guerre, où ces femmes ont été traitées de manière scandaleuse…

Tour à tour le texte émeut, révolte, donne les larmes aux yeux ou la nausée. A lire par petits bouts, car c’est très oppressant, mais à lire absolument tout de même.

La Guerre n’a pas un visage de femme
Svetlana ALEXIEVITCH
La Renaissance, 2004 (J’ai Lu, 2005/2015)

Anselm Kiefer à Beaubourg

KieferUne exposition que je ne voulais louper sous aucun prétexte, n’ayant absolument pas réussi à trouver le moyen de voir l’autre exposition Kiefer, à la BNF.

Anselm Kiefer, c’est la démesure et l’obsession. Immédiatement, le spectateur est saisi par la monumentalité des oeuvres, et leur aspect évidemment tourmenté : hanté par l’histoire de l’Allemagne, la ruine, la guerre, la violence, mais aussi la mythologie, kiefer travaille la toile dans l’épaisseur, la matérialité. Les tableaux, très sombres, souvent en relief, semblent vouloir laisser échapper monstres et fantômes, comme dans un cauchemar. Les vitrines mettent en évidence la fragilité, l’éphémère.

C’est saisissant et fascinant. Difficile de rester insensible devant ce travail absolument extraordinaire, où se multiplient les références. Un travail palimpseste, nourri de mythes nordiques et de mystique, ésotérisme, kabbale, mais aussi de littérature : beaucoup de textes écrits sur les tableaux, des livres brûlés, des références et hommages — Virginia Woolf, Céline, Genet…

Une exposition très riche, dont je suis sortie un peu sonnée et sans mots…

Anselm Kiefer
Centre Georges Pompidou
Jusqu’au 18 avril 2016

Les vies multiples d’Amory Clay, de William Boyd

Les vies multiples d'Amory ClayQui pourrait se targuer de percer à jour les passions humaines ? Une lubie me poussa à me demander si l’attrait sexuel que j’exerçais sur Charbonneau avait subtilement changé le comportement que j’adoptais en présence de Cleve. C’était la saison des amours, et il y avait un autre mâle dominant dans le voisinage. Je crois sincèrement que nos instincts préhistoriques fonctionnent encore à plein régime dans certaines situations, surtout en matière de sexualité et de séduction, et s’expriment dans nos tripes, loin en dessous de la peau, loin du cerveau.

Une fois n’est pas coutume, c’est grâce au Masque et la plume que j’ai lu ce roman. Non du reste qu’il en ait été dit spécialement du bien dans l’émission (et après lecture j’hésite entre la mauvaise foi et l’incompréhension totale du projet de Boyd de la part de certains) : simplement, ils ont porté à ma connaissance l’existence de ce texte, ce qui, on va dire, est déjà beaucoup, et le sujet traité a fait le reste.

Les vies multiples d’Amory Clay est l’autobiographie fictive d’une photographe anglaise, Amory Clay, née en 1908, et dont la vie mouvementée est construite à partir de fragments de celles de femmes réelles telles que, entre autres, Annemarie Schwarzenbach, Gloria Emerson, Lee Miller ou encore Diane Arbus, certaines apparaissant d’ailleurs dans le roman.

Comme cela semble être dans l’air du temps, William Boyd interroge dans ce roman les liens entre la fiction et le réel et l’effet-personnage (même si je ne crois pas du tout que Boyd ait voulu pousser jusqu’à la mystification) : femme libre, indépendante, volontaire et impulsive, Amory traverse le siècle et notamment ses conflits, en tant que photographe de guerre, et se révèle un personnage fascinant dans sa manière d’interroger le monde. On ne peut d’ailleurs qu’admirer l’aisance avec laquelle Boyd se glisse dans la peau d’une femme, alors même que le roman, très charnel et sensuel, explore, aussi, la sexualité et ses mystères. L’autre intérêt de cette oeuvre est sa dimension un peu expérimentale : pour renforcer l’effet de réel, outre l’intervention dans le récit de personnes réelles, Boyd a choisi d’émailler le texte de véritable photographies supposées avoir été prises par Amory, photographies qu’il a achetées on ne sait où. Cela fonctionne diversement : si certaines sont réussies, d’autres peuvent difficilement être attribuées à un photographe professionnel ; en outre, elles fonctionnent mal les unes avec les autres, ce qui du coup perturbe un peu l’effet voulu, même si on ne peut qu’apprécier la manière dont William Boyd a travaillé pour les intégrer au récit, et que l’on peut s’interroger sur la manière dont il a procédé : certains épisodes sont-ils construits pour illustrer la photo, ou bien a-t-il écrit les épisodes et cherché une photographie pour les illustrer ?

Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce roman dans l’ensemble, les questions qu’il pose sur le monde, son histoire, la photographie et le désir !

Les vies multiples d’Amory Clay
William BOYD
Traduit de l’anglais par Isabelle Perrin
Seuil, 2015

La Pasionaria, de Michèle Gazier et Bernard Ciccolini

La PasionariaMarx, c’est une fenêtre dans ma vie… la seule je crois, avec Victor Hugo…

Je dois avouer, non sans honte d’ailleurs, qu’avant d’ouvrir cette BD, dernière parue dans la collection « Grands destins de femme », je n’avais jamais entendu parler de Dolorès Ibárriri, dite La Pasionaria, héroïne de la guerre d’Espagne. Il faut dire que mes connaissances sur cette période de l’histoire sont assez peu étendues, ne l’ayant a priori jamais étudiée en classe. Du coup, ce fut une totale découverte…

Mai 1977. Dans l’avion qui la ramène chez elle après un long exil à Moscou, la Pasionaria, héroïne et figure presque mythique de la guerre d’Espagne, se souvient de sa vie tumultueuse. Née en 1902 au pays Basque, dans une famille de mineurs fervents catholiques, Dolorès est une enfant solitaire, garçon manqué, qui se distingue par son intelligence : elle veut devenir institutrice malgré le déterminisme social, parce que pour elle la connaissance est un chemin vers la liberté. Mais son destin sera différent…

Au départ, la vie de Dolorès ressemble un peu à celle de Julien Sorel : une intellectuelle persécutée par sa famille, qui ne comprend pas son amour pour les livres et bride ses aspirations, l’obligeant à devenir ouvrière et à se marier alors qu’elle aurait voulu mieux. En tout cas, rien ne la prédestinait à devenir une icône, si ce n’est son intelligence, ses lectures et son intérêt très précoce pour le marxisme. Le pas entre l’engagement politique aux côtés des ouvriers et l’engagement révolutionnaire contre le fascisme est vite franchi, et à travers le destin de Dolorès, c’est tout un pan de l’histoire de l’Espagne et de l’Europe qui nous est raconté. Couleur du communisme et du sang, mais aussi de la passion, le rouge se répand comme une traînée sur les pages, renforçant par l’image le déroulement des événements.

Pari réussi donc pour cette BD, qui parvient en peu de pages à donner la mesure d’un destin exceptionnel, tout en éclairant un pan de notre histoire. L’ouvrage est en outre doté d’une chronologie de la guerre d’Espagne, bien utile pour contextualiser !

La Pasionaria
Michèle GAZIER et Bernard CICCOLINI
Naïve, 2015, collection « Grands Destins de Femmes »

Hannah Arendt, de Béatrice Fontanel & Lindsay Grime

Hannah ArendtA partir de ce moment, j’en ai eu la certitude : je ne pouvais pas écrire et enseigner en même temps. C’était trop épuisant. J’étais dans un tel état de tension parfois que mes pensées me faisaient l’effet de mouches qui se posaient sur moi et me suçaient le sang. Je ne pouvais m’en débarrasser qu’en écrivant.

Hannah Arendt est une figure des plus fascinantes : sa pensée, complexe et profonde, est particulièrement stimulante (je conseille La Crise de la culture à tous ceux qui ne l’auraient pas lu : c’est édifiant), et sa vie est d’une richesse assez exceptionnelle. Telle est d’ailleurs la gageure de cette BD : retracer un destin exceptionnel en un nombre somme toute réduit de pages.

L’histoire s’ouvre en 1933. Hannah, étudiante en philosophie, a 27 ans, et les persécutions contre les juifs commencent, la contraignant avec sa mère de fuir en Tchécoslovaquie. Cette histoire, c’est Hannah elle-même qui la raconte, en 1971, à son amie Mary McCarthy, pour laquelle elle revient sur cette vie extrêmement mouvementée qui fut la sienne.

Une semaine après la lecture de ce volume (je l’ai lu, par le plus grand des hasards, le jour de l’anniversaire de la libération d’Auschwitz, et je trouve la coïncidence assez intéressante), je m’interroge toujours sur les raisons qui ont conduit Béatrice Fontanel à proposer un début aussi embrouillé chronologiquement : on commence en 1933 donc, puis on avance en 1971, avant de revenir en 1911 et de suivre ensuite un ordre à peu près chronologique beaucoup plus aisé. Du reste, ce n’est pas le seul défaut scénaristique que je trouve à cet ouvrage : de manière générale, il est beaucoup trop allusif et manque de clarté sur certains points, et notamment toute la controverse autour des articles de Hannah sur Eichmann, qui n’est absolument jamais expliquée. En fait, cela manque de contextualisation : le personnage d’Hannah est central et le volume met l’accent sur sa personnalité au détriment du reste. C’est une femme qui a un caractère bien trempé, et qui donne tout pour le travail intellectuel, qui est au centre de sa vie. Et c’est peu de dire que ses travaux sont particulièrement intéressants à l’heure actuelle, qu’ils concernent le judaïsme, le totalitarisme ou le mal. Et séparer la femme et l’oeuvre est impossible.

En conclusion, j’ai été déçue, car selon moi cet ouvrage ne parvient pas comme l’avait fait celui sur Coco Chanel à raconter un destin complexe en peu de pages : si on ne connaît pas déjà bien la vie d’Hannah Arendt (et honnêtement, ce n’est pas mon cas), on sera perdu. En outre, je n’ai pas été spécialement séduite par les dessins, assez inégaux : certains sont très soignés alors que d’autres sont très brouillons.

Une rencontre loupée. Dommage.

Hannah Arendt
Béatrice FONTANEL & Lindsay GRIME
Naïve, 2015, collection « Grands Destins de Femmes »