Instantané : into the woods

L’autre jour, je suis allée chercher les champignons. Enfin, chercher les champignons… on me connaît : j’ai surtout apprécié ce moment dans la nature, fait beaucoup de photos parce que la lumière était fabuleuse et qu’il y a plein de jolies petites choses à photographier, dans la forêt, fait quelques vidéos pour mes Reels, respiré à pleins poumons, aiguisé mes sens, profité du moment présent. Et, donc, trouvé deux petits cèpes. Que je remercie de s’être mis sur mon chemin, sinon, je ne les aurais jamais trouvés.

Et l’autre bonheur a été de retrouver ma paire d’Aviators que je cherchais depuis des mois sans remettre la main dessus, et dont j’avais d’ailleurs fait mon deuil. Alors bien sûr je ne les ai pas retrouvées dans les bois, mais dans la poche intérieure de ma parka, ce qui a une certaine logique : je ne l’avais pas remise depuis des mois !

En mots et en images : octobre 2020

Les Mots…

Et voilà octobre et l’automne // Pluie, soleil, pluie, soleil… // C’est un peu compliqué // Pleine lune qui secoue et fait remonter des choses (c’est son rôle) // Shadow work et fumigation // Un bouquet aux couleurs orangées // Un petit jardin // Comme en Italie : de la générosité et de la sensualité // En mode cocooning et c’est tout // Un soupçon de magie // Un arc-en-ciel // Roudoudounons-nous // Que de compliments qui font chaud au cœur // Belles personnes // Du temps de qualité // En quarantaine… // Du coup, cocoonons // Intensité créative, descente dans les profondeurs // Le sentiment amoureux : je ne sais pas pourquoi j’essaie d’écrire sur autre chose // Sortir // Nouvelle lune en Balance : choisir // Je choisis toi // Croire encore en la lumière ? // Promenons-nous dans les bois et cueillons des champignons // Un bol d’air frais qui fait un bien fou // Un bon feu de cheminée pour se réchauffer // Déverrouiller la parole // L’heure d’hiver // Home sweet home, ambiance cosy d’automne, lumières et cocooning // ça ne va pas être possible // Du chocolat pour faire passer ce gros coup de massue // Citrouille, rituel de Samhain et pleine lune…

Les images…

Cheminer d’arbre en arbre

Toujours dans mon projet poétique j’ai eu envie de me replonger dans ce magnifique poème d’Andrée Chédid, qu’il y a un an on a vu un peu partout mais malheureusement pas apprécié à sa juste valeur. Alors je le partage avec vous, en tout amour.

Destination : Arbre

Parcourir l’Arbre
Se lier aux jardins
Se mêler aux forêts
Plonger au fond des terres
Pour renaître de l’argile

Peu à peu

S’affranchir des sols et des racines

Gravir lentement le fût

Envahir la charpente

Se greffer aux branchages

Puis dans un éclat de feuilles
Embrasser l’espace
Résister aux orages
Déchiffrer les soleils
Affronter jour et nuit

Évoquer ensuite
Au cœur d’une métropole
Un arbre un seul
Enclos dans l’asphalte Éloigné des jardins
Orphelin des forêts

Un arbre

Au tronc rêche

Aux branches taries

Aux feuilles longuement éteintes

S’unir à cette soif
Rejoindre cette retraite
Ecouter ces appels

Sentir sous l’écorce
Captives mais invincibles
La montée des sèves
La pression des bourgeons
Semblables aux rêves tenaces
Qui fortifient nos vies

Cheminer d’arbre en arbre
Explorant l’éphémère
Aller d’arbre en arbre
Dépistant la durée.

Instantané #69 (Bain de forêt)

C’est curieux, la vie. S’il y a ne serait-ce qu’un an on m’avait dit qu’un jour je tannerais mon entourage familial pour qu’on aille se promener dans la forêt, j’aurais répondu qu’il fallait arrêter les substances hallucinogènes. Parce que la forêt était vraiment un lieu qui me faisait peur et que je n’aimais pas du tout, d’abord c’est salissant, c’est plein de bestioles, et il est difficile de s’y repérer. Je crois surtout que, d’un point de vue psychanalytique et archétypal, la forêt représente les profondeurs de l’inconscient, et que ni d’un point de vue symbolique ni d’un point de vue pratique j’avais envie d’aller fouiner de ce côté là, des fois que j’y rencontrerais le loup. Mais comme j’ai fini par le faire d’un point de vue symbolique, autant aller jusqu’au bout de la démarche…

Pendant longtemps, je me suis définie comme une citadine intégriste, qui n’aimait que Paris (où je ne suis pas revenue depuis près d’un an) et qui avait des bouffées d’angoisse dès qu’elle n’était plus sur le bitume. Tout au plus aimais-je (mais passionnément) l’océan, et la montagne. En fait, j’avais recouvert mes aspirations profondes d’une épaisse couche, et j’ai compris pourquoi en lisant Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola-Estès. Mais vient toujours un moment dans la vie où les couches, on est invité (parfois de manière très insistante) à les enlever. Et on se sent mieux : c’est ce que je disais l’autre jour concernant les arbres, en hiver : on laisse tomber les feuilles devenues inutiles et encombrantes, pour que de nouvelles puissent pousser. Si on ne le fait pas, rien de nouveau ne peut advenir…

Alors, besoin de me reconnecter à la nature, pas seulement en parlant aux oiseaux qui se perchent sur le rebord de ma fenêtre (appelez-moi Blanche-Neige) ou en m’occupant de mes plantes. Non, la forêt. La vraie. Prendre un bain de forêt. Entendre l’appel de la forêt et écouter sa voix. S’éveiller à cette expérience de vie et se reconnecter à soi-même. Les japonais appellent ça Shirin-Yoku, on peut parler aussi de sylvothérapie. J’aime mieux bain de forêt, tout de même.

Dans mon deuxième roman, qui m’apparaît aujourd’hui comme puissamment prémonitoire vu que je l’ai écrit (enfin, le premier jet et les suivants mais il n’est pas abouti) il y a plus de deux ans (j’imagine que quelque chose que je n’avais pas vu bouillonnait au fond de moi), mon héroïne habite sur le boulevard Saint-Germain et a des vapeurs dès qu’elle doit passer le périph’, mais elle fait cette expérience de reconnexion à la nature et retrouve la femme sauvage en elle. L’une des scènes clés est qu’elle enlace un arbre. C’est quelque chose que pour ma part je n’ai encore jamais expérimenté : j’en ai très envie mais je ne veux pas que ce soit avec n’importe quel arbre (je ne suis pas une fille facile, je n’enlace pas le premier venu), ni n’importe où. Donc, j’attends. Je vous raconterai, le cas échéant !

Et vous, vous aimez vous promener en forêt ? Vous avez déjà enlacé un arbre ?