Etre une femme et autres essais, d’Anaïs Nin : l’écriture et la vie

Pourquoi écrit-on ? je me le suis si souvent demandé que je peux répondre facilement. Je crois qu’on écrit pour créer un monde dans lequel on puisse vivre. Je ne pouvais vivre dans aucun des mondes qui m’étaient offerts : celui de mes parents, celui de la guerre, celui de la politique. J’ai dû créer un monde à moi, comme un climat, un pays, une atmosphère, dans lesquels je pourrais respirer, régner et me recréer chaque fois que la vie me détruirait. Voilà, je pense, la raison de toute œuvre d’art.

Encore Anaïs Nin. Mais, si j’ai beaucoup lu ses récits, je ne m’étais pas encore engagée dans la découverte de son œuvre théorique (quant à son journal, il m’a longtemps effrayée, mais je crois que je commence à être prête).

Dans ce recueil d’essais au sens où Montaigne l’entendait, dans lequel on trouve des textes de conférences, des articles de magazine et quelques extraits de son journal, Anaïs Nin nous offre rien moins que sa vision du monde, riche et passionnante. Il se présente en trois parties : « femmes et hommes », dans lesquels sont rassemblés les textes où l’autrice réfléchit sur l’érotisme, le féminin, les relations entre les hommes et les femmes et leur évolution. La deuxième partie est consacrée à la culture, « livres, musiques, films » qui la touchent. Enfin, les voyages, « lieux enchantés » : Fez et le Maroc, Bali, les Nouvelles-Hébrides, Nouméa, et une rencontre touchante avec une grand-mère turque.

Dire que ce recueil m’a ravie serait encore loin de la réalité. A part la deuxième partie qui m’a un peu moins plu (sauf le texte sur Un atelier de Journaux intimes qui me servira pour un futur projet), j’ai été happée non seulement par l’écriture, comme d’habitude, mais aussi et surtout par la profondeur et l’intérêt du propos : il y a ici des pages absolument sublimes sur l‘écriture, l’amour et les hommes, la féminité et l’érotisme, sujets attendus sous sa plume ; moins attendus, en tout cas de ma part car j’ignorais qu’elle s’y intéressait, des pages sur la spiritualité, l’astrologie, les rêves, et le développement personnel comme seul moyen d’aider le collectif ; on trouve aussi, au détour d’une page, une réflexion très pertinente sur le fait de publier soi-même ce qu’on écrit, choix qu’elle a fait au début de sa carrière, et qui était moins simple à mettre en place à l’époque qu’aujourd’hui. Quant aux textes sur les voyages, ils sont d’une sensualité bouleversante : une véritable communion avec le monde que n’aurait pas reniée Colette (la proximité entre les deux est évidente), et une attention vive aux sons, aux couleurs, aux odeurs, et aux autres.

En fait, j’ai eu l’impression de lire une âme sœur : je vois la vie et le monde, le rapport entre les êtres, le pouvoir de l’écriture et de l’érotisme, de manière très similaire finalement (nous avons du reste le même signe solaire, Poissons, ce qui explique son propos sur l’écriture pour échapper au monde tel qu’il est). Et ce recueil m’a nourrie, me permettant d’affiner certaines choses. Il n’est donc pas étonnant que je me sois, dans la foulée, lancée dans un autre recueil de propos théoriques !

Etre une femme et autres essais
Anaïs NIN
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Béatrice Commengé
Stock, 1977 (Livre de Poche, 2022)

Alice et autres nouvelles, d’Anaïs Nin et ses amis : voyage érotique

Mais pour elle, cette pression contre ses seins voluptueux était une délicieuse introduction à la belle histoire qu’elle allait lire cette nuit, le véritable début de ce ravissement de la chair, le premier pas vers cette union divine de la force et de la beauté qui s’achève dans un baiser suprême, indicible ; ce couronnement vertigineux de Vénus dans toute sa gloire.

Anaïs Nin est une autrice qui a beaucoup d’importance dans mon parcours de femme et d’autrice, même si je ne l’ai découverte que tardivement par rapport à d’autres auteurs érotique. J’étais donc très enthousiaste de découvrir ce petit recueil, qui a une particularité : on ne sait pas qui a écrit les textes. Il s’agit en effet d’un recueil collectif, écrit sur commande pour un milliardaire, par un groupe d’auteurs constitué par Nin et ses amis et se faisant appeler « l’Organization ». Ce qui donne un résultat assez hétérogène.

Sept nouvelles composent ce recueil. « Alice », la nouvelle liminaire et éponyme, nous montre un couple excité par le fait de voir un autre couple faire l’amour ; « Esmeralda » nous raconte une scène sur laquelle Victor Hugo a été beaucoup plus pudique ; « Souvenirs » nous introduit dans un pensionnat de garçons, sous la plume d’un adolescent très précoce ; « Florence » est une histoire de bureau ; « Des jeunes filles et de leur con » est une sorte de méditation sur le sexe féminin ; « Je veux une femme », probablement inachevée, raconte l’histoire d’un homme à la recherche d’une partenaire féminine, et enfin, « le membre d’or » est celle d’un autre soumis à un programme de fortification sexuelle…

Dans l’ensemble, ces nouvelles sont particulièrement littéraires : l’érotisme y est fin et délicat, subtil, exactement comme j’aime. Il ne s’agit pas juste de sexe : cela va au-delà, notamment dans les deux premières nouvelles, que j’ai préférées, et qui ont une dimension assez cérébrale et spirituelle, voire mystique, notamment « Esmeralda » qui est une véritable merveille et célèbre un hieros gamos. En fait, mon hypothèse est que ces deux premières nouvelles ont été écrites par Anaïs Nin elle-même, ou tout au moins une femme, ce qui leur a permis de faire écho en moi. Les autres ont probablement été écrites par des hommes (et je ne le dis pas seulement parce que le narrateur est masculin, il l’est aussi dans la première nouvelle), à l’exception de « Florence » dont je pense qu’elle a été écrites à deux (c’était une des manières de faire du groupe).

En tout cas, je me suis régalée avec ces nouvelles d’un érotisme de haut niveau, qui m’ont permis de bien terminer l’année 2022 !

Alice et autres nouvelles
Anaïs NIN et ses amis
La Musardine, 1999/2022

Lire écrire jouir, de Camille Moreau : quand le texte se fait chair

La littérature elle-même regorge d’exemples de dons amoureux et érotiques de livres. La raison en est que le livre, par essence, est une voie vers la subjectivité profonde de celui qui l’a lu et aimé. Le don du livre est un don du langage, et l’exemple de Gilgamesh montre à quel point sexualité et langage sont liés. Voilà pourquoi lorsque je désire, ou j’aime, je veux offrir du langage, et la manière la plus effective de le faire (outre le « je t’aime » dont il sera question dans un prochain chapitre) est sans doute d’offrir son expression figée : du texte. La raison pour laquelle nous offrons des livres aux personnes dépositaires de notre désir, c’est parce que le texte est lui-même une dédicace, puisqu’il donne d’innombrables indices sur la personne que nous sommes et sur nos goûts et pensées. Ainsi le don d’un livre est comme une façon de dire : « Ce que je ressens à ton endroit ne peut s’énoncer que dans une expression artistique ».

La littérature, l’amour et le désir sont intimement liés. De fait, je suis un écrivain du désir, et pas seulement parce que j’écris de l’érotisme. C’est simplement que pour moi, la pulsion de vie a deux faces : aimer, et écrire. C’est d’ailleurs mon mantra, que l’on peut lire sur la boîte lumineuse dans mon salon : « Vis, Aime, Ecris ». Et quand j’aime, je ne me contente pas d’offrir des livres, non, j’écris des livres pour l’être aimé. C’est amusant, d’ailleurs : il y a des femmes, quand elles sont amoureuses, elles ont envie d’avoir un enfant avec celui qu’elles aiment. Moi, j’ai envie d’avoir un livre

Tout cela pour dire que j’étais très intriguée par cet essai, que Camille Moreau a adapté de sa thèse, et qui interroge les liens entre le texte et l’expérience érotique : comment le texte accompagne l’expérience érotique, mais aussi suscite cette expérience, voir la constitue, la lecture (et l’écriture) étant une activité charnelle, qui engage le corps et les sens.

Cela fait longtemps que je n’avais rien lu d’aussi brillant : passionnant, appuyé sur des recherches précises et des réflexions tant littéraires que philosophiques ainsi qu’un corpus riche et varié (je n’ai pas pu m’empêcher de penser que, vraiment, Camille Moreau a dû passer de fantastiques années de recherche), cet essai ouvre de très nombreuses pistes de réflexion et d’introspection sur le rapports que nous entretenons avec les textes et comment ils entretiennent l’amour et le désir. Il m’a également donné de nombreuses idées pour quelques textes, et pour autre chose aussi d’ailleurs. Plusieurs passages en particulier m’ont plongée dans des abîmes de réflexions métaphysiques, et notamment celui sur Anaïs Nin et l’écriture du journal, qui m’a bouleversée (oui) tant je me suis reconnue (mais ce n’est pas la première fois que j’ai cette impression avec Anaïs Nin…)

Un essai que je conseille vivement et pas seulement à ceux qui s’intéressent à la littérature érotique, mais plus généralement à ceux qui aiment les livres. C’est un parfait prolongement de l’essai de Belinda Cannone, qui est d’ailleurs souvent cité : L’Ecriture du désir (que j’ai envie de relire, tiens…).

Lire écrire jouir. Quand le texte se fait chair.
Camille MOREAU
La Musardine, 2022

Autrice indépendante : un petit nouveau pour Noël

Oui, je publie beaucoup : il faut dire qu’après plus de dix ans à écrire sans publier, j’ai de l’avance, et cela me permet de publier régulièrement tout en prenant mon temps sur la phase d’écriture (à ce sujet, j’aurai beaucoup de choses à dire concernant l’expérience du NaNoWriMo, mais le mois n’est pas encore terminé). Le fait est que le « modèle économique » (je n’aime pas cette expression, mais passons) n’est pas le même que celui de l’édition traditionnelle, ou un ouvrage a une durée de vie de deux mois avant d’être remplacé (même s’il reste disponible) : là, on est dans le long selling, chaque livre continue sa petite vie même lorsqu’en paraît un nouveau, d’où l’intérêt de constituer, petit à petit, un fond.

Donc, pour Noël, j’ai décidé de sortir cette histoire qui n’a rien à voir avec Noël, mais comme il est question de magie, je me suis dit que c’était opportun. Il s’agit d’érotisme, il est donc pour Séréna, et plus exactement, il s’agit de Dark Romance Fantasy. A l’origine, il s’agit d’une petite fanfiction d’Harry Potter que je m’étais amusée à écrire il y a quelques années, et qui a bien fonctionné sur Wattpad. Cet été, je me suis dit que c’était dommage de la laisser comme ça, et je l’ai donc entièrement remaniée pour effacer les traces de l’univers d’origine, même si je crains qu’il reste du Lucius chez Socrates, mon personnage masculin (mon personnage féminin était déjà une création personnelle). J’ai donc créé un monde magique nouveau, avec ses codes et ses caractéristiques propres, et je me suis tellement amusée à faire ça (ça me change complètement de ce que j’écris d’habitude, érotisme mis à part), que j’ai eu envie d’en faire une petite série. Voici l’histoire de ce monde :

A l’origine, tous les humains avaient des pouvoirs magiques, et le monde était en paix. Les Hommes vivaient dans l’abondance et la joie. Mais certains ont commencé à penser que la magie était mauvaise. On ne savait pas d’où venait cette idée, mais ils commencèrent à renoncer à leurs pouvoirs et à réciter la fable d’un dieu qui ne voulait pas de magie, et de son Ennemi dont sorciers et sorcières (c’est ainsi qu’on les appelle dans le monde profane, mais eux-mêmes n’utilisent que peu ces termes) étaient les serviteurs. Ce fut le chaos, les sorciers se défendaient et massacraient ceux qu’ils appelaient les Renégats. Pour rétablir la paix, sur ordre du Dieu et de la Déesse, Merlin sépara les Mondes : le monde magique d’un côté, et de l’autre le monde non magique.
Ceci est l’histoire de la Renaissance d’un monde unifié.

Mon histoire se déroule donc dans le monde magique, où coexistent Mages Blancs (qui veulent aider les Renégats) et Mages Noirs (qui veulent les détruire). Les deux clans ne s’aiment guère en général, mais l’équilibre repose sur le fait qu’ils se partagent le pouvoir. Et, parmi ces mages noirs et blancs, certains sont aussi des mages rouges, les plus puissants, qui maîtrisent la magie sexuelle et amoureuse.

Cette première histoire est assez sombre, au moins au début, il n’y a pas à strictement parler de violence sexuelle mais de la violence tout court, si, donc si c’est quelque chose qui vous effraie, ce n’est pas pour vous. Par contre cette violence a sa raison d’être, c’est juré, et l’aspect sombre est nécessaire pour que puisse renaître la lumière. Pour résumer simplement : une jeune Mage Blanche (mais pas une gaminette : une jeune femme) percute dans une ruelle sombre un Mage Noir de sinistre réputation, ce qui met le monsieur très en colère, et il décide de la punir.

Il ne m’arrivait que très rarement de me retrouver seule la nuit dans le Kaimas, et lorsque cela se produisait, j’évitais soigneusement les abords du Mélanos, le quartier des Mages Noirs où en tant que Mage Blanche j’étais en danger, d’autant que ma magie n’était pas encore assez puissante pour pouvoir me défendre et m’éclipser à ma guise.
Mais dans le monde magique, il arrive souvent que l’on doive faire le contraire de ce qu’on voudrait faire, poussé par des forces invisibles qui dépassent la volonté.
C’est ainsi que ce soir-là, sortant un peu tard d’un rendez-vous à L’Epicure, et pour être honnête rendue un peu ivre par l’abus d’un Xérès de grande qualité, en me rendant à la Fontaine d’Apparition pour rentrer chez moi, je me suis retrouvée dans une ruelle sombre, en plein dans le quartier occulte. Comment, je l’ignorais. Mais j’étais seule, et lorsque j’entendis un bruit derrière moi, je me mis à courir sans trop regarder où j’allais, ma baguette à la main. Je n’eus pas le temps de courir bien loin, avant de me heurter violemment à quelque chose qui se trouvait sur mon chemin, de me retrouver projetée en arrière et de m’étaler de tout mon long.
Quelque chose. Ou plutôt quelqu’un.

Il est d’ores et déjà en précommande, et sortira le 1er décembre, mais uniquement en numérique : pour 96 pages, je ne vois guère d’intérêt à faire une version papier, on verra dans quelques années lorsque j’aurai terminé la série. En tout cas, j’espère que vous prendrez beaucoup de plaisir (parce que, spoiler qui n’en est pas vraiment un : eux en prennent beaucoup) avec Cordelia et Socrates !

Désirs, Haïkus érotiques de Patrick Gillet et Nina Egée : habiter érotiquement le monde

Les rubans du vent
S’engouffrent sous sa robe
Tourbillons du tissu…

L’autre jour, je suis allée à un salon du livre organisé au Jardin des Plantes d’Orléans, et parmi les multiples tentations, j’ai jeté mon dévolu sur deux ouvrages. Je vous parlerai du deuxième dans quelque temps, mais commençons par ce recueil de haïkus érotiques. Il y avait d’ailleurs d’autres thématiques que l’érotisme, mais enfin, vous me connaissez, c’est celui-là qui a attiré mon œil…

Il s’agit d’abord d’un très bel objet artistique, imprimé sur du papier de grande qualité et assemblé à la main, ce qui le rend dès le départ très sensuel, agréable à toucher, à caresser, à sentir aussi. Quant aux textes, je les ai trouvés délicieux et délicats, autant d’instantanés de désir : le vent qui soulève une jupe, des seins qui pointent, une bretelle qui glisse, des talons qui frappent le sol, un parfum qui flotte dans l’air… c’est un monde sensuel et chargé d’érotisme que nous offre Patrick Gillet, et j’ai vraiment apprécié sa manière de regarder le monde et les femmes.

J’ai un peu moins aimé les photographies, ou plutôt je les ai diversement aimées : j’en ai trouvé certaines vraiment très poétiques et à propos, alors que d’autres m’ont laissée perplexe par leur banalité. Dans l’ensemble il y a un joli travail, mais certains clichés m’ont semblé d’une part décalés, et de l’autre un peu en-dessous du talent évident de la photographe.

Mais dans l’ensemble j’ai vraiment beaucoup apprécié ce recueil très poétique et sensuel !

Désirs. Haïkus érotiques
Patrick GILLET et Nina EGEE
Editions du petit véhicule, 2018

Autrice Indépendante : Salomé et voyage sensoriel

Et voilà : c’est le jour j (à peu près : j’ai encore galéré pour le référencement) : vous pouvez dès maintenant vous procurer mon recueil de nouvelles Salomé, publié sous le nom de Séréna de Lyoncourt. Attention, c’est de l’érotisme donc c’est très très hot, mais c’est une part de moi que j’avais envie, besoin même d’explorer. Il est disponible en broché, en numérique et avec l’abonnement Kindle illimited.

Autre nouveauté dans ma petite librairie : après le Journal des rêves, je vous propose un Voyage sensoriel, qui est un condensé de l’Invitation à un voyage sensoriel que je propose sur mon site : ici il y a très peu de textes, l’essentiel repose sur les activités proposées pour vous aider à vous reconnecter à vos cinq sens, et l’idée est que cette fois, vous pouvez directement faire ces activités dans le carnet. Un nouveau arrive bientôt, avant la fin de l’année, je vous en reparlerai le moment venu !

Voyage Sensoriel
Voyage Sensoriel

Cela peut sembler décousu et ne pas aller ensemble, mais en fait il y a un lien. Salomé habite érotiquement le monde, pas seulement au sens où on pourrait le croire de prime abord, mais au sens où l’entend Starhawk : elle est connectée à tout ce qui rend la vie plus riche, plus sensuelle, plus vaste, dans le recueil il est question de musique, de nourriture, de parfums, de plaisirs intellectuels aussi, et le propos du carnet, c’est de vous aider vous aussi à habiter érotiquement, c’est-à-dire pleinement et intensément le monde !

Autrice indépendante : Salomé et la collection érotique

Et voilà mon nouveau bébé : mon recueil de nouvelles érotiques, Salomé, à paraître le 15 septembre ! Encore une fois, il était prêt depuis des lustres, avait même trouvé un éditeur à un moment avant que je ne le publie en numérique sous le titre (ronflant) Déité symbolique de l’indestructible luxure, via un prestataire dont je n’ai très clairement pas été satisfaite, et qui fut un échec. Le fait est donc que ce n’est pas le travail éditorial qui a été le plus gros travail : les textes avaient été lus par des personnes différentes, deux ont même été publiés dans des recueils collectifs, donc globalement, il me reste à recorriger les épreuves, mais ce n’est pas un souci.

En fait, une de mes grandes interrogations a été : est-ce que je conserve le pseudonyme de Séréna de Lyoncourt, ou non. Sachant que le pseudonyme n’est absolument pas une question d’anonymat, puisque je n’en ai jamais fait mystère. En ce sens, c’est d’ailleurs plus un hétéronyme au sens où Pessoa l’entendait : une autre identité. Et c’est ce jeu qui m’a conduite à le garder (j’aime bien cette idée d’avoir plusieurs identités). C’est finalement une question de guidage de lecteur : sous mon nom je publierai des textes plus orientés littérature générale même si l’érotisme y est présent, comme dans L’Aimante, puisque l’érotisme est la matrice de mon rapport au monde, et sous le nom de Séréna de Lyoncourt des textes clairement érotiques.

Disons que savoir ce qui vient ensuite à Noël (une novella de dark romance érotico-magique qui sera sans doute une petite série à terme) m’a confortée dans mon choix : je tiens à garder une certaine cohérence, et de manière évidente cette fantasy érotique ne cadrait pas du tout avec ce qui vient ensuite : le roman numéro 2 que je viens d’envoyer aux bêta-lecteurs, et le roman numéro 3 qui est en phase préparatoire.

Il y aura donc bien deux collections, sous deux noms différents, mais évidemment liées : la taille de coupe est la même, les polices utilisées sont les mêmes, les designs de couverture sont en accord (oui, je suis un peu obsessionnelle avec ça, mais si les éditeurs traditionnels l’étaient aussi, ça m’arrangerait : j’ai horreur d’avoir plusieurs livres d’un même auteur chez un même éditeur dans des tailles de coupe différentes, ça me crispe), et le nom d’éditeur et la matrice ISBN reste identique. Ce qui varie : la couleur de la couverture (mais je ne suis pas encore fixée : est-ce que je conserve toujours les mêmes couleurs en fonction de la collection, ou est-ce que j’envisage un arc-en-ciel ?), le nom de l’auteur donc, et la fleur sous le résumé : une pivoine pour la collection générale, et un arum (je ne vous explique pas pourquoi ?) pour la collection érotique.

Et voilà, j’espère que vous aurez autant de plaisir à découvrir Salomé que vous en avez eu à découvrir Juliette : comme le dit François, le personnage masculin de mon deuxième roman (qui n’est pas une suite et qui pourra se lire indépendamment, mais il y a tout de même des liens), elles sont les deux possibilités d’une même femme.

Le livre sort le 15 septembre, et vous pouvez d’ores et déjà pré-commander la version numérique. En attendant, le trailer :