Continuer à apprendre toute sa vie

Parmi mes projets/intentions pour cette nouvelle année, il y a : continuer à apprendre. Je l’ai déjà dit : j’adore apprendre de nouvelles choses, c’est une de mes forces d’ailleurs, et je pourrais passer ma vie à ça.

Alors attention, cependant, car il y a deux manières de continuer à apprendre tout au long de sa vie, ou plutôt, deux intentions pour le faire : il y a celle qui vient du syndrome de l’imposteur, la « formationnite aigüe », qui fait que l’on apprend, on se forme parce qu’on estime que l’on n’est jamais assez formé, que l’on n’a jamais assez de certifications pour pouvoir se sentir légitime. Bien sûr, je ne dis pas qu’il ne faut pas repérer ses axes d’amélioration dans tel ou tel domaine, mais qu’il ne faut pas en faire une excuse pour ne jamais se lancer. Par contre, oui, il est bon d’investir sur soi, de se demander de quoi on a besoin pour évoluer, que ce soit professionnellement ou personnellement.

Et un des avantages de la situation actuelle et du confinement (il faut bien qu’il y en ait) c’est que de plus en plus de choses sont accessibles en ligne, ce qui facilite tout de même l’organisation.

J’ai donc beaucoup d’envies cette année, je ne les comblerai pas toutes évidemment, certaines sont pour enrichir mon profil et mes connaissances pour ma reconversion professionnelle, d’autres sont parce que ça m’intéresse en soi, souvent c’est les deux. Donc voilà ce que j’aimerais commencer à apprendre cette année :

– Une nouvelle langue, mais j’hésite encore entre le portugais et l’italien.
L’astrologie : j’ai déjà suivi une vraie formation cet été mais j’ai envie d’approfondir et de toute façon c’est inépuisable, on n’a jamais fini d’apprendre les étoiles, et j’hésite entre plusieurs nouvelles directions dans mon parcours (l’astrologie humaniste, les synastries…)
– L’hypnose : je n’envisage pas d’ouvrir un cabinet, mais je pense qu’une formation de technicien, les bases donc, me permettrait d’ajouter une corde à ma lyre et serait enrichissante.
– La lithothérapie et l’aromathérapie : j’ai déjà lu beaucoup de choses sur le sujet, j’ai les bases, encore une fois ce n’est pas pour m’installer comme praticienne, mais pour enrichir et approfondir mon approche des choses.
– L’art-thérapie et le journal créatif : là pour le coup c’est vraiment à la base de mon projet même si ce que je fais n’est pas ni de l’art-thérapie ni du journal créatif puisque j’ai développé ma propre vision, mais je pense que repartir des bases serait intéressant (pour mieux m’en éloigner, de fait) et la formation de l’école jet d’ancre m’intéresse beaucoup, d’autant qu’elle est proposée à distance, mais pour un prix qui me semble compliqué…
– Et puis j’aimerais un truc manuel : je suis déjà avec assiduité les petites formations d’art journal proposées par Mélody Miroir et j’adore, mais j’aimerais quelque chose de vraiment différent du style poterie ou céramique…

Et vous, des envies d’apprendre de nouvelles choses ?

Instantané #127 (masterclass)

Une de mes intentions pour 2021 (ou plus exactement mon intention principale mais qui a des ramifications) est de mener à bien ma reconversion et pour cela j’ai décidé d’investir dans des outils qui pouvaient m’aider. Et sur ce point, il faut être objectif, la situation sanitaire a un avantage certain : tout se fait à distance. Combien de fois, dans le monde d’avant, étais-je frustrée parce que tel événement, tel workshop, telle formation, atelier ou masterclass m’intéressait, mais inenvisageable parce qu’à Paris ? En ce moment tout se fait sur Zoom, l’offre est très large (en novembre déjà, j’avais pris un cours d’aquarelle avec Anne-Solange Tardy qui m’avait ravie).

C’est comme cela que dimanche dernier, j’ai suivi la première masterclass d’écriture de Charlotte Moreau, alias Balibulle, sur le thème « trouver les mots justes« . Et j’ai passé trois heures merveilleuses : au départ c’était surtout pour me rebooster niveau écriture puisqu’en ce moment c’est un peu mou, et pour voir aussi quels types de contenu on peut proposer sous ce format, et le contrat a été parfaitement rempli : j’ai terminé la journée avec de nombreuses pistes de travail et de bons conseils pour progresser, et ça m’a clairement remise sur les rails d’un point de vue « mental ». Une belle bouffée de créativité et d’inspiration.

Et puis j’ai vraiment adoré la manière de faire de Charlotte : son « cours » était très clair et vivant, j’ai beaucoup aimé sa métaphore du texte comme maison (oui, la question de la maison me poursuit, c’est assez fascinant), sa multitude d’exemples, d’extraits d’interviews, de citations… Vraiment un cours d’une grande richesse, qui m’a beaucoup appris. Si ça vous tente, il y a deux autres sessions en avril, et vraiment, je le conseille à tout le monde !

Des fessées, de Laetitia Pille

des fessées Laetitia PilleJusqu’au bout, et malgré la brèche que le petit mâle avait réussi à fendre dans mon corps, je lutterai pour ne pas vivre dans son regard, à sa mesure, dans son champ visuel, aussi petit qu’il soit, aussi inoffensif qu’il se veuille. Mon terrain n’était plus balisé et nous avions de nouveaux horizons, même si j’avais été écrasée parfois par tous ces hommes de papier qui étaient rangés le long du mur, alignés, des grands, des petits. Tous dans ma grande bibliothèque murale immaculée. Je n’étais pas Eve, la souffrance et le réceptacle hurlant dans la nuit des temps des douleurs de l’enfantement. Je n’étais pas Pandore, qui répandrait le malheur dans le monde. Je n’étais pas une Hélène, convoitée, enlevée, rendue, comme un paquet. Je n’étais pas une sainte vierge, non, et depuis longtemps. Je n’étais pas une maman qui prendrait soin de tout son entourage. Et je les emmerdais tous. Et je les emmerdais en n’entrant dans aucune case mythique et légendaire, de ces cercueils faits pour femme, prêts à porter. Je récupérais mon sexe et je le gardais dans ma main. Même si je ne savais pas où aller, j’irais.

Laetitia est une de mes plus vieilles amies. Pas vieille au niveau de l’âge, mais parce que c’est l’une de celles que je connais depuis le plus longtemps : nous nous sommes rencontrées au lycée, en 1ere L. Voilà pour le contexte : il est évident que lorsqu’une de mes amies sort son premier roman, je le lis, c’est évident, d’un oeil aiguisé et intrigué. Mais, de toute façon, tous mes amis ont du talent, donc je ne craignais pas d’être déçue…

Laetitia est enseignante. En guerre contre les hommes, son corps, le système, la société, elle essaie tant bien que mal d’apporter un peu de plaisir intellectuel aux élèves du lycée technique où elle est affectée, des petits mâles auxquels elle raconte les mythes, fondateurs de notre pensée et de notre manière de voir le monde. Mais l’un de ces élèves est spécial.

Malgré le titre, il ne s’agit absolument pas d’un roman érotique surfant sur la vague du SM. S’il interroge le désir et la sexualité, les fessées sont ici purement symboliques, virtuelles, voire fantasmées. Ce qui est en jeu ici est bien plus profond : roman d’apprentissage à l’envers, Des Fessées interroge le monde, à travers un très beau portrait de femme, une femme qui se cherche, qui se perd, qui a des blessures à panser, et qui refuse d’entrer dans le carcan de la féminité telle qu’elle est représentée dans les mythes, tout en questionnant aussi le rapport entre le féminin et le masculin, le désir, le pouvoir, la violence. Chaque étape de cet apprentissage mêle finement le réel et les mythes, la littérature et la musique, le plaisir des mots, de la langue, le plaisir intellectuel et le plaisir physique. Si la narratrice initie ses élèves au premier, inversement c’est un de ces petits mâles, pas encore tout à fait homme et partant inoffensif, qui lui apprend le deuxième. Cela peut mettre mal à l’aise de voir jetés ainsi les tabous aux orties, et pourtant, c’est ici salvateur et absolument pas pervers, vous comprendrez pourquoi en le lisant.

Espiègle, provocateur, d’une grande intelligence, souvent drôle — mais aussi émouvant, ce roman est un vrai plaisir de lecture ! Ne passez pas à côté !

Des Fessées
Laetitia PILLE
Lacour, 2016