Instantané : les pétunias

J’adore les fleurs (on aura remarqué) mais j’avais un a priori négatif concernant les pétunias. J’imagine que c’est à cause du prénom de la méchante tante d’Harry Potter, mais pour moi le pétunia était connoté vieille dame, démodé, pas très glamour. Et puis l’autre jour, à la jardinerie, j’ai eu le coup de cœur pour leur couleur chatoyante et pimpante, et j’en ai embarqué plusieurs godets pour me faire un pot sur la table du balcon. Et vraiment, j’adore : elles poussent bien, font leur effet, et je les trouve adorables avec leur petite corolle comme une jupe.

Ce qui m’a amusée, c’est qu’en langage des fleurs, le pétunia symbolise la colère et les difficultés de communication, ce qui est, en effet, un de mes problèmes actuels !

Mais qu’importe, j’aime beaucoup mes pétunias ! (même si en regardant la photo je m’aperçois qu’une araignée y a élu domicile sans autorisation !)

Instantané : un avant-goût de printemps

Nous sommes encore en hiver, mais ce n’est plus le même hiver. Les arbres sont toujours nus, mais certains commencent à bourgeonner timidement voire, pour les plus précoces, à se mettre en fleurs, comme le prunus, toujours pressé et le premier à ouvrir le bal poétique et coloré. C’est aussi la saison du mimosa qui se termine (le dernier bouquet de l’année embaume mon bureau à l’instant où j’écris), les crocus, narcisses et autres pâquerettes parsèment la pelouse, et les camélias se réveillent. Les jours rallongent et bientôt la nuit ne sera plus dominante.

Nous sommes encore en hiver, il ne faut pas se réjouir trop vite, il peut encore neiger et geler, mais on sent que c’est bientôt fini, les saisons intérieures. Dimanche dernier, il faisait magnifiquement beau, et je suis sortie me gorger de cette poésie naturelle. Et ça m’a fait du bien, de sentir le printemps qui s’annonce !

Instantané : soleil d’hiver

Un de mes plus grands plaisirs de l’hiver : un bouquet de mimosa sur mon bureau. Ce que j’aime avec le mimosa, c’est qu’il satisfait aussi bien ma vue, parce qu’il est joli avec ses petits pompons tout ébouriffés, et coloré, et que son jaune flamboyant met de la lumière (mon bureau n’est pas très lumineux, a fortiori en hiver : même lorsqu’il y a du soleil, ce qui n’est en plus pas le cas en ce moment, il n’est jamais dans l’axe), que mon odorat : de toutes les fleurs, c’est celle qui est la plus puissante olfactivement, et c’est un ravissement lorsque j’entre dans la pièce le matin. Et j’ai déjà dit combien c’était important pour moi d’avoir un environnement qui satisfait mes sens pour écrire…

A cela s’ajoute un souvenir : l’an dernier, lorsque j’écrivais la première version du Voyage sensoriel, j’avais un bouquet de mimosa à côté de moi, et d’ailleurs j’en fais mention dans le chapitre sur l’odorat. Et alors, ce parfum me transporte un an en arrière, ce moment où j’écrivais sans savoir du tout où cette histoire me conduirait. Et cela me remplit de joie…

Instantané : Fleurs du Mal

La semaine dernière j’ai retrouvé cette photo, que j’avais faite il y a longtemps avec mon Reflex. Je l’ai trouvé jolie, résumant bien cette idée de poésie et d’écrire la lumière

Voyages dans mon jardin, de Nicolas Jolivot : l’émerveillement

Mon souvenir le plus ancien concernant ce jardin remonte à la petite enfance. J’ai trois ou quatre ans, je regarde la fleur épanouie d’un liseron. Sa blancheur éclate d’autant plus, sous un ciel gris, que le mur qui la porte est couvert de lierre sombre. Je suis subjugué par la beauté simple de cette corolle. Elle devient à cet instant mon premier choc esthétique et semble de surcroît vouloir me confier un secret à travers son pavillon en forme de bouche ouverte.
Si une simple fleur peut me ravir à ce point, je pressens qu’une infinité d’autres choses ordinaires sauront me consoler. Et s’il suffit de regarder pour éprouver un plaisir intense, alors je chercherai du regard partout dans le jardin, dans la rue, et plus loin s’il le faut.

Je ne peux pas vous raconter la joie intense que j’ai ressentie l’autre jour en recevant ce magnifique livre : elle est inexprimable. Tout comme l’émerveillement à le feuilleter, admirer les illustrations, lire les textes, apprendre, découvrir.

Avec ce beau livre, Nicolas Jolivot nous invite dans son jardin. Au fil des saisons, mois par mois, il décrit et peint ses transformations, ses travaux, attentif au moindre détail : les fleurs, les oiseaux, mais aussi les plus petits insectes. En filigrane, l’histoire du jardin au fil du temps, de 1821 à nos jours.

Et cet ouvrage mérite pleinement le qualificatif d’émerveillant : chaque page est une œuvre d’art, un poème, une ode à la vie et à la simplicité. Les couleurs, les formes, mais aussi les odeurs, les sons, les goûts. La beauté et l’harmonie. Partir en voyage dans ce jardin est une activité régénératrice, et instructive : au fil des pages, j’ai appris bien des choses sur la faune, la flore, et j’ai aussi été très inspirée d’un point de vue créatif. Ce livre m’a un peu rappelé le merveilleux Journal d’Edith Holden (si vous allez lire l’article, ce que j’ai écrit à l’époque va bien vous faire rire) et d’ailleurs il a pris place à ses côtés, dans la jungle urbaine, avec mes livres sur les plantes et la nature.

J’ai eu beaucoup de mal à choisir une page pour vous la montrer, tant elles sont toutes d’une délicatesse absolue, mais j’ai fini par me décider pour l’hibiscus :

Voyages dans mon jardin, de Nicolas Jolivot : l'émerveillement

Je suis totalement conquise, et je suis absolument certaine que ce livre fera un extraordinaire cadeau de Noël !

Voyages dans mon jardin
Nicolas JOLIVOT
HongFei, 2021

Instantané : la magie des fleurs

Saint Fiacre est le patron des jardiniers. A Orléans, il est fêté (sauf l’an dernier) le dernier week-end août, par des installations florales dans l’église Saint-Marceau : des milliers de fleurs qui donnent à l’endroit l’allure d’un temple païen dédié à Vénus. Ici, c’est l’émerveillement qui domine : des « ah », « des oh », des « comme c’est beau ». Et par les temps qui courent, toute cette beauté, toute cette poésie, ça fait un bien fou, et c’est de cela dont es gens ont besoin, je crois. De la magie des fleurs. D »émerveillement.

Instantané : jasmin des poètes

Un de mes bonheurs du printemps, dont je n’avais pas trop pu profiter jusque-là à cause du masque et de la pluie : enfouir mon nez dans une haie de fleurs odorantes, jasmin, chèvrefeuille ou seringa, joliment surnommé « jasmin des poètes ». Les deux premiers ne sont pas encore fleuris, mais je suis tombée dimanche, en faisant un petit détour dans une venelle, sur une haie du troisième et j’ai failli m’évanouir d’extase tant c’est merveilleux d’être enveloppé comme ça de cette douceur parfumée, dont j’ai chipé deux brins pour mettre dans mon bureau !