Manuel de Saint-Germain-des-Prés, de Boris Vian

12341345755_d572d5f2ea_ola vie d’un quartier aussi riche en événements de tous ordres ne saurait se résumer en si peu de lignes ; mais si je réussis à communiquer au lecteur un peu de cette atmosphère de Saint-Germain-des-Prés que bien des gens d’esprit ont trouvée plaisante, je serai près d’avoir atteint mon but.

Comme je suis un stéréotype d’intello-bobo-snob, j’aime d’amour le quartier de Saint-Germain-des Prés, et lorsque je suis tombée sur ce petit livre au musée des lettres et des manuscrits (boulevard Saint-Germain, donc), je n’ai pas pu lui résister. D’autant que j’aime énormément, aussi, Boris Vian.

Il s’agit ici d’une variation sur Saint-Germain-des-Prés, qui vise à mettre à mal l’image biaisée qu’en donnent ceux que Vian appellent les « pisse-copies », qui se croient journalistes parce qu’ils écrivent dans un journal et propagent les fausses rumeurs sans vérifier leurs sources. Après une introduction parodie de manuel de géographie nous informant sur l’histoire, le sous-sol, le climat ou encore la population du lieu, Vian s’intéresse aux « Faits et mythes légendaires » (vrais ou faux), nous offre un panorama de toutes les personnalités qui comptent, avant de nous livrer le mode d’emploi du quartier.

C’est du Vian tout craché : délicieusement fantaisiste et parodique, truffé d’inventions langagières des plus cocasses, ce manuel est avant tout drôle. Mais pas seulement : l’auteur ressuscite une époque, et s’il a la dent très dure contre les journalistes dont il s’attache à montrer au mieux la mauvaise foi, au pire l’incompétence, c’est pour mieux nous leurrer car, finalement, où est le vrai, où est le faux dans le « mythe Saint-Germain » ? Lui même ne le sait peut-être pas tant les anecdotes croustillantes fourmillent, racontées avec entrain. Il nous apprend à connaître les lieux, de la Closerie au Flore en passant par le Tabou et les caves, et croque sous nos yeux ceux qui ont fait Saint-Germain, la plupart étant désormais d’ailleurs dans l’oubli mais peu importe : l’art du portrait de l’auteur nous les rend immédiatement sympathiques et vivants.

Un vrai bonheur de lecture !

Manuel de Saint-Germain-des-Prés
Boris Vian
Livre de poche

Le musée des lettres et des manuscrits

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L’autre jour, mes pas m’ont enfin portée au musée des lettres et des manuscrits, boulevard Saint Germain. Cela faisait plusieurs mois que je désirais le visiter, sans pour autant en trouver l’occasion, mais comme j’avais très envie de voir l’exposition consacrée à Cocteau, celle-ci était enfin trouvée, d’autant qu’il faisait beau et que j’avais très envie de me balader sur le boulevard…

L’immeuble qui abrite le musée est un ancien hôtel particulier, au 222 (un peu plus haut que le Flore), pourvu d’une jolie cour : propre, lumineux, accueillant, dans un quartier finalement parfait pour ce genre d’institutions, on se sent tout de suite bien dans cet endroit auquel il ne manque qu’un café (sauf si on considère le Flore comme une annexe…).  Le musée lui-même est divisé en deux parties : sur la mezzanine, la boutique (haut lieu de perdition) et les expositions temporaires, et en bas les collections permanentes.

En ce moment, l’exposition temporaire est consacrée à Cocteau, je vous en avais parlé : c’est une petite exposition, mais rudement intéressante, bien documentée, les objets exposés sont fascinants et l’ensemble retrace bien la vie et la carrière de Cocteau. Beaucoup d’éléments sont consacrés au cinéma, et ce serait presque mon seul reproche car finalement, n’est-ce pas redondant avec l’exposition de la cinémathèque ? A voir…

En regard de l’exposition consacrée à Cocteau, un hommage est rendu à Edith Piaf, une de ses proches amies. La légende veut qu’ils soient morts le même jour (ce qui n’est pas tout à fait vrai) et que la mort de Piaf aurait à la fois provoqué et éclipsé celle de Cocteau. Espace intéressant, composé essentiellement de lettres.

Quant aux collections permanentes… je pense que c’est un lieu où il faut aller plusieurs fois pour tout voir avec un minimum d’attention. Les manuscrits et autres écrits sont répartis en domaines : Histoire, Sciences et découvertes, Musique, Arts, Littérature, cette dernière section étant bien entendu celle qui m’a le plus intéressée : avoir sous les yeux les mots écrits de la main de Proust, de Hugo, de Vian, de tant d’autres m’a littéralement envoûtée. L’avantage en outre est qu’il y a peu de monde, donc on peut errer, vagabonder, rêvasser, admirer… enfin j’y étais bien, à m’imprégner de l’esprit de tant de génies. Oui, c’est un peu comme si ce lieu était habité, presque hanté, et j’en ferai certainement un lieu de… promenade ? Méditation ? Pèlerinage ? Régulier…

Disons que je pense que lorsqu’on aime l’écrit, on ne peut qu’aimer ce lieu !

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Toute une vitrine est consacrée à George Sand…

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Musée des lettres et des manuscrits
222 bd Saint-Germain, Paris

Instantané #7

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C’était la première fois que je m’offrais un petit bout de ce qu’il est convenu d’appeler un mythe, sans doute très snob, mais je suis snob : un café à la terrasse du Flore, histoire de voir si par hasard une part du génie des habitués passés et présents ne serait pas contagieuse  (et si j’ajoute qu’à la table du Flore j’ai écrit quelques lignes dans mon carnet Moleskine, vous allez vous dire que je suis définitivement perdue… perdue, mais dans l’esprit germanopratin). Le café n’a en soi rien d’exceptionnel, mais les serveurs sont aimables et ne se prennent pas pour des divas. Ce qui nous change de certains restaurants, n’est-ce pas…