Ethique de la joie

On parle beaucoup de joie, en ce moment. Plus que de bonheur, nous sommes nombreux à avoir reçu cet appel à la transmettre, la cultiver, la mettre au centre de tout ce qui est important. La joie est avec l’amour la plus haute des vibrations, et on peut la trouver dans les plus petites choses. Elle a à voir avec l’émerveillement. Elle a à voir avec notre enfant intérieur.

La joie, c’est ce que nous ressentons lorsque nous sommes dans le juste, dans le vrai, dans ce qui est bon pour nous : nous sommes au bon endroit, nous faisons la bonne activité, nous sommes avec la bonne personne. Cette joie peut nous servir de boussole : s’il y a de la joie, alors il faut la suivre. Faire ce qui nous met en joie.

Et je sais que la joie (et l’amour), c’est la mission de l’entreprise que je veux créer, c’est la mission de mes livrets d’activités poétiques, de mon oracle, de tout : aider les gens à se sentir mieux, à se reconnecter à la joie, au merveilleux, à l’amour et à la poésie. Contribuer à créer des émotions positives. Faire vibrer le monde plus haut, car il est là, le secret.

Quand je crée mes livrets, lorsque j’écris, lorsque je travaille sur mon oracle, c’est bien de la joie que je ressens, celle de faire ce qui est juste, celle d’être à ma place. Alors même si ce n’est pas toujours simple, je suis cette joie.

Toute à mes réflexions, l’autre jour je suis tombée sur un très joli film, qui s’appelle La route de la joie et qui se propose de partir à la rencontre de gens qui portent la lumière, qui vibrent haut et aident le monde à aller mieux, chacun à leur manière. C’est un film qui fait beaucoup de bien :

Alors, je vous invite à toujours suivre votre joie ! A faire de la joie une éthique de vie !

Cultiver l’émerveillement

Je me suis rendu compte récemment que malgré le contexte qui y invite peu, parmi les mots que je prononce beaucoup en ce moment, il y a merveilleux et émerveillant. Ce dernier est d’ailleurs peu souvent utilisé, mais je le préfère car il met l’accent sur le sujet, ou plus exactement sur l’émotion qui se crée. Et là est le point : ce que je veux développer, c’est cette faculté à l’émerveillement, même devant ce qui n’est pas toujours merveilleux en soi.

S’émerveiller : éprouver un sentiment d’admiration, d’étonnement pour quelque chose ou quelqu’un. A l’origine, il y a mirabilia, miracle, chose qui a un caractère étrange, extraordinaire, surnaturel.

L’écrivain est une sorte de voyant émerveillé, a écrit André-Pierre de Mandiargues. Mais c’est aussi l’enfant, qui s’émerveille de tout. L‘enfant intérieur ? Oui. Et être capable de s’émerveiller des petites choses, en être reconnaissant, c’est un des secrets pour tenir bon en ce moment.

Alors, s’émerveiller de l’oiseau qui se pose sur la fenêtre, d’un livre, du bouquet composé juste pour moi par ma fleuriste, d’un sourire. De réussir les crêpes. De sentir mon cœur battre et s’ouvrir aux dimensions du monde. Des fleurs qui éclosent dans le jardin et leur dire bonjour quand je passe devant. De la lumière du matin sur la Loire. D’un caillou en forme de cœur. De la manière dont les couleurs se diffusent sur le papier quand je peins. Et m’émerveiller aussi des signes, des synchronicités qui, si on sait les regarder, donnent sa densité au monde.

Et je sais que ça fait partie de ma mission de vie : cultiver l’émerveillement et le partager. Que ça fait partie de mes valeurs, et de ce qui me guide au quotidien.

Et vous, qu’est-ce qui vous émerveille ?

Instantané #82 (prendre soin de l’enfant intérieur)

L’autre jour, alors que j’étais plongée dans la lecture de La Réconciliation de Lili Barbery dont je vous parlerai bientôt et que j’étais déjà scotchée par les similitudes et les échos que ce récit provoquait en moi, elle a publié sur son blog un article sur l’enfant intérieur. Cela m’a fait l’effet d’une secousse sismique de magnitude 8, d’abord parce que la question de l’enfant intérieur est justement celle que je suis en train de travailler grâce au livre de Julia Cameron, Libérez votre créativité, que l’on surnomme « la bible des artistes » et dont je vous reparlerai mais pas bientôt car il faut d’abord que je finisse le programme (mais sans divulgâcher, il me fait un effet dingue pour de nombreuses raisons) ; mais surtout c’est, au-delà des différences évidentes, les ressemblances encore une fois qui m’ont frappée.

De fait, cette semaine, le programme de créativité proposait de se priver de lecture. Comme jeudi et vendredi dernier me sont arrivés coup sur coup deux trucs pas sympas du tout, je voyais ça comme une torture supplémentaire dont je n’avais pas trop besoin. Et puis, je me suis rendu compte qu’au contraire, ça tombait peut-être bien qu’au lieu de, comme d’habitude, me réfugier dans la lecture pour oublier le réel, je doive trouver d’autres ressources, et surtout, je me confronte vraiment à moi-même. Ça a été un peu dur et puis, j’ai vite eu envie de faire des choses que je ne fais jamais. Ou très peu. Notamment dessiner et peindre. Depuis que j’étais enfant, je m’étais mis dans la tête que j’étais sous-douée en matière d’art graphique, et si ces dernières semaine j’ai fait de la peinture, c’était de l’abstrait. Là j’ai eu l’envie, l’impulsion d’essayer de représenter quelque chose. Que la petite fille en moi fasse ce que finalement elle ne s’était jamais autorisée à faire. Alors j’ai acheté des feutres de coloriage, de l’aquarelle, et je m’y suis mise, et j’ai découvert que non, je n’étais pas sous-douée, juste timorée, et que ce que je faisais était plutôt honnête. J’aime tellement ma première aquarelle, cette fleur qui n’existe pas vraiment, que je l’ai encadrée pour la mettre dans mon bureau. C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.

Et puis je suis allée me promener. J’ai ramassé tout un tas de trucs, comme j’adore le faire, mais en ayant conscience que c’était la petite fille en moi qui, quand je faisais ça, s’exprimait, cette petite fille vive, curieuse de tout, qui s’émerveille d’un rien, qui parle aux animaux parce qu’elle sait qu’ils la comprennent. Cette petite fille que j’ai censurée pendant des années et que ces derniers mois j’ai accepté de libérer, mais encore plus depuis que j’ai commencé le programme de Julia Cameron.

Parce que, désormais, j’ai compris que certains de mes comportements, de mes pensées, de mes schémas et donc de mes échecs viennent de là : de ce que je ne me suis pas autorisée à être pleinement moi. Et j’ai compris que, cette enfant intérieur, je devais en prendre soin. Et cette semaine, j’ai fait un joli rêve, très symbolique : celui de prendre l’avion en serrant fort cette petite fille dans mes bras. C’est d’ailleurs la première fois, je crois, que j’arrive en rêve à monter dans l’avion : d’habitude je vais à l’aéroport mais il y a toujours un problème. J’imagine que c’est que je suis sur la bonne voie…