Réanimer la nature, de Val Plumwood : la voie active

Pour le reste, voici mon conseil : libérez votre esprit, et apportez votre propre contribution au projet visant à déranger le réductionnisme et le mécanicisme. Aidez-nous à réimaginer le monde en termes plus riches, afin de nous mettre en dialogue avec les autres espèces, pour nous assigner au cadre de leurs besoins et nous mettre en contact avec d’autres types d’esprit. Je n’essaierai même pas de vous dire comment faire. Mais j’espère vous avoir convaincu qu’il ne s’agit pas d’un projet de dilettantes. La lutte pour penser autrement, pour transformer notre culture réductionniste, est un projet de survie fondamental dans notre contexte actuel. J’espère que vous y participerez.

L’être humain a tendance à se considérer comme séparé et au-dessus de la nature : c’est le résultat de siècles de mécanicisme et de réductionnisme, qui fait de notre environnement un objet dépourvu de pensée. Mais l’être humain oublie un peu vite que lui aussi peut servir de repas à un animal sauvage : c’est ce qui est arrivée à Val Plumwood, qui a bien failli être dévorée par un crocodile.

Dans ce court essai qui date de 2009, elle s’attache à replacer l’humain au sein de la nature et non en-dehors, et de faire faire émerger l’idée d’une nature « à la voie active », non pas une machine mais un élément doté d’une intention et d’un but.

Un essai passionnant, et qui tombe parfaitement dans le contexte de mes recherches actuelles sur l’immanence et la non-séparation entre les différents éléments qui constituent notre monde, là où le patriarcat a introduit dualisme et séparation partout. Entre écoféminisme et philosophie/éthique environnementale, il nous propose de penser autrement le monde, de poser des questions, et d’apporter notre contribution à cette redéfinition de notre rapport au monde. C’est parfois très complexe, mais il y a surtout nombre de passages vraiment très intéressants, et j’ai particulièrement apprécié la fin, qui aborde le rôle de l’écriture et des écrivain, faisant de ce projet un projet poétique !

Réanimer la nature
Val PLUMWOOD
Traduit de l’anglais (Australie) par Laurent Bury avec la collaboration de Diane Linder
PUF, 2020

Instantané #56 (un abreuvoir pour les oiseaux)

Un abreuvoir (chic) pour les oiseaux
Un abreuvoir (chic) pour les oiseaux

Il n’aura échappé à personne qu’il fait chaud. Très chaud. Il faut donc penser à s’hydrater régulièrement, en buvant de l’eau ou de délicieuses infusions de fruits. Par contre, je n’avais jamais pensé, jusqu’à voir passer un article dans mon fil Facebook, que les oiseaux (mais c’est aussi vrai en hiver), avaient du mal à trouver des points d’eau, surtout en ville. Forte de cette information, je me suis mise à cogiter sur ce que je pouvais bien mettre pour leur donner de l’eau. D’abord, j’avais mis un bête ramequin, mais ça n’allait pas, ils n’avaient nulle part où poser leurs petites papattes. Donc j’ai compulsé les sites ornithologiques, mais je me voyais mal aller acheter un truc exprès. Et puis, j’ai fini par trouver la solution : une assiette creuse (alors les miennes sont en porcelaine de Limoges, mais ce n’est pas obligatoire, c’est juste qu’en fait comme je n’utilise pas d’assiettes creuses, je n’avais que ce service acheté dans un magasin d’usine), une pierre (pas forcément assortie à l’assiette, c’est juste que je suis control freak, vous savez) et un fond d’eau (maximum 5 cm).

J’en ai mis deux : un dans le jardin de la résidence (mais je ne suis pas sûre qu’ils le voient) et un sur le balcon (mais j’ai peur parce que sur le balcon, je vais tout le temps les déranger). On verra bien, mais pensez-y !!!!